Chapitre 3 Participation et Choix électoral

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6 Chapitre 3 Participation et Choix électoral. Introduction Les politiques publiques en démocratie sont le résultat de choix politiques qui dans la modèle Arrow- Downs de démocratie doit refléter les préférences
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6 Chapitre 3 Participation et Choix électoral. Introduction Les politiques publiques en démocratie sont le résultat de choix politiques qui dans la modèle Arrow- Downs de démocratie doit refléter les préférences politiques des électeurs. La raison de la structure des dépenses publiques et plus généralement de l ensemble des décisions législatives, budgétaires et fiscales se trouve alors dans ce qui motive les choix des électeurs. L électeur possède un droit de vote qu il peut, dans un pays comme la France ou le vote n est pas obligatoire ne pas utiliser. La première étape est alors d expliquer pourquoi les électeurs participent aux élections. La méthode inductive conduit à simplement vouloir observer le profil socio-économique de l abstentionniste afin de le différencier de l individu qui vote. La méthode déductive, au contraire, cherche à comprendre a priori ce qui pourrait être les raisons que pourrait invoquer un individu pour ne pas aller voter. Un choix politique est, cela a été rappelé, un choix collectif. Tous les électeurs mêmes ceux qui ne se sont pas exprimés ou qui ont voté pour un candidat qui a perdu les élections seront contraints de consommer les services publics ou du moins d en supporter la charge. Il est, dans ces conditions, presque irrationnel de ne pas voter, de ne pas utiliser son bulletin de vote pour influencer le choix politique et défendre ses intérêts ou sa vision de la société idéal. L hypothèse de rationalité parfaite lève immédiatement cet argument et renverse même la charge de la preuve. Ce qui est irrationnel a priori ce n est pas de ne pas voter, mais de voter, car l influence d un simple bulletin de vote sur le résultat final est presque nulle. D un point de vue conséquentialiste, le vote devient irrationnel. Il s agit d une anomalie. L économie politique comportementale cherchera à mettre en évidence les biais cognitifs qui conduisent les électeurs à sur estimer la probabilité que leur vote soit décisif. La théorie de la rationalité axiologique en fera un cas d école de l application par les individus d une rationalité non-conséquentialiste et fondée sur le devoir. Une fois les raisons de la participation électorale élucidée, il faut expliquer pourquoi l électeur vote pour un candidat ou un parti plutôt qu un autre. Là encore les différentes théories de la rationalité conduisent à des explications variées. Là encore on peut décrire le profil socio-économique des électeurs de chaque candidat ; des électeurs de gauche, de droite et du centre. Et tenter ensuite d en tirer des lois plus générales. On peut aussi fixer a priori ce qui peut motiver le vote d un électeur pour un candidat plutôt qu un autre. Les politistes insistent sur ce qu ils appellent les variables lourdes du vote : l appartenance à une classe sociale, l idéologie politique et la pratique religieuse. L économie politique, fidèle à sa méthode déductive et individualiste, préfère s interroger sur les raisons a priori qui expliquent le vote, indépendamment du contexte socio-économique de l électeur. Sur cette base déductive, la méthode de l hypothèse construit ses lois du type si p alors q et ses tests. La rationalité parfaite conduit à supposer que l électeur fait un calcul coût bénéfice. Son calcul est un bilan. La théorie du vote instrumentale suppose que les électeurs récompensent ou sanctionnent le gouvernement qui a amélioré ou détérioré ses conditions de vie. Son vote est dit rétrospectif et égotropique. Son calcul peut aussi être une anticipation. Son vote est alors prospectif et repose sur la connaissance des programmes électoraux des candidats. Le calcul de l électeur porte ici sur l effet des programmes sur son bien être individuel vote égotropique- ou sur l effet de la mise en œuvre de cette politique sur le bien être social vote sociotropique-. Il existe ainsi quatre types de vote : rétrospectif sociotropique (A), rétrospectif égotropique (B), Prospectif sociotropique (C) et Prospectif Egotropique (D). Il faudrait en toute rigueur distinguer les votes socio-tropiques motivés par la maximisation du bien être individuel de l électeur : le cannabis doit être interdit car sinon je fumerai et cela nuirait à ma Notes de cours M Economie Appliquée, François Facchini (6-7), Paris Panthéon-Sorbonne Page 6 6 santé, des votes socio-tropiques motivés par le seul intérêt général : le cannabis doit être interdit car cela réduirait son coût social. Une telle mesure augmenterait les coûts de ma consommation de cannabis (prix plus élevé sur le marché noir, crainte d être arrêté par la police, etc.), mais serait globalement positive. Je suis prêt à supporter ses coûts pour le bien être de la société, du plus grand nombre. Une telle conception du vote n explique pas, cependant, l incompétence politique des électeurs et la multiplicité des biais de perception. Elle contredit aussi le paradoxe du vote. Les électeurs ne peuvent pas en effet utiliser leur bulletin pour sanctionner un gouvernement s ils savent que la probabilité pour que leur vote soit décisif est nulle. La théorie du vote d expression donne une réponse plus cohérente, car elle explique la participation et l orientation électorale dans un univers d incompétence politique. Le vote n est pas un instrument pour sanctionner ou récompenser le gouvernement. Il n est pas un outil pour influencer le réel il est juste un moyen de s aimer, d exprimer ses sentiments politiques son appartenance à un groupe. L électeur n a alors aucune raison d être compétent. C est parce que l électeur sait qu il n est pas décisif qu il utilise pour maximiser des valeurs symboliques, son amour de lui-même. La théorie de la rationalité de l irrationalité est un autre moyen de rendre compte de l importance des biais cognitifs dans la sphère politique. Les croyances sont des biens comme les autres. Il est parfois rationnel d avoir des croyances irrationnelles pour maximiser son utilité sociale. La théorie de la rationalité parfaite réduit ainsi la rationalité non conséquentialiste ou axiologique à des croyances irrationnelles ou à de simples comportement expressifs. Ce Chapitre présente donc la manière dont la théorie de la rationalité parfaite résout les anomalies de comportement qu elle observe, autrement dit les faits qui contredisent ses prédictions, ses lois hypothétiques. La première section expose les raisons de l abstention et le paradoxe du vote alors que la seconde section traite plutôt des biais de perception et des raisons de l ignorance, de l irrationalité et de la vacuité des croyances politiques. La troisième section conclut sur les conséquences que de tels observations et de tels analyses ont sur le débat engagé autour des défaillances de la démocratie.. Les raisons de la participation électorale L abstention est un phénomène complexe qui a fait l objet d une très importante littérature. Elle ne cesse d augmenter dans les anciennes démocraties et en France en particulier mais diffère d une élection à l autre. La sociologie électorale qui privilégie l approche inductive donne le profil de l abstentionniste. L économie du vote renverse le problème. Il ne s agit plus de se demander pourquoi les électeurs n utilisent leur pouvoir électoral, mais de savoir pourquoi ils participent aux élections alors que la probabilité pour eux d être décisif est quasiment nul.. L abstention : définition et faits L abstention est très dépendante des conditions réglementaires et de l inscription sur les lites électorales. Elle ne cesse d augmenter dans les pays développés et en France en particulier... L abstention : définition Le taux d abstention en France est généralement établi en rapportant le nombre des citoyens s étant abstenu d un vote au nombre des inscrits sur les listes électorales à la date du scrutin. Les personnes n étant pas inscrites sur les listes électorales ne sont donc pas comptées dans l abstention. Cette manière de calculer l abstention sous-estime le taux d abstention, car le vrai taux d abstention ne devrait pas être un rapport entre inscrit et votant, mais entre nombre de votant et nombre de personne appartenant au corps électoral. Notes de cours M Economie Appliquée, François Facchini (6-7), Paris Panthéon-Sorbonne Page 6 6 En France d après l INSEE les non-inscrits sont plutôt des chômeurs, des jeunes et des personnes vivant en ville (Morin 3, 4, 6, Mayer ). Leur profil est en ce sens très proche de celui des abstentionnistes. Cela signifie que les règles d inscription sur les listes électorales ont un effet sur le taux d abstention. Depuis 7 en France la loi autorise l inscription d office sur la liste électorale de la commune du domicile des personnes qui remplissent les conditions d âge requises. Cela devrait augmenter le nombre des inscrits et mécaniquement favoriser la hausse de l abstention. Si on est fidèle à la définition du taux d abstention, un abstentionniste est une personne inscrite qui ne vote pas. Le nombre d inscrit évolue comme le corps électoral en fonction des règles du jeu électoral. De 4 à 44, par exemple, la France a un suffrage universel masculin. Seuls les hommes de plus de ans peuvent voter. En 44 le droit de vote des femmes de plus de ans est établi. En 74 la majorité électorale est fixée à ans. Le droit de vote est donné aux militaires en 45 et à tous les militaires en 7. Cela fait varier à la fois le nombre de personne concerné par la démocratie et le nombre de citoyen intéressé par le vote... Son évolution en en France Si on prend le rapport entre le nombre d inscrit et le nombre des suffrages, l abstention comme dans 3 toutes les démocraties libérales occidentales ne cesse de croître ((Blais et Dobrzynska ; Magni- 4 Berton, p.73 ). De 76 à 6 l abstention des électeurs aux élections législatives oscille entre 5% et 3%. A partir de 6 elle ne cesse d augmenter : % en 6, 4% en (Figure ). Elle atteint son niveau le plus élevé pour ce type d élection en avec un niveau de 43%. Son 5 niveau le plus bas est aux élections législatives du 4 avril avec un taux 6.%. La période 4/36 est composée de quatre élections où le taux d abstention est historiquement très faible ; entre 5 et 6%. Jusqu en 6 la moyenne est autour de 5% de l électorat inscrit. Cela signifie qu un électeur sur quatre n utilisait pas son droit de vote durant cette période. Le niveau de l abstention diffère, cependant, d un type d élection à l autre. L histogramme fait la moyenne des taux d abstention pour différents types d élection : présidentiels, législatives, régionales, cantonales, municipales et européennes. Elle montre d importantes différences. Morin, Jean, «Un Français sur dix ne s'inscrit sur les listes électorales», Economie et Statistiques, (N 5), Juillet 3, pp Morin, Jean, «L'inscription sur les listes électorales», in INSEE (dir.), Données Sociales, INSEE, Paris, 4, pp Morin, Jean, «En, plus forte proportion des jeunes inscrits sur les listes électorales qu'en 6», Premiers résultats, (N 4), Avril, pp. -. Mayer, Nonna et Percheron, Annick, «Les absents du jeu électoral», in INSEE (dir.), Données sociales, Paris,, pp Blais, A. and Dobrzynska, A.. Turnout in Electoral Democracies, European Journal of Politcal Research, 33, Magni-Berton, Raul. Démocraties libérales. Le pouvoir des citoyens dans les pays européens. Collection Politiques comparées, Economica. 5 Morazé, Charles 56. Les Français et la République, Paris, Armand Colin, Cahiers de la Fondation Nationale des Sciences Politiques. Charles Morazé soutient que la forte participation aux élections législatives montre que la France de est encore la vieille France du libéralisme ; où ont réussi les chemins de fer avant la révolution de 4, là le régime est le plus apprécié. Le bassin de Paris et ses prolongements vers le Nord, d une part Lyon et le Rhône d autre part sont régions acquises au parlementarisme» (Morazé 56, p. 4-5). Notes de cours M Economie Appliquée, François Facchini (6-7), Paris Panthéon-Sorbonne Page 6 ! 63 Figure Evolution du taux d abstention aux élections législatives (76/)! Sources : Lancelot Alain 67. L abstentionnisme électoral en France, Cahiers de la fondation nationale des sciences politiques, Armand Colin, 6, Paris pour les années 76/6, puis le site France Politiquehttp:// Histogramme Comparaison de l abstention pour différentes élections sous la cinquième république (5/) , ,73 6,57,66 Moyenne de l'abstention pour les élections Présidentielles (5/, élections) Sources : pour les élections municipales Lancelot (67, p.33) pour les cantonnales L Année Politique, Lancelot (67) et pour les élections présidentielles, européennes et régionales, En tendance, cependant, la hausse de l abstention peut être constatée pour toutes les élections (Histogramme ). Si on fait la différence entre le taux d abstention de la première et de la dernière élection durant la V république on obtient une tendance nette pour toutes élections avec une très forte désaffection pour les élections régionales et européennes puisque pour ces élections les écarts sont de et 3 points. Notes de cours M Economie Appliquée, François Facchini (6-7), Paris Panthéon-Sorbonne Page 63 64 Histogramme Différences entre le taux d abstention de la première et la dernière élection ayant eu lieu sous la V république (5/) , 3,, 5,3,,! Presidentielle (différence entre le taux d'abstention de 65 et celui de ) Source : ibid Figure..3 Le profil de l abstentionniste L abstentionniste n est pas dans la force de l âge (entre 4 et 6). Il appartient aux couches sociales les moins favorisées et habite à la ville depuis peu 6. L étude par échantillon a encore accru notre connaissance du profil des abstentionnistes. Ils ont peu de diplôme 7 et des emplois instables. Ils ne sont pas fonctionnaires, ne sont pas propriétaires et sont rarement agriculteurs. Ils sont par ailleurs plus mobiles que les électeurs qui se rendent aux urnes (HERAN 7). La possession d un logement apparaît ainsi comme une forme d enracinement qui pousse à s intéresser davantage aux élections municipales ou législatives. L abstention est donc corrélée à l âge, au revenu, à la localisation des électeurs, à leur profession et à leur genre (Blais ).. Expliquer l abstention électorale Pour expliquer ces mouvements, plusieurs attitudes méthodologiques sont envisageables. Les politistes privilégient des explications socio-politiques alors que les économistes utilisent la fiction de l homo oeconomicus pour proposer des lois du type si p alors q qu ils cherchent ensuite à observer statistiquement. Ils ont mis en évidence l existence du paradoxe et obligé les politistes à le résoudre... Abstention et sociologie électorale La science politique et la sociologie politique ont évidemment proposé de nombreuses explications de l abstention lors des scrutins des électeurs. 6 Effet observé sur les USA par Squire P., Wolfinger R.E. and Glass D.P. (7), «Residential mobility and voter turnout», American Political Science Review,, march, pp Cela signifie inversement que la participation aux élections est d autant plus probable que le niveau de formation est élevé. DUPOIRIER et CAPDEVIELLE (7) avaient mis en évidence un effet patrimoine sur l orientation des votes (gauche ou droite). HERAN (7) met en évidence un effet patrimoine sur la non participation aux élections. Les abstentionnistes sont plutôt âgés ou jeune, ont plutôt peu d éducation, ne sont pas propriétaires de leur logement, appartiennent généralement pas à la fonction publique ou au secteur agricole, et sont généralement depuis peu de temps dans leur lieu de résidence (Abrial et al. 3). Toutes ces caractéristiques déterminent le profil de l abstentionniste. Elles n expliquent ni pourquoi une grande partie des abstentionnistes le sont pas intermittentes et pourquoi ce type de profil est plus sensible que d autres à l abstention. Ainsi alors que Lancelot (67, p.7) constatait que les femmes s abstenaient plus que les hommes et expliquait une partie de l abstention par la généralisation du droit de vote aux femmes. Cette explication a été abandonnée, car les femmes aujourd hui votent autant que les hommes (Sineau ). Sineau, Mariette. L électrice paradoxale, Chapitre 5, in Pierre Bréchon et al. Les cultures politiques des français, Presses de Sciences Po, -36 Blais A. (). Notes de cours M Economie Appliquée, François Facchini (6-7), Paris Panthéon-Sorbonne Page 64 65... Abstention et géographie La première explication est issue de la méthode inductive. Elle explique l abstention par le facteur géographique (Siedfred 3). L abstention serait plus forte dans les communes de montagne, où l altitude était un obstacle aux communications, que dans les plaines. Cette explication a cependant été abandonnée au profit d explications plus sociologiques où l effet du territoire était minimisé (Perrineau, p.64), même si la stabilité des orientations politiques en France semble avérée (Lagrange et Roche ).... Abstention et désintérêt pour la politique La seconde explication est le désintérêt des français pour la politique. Cette explication n est pas correcte dans le cas de la France si on en croît les sondages effectués depuis plus de 5 ans auprès des français avec la question suivante : est-ce que vous vous intéressez à la politique? Depuis il apparaît, en effet, que les français n ont jamais été aussi intéressés par la politique qu aujourd hui (Figure ). Figure Intérêt porté à la politique (6-5) a v ṙ v.- n ja 6 a rs- m BEAUCOUP + ASSEZ PEU + PAS DU TOUT Sources : Meynaud, J. et Lancelot, A. 65. La participation des français à la politique, PUF, collection que-saisje?, Paris. Question Sondages et statistiques 6 pour l'année 5. Les questions concernant la politique vous intéressent-elles? Sondages 63. Est-ce que vous vous intéressez à la politique? A partir de 7 utilise Bréchon, Pierre 6. Comportements et attitudes politiques, PUG, Grenoble (page ). -6 voir le Baromètre de la citoyenneté TNS SOFRES Tableau du rapport 6 sur l intérêt pour la politique. -5 utilise Opinion-Way (p.) (http:// la question posée est : est-ce que vous vous intéressez à la politique?...3 Abstention et capital humain La troisième explication repose sur la compétence politique. Une telle explication est corroborée par le fait que les abstentionnistes sont moins éduqués que les électeurs les plus diplômés (Bréchon 6, p. 5). L incompétence de l électorat est ainsi depuis longtemps traitée comme une source d abstention (Meynaud et Lancelot 65, p. ; Bréchon 6, p.5,) car si vous ne comprenez rien à la politique il devient difficile d en parler mais aussi de savoir quel est le candidat qui serait le mieux à même de mettre en place une politique publique efficace et juste. Cette explication paraît cependant difficile à défendre en tendance, car le niveau d étude moyen du corps électoral dans tous les pays riches ne cesse d augmenter, l abstention en tendance aussi. Ainsi plus les citoyens vont à l école longtemps et moins finalement ils votent (Figure 3). Ce qui contredit l explication par les compétences. Figure 3 Bréchon, Pierre 6. Comportements et attitudes politiques, Grenoble, PUG. Chesnais Jean-Claude. La population des bacheliers en France. Estimation et projection jusqu'en 5. In: Population, 3, année, n 3, 75. pp Notes de cours M Economie Appliquée, François Facchini (6-7), Paris Panthéon-Sorbonne Page 65 66 Part des Bacheliers dans une génération de 5 à ,6 (6) ,3 (6) 4 7 7,6 (6) Sources : Ministère de l'éducation nationale pour les années 7-- rapport 4- - h
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