Daniel Bensaïd. Quarante ans après «À propos de la question de l organisation : Lénine et Rosa Luxemburg» Une introduction revisitée

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Daniel Bensaïd Quarante ans après «À propos de la question de l organisation : Lénine et Rosa Luxemburg» Une introduction revisitée Article paru dans le n o 45 de la revue Partisans, de décembre 1968-janvier
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Daniel Bensaïd Quarante ans après «À propos de la question de l organisation : Lénine et Rosa Luxemburg» Une introduction revisitée Article paru dans le n o 45 de la revue Partisans, de décembre 1968-janvier L introduction datée du 23 juin 2008 a été publiée pour la première fois sur le site d Europe solidaire sans frontières. Cet article, cosigné avec Samy Naïr, fut publié dans le n o 45, de décembre 1968-janvier 1969, de la revue Partisans. Il a donc été rédigé au cours de l automne 1968, dans le feu des polémiques sur l interprétation de la grève générale et des suites à lui donner. Il constitue une sorte d arrière-plan théorique aux vifs débats alors en cours dans la perspective du congrès de fondation de la Ligue communiste qui allait se tenir à Mannheim en avril La question du parti révolutionnaire, de sa nécessité ou pas, de son fonctionnement, de son rapport au mouvement social, était l enjeu central de ces discussions. Pour éclairer cet article sur Lénine, Rosa Luxemburg et la question de l organisation, et en corriger certains excès, il faut en rappeler le contexte. La soudaineté et la spontanéité de Mai 68, contrastant fortement avec les rigi - dités bureaucratiques, non seulement de l État bourgeois, mais des appareils politiques et syndicaux à gauche, nourrissaient logiquement une illusion spontanéiste, alimentée, chez les plus cultivés, de citations du jeune Trotski tirées de sa Lettre à la délégation sibé - rienne ou de Nos tâches politiques. D autres se réclamaient, contre la mythologie léniniste inaugurée par Zinoviev au V e Congrès de l Inter nationale communiste, d un luxemburgisme vulgaire et partiellement imaginaire. D autres encore, aveuglés par le grand soleil de la Révolution culturelle chinoise, allaient jusqu à proclamer que le vent d Est l emportait sur le vent d Ouest, au point que l idéologie dominante n était déjà plus celle des classes dominantes, et qu il suffirait désor mais de «chasser le flic de sa tête» pour mettre fin à une servitude volontaire. Le débat de fondation de la Ligue communiste allait, dans une large mesure, à contrecourant de ces illusions lyriques du moment, dans un contexte où le mao-spontanéisme, principalement représenté par l éphémère Gauche prolétarienne, était dominant à l extrême gauche. Nous prenions au sérieux notre formule de Mai 68 comme «répétition générale», une sorte de révolution de Février dont nous devions préparer sérieusement l Octobre. Nous étions animés par la volonté de ne pas nous laisser emporter, comme tant d autres, par le reflux temporaire de la vague sociale et de forger l outil politique qui, à l évidence, avait fait défaut pour espérer dénouer positivement une crise politique majeure. Sans doute cette volonté était-elle exacerbée par le sentiment d imminence d une révolution européenne. L histoire «nous mordait la nuque». Nous étions pressés. Et nous n étions pas les seuls dans la nouvelle gauche radicale européenne. Ce sentiment d urgence a contribué à exacerber les polémiques, à précipiter des scissions inutiles, à provoquer des faux plis sectaires. Chaque courant était soucieux de se délimiter rigoureusement pour forger la lame la mieux acérée et se montrer à la hauteur de défis décisifs très proches. Si la crise de l humanité se réduisait, comme l avait dit jadis Trotski, à celle de ses directions révolu- tionnaires, la responsabilité était écrasante. Ajoutons à cela que nous avions 22 ans, l enthousiasme intact de la jeunesse, et que nous venions de vivre la plus massive et la plus longue grève générale de ce pays. Quant à l espérance d une crise révolutionnaire européenne, si elle peut sembler fantaisiste a posteriori aux éternels encenseurs serviles du fait accompli, c est une autre histoire. Qu il y ait eu une montée des luttes à l échelle européenne au début des années soixante-dix ne fait aucun doute. Le Mai français ne doit pas faire oublier les vagues de grève de l automne chaud italien, les grèves britanniques de 1974, ou les mobilisations contre les dictatures franquiste et salazariste, jusqu à leur chute entre 1974 et Que le coup d arrêt de novembre 1975 à la révolution portugaise, le tournant du compromis historique en Italie, la transition monarchique pactée en Espagne, et la désunion de la gauche aux législatives de 1977 en France aient marqué un tournant, c est un fait, pas une fatalité. Il en va de la responsabilité des gauches politiques européennes qui ont permis à la droite revancharde de reprendre l initiative et d amorcer sa contre-réforme libérale à partir de En ce qui concerne plus précisément l article de Partisans, rédigé parallèlement à de nombreuses contributions au débat préparatoire du congrès de la Ligue, il reprend, dans un registre plus théorique, des éléments du mémoire de maîtrise que je venais de soutenir sous la direction d Henri Lefebvre sur La Notion de crise révolutionnaire chez Lénine. Le choix même d un tel thème était clairement une critique de l idéologie structuraliste alors tendanciellement dominante (à l université du moins), dont la conséquence ultime pouvait être de rendre impensable l idée même de révolution. A u t r e m e n t d i t, c o n t r e l e s s t r u c - 1 tures ventriloques, tout sur le sujet! Et le sujet, dans une logique volontariste inspirée du Lukacs d Histoire et conscience de classe (dont une citation figure significativement en exergue), mais aussi de l exemplarisme incarné par la figure mythique du Che (sur le plan militaire comme sur le plan économique), c est le parti (conscience de la classe pour soi) et non la classe en soi. Cette métaphysique hégélienne de l en-soi et du pour-soi est imputable à Lukacs, plutôt qu à Marx lui-même (qui n y recourt guère que dans Misère de la philosophie), ou à Lénine. Cette substitution du parti à la classe a une implication politique que l on peut qualifier de gauchiste. L affrontement entre les classes fondamentales tend en effet à se réduire à un affrontement entre le Parti et l État : «Le Parti est l instrument par lequel la fraction consciente de la classe ouvrière accède à la lutte politique et prépare l affrontement avec l État bourgeois centralisé, clef de voûte de la formation sociale capitaliste». Cette approche tendait à réduire le parti à une fonction instrumentale. D autres passages de l article, envi - sageant la politique comme un champ stratégique où les acteurs se déterminent réci proquement, auraient pu ouvrir au contraire une réflexion sur la question de l hégémonie : «[L organisation révolutionnaire] n est pas une simple pièce occupant une case vide sur l échiquier politique; par sa seule présence elle modifie tout le rapport de force, même s il s agit d un simple pion, a fortiori s il s agit d un roi.» On aurait pu aussi bien écrire que la présence ou l absence d un parti révolutionnaire surdétermine la situation. Teinté «d ultrabolchevisme» juvénile, l article de Partisans est respectueux mais souvent injuste avec Rosa Luxemburg. Il n en reste pas moins que la conception que Lénine se fait d un parti et de son rôle lui permet de lire instantanément la logique d une situation et les variations des rapports de force, qu il s agisse des Thèses d avril 1917, des journées de juillet, du moment insurrectionnel. Si la conscience du péril bureaucratique est plus aiguisée chez Rosa, sa confiance dans la «saine vie organique» des masses pousse à différer la rupture nécessaire avec la majorité social-démocrate, et contribue à ce que la crise révolutionnaire allemande de novembre janvier 1919 ne dispose pas, en dépit de l héroïsme spartakiste, d un parti à la hauteur de la tâche. Incontestablement gauchiste, l article de Partisans avait cependant le mérite, probablement inconscient à l époque, de rompre avec l état d esprit minoritaire et subalterne qui pousse à agir par procuration, à interpeller les grands partis sur ce qu ils devraient faire sans oser l entreprendre soi-même, à chuchoter à l oreille des puissants et à conseiller les dirigeants en place, plutôt qu à mettre ses propres idées à l épreuve de la pratique. Nous découvrions intuitivement que les idées, si justes soient-elles, ne suffisent pas si l on n est pas capable de les traduire en rapports de forces. Ce fut un acquis précieux du congrès de fondation de la Ligue communiste. Daniel Bensaïd et Samy Naïr À propos de la question de l organisation : Lénine et Rosa Luxemburg «La question de l organisation d un parti révo lutionnaire ne peut être développée qu à partir d une théorie de la révolution ellemême. Ce n est que lorsque la révolution est devenue la question du jour que la question de l organisation révolutionnaire a fait irruption avec une nécessité impérieuse dans la conscience des masses et de leurs porte-parole théoriques.» Georg Lukacs, Histoire et conscience de classe, p. 335 Le courant antistalinien qui se développe aujour d hui dans les nouvelles avant-gardes réhabilite Rosa Luxemburg comme théoricienne du mouvement ouvrier. La critique des bureaucraties ouvrières puise dans son œuvre références et citations. En fait l engouement luxemburgiste va parfois jusqu à triturer et torturer Rosa pour y trouver une théorie de l organisation alternative à la théorie léniniste. La communauté de préoccupations explique ce penchant: les écrits de Rosa Luxemburg sont presque tous placés sous le signe de la lutte contre la social-démocratie allemande fortement bureaucratisée ; la nécessité de comprendre aujourd hui le phénomène des bureaucraties ouvrières, de leur assise sociale, de leur cohésion internationale conduit aux thèses luxemburgistes comme à l interprétation la plus limpide, à la théorie libératrice de l énergie des masses. Pourtant on ne saurait trouver chez Rosa Luxemburg qu un contrepoint fragmentaire 2 à la démarche léniniste : les soubresauts affec - tifs et les trivialités s y mêlent ; il en résulte une arlequinade bariolée, séduisante de fantaisie peut-être, mais qui ne saurait être prise pour une théorie de l organisation. Dans un débat où des modes passagères nuisent parfois à la rigueur politique, il n est pas inutile de revenir aux textes. Sans enlever à Rosa son mérite, on peut ainsi le situer à sa plus juste valeur. I - La démarche léniniste 1. Caractériser la formation sociale L œuvre de Lénine présente l avantage de décomposer dans le temps l élaboration d une théorie de l organisation. Au fil des polémiques contre les populistes, les économistes, les mencheviques, les liquidateurs, émergent les principes et les fondements de sa théorie. Comme le souligne Lukacs, la question de l organisation devient réellement une question d actualité lorsque la révolution ellemême est à l ordre du jour, lorsqu elle n est plus un simple rêve compensateur, mais le but unifiant de toutes les luttes quotidiennes. C est bien ainsi que le conçoit Lénine. Dans ses premiers écrits, de 1894 à 1898, il s attache à d é fi n i r l a n a t u r e d e l a r é v o l u t i o n q u i v i e n t : quelle est la formation sociale contre laquelle 1/ N. Poulantzas, Pouvoir politique et classes sociales, Maspero. 2/ Lénine, Œuvres, tome I. p. 324 et 257, éditions de Moscou. Ces certitudes acquises servent dès lors de base à toute la stratégie politique : c est bien contre une formation sociale à dominante capitaliste et non féodale (même si les survivances féodales restent importantes) que luttent les révolutionnaires russes. En 1894, cela n a rien d une évidence. Lénine tient à le souligner en posant comme premier point du projet de programme du POSDR: «La production marchande se développe de plus en plus vite en Russie et le mode de production capitaliste y acquiert une position de plus en plus dominante.» (Lénine : Œuvres, tome IV, p. 20. éditions de Moscou). il combat? Quel État doit être détruit? Quelle classe doit être vaincue? Pour répondre à ces questions et œuvrer au déclenchement d une crise révolutionnaire, Lénine distingue soigneusement le niveau théorique du niveau politique, il distingue la compréhension théorique de la crise révolutionnaire et sa manifestation politique. À considérer l enchaînement des modes de production en tant que systèmes théoriquement élaborés, subsumant une variété de formations sociales concrètes, on peut concevoir entre deux modes de production une discontinuité, non une crise. Il ne peut y avoir de crise d un modèle théorique, mais seulement d une société politique où sont en jeu des forces réelles. Le mode de production capitaliste, tel que Marx l a construit et en a dégagé les lois à partir de la formation sociale anglaise du XIX e siècle, n a pas d existence réelle. Il constitue un objet abstrait-formel avec lequel aucune formation sociale concrète ne coïncide absolument. Poulantzas considère une formation sociale comme «le chevauchement spécifique de plusieurs modes de production purs» ; il ajoute que «la formation sociale construit elle-même une unité complexe à dominante d un certain mode de production sur les autres qui la composent 1 /». La crise révolutionnaire qui structure l horizon de l orga nisation révolutionnaire n est donc pas la crise d un mode de production. La seule crise dont il peut être question est celle d une formation sociale déter minée où les contradictions du mode de production prennent vie et s actualisent au travers des forces sociales réelles qui y sont impliquées. Cette distinction élémentaire n est pas sans conséquences sur le débat entre Lénine et Rosa Luxemburg. Lénine s est appliqué à définir avec précision la nature et la dominante de la formation sociale russe. Dès les années 1890, il se consacre à son étude précise ; il dépouille avec patience les statistiques des zemstvos. Dès ses premières œuvres, il définit ainsi le point d amarrage dont vont dépendre par la suite toutes les variations stratégiques et tactiques, en particulier son attitude de principe sur le problème de l organisation. Le développement du capitalisme en Russie porte témoignage de ce travail considérable dont les conclusions constituent pour l avenir le point de repère et le fondement premier auquel Lénine se réfère à tout propos. Dans Ce que sont les amis du peuple, écrit en 1894, avant que Le Développement du capi - talisme en Russie ne soit rédigé, les conclusions sont déjà fermement acquises : «L exploitation des travailleurs en Russie est partout capitaliste par son essence si l on néglige les survivances en voie de disparition de l économie basée sur le servage.» Il en tire toutes les conséquences, et en particulier qu il est «impossible de trouver en Russie une branche quelque peu développée de l industrie artisanale qui ne soit organisée selon le mode capitaliste 2 /.» Ainsi dès les premières années de lutte, Lénine définit l adversaire qu il affronte. Toujours cette clarté théorique demeurera et présidera aux méthodes d analyse et aux choix tactiques. Les révolutionnaires russes combattent le capitalisme ; leur stratégie d alliances tient compte du développement inégal des modes économiques impliqués dans la société russe ; mais jamais ils n oublient que la crise qu ils préparent est celle du capitalisme. Les analyses du jeune Lénine sont encore à la source de son interprétation de la révolution russe dans La Révolution prolétarienne et le renégat Kautsky : «Tout s est passé exactement comme nous 3 l avions dit. Le cours de la révolution a confirmé la justesse de notre raisonnement. D abord, avec toute la paysannerie contre la monarchie, contre les propriétaires fonciers, contre la féodalité (et la révolution reste par là bourgeoise, démocratique bourgeoise). Ensuite, avec la paysannerie pauvre, avec le semi-prolétariat, avec tous les exploités contre le capitalisme, y compris les paysans riches, les koulaks, les spéculateurs ; et la révolution devient par là socialiste. Vouloir dresser artificiellement une muraille de Chine entre l une et l autre, vouloir les séparer autrement que par le degré de préparation du prolétariat, c est dénaturer monstrueusement le marxisme, l avilir, lui substituer le libéralisme 3 /.» La voie suivie est donc claire. Compte tenu que l objectif défini demeure le renversement du capitalisme, mode dominant de la formation sociale russe, les sociaux-démocrates contractent une alliance avec la paysannerie, alliance temporaire pour détruire le despotisme et liquider les séquelles de féodalisme. Les divers programmes agraires de Lénine s efforcent de définir la base correcte de cette alliance. Mais la lutte contre le féodalisme et l autocratie ne constitue dès lors qu un moment non isolable de la lutte anticapitaliste qui reste l objectif principal. 2. Définir le sujet historique Dans Le Capital, Marx souligne que le procès de production capitaliste considéré dans sa continuité ou comme procès de reproduction, ne produit pas seulement de la marchandise, ni seulement de la plus-value, «il produit et 3/ Lénine, Œuvres, tome XXVIII, p. 310, éditions de Moscou. 4/ Lukacs, Histoire et conscience de classe p. 101, éditions de Minuit. 5/ Lukacs, ibid., p reproduit le rapport capitaliste lui-même: d un côté le capitaliste, de l autre le salarié». Le système qui se reproduit lui-même engendre ses propres crises et ses propres contradictions, suscite des points de rupture qui peuvent se manifester sous forme de crises économiques. Mais une crise économique n est pas forcément révolutionnaire. Elle peut faire partie des mécanismes d autorégulation du système, avoir seulement fonction «purgative». Après la crise, les stocks épongés, les entreprises archaïques éliminées, l économie capitaliste repart sur une base assainie. Lukacs insiste sur cet aspect de la crise : «Seule la conscience du prolétariat peut montrer comment sortir de la crise capitaliste. Tant que cette conscience n est plus là, la crise reste permanente, revient à son point de départ, répète la situation 4 /.» La crise économique d une formation sociale à dominante capitaliste a donc une fonction aperturale mais non décisive. Elle constitue le point de bascule où peut s ébaucher un nouveau système. Mais elle participe encore de l autorégulation du système initial. Cette crise peut tout au plus inaugurer une situation révolutionnaire ; elle ne devient elle-même révo - lutionnaire, c est-à-dire dépassable dans le sens de la révolution, que par un sujet qui l assume et prenne en charge le processus de transformation sociale. C est encore ce qu exprime avec limpidité Lukacs dans sa réponse à tous les fatalistes qui attendent leur salut de la dernière crise du capitalisme : «la différence qualitative entre la dernière crise du capitalisme, sa crise décisive, et ses crises antérieures, ne réside pas dans une simple métamorphose de leur extension et de leur profondeur, bref de leur quantité ou qualité. Ou plutôt, cette métamorphose se manifeste en ceci que le prolétariat cesse d être simple objet de la crise et que se déploie ouvertement l antagonisme inhérent à la société capitaliste 5 /.» La crise affecte donc une formation sociale déterminée mais elle ne devient révolutionnaire que lorsqu un sujet œuvre à son dénouement en s attaquant à l État, cible stratégique, verrou par lequel sont maintenus en place des rapports de production devenus camisole de force pour les forces productives. Ayant déterminé la nature de la révolution qui vient, pour la dénouer victorieusement, Lénine s attache à lui définir son sujet. Sur ce point, Lénine distingue soigneusement le sujet théorique-historique de révolution (le prolétariat en tant que classe qui r e l è v e d u m o d e d e p r o d u c t i o n ) e t s o n s u j e t poli tique-pratique (l avant-garde qui relève de la formation sociale) qui représente non pas le prolétariat «en soi», dominé économiquement, politiquement et idéologiquement, mais le prolétariat «pour soi», conscient de sa propre place dans le processus de production et de ses propres intérêts de classe. C est là l une des idées-forces de Que Faire? où Lénine distingue «spontanéité et spontanéité». Il voit dans la spontanéité «l élément em
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