Cahiers d études africaines. Sociabilités masculines et culture de la rue au Mali The Man s Tea. Masculine Sociability and Street Culture in Mali

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Cahiers d études africaines Masculin pluriel Le thé des hommes Sociabilités masculines et culture de la rue au Mali The Man s Tea. Masculine Sociability and Street Culture in Mali Julien Bondaz
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Cahiers d études africaines Masculin pluriel Le thé des hommes Sociabilités masculines et culture de la rue au Mali The Man s Tea. Masculine Sociability and Street Culture in Mali Julien Bondaz Éditeur Éditions de l EHESS Édition électronique URL : etudesafricaines.revues.org/17244 ISSN : Édition imprimée Date de publication : 28 mai 2013 Pagination : ISBN : ISSN : Référence électronique Julien Bondaz, «Le thé des hommes», Cahiers d études africaines [En ligne], , mis en ligne le 06 juin 2015, consulté le 26 janvier URL : Ce document est un fac-similé de l'édition imprimée. Cahiers d Études africaines Julien Bondaz Le thé des hommes Sociabilités masculines et culture de la rue au Mali Dans le Mali urbain contemporain, la consommation de thé est l une des activités masculines les plus banales et les mieux répandues. Elle a produit deux types d images amplement diffusées. Il s agit d abord de la mise en récit des techniques de préparation et des modes de consommation du thé, offert en trois verres successifs : «Le premier est fort comme la mort, le deuxième doux comme la vie, le troisième sucré comme l amour.» Ce récit des trois thés, largement servi aux touristes par les guides maliens, participe à la production de l authenticité des rencontres touristiques (Doquet 2009) ainsi qu à la construction d une «boisson nationale» : le «thé malien» 1. Il existe cependant une autre version de ce récit, selon laquelle «le premier thé est celui des hommes, le deuxième celui des femmes et le troisième celui des enfants». Dans la succession des trois thés est ainsi donnée à entendre une synthèse minimale des rapports de genre et de génération. Un second type d images concerne non plus les manières de boire le thé, mais le contexte de sa consommation. L importance numérique des groupes de thé, communément appelés grins en bambara 2, et leur forte visibilité dans l espace public font de ces rassemblements majoritairement masculins l une des spécificités du paysage urbain, conduisant d ailleurs les Maliens à les 1. Cette nationalisation du thé et de son mode de consommation est remarquable à plus d un titre. Elle occulte notamment l origine historique anglaise, puis marocaine, de cette habitude (HUETZ DE LEMPS 2001 : part. 7), sa proximité avec d autres fabriques d authenticité prenant pour support la même boisson («thé maure», «thé touareg»...) et sa provenance actuelle. Le thé consommé au Mali est en effet largement importé de Chine, à l exception de celui produit dans la région de Sikasso, suite à un projet mis en place par les Chinois au début des années 1960, projet relancé à Farako au début des années 1990 sous le nom d «Opération thé», puis tout récemment, en mars 2011, à travers la création de la SGTM, Société générale de thé du Mali. 2. L origine complexe du mot grin et notamment le fait qu il soit souvent considéré comme un mot français, explique le choix du s pour la forme plurielle. En bambara (bamanankan), langue véhiculaire au Mali, la marque du pluriel est le w. Cahiers d Études africaines, LIII (1-2), , 2013, pp 62 JULIEN BONDAZ présenter comme relevant (eux aussi) d une tradition nationale 3. La vue de ces groupes de thé alimente une imagerie plus ambivalente chez les touristes, associée à toute une série de jugements moraux reposant notamment sur l idée selon laquelle les hommes prendraient le thé pendant que les femmes travaillent 4. Boire du thé est donc présenté dans un cas comme une synthèse authentique des identités (ou comme une vision nucléaire de la famille : l homme, la femme et l enfant) et dans l autre, au contraire, comme le signe d une distinction sexuelle, voire comme l expression même de la domination masculine. Dans les deux cas, la consommation de thé favorise l énoncé de stéréotypes concernant la fabrique des identités sexuelles. Les manières de boire et la vie quotidienne des groupes de thé constituent ainsi une porte d entrée privilégiée pour penser les masculinités et les rapports de genre dans le Mali urbain contemporain, comme l ont déjà suggéré Barbara Schulz (2002), Françoise Grange Omakoro (2009) et Julie Castro (2012). Les grins ne sont pas seulement bons à penser les questions de l intégration et de l exclusion urbaines (Dorier Apprill & van den Avenne 2001), de l entraide (Vuarin 1993, 2000) ou de la jeunesse (Sauvain-Dugerdil 2009), ils sont également des espaces où la consommation de thé entretient avec la production des masculinités un rapport étroit. Manières de boire et commensalités urbaines invitent ainsi à la compréhension des formes de production et de reproduction de la masculinité à travers des gestes ordinaires et des interactions quotidiennes. Une telle proposition vise à montrer comment le thé des hommes, loin d être le premier d une série déclinant la hiérarchie des identités sexuelles ou le symbole d une position masculine homogène et dominante, génère au contraire des rapports de pouvoir hétérogènes au sein des groupes de thé et, plus largement, des logiques de «recomposition des normes de la masculinité» (Broqua & Eboko 2009 : 6). Étudier les interactions qui s organisent autour du thé revient par ailleurs à penser ensemble les sociabilités urbaines (Fourchard, Goerg & Gomez-Perez 2009) et la «géographie des images de la masculinité» (Baller 2007 : 166), c est-à-dire à interroger la place des hommes dans l espace public. Une telle étude rejoint ainsi celles consacrées à la «culture de la rue» en Afrique (Hérault & Adesanmi 1997 ; Biaya 2000). Du point de vue méthodologique, l approche proposée oblige le chercheur à transformer des interactions ordinaires en 3. Les textes consacrés aux grins par des chercheurs ou des journalistes maliens, qui sont souvent les plus complets (KEÏTA 1985, 2007 ; DOUMBIA &DIARRA 1992 ; DE NORAY &MAÏGA 2002 : 40-43), ont notamment tendance à les présenter comme étant spécifiquement maliens. Il ne faudrait cependant pas oublier que le terme grin est également utilisé dans le nord de la Côte-d Ivoire (THÉROUX-BÉNONI & BAHI 2008 ; VINCOURT &KOUYATÉ 2012) et au Burkina Faso (OUATTARA 2003 ; KIEFFER 2006 ; DOSSOGNE 2007 ; ROTH 2010), essentiellement (mais non exclusivement) en contexte dioula, ni qu il existe des formes identiques de groupes de thé dans les pays limitrophes : ataya au Sénégal et fada au Niger, par exemple. 4. Dans un texte consacré au patrimoine de Djenné, l ethnologue Charlotte JOY (2011 : 399) conclut cependant en faveur de l intégration des grins dans les circuits touristiques organisés dans la ville. CULTURE DE LA RUE (MALI) 63 données pertinentes pour l analyse. Il ne s agit plus seulement de fréquenter des grins (Grange Omakoro 2009 : 192) pour favoriser le travail d «imprégnation» (Olivier de Sardan 1995 : 79-80), mais de construire la consommation de thé et les formes de sociabilité masculine auxquelles elle donne lieu comme un véritable objet d étude 5. Une telle approche, interactionniste, s inscrit dans le cadre d une sociologie de la «banalité» qui reste encore peu développée dans les études consacrées au Mali (Doquet 2010 : ) 6. En partant du principe selon lequel la production des identités masculines s observe moins dans la construction des stéréotypes que dans le détail des pratiques quotidiennes, il s agit ainsi de passer d une description détaillée des interactions à une analyse des différents registres relationnels dans lesquels s inscrit la consommation du thé, puis à une présentation synthétique des formes de sociabilité masculine qu elle produit. Préparer le thé : de l espace domestique à l espace public Un dimanche matin, dans le quartier N Tomikorobougou à Bamako, peu après dix heures, Aboubacar, un instituteur trentenaire, sort une chaise de la concession familiale dans laquelle il habite et l installe à l angle de la rue, sous un arbre. À côté de la chaise, il dépose un plateau sur lequel voisinent deux théières (baradaaw), chacune recouverte d un émail vert déjà fortement écaillé, et deux petits verres cannelés. Puis Aboubacar retourne dans la cour de la concession, prend une cruche en plastique pleine d eau, récupère un fourneau malgache (petit fourneau fabriqué en tôle recyclée) et se rend dans le coin aménagé pour faire la cuisine afin de récupérer quelques braises dans le foyer allumé, ainsi qu une poignée de charbon destinée à alimenter le petit feu servant à préparer le thé. Aboubacar ressort 5. Ainsi, les données présentées dans cet article ont d abord été collectées parallèlement à des recherches en anthropologie du patrimoine, menées au Mali entre 2005 et 2009, puis lors d une mission de recherche spécifique en décembre janvier Outre la fréquentation assidue d un grin à N Tomikorobougou, un ancien quartier populaire de la capitale, j ai participé à plusieurs autres grins à Bamako, Sikasso et Kayes. Je tiens à remercier ici les membres de ces différents grins (et tout spécialement ceux des familles Barry et Traoré) pour leur accueil et leur soutien dans mes recherches. Les entretiens menés auprès des membres de ces grins ont été complétés par la recherche d articles de presse évoquant les faits divers concernant les grins et par la lecture de chroniques rédigées par des journalistes ou chercheurs maliens décrivant les usages du thé. Voir notamment S. KEÏTA (1985, 2007), S. DOUMBIA et M. DIARRA (1992), M.-L. DE NORAY et O. MAÏGA (2002 : 40-43). Ce corpus ne constitue pas seulement des sources pour le chercheur. Il peut également être lu comme une métasociologie des pratiques concernées. 6. Les manières de boire citadines ont notamment été peu étudiées par les africanistes français (JOLLY 2004 : 16). Le cas du café maure (CARLIER 1990) pourrait ici servir de point de comparaison. 64 JULIEN BONDAZ de la concession, dépose le matériel devant la chaise et s assoit. Cet approvisionnement en braise donne ainsi à voir la préparation du thé devant la concession comme le pendant de celle du repas dans la cour : une trajectoire est établie entre la cuisine et la rue, entre un espace domestique féminin et un lieu de sociabilité masculine. Aboubacar choisit ensuite l un des enfants qui jouent dans la rue et le commissionne pour aller acheter une boîte de thé vert (100 FCFA) et un sachet de sucre (50 FCFA) à la boutique la plus proche, à quelques deux cents mètres. De nombreuses marques de thé sont disponibles sur le marché bamakois (thés Lobo, Champion, Diamant noir, Baro, Al Mounia, Alabadia, Super 11...), dont plusieurs portent le nom d animaux (thés Aigle, Gazelle, Cheval, Lion et son équivalent bambara, Waraba). Le thé importé de Chine est en effet reconditionné par de nombreux opérateurs économiques qui créent leurs propres marques puis, chaque paquet, équivalent d une dose, est revendu au détail ou en cartouche de dix. Malgré la prolifération des marques, on trouve essentiellement trois qualités de ce thé vert sur le marché, dites «gros grains», «petits grains» et 4011, la plus appréciée, auxquelles s ajoute le thé dit Kala, produit dans la région de Sikasso et vendu en tiges («kàla» signifie «tige» en bambara), mais moins fort que les autres et donc souvent moins prisé par les Maliens. Le bon goût du thé dépend cependant en grande partie des manières de le préparer. Bien faire le thé fait en effet partie des compétences masculines, acquises par observation et imitation à l adolescence. Le thé que l enfant ramène à Aboubacar est mis dans l une des théières et recouvert d eau jusqu au bord, puis la théière est posée directement sur la braise et l eau se met lentement à bouillir. Presqu une demi-heure plus tard, le liquide est versé dans la seconde théière, où le sucre est ajouté. Aboubacar prélève un verre du mélange et le transvase dans l autre verre avec un ample mouvement de la main, dessinant ainsi un long filet de thé. L opération, répétée plusieurs fois d un verre à l autre, a pour objectif de mélanger le sucre et de rendre le thé mousseux. Un bon thé (thé duman) 7 doit en effet avoir beaucoup de mousse (kànga). Il est le plus souvent apprécié amer (kunaman), sucré (sukaroma), et surtout très fort (farinman). Certains cependant le préfèrent moins infusé et moins sucré (notamment les personnes originaires du Nord Mali). La préparation du deuxième thé, puis du troisième consiste en une répétition des mêmes gestes, en utilisant les mêmes feuilles de thé. Le thé est ainsi de moins en moins fort, et la plupart des amateurs délaissent le troisième verre, considéré comme de «l eau sucrée» («ji sukaroma»). Il arrive alors que des enfants prennent possession du matériel de thé et préparent pour eux le troisième, apprenant ainsi les gestes 7. On désigne par là un thé qui a bon goût, agréable (l idée d efficacité est également présente), comme dans l expression «thé duman wili ka di» («prépare un bon thé»). On peut également rencontrer l expression «thé ka di» («le thé est bon»), comme dans «i ka thé ka di!» («ton thé est bon!»). Je remercie Julien Gavelle pour sa relecture et notamment ses remarques linguistiques. CULTURE DE LA RUE (MALI) 65 de leurs aînés. L importance accordée au caractère fort du thé (farinya) dans le jugement gustatif des hommes s explique notamment par le lien établi entre le goût du thé et une qualité masculine désignée par le même mot : la force, le courage, mais aussi la violence, la brutalité. Le premier thé est rarement bu par les femmes, et jamais par les femmes enceintes. Il est réputé donner de la force et, surtout lorsque du gingembre lui est ajouté, accroître la virilité (céya). La préparation des trois thés dure environ deux heures. Mais très vite, Aboubacar est rejoint par un jeune homme de son âge, vendeur de crédit téléphonique qui habite dans le carré (unité d habitation) voisin. Ce dernier rentre à son tour dans la concession pour prendre deux chaises, la première pour lui, la seconde pour le prochain qui viendra. Puis c est un ami d enfance d Aboubacar, chômeur, en location dans une concession proche, qui arrive et profite de la chaise. Un voisin militaire, en uniforme et en moto Djakarta, s arrête et, restant assis sur la selle, boit le reste du premier thé. Le grin de Boubacar se rassemble petit à petit. Comme chaque dimanche, un groupe d hommes tous trentenaires se retrouvent devant chez lui pour boire le thé. Poser le thé (thé sigi) revient ainsi à poser le grin (grin sigi). Les soirs de semaine, une fois rentré de l école où il travaille, Aboubacar s installe au même endroit et procède de manière identique. Là aussi, les membres de son grin ne tardent pas à le rejoindre 8. En même temps qu ils boivent le thé, ils consomment parfois des aliments achetés dans la rue : cacahuètes et, plus rarement, beignets de haricots, brochettes ou dibi (viande rôtie) 9. Ces aliments ont en commun d appartenir, comme le thé, au domaine du superflu (nègelafen), par opposition à la nourriture qui relève du nécessaire (sùman), pour reprendre la distinction décrite par Gérard Dumestre (1996 : 700). Selon lui, «pour les jeunes gens, la consommation de thé, de sandwiches, de cigarettes, de brochettes, est à la fois un signe d aisance et une marque d indépendance par rapport aux anciens». Les cigarettes, achetées à l unité, sont parfois fumées à deux, et l alimentation de rue est achetée soit par cotisation, chacun payant sa part, soit offerte par l un des membres du grin, en fonction de ses revenus. De même, le thé est acheté en commun ou payé par l un des membres. Payer le thé ou acheter des aliments de rue constitue en effet «un moyen de marquer sa place dans le groupe et d acquérir du pouvoir» (Ag Bendech, Chauliac & Malvy 1998 : 51). De même, le thé est parfois offert par un grand frère ou par un membre de la famille en visite (il s agit alors d une ou plusieurs cartouches). Lors des campagnes électorales, des hommes politiques en distribuent. Sur les lieux de travail, 8. Les groupes de thé sont donc ainsi à mettre en relation avec l émergence des loisirs dans le Mali urbain contemporain, en particulier le week-end (SAUVAIN- DUGERDIL &RITSCHARD 2009), mais aussi avec la précarisation financière et le chômage des jeunes. Les Maliens parlent ainsi de «thé chômeur». 9. Cacahuètes (fraîches ou grillées) et beignets sont préparés et vendus par des femmes, tandis que la viande est avant tout l affaire des hommes, en particulier le dibi, souvent débité et produit par des migrants hausa. 66 JULIEN BONDAZ des visiteurs en amènent (par exemple, un visiteur du parc zoologique de Bamako offre deux cartouches aux gardiens). Le «prix du thé» fait d ailleurs partie de la sémiologie populaire de la corruption (Blundo & Olivier de Sardan 2007 : 132). Une fois préparé, le thé peut également être offert à des hommes extérieurs au grin. Il arrive par exemple qu un verre soit prélevé pour un grand frère de passage ou un visiteur de la famille. Un homme âgé, voisin familier ou passant inconnu, peut également demander sa part. Les dons de thé inscrivent ainsi les membres du grin (et celui qui prépare le thé en premier lieu) dans des rapports hiérarchiques : les aînés sociaux distribuent des boîtes de thé à leurs cadets, et ces derniers offrent les verres de thé aux premiers, par une sorte d obligation de rendre, sinon au donateur, du moins à quelqu un occupant une place générationnelle ou hiérarchique équivalente à celle du donateur. Préparer le thé revient ainsi à s inscrire dans des logiques du don et du contre-don susceptibles de produire des relations de prestige ou d allégeance. Ces relations sont particulièrement visibles lorsque des enfants, formant leur premier grin, choisissent pour leur groupe un parrain et le sollicitent pour diverses dépenses. Des relations entre groupes de thé s établissent également sur la base d une filiation entre les membres de différents groupes. Un même nom peut ainsi servir à désigner le grin d un enfant et celui de son aîné : le nom du premier est alors suivi de la mention «Junior». La préparation du thé ne relève donc pas seulement d un savoirfaire transmis par les aînés aux cadets. Elle révèle également des rapports hiérarchiques entre les grins et au sein des grins, impliquant la transmission de savoirs relationnels. Poser le grin : petites hiérarchies autour du thé Si Aboubacar est reconnu comme le «chef» de son grin, son groupe de thé n a pas de nom spécifique. Les gens du quartier le désignent comme «le grin d Aboubacar». Mais lorsqu il était plus jeune, son grin avait un nom, «Les jeunes solidaires», et les rôles de ses différents membres (grin na den, litt. enfant du grin ou grin mogo, personne du grin) étaient mieux définis. Vers treize ou quatorze ans, on entre en effet dans un grin pour la première fois (ka do grin na, entrer dans le grin). Le grin regroupe alors des adolescents d une même classe d âge. Il s agit en quelque sorte de fédérer les compagnons de jeux de l enfance, et la constitution d équipes de football joue souvent un rôle important dans la formation de ces premiers grins. Ce principe de regroupement sur la base des classes d âge pourrait alors être interprété comme une caution d égalitarisme. Dans la réalité, ces grins d adolescents sont en fait beaucoup plus structurés que celui d Aboubacar ou que ceux des adultes en général. En particulier, l organisation des «grins par intérêt» ou «grins de service» (grins de fonctionnaires, d instituteurs, de policiers, de chauffeurs, de taximen...), qui rass
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