De Victor de l Aveyron à Helen Keller : du bon usage de la parole dans l éducation des enfants

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De Victor de l Aveyron à Helen Keller : du bon usage de la parole dans l éducation des enfants Leandro de Lajonquière Ce texte est issu de l'exposé prononcé le 6 avril 2013 par l'auteur au cours de la
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De Victor de l Aveyron à Helen Keller : du bon usage de la parole dans l éducation des enfants Leandro de Lajonquière Ce texte est issu de l'exposé prononcé le 6 avril 2013 par l'auteur au cours de la table ronde intitulée «Transmission des pratiques éducatives» lors du 4e Colloque Cliopsy. Préambule Nombreux sont ceux qui espèrent trouver des garanties dans l acte d éduquer. Ils croient que s ils procèdent de telle manière avec tel enfant, avec des enfants de tel âge, ou encore, avec des enfants présentant telles manière de penser, de se comporter, etc., le résultat de l éducation ne pourra être que selon leurs souhaits. En somme, ils espèrent pouvoir concevoir des méthodes d action plus ou moins infaillibles afin d obtenir ce qu ils considèrent comme des succès éducatifs avec les enfants, aussi bien à la maison qu à l école. Un siècle après le manifeste de l école de psychologie behavioriste, publié en 1913 aux États-Unis, il nous faut bien admettre que le rêve de John Watson suscite encore de l enthousiasme. Mais qu une telle attente de méthodes éducatives ne dépasse pas le domaine du songe ne signifie pas pour autant que l éducation est un phénomène purement aléatoire. En effet, entre les pôles du «déterminisme mécanique» d une part, et de l «aléatoire dénué de sens» de l autre, se décline toute une série de nuances qui fait que l éducation d un enfant est le résultat d un concours de circonstances unique et toujours fragile. Par ailleurs, on peut également expliquer que certaines conditions sont nécessaires pour rendre possible un phénomène donné. Plusieurs auteurs ont particulièrement travaillé dans cette voie. C est le cas, par exemple, pour ce qui est des conditions du processus de scolarisation en France, du travail remarquable de Marie-Claude Blais, Marcel Gauchet et Dominique Ottavi Conditions de l éducation (2008). Dans le même esprit, notons le travail du psychanalyste belge, Jean-Pierre Lebrun La condition humaine n est pas sans conditions (2010) bien qu il porte surtout sur le débat autour des nouvelles expressions psychopathologiques. L objectif de ces deux ouvrages est d expliciter les paramètres indispensables pour qu un événement puisse se produire et dans l éducation et dans l enseignement dans un cas, dans le simple processus d humanisation désirante dans l autre. En ce sens, ces travaux signalent qu en l absence de certaines conditions, et sans un certain degré de résonances entre elles, il n est pas surprenant de constater le mal-être des enfants et jeunes d aujourd hui à l école. De la même manière, leurs chances de grandir, de se développer 55 Leandro de Lajonquière comme un être humain assujetti à la loi du désir et de la castration, ne sont plus les mêmes que celles des générations antérieures. Les conditions de l'éducation Dans la continuité de ce raisonnement, je reprendrai ici la question des conditions de l éducation en insistant sur un élément qui n est pas expressément pris en compte par mes collègues et qui serait la place de la parole adressée à l enfant. En quelque sorte, mon argumentation s inscrit à la croisée des deux ouvrages mentionnés plus haut afin de déterminer dans quelle mesure le succès d une éducation dépend précisément de la façon dont un adulte adresse la parole à un enfant, autrement dit, de la façon dont il parle avec lui quelles que soient les circonstances. Voilà des années que je soutiens cette thèse dans le domaine des études psychanalytiques dans l éducation et la formation. Je ne rappellerai ici que brièvement les lignes directrices de ma pensée. Pour un développement plus approfondi et pour identifier les éléments conceptuels psychanalytiques indispensables à sa compréhension, le lecteur intéressé pourra consulter mon ouvrage Figures de l infantile (2013). Pour examiner la place de la parole dans l éducation, je partirai d exemples historiques impliquant un enfant et un adulte en position éducative, c est-àdire un adulte pris dans la volonté expresse d éduquer, de donner à un enfant une place en ce monde, de lui transmettre des savoirs jugés indispensables à l existence humaine. Il s agit de deux expériences éducatives datant du XIX e siècle, non seulement éloignées entre elles dans l espace et le temps avec presque quatre-vingt-dix ans d intervalle, mais dont les répercussions dans le champ des débats académiques sont très contrastées. La première expérience est celle de l éducation de Victor, un enfant trouvé qui vivait en isolement complet dans les forêts de l Aveyron. C est un jeune médecin, Jean Itard, qui s est chargé de son éducation entre 1801 et 1806 à Paris. Le second exemple est celui d Helen Keller, une fillette sourde et aveugle, qui sera éduquée par une jeune femme, Anne Sullivan, à Tuscumbia dans l État de l Alabama aux États-Unis à partir de L éducation de Victor a acquis une place dans les annales de la science, tout particulièrement dans le champ de la psychiatrie de l enfant et celui de la pédagogie spécialisée. Toutes deux étaient alors des disciplines naissantes et l acharnement du docteur Itard est devenu un élément princeps de leurs histoires constitutives. Des membres de la Société des observateurs de l homme, fondée juste avant l arrivée du «sauvage», jusqu aux parisiens curieux qui se bousculaient pour le voir arriver, en passant par les médecinspédagogues, Édouard Seguin et Maria Montesssori, qui ont fait d Itard leur précurseur, tous s intéressaient de près à l éducation «d un homme sauvage» ou du «jeune sauvage de l Aveyron», selon les formulations du médecin. À ces derniers se sont ajoutés, au fil du temps, une série de pédagogues, linguistes, psychologues, psychiatres et même de 56 De Victor de l Aveyron à Helen Keller : du bon usage de la parole dans l éducation des enfants Revue Cliopsy n 11, 2014, psychanalystes, comme Maud et Octave Mannoni. Bref, les divers aspects de cette saga scientifique ont retenu l attention d un grand nombre de chercheurs. En revanche, l éducation d Helen Keller, bien qu elle ait suscité une certaine curiosité ici et là, n a jamais réussi à déclencher un tel intérêt dans l histoire des épistémès. De la même manière, la jeune Sullivan n a jamais été considérée comme une source d inspiration en matière de position pédagogique et scientifique. Peut-être l éducation de la petite Keller n a-telle pas brillé dans les débats académiques, en particulier en France, parce qu elle avait lieu loin de la bourgeoisie urbaine de la ville lumière, dans un village perdu au fin fond d une contrée rurale d Amérique du Nord, juste après la guerre de sécession. Peut-être aussi que cela est dû au fait qu Anne Sullivan n appartenait pas au monde médical ou pédagogique. Deux expériences éducatives contrastées Ces deux expériences pédagogiques sont aux antipodes l une de l autre. À première vue, nous sommes tentés de croire qu Helen étant sourde et aveugle, ses chances de parler étaient presque inexistantes, contrairement à Victor qui ne souffrait d aucun handicap sensoriel. La comparaison de ces deux cas permet de s interroger sur ce qui les différencie l un de l autre. L idée étant que, dans l ensemble des conditions d éducation d un enfant, la façon dont on lui adresse la parole constitue un élément princeps. Plus précisément, la façon de s adresser à l enfant, de l élever ou de l éduquer, se fait en fonction de la position de l adulte et de son rapport à la question de la castration et à celle de son désir, toujours remise en question par le fait même que la rencontre avec l enfant est, dans un certain sens, un rendezvous manqué, un rendez-vous qui crée du manque. Je rappellerai donc sommairement quelques éléments de ces deux épisodes dont la simple mise en regard permettra d analyser l ensemble des conditions respectives de l éducation de chaque enfant. Jean Itard était un jeune médecin, ancien chirurgien des forces armées de Napoléon, tandis qu Anne Sullivan était une jeune femme, tout juste sortie d un collège de Boston pour enfants aveugles, et donc sans diplôme professionnel. Victor est un enfant âgé d environ 10 ou 12 ans, trouvé dans la forêt, considéré par Itard comme normal au niveau corporel, mais comme un «sauvage» d un point de vue psychique et moral. Son traitement a donc été baptisé «médecine morale». Quant à Helen Keller, elle est née en bonne santé mais est devenue sourde et aveugle vers l âge d un an et demi à la suite d une infection. Anne Sullivan dira, lors de leur première rencontre (la petite avait alors 7 ans), qu elle était une enfant capricieuse mais intelligente et désireuse d apprendre. Le point commun est que ni Victor ni Helen ne parlaient au moment où leurs éducateurs respectifs les ont rencontrés pour la première fois. Jean Itard a fini par abandonner son projet au bout de cinq ans avec la conviction qu il 57 Leandro de Lajonquière n y avait plus rien à faire : selon lui, Victor ne parlerait jamais et d ailleurs, il est resté condamné au mutisme jusqu à la fin de ses jours. Il a vécu jusqu à environ 40 ans, en compagnie de Madame Guérin, l ancienne gouvernante du docteur. Sur l éducation du «jeune sauvage», nous disposons des deux rapports écrits par Jean Itard, le premier destiné à ses confrères de la Société des observateurs de l homme, dans le but de les instruire sur les principes directifs de l expérience et sur les premiers résultats obtenus ; le second ayant été adressé en 1804 au Ministère de l intérieur. À l inverse, Anne Sullivan et Helen Keller sont devenues amies et ne se sont plus quittées. Même pendant le mariage de la première, la seconde est demeurée voisine du couple. Helen Keller est restée aveugle et sourde, mais a appris diverses langues de signes, ainsi que l anglais oral et même le français ; elle est devenue écrivain dès l adolescence. D ailleurs, c est précisément grâce à la publication de ses livres que l on sait quelque chose de ce qui a pu se produire entre elle et sa préceptrice. Quant à Anne Sullivan, elle a laissé des lettres écrites à ses amis de la Perkins School for the Blind, en particulier à son directeur Michael Anagnos mais c est encore grâce à Helen Keller que nous pouvons les lire aujourd hui puisqu elle les a publiées après la mort de son amie. Helen Keller, pour sa part, décèdera à l âge de 88 ans, après avoir consacré sa vie à l éducation des enfants handicapés, notamment aveugles. Enfin, les deux expériences éducatives ont été transposées au cinéma. 1. Les lettres d Anne Sullivan ne sont pas publiées dans les versions françaises. Dans le beau film en noir et blanc de François Truffaut (L enfant sauvage, 1970), le réalisateur joue lui-même le rôle du médecin. Nous avons sûrement tous en mémoire l image du docteur Itard prenant des notes sur l expérience, tandis que la voix off énonce différents passages des rapports d Itard. La rencontre entre la petite Helen et la jeune Anne Sullivan a, quant à elle, inspiré deux films aux États-Unis, adaptés des livres The story of my life with her letters ( ) and a supplementary account of her education, including passages from the reports and letters of her teacher, Anne Mansfield Sullivan (1903) et Teacher: Anne Sullivan Macy; a tribute by the foster-child of her mind (1955) 1 qui apportent de précieux éléments d information. C est en 1962, quelque temps avant le film de Truffaut, qu Arthur Penn tourne The Miracle Worker. En 1979, Paul Aaron produira une adaptation de ce film pour la télévision. Un détail qui mérite d être mentionné est que Patty Duke, l actrice qui avait joué le rôle d Helen dans la version de Penn, incarne Anne Sullivan dans le téléfilm. S agit-il d un simple signe du passage du temps? On pourrait aussi interpréter cette coïncidence comme un passage de position, à savoir, de celle de disciple ou d enfant à celle de maîtresse ou d adulte dans le second film. Je laisse cette question en suspens pour attirer l attention du lecteur sur un autre détail tout aussi intriguant. En français, la traduction littérale du titre du premier film serait La travailleuse miraculeuse, mais le film fut projeté en France sous le titre Miracle en Alabama. Pour ce qui est de la version brésilienne, elle se traduirait en français par Le miracle d Anne Sullivan, alors que la version 58 De Victor de l Aveyron à Helen Keller : du bon usage de la parole dans l éducation des enfants Revue Cliopsy n 11, 2014, portugaise est intitulée Le miracle d Helen Keller. Tout le monde est au moins d accord sur un point : cette histoire est en effet miraculeuse! Reste à identifier l agent du miracle. Les Américains l ont attribué à quelqu un qui travaille, les Brésiliens à l adulte, les Portugais à l enfant, quant aux Français, ne sachant pas à qui décerner la palme, ils ont préféré constater que le fait qu une fillette sourde et aveugle puisse apprendre à parler relevait bien du miracle et que celui-ci s est produit un beau jour en Alabama! Justement, en suivant la piste du malentendu autour du caractère miraculeux de l éducation d Helen Keller, nous pouvons aussi interroger la place de la parole dans l éducation d un enfant, tout en prenant comme contre-exemple le destin funeste réservé à Victor. En matière de miracles, il y a, de toute façon, toujours un agent. Qui effectue le travail «miraculeux» de l éducation d Helen Keller? La petite fille de sept ans? L institutrice, de quatorze ans son aînée? Ni l une, ni l autre, dirais-je. Toutes deux ont été ou sont restées assujetties au travail de la parole. En d autres termes, ce qui est à l œuvre, c est l opération de la fonction signifiante, comme dirait Lacan (1953), qui donne toujours lieu à la possibilité de faire l expérience, à l intérieur du champ de la parole et du langage, de se retrouver autre, c està-dire de se découvrir là où l on ne se pensait pas. «Itard victor» Bien que l aventure pédagogique du docteur Itard ait une place assurée dans les annales de la psychiatrie et de la pédagogie spécialisée, en réalité, elle met en scène ce qu il ne faut justement pas faire dans l éducation d un enfant. Le rêve du médecin de maîtriser l être humain entraîne la perversion des conditions permettant une éducation digne de ce nom, selon l analyse de Maud Mannoni (1973). Tout adulte doit précisément renoncer à cette volonté de maîtrise qui se transforme en emprise pour qu un enfant puisse conquérir son propre lieu d énonciation dans une histoire toujours en cours. Itard incarne une forme de fureur pédagogique qui n admet pas l impossibilité à laquelle Freud (1925) faisait référence à propos des trois métiers qu il a qualifiés d impossibles l éducation, la politique et la psychanalyse. Le médecin de Victor personnifie le désir pédagogique de trouver un enfant idéal, dépourvu de tout savoir et disposé à être débarrassé de son ignorance par la grâce du maître qui le convertirait ainsi en son propre double, c'est-à-dire en un sujet complet qui ne serait assujetti ni à la castration ni au désir. La fureur pédagogique alimente toute éducation qui se considère comme idéale et qui, en prétendant accomplir un bien ou une mission civilisatrice quelconque, finit par pervertir l éducation. Celle-ci est en effet pervertie parce qu elle exige de l enfant son effacement en tant que sujet animé par le désir, pour mériter ainsi la reconnaissance et l amour de l adulte. Victor communiquait, il répondait aux appels, se faisait comprendre par Madame Guérin lorsqu il avait faim ou qu il souhaitait se promener. Par 59 Leandro de Lajonquière conséquent, on pourrait dire qu il habitait effectivement le langage. Cependant, Itard, tout en admettant que l enfant communiquait, était surpris qu une telle chose fût possible sans «besoin d aucune leçon préliminaire» (Itard, 1801, p. 43). Selon lui, rien n était possible hors du programme d éducation qu il avait mis en place. Il en avait conclu qu il s agissait du «langage d action [ ] primitif de l espèce humaine» (p. 44) et donc, en réalité, que Victor n habitait pas vraiment le champ du langage. Le garçon persistait, au contraire, à apporter la preuve qu il habitait ce champ. Il était même parvenu à balbutier quelques mots. Le médecin avait reconnu le nom de Julie la fille de Madame Guérin quand Victor disait «gli», le substantif «lait», énoncé clairement, et enfin l exclamation «Oh Dieu!» lorsqu il disait «oh Diie». Malgré tout, il n est jamais parvenu à parler, ni à s engager dans le discours. L aurait-il pu? Il est impossible de le savoir. Mais une chose est sûre, le dispositif pédagogique lui-même, destiné à le faire parler, ne pouvait aboutir qu à l avortement de la parole. Par ailleurs, cet échec malgré sa soumission à d autres tâches pédagogiques lui permettait peut-être de préserver le peu de désir qui lui était propre, refusant de livrer à Itard ce qu il recherchait de façon obsessionnelle : que Victor parle. Jean Itard admettait que la parole nous distingue des animaux, mais il ne comprenait pas que l usage de cette parole présupposait chez l enfant un sujet auquel un adulte aurait donné, dans un temps logiquement antérieur, un lieu d énonciation dans une histoire. Il a ainsi fini par brouiller l apprentissage, c est-à-dire l acquisition de la parole. Itard a agi dans le sens contraire de celui que suit intuitivement une mère qui, en métaphorisant les sons balbutiés par l infans, convertit ce dernier en «mon bébé» ; les babillages sont alors convertis en mots chargés d intentionnalités supposées. Pour la psychanalyse, ce comportement de la mère est fonction de sa position inconsciente par rapport à la castration et donc à l idée du père, et ne dépend aucunement des connaissances linguistiques et scientifiques qu elle pourrait éventuellement prétendre avoir. À la différence d Itard, c est effectivement la position à partir de laquelle Anne Sullivan s est adressée à Helen. Le dispositif mis en scène par Itard s articulait ainsi sur un refus systématique du désir de l enfant. Il n était rien de plus qu une espèce de piège pédagogique puisque, quelle que fût la réponse de Victor à la stimulation méthodique, l enfant n était jamais considéré comme étant animé par un désir méritant d être reconnu. Ainsi, s il ne répondait pas conformément à la réponse prévue, c était qu il n avait pas compris. Si, au contraire, il répondait correctement, le médecin y voyait un simple hasard. Si, enfin, il parlait effectivement, c était sans intentionnalité de communiquer un besoin. La réponse imprévue ainsi que celle qui était attendue, mais qui était donnée en dehors des paramètres préétablis, étaient alors jugées comme l expression du caractère sauvage du garçon. En même temps, répondre comme prévu revenait pour Victor à signer son 60 De Victor de l Aveyron à Helen Keller : du bon usage de la parole dans l éducation des enfants Revue Cliopsy n 11, 2014, propre arrêt de mort psychique, dans la mesure où la demande pédagogique liait sa rééducation à la condition d objet de jouissance d Itard. Dans ces situations, Itard répétait d ailleurs ses interventions éducatives sous forme de contre-expérience pour s assurer que la réponse était bien celle qu il espérait. Jean Itard condamnait inconsciemment Victor à choisir entre deux destins : se livrer à la frénésie de l écholalie, ou simplement ne pas répondre et rester totalement perdu face à la demande, dans une sorte d effondrement psychique. Victor incarnait soit la nature rêvée par Itard, soit
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