Devoir Maison sur l'étalon-or avant 1914

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L’âge d’or de l’étalon-or (1879-1914) Introduction : Pendant des siècles, les échanges commerciaux intérieurs et internationaux se sont réglés en…
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L’âge d’or de l’étalon-or (1879-1914) Introduction : Pendant des siècles, les échanges commerciaux intérieurs et internationaux se sont réglés en métaux précieux. Jusqu'à la fin des années 1870, l'or et l'argent ont coexisté comme instruments monétaires. Les billets de banque sont progressivement venus les rejoindre au cours du XIX ème siècle. Souvent émis par des banques privées, ces billets n'étaient pas toujours totalement couverts par des réserves métalliques, ce qui favorisait l'apparition de crises bancaires, exacerbées par la concurrence monétaire entre banques. La création des banques centrales nationales, seules détentrices du monopole de l'émission, mit fin à cette situation. Normalement, les banques centrales devaient détenir une réserve d'or et d'argent capable d'assurer une couverture totale (à 100 %) des billets qu'elles émettaient. En effet, les billets étaient complètement convertibles en or ou en argent, sous forme de pièces ou de lingots, sur simple demande au guichet de leurs détenteurs. En raison de cette couverture quasi intégrale, les billets de banque n'étaient finalement rien d'autre qu'une modalité plus commode de détention d'or ou d'argent. Le système de l'étalon-or a fonctionné de 1879 à 1914. Issu de l'échec du système bimétallique, il ne survivra pas à la crise économique et financière créée par la première guerre mondiale. I. Les principes de fonctionnement : Le succès de l'étalon-or a été imputé à ses mécanismes d'ajustement automatique. Cette capacité d'ajustement s’expliquait par le lien établi par l'étalon-or entre les conditions économiques nationales et internationales. Dans la réalité, le fonctionnement de l'étalon-or n'était pas sans problèmes. L'étalon-or était un régime de changes fixes. Imaginons, par exemple, que les Etats-Unis fixent le prix du dollar en or à 35 dollars pour une once d'or (une once équivaut à 28,349 grammes) ; de son côté, la France fixe le prix du franc en or à 210 francs pour une once d'or. La parité entre les deux monnaies donne donc un taux de change de 6 francs pour un dollar (210 ÷ 35). Ce taux de change peut-il varier ? Si le change passe de 6 francs à 6,20 francs pour un dollar, alors il devient intéressant d'acheter de l'or en France avec des francs, d'amener cet or aux Etats-Unis pour l'échanger contre des dollars, puis de revenir en France pour convertir les dollars ainsi acquis en francs. Cette opération d'achat-vente d'or international donne un gain de 3,33 %, hors coûts de transport [par le calcul suivant selon le principe dit de la règle de trois : 0,20 francs (variation à la baisse du franc par rapport au dollar) ÷ 6 (ancienne parité entre le franc et le dollars) × 100 (pour l’exprimer en %)). Pour bien fonctionner, l'étalon-or supposait donc une libre circulation internationale de l'or, autrement dit la liberté des mouvement internationaux des capitaux. Le mécanisme automatique d'ajustement de la balance des paiements qui opérait est connu sous le nom de mécanisme de Hume. Un pays qui enregistre un déficit commercial va perdre de l'or au bénéfice de ses partenaires commerciaux [qui désirent échanger leurs devises étrangères contre de l’or auprès des banques centrales des pays concernés] ; ce qui contracte son offre de monnaie [en perdant de l’or, la banque centrale du pays en déficit commercial doit réduire la masse des billets papier en circulation dans le pays pour qu’elle s’ajuste à la quantité d’or restant dans ses réserves] et gonfle celle du reste du monde [recevant plus d’or, certains pays peuvent alors émettre plus de billets papier, dans la limite de leur parité or/billets], hausse le taux d'intérêt national [avec moins de monnaie papier en circulation, le pays en déficit commercial voit ses taux d’intérêt augmenter automatiquement, à cause de la loi de l’offre et de la demande : plus la monnaie est rare, plus l’épargne est difficile, les épargnants réclamant alors davantage de rétributions (les intérêts) en échange du prêt qu’ils accordent à autrui] et favorise en retour un afflux de capitaux étrangers [attirés par la hausse des taux d’intérêts, qui procure de meilleurs rendements pour l’épargne] . L'excédent ainsi créé du compte financier contrebalance le déficit commercial [ce qui entraîne par la suite une baisse des taux d’intérêts, car l’afflux d’argent étranger a augmenté à son tour la quantité de monnaie en circulation, toujours selon la loi de l’offre et de la demande. De plus, la contraction de l'offre de monnaie réduit les prix domestiques [la baisse initiale de la quantité de monnaie en circulation dans le pays en déficit commercial entraîne une baisse salaires], ce qui améliore la compétitivité du pays [la baisse des salaires entraîne celle des coûts de productions, donc des prix produits fabriqués] et tend à rétablir finalement son équilibre commercial [avec des coûts de production moins élevés, les entreprises d’un pays bénéficient d’un avantage concurrentiel qui leur permet d’exporter plus facilement, ce qui, à l’échelle nationale, transforme alors un déficit commercial en excédent commercial]. II. Avantages et inconvénients de l'étalon-or : A. Une inflation et une croissance faibles : Avec le système étalon-or, la politique monétaire fut fortement contrainte par le stock d'or mondial, ce qui limitait naturellement la croissance de la masse monétaire [elle était alors limitée à l’extraction de l’or issu de gisements miniers. Par exemple, la Grande-Bretagne a connu un enrichissement soudain après la fin de la 2 ème guerre des Boers, de 1899 à 1902, lorsque les mines d’or sud-africaines sous son contrôle ont pu être exploitées à pleins rendements]. L'avantage d'une telle contrainte résidait dans l'absence d'inflation [augmentation des prix, car avec l’étalon or, le prix au kilo de la viande vaut toujours le même poids d’or, sauf si l’or devient subitement introuvable (en cas de guerre) ou surabondant (en cas de découverte de gisements miniers exceptionnels par leurs potentiels), ces deux cas ayant statistiquement très peu de chance de se produire]. Par contre, elle a eu pour inconvénient majeur de dissocier largement la croissance de l'offre de monnaie de l'activité économique réelle [la quantité de monnaie ne suivait pas la production des biens et des services, mais seulement celle de l’or. Investir dans l’innovation (recherche de nouveaux produits à vendre) et la production était donc plus long et plus difficile, puisque la monnaie était plus rare, donc il fallait plus de temps pour épargner afin d’investir : les progrès scientifiques et techniques ; et par là-même la croissance économique, étaient donc bien plus lents qu’actuellement]. Comme les prix (des biens et des services, salaires) évoluaient lentement, les modifications de conjoncture passaient par des ajustements sur les quantités (fort chômage en période de dépression et capacités de production insuffisantes en période de croissance). Il en résultait une croissance économique en moyenne plus faible, mais également plus variable, comparée à d'autres périodes. Indicateurs Royaume-Uni Etats-Unis : macroéconomiques pour 1870-1913 1946-1979 1870-1913 1946-1979 les États-Unis et le Royaume-Uni : Taux annuel moyen de 1,4 2,4 1,9 2,1 croissance du PIB/hab : Taux annuel moyen - 0,7 5,6 0,1 2,8 d’inflation : Taux annuel moyen de croissance de la masse 1,5 5,9 6,1 5,7 monétaire : Source : M. Burda et C. Wyplosz, 1998, Macroéconomie, une perspective européenne, De Boeck, p. 561. B. Les limites de l'ajustement automatique : Pour fonctionner parfaitement, l'ajustement automatique des balances assuré par l'étalon-or exigeait que chaque pays suive une stricte discipline en matière de couverture-or de sa monnaie, et garantisse la libre circulation des capitaux. Dans les faits, ce n'était pas toujours le cas pour au moins deux raisons : la première tenait à la domination économique et financière du Royaume-Uni, qui conféra de facto à la livre sterling le statut de monnaie internationale de réserve, alors que sa gestion était d’abord fonction de la conjoncture britannique. La seconde raison tenait au coût systémique d'une telle discipline en matière de chômage et de variabilité de la croissance économique [voir précédemment]. Ainsi, la plupart des pays engagés dans l'étalon-or, y compris le Royaume-Uni, prirent certaines libertés en matière de gestion monétaire. La puissance financière du Royaume-Uni a largement facilité l'indépendance de sa politique monétaire. Avant 1914, le Royaume-Uni était le plus grand exportateur mondial de capitaux [prêts monétaires consentis à l’étranger, à des entreprises ou des états], avec une position extérieure nette très largement créditrice. Ainsi, il fournissait au reste du monde des avoirs [capitaux] en sterling (les "balances sterling") qui finirent généralement par servir de devise de réserve pour les autres banques centrales [faute de détenir suffisamment de réserves d’or, celles-ci stockaient des billets britanniques à la place]. Dans ces conditions, c'était la Banque d'Angleterre qui tendait à fixer le taux d'intérêt pour le reste du monde, mais d’abord en fonction de la conjoncture [croissance économique ou récession] britannique, qui n'était pas nécessairement celle des autres pays européens. De plus, pour donner à la politique monétaire britannique une marge de manœuvre suffisante en cas de modification de la conjoncture, la Banque d'Angleterre prit rapidement l’habitude de ne pas couvrir ses engagements (billets émis et réserves bancaires) à 100 %, mais au mieux à 30-50 % [en émettant plus de billets qu’elle n’avait de réserves d’or]. […] D'autres pays n'ont pas hésité non plus à prendre des dispositions pour briser le lien étroit entre déficits commerciaux et encours de la masse monétaire : limitations sur les exportations et les importations d'or ; couverture des billets nationaux assurée davantage par des réserves en devises internationales (livre, mais aussi franc français et mark allemand) que par des réserves en or. Conclusion : Malgré cela, il semble que le système de l’étalon-or n’ait pas trop mal marché. En dépit de ses écarts, le Royaume-Uni, pilier du système, a maintenu des taux d’intérêt relativement élevés, en liant d’une façon étroite l’émission de billets à son encaisse métallique, alors qu’il a toujours détenu très peu d’or, beaucoup moins par exemple que la France. Une telle politique crédibilisait la livre, mais freinait le rythme des investissements et la croissance de l’économie britannique. De plus, avant 1914, le rôle de la livre comme monnaie internationale de réserve demeura modeste, et sans aucune commune mesure avec celui du dollar après la Seconde Guerre mondiale. Les balances sterling restaient faibles, d’un montant à peu près égal à l’excédent de la balance des services britanniques [prêts et assurances consentis par les banques anglaises à l’étranger]. Ce sont les deux conflits mondiaux qui vont les gonfler exagérément (multiplication par deux puis par six, mais en déficit pour la Grande-Bretagne), par le financement de l’effort de guerre [à crédit auprès de banques étrangères, surtout américaines] qu’ils entrainèrent. QUESTIONS : (notée sur 18 points, deux points étant réservés à la qualité de l’orthographe et de la syntaxe) : 1. Avant 1914, en quoi consistait le système monétaire international basé sur l’étalon- or ? Quelle idéologie économique était-elle indispensable pour le bon fonctionnement de ce système ? Définissez-la (4 points). 2. Comment étaient réglés les déséquilibres monétaires et commerciaux dans le système de l’étalon-or ? (4 points). 3. Expliquez un avantage et un inconvénient économique au système de l’étalon-or (4 points). 4. Quel pays bénéficiait le plus de l’étalon-or avant la première guerre mondiale ? Pourquoi ? Comment ? (6 points).
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