Journal international de Lyon n°6 - seconde édition (octobre à décembre 2010)

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Lecôtéobscurdu mondialetdesJO auBrésil Quelle stratégie dans la lutte contre l’extrêmedroite ? Mais à quoi sert le Conseil de l’Europe ? Inde : un aller…
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Lecôtéobscurdu mondialetdesJO auBrésil Quelle stratégie dans la lutte contre l’extrêmedroite ? Mais à quoi sert le Conseil de l’Europe ? Inde : un aller sans retour Revue trimestrielle réalisée par des étudiants | Numéro 6 | seconde édition 4,95euros|Numéro6|secondeédition|octobrenovembredécembre2010 La Turquie dans l’antichambre de l’Union européenne L’UErefusetoujoursd’accorderaupayssonticket d’entréedansl’Union. LaTurquiesetournealors progressivementversleProcheetleMoyen-Orient. LaGrècesetrouveauborddelafaillite et c’est toute la zone euro qui vacille. On se préoccupe du sort du mouton noiràcoupdesommetsexceptionnels. On dénonce les négligences des précédents gouvernements, on rechigne à accorder une aide financière. Dorénavant, les comptes grecs seront sous haute surveillance ! En somme, c’est tout un pays que l’on pointe du doigt. Mais, au-delà des déboires d’un pays en faillite, la crise grecque est le symptôme d’une Europe schizophrène, qui s’efforce de rester solidaire tout en jouant à outrance le jeu de la concurrence. -(Leipzig,correspondant) Aide-toi, l’UE t’aidera Carnet de voyage Lescommunautéspauvres sontlesplusmenacéesparles deuxévénementssportifs. Elles risquentd’êtreexpulséespour donnerlieuàdegrandsinvestissementsimmobiliers. (SãoPaulo,correspondante) numéro double ©LeJournalinternationaldeLyon/AssociationOrientExpress2010 Le Journal international | octobre novembre décembre 2010 A l’heure où Internet accélère les communications, nous pensons tous être davantage et mieux informés. Cequiestcertain,c’estqu’unévénementàl’autreboutdumondepeutenquelquesheures fairelaUned’unJToud’unquotidien. MaissiInternetapportequantitésd’informations,force estdeconstaterqu’ilfauttoujoursfaireletri,chercherlonguement,etcelasansforcémentsavoir si l’information est fiable. Qui va critiquer tel ou tel site si l’information est erronée ? Personne. Internetestgratuit. Lorsquec’estmauvais,onvavoirailleurs. . . Al’opposédel’informationencontinu,lapressepapierdétientunrythmerégulier,qu’il soitquotidien,hebdomadaireoumensuel. Alorsquel’informationcontinuepousseausensationnel,ouvrirunjournal permetdeprendreletempsderéfléchir. Lelecteurestalorsmaîtredechoisirl’information. Trimestriel, Le Journal International veut rompre avec cette information en continu, souvent étouffante. Cejournalpermetàchacundecomprendrelefonctionnementetlesmutationsdessociétéscontemporaines. Afind’apporterl’informationlaplusfiablenousnousappuyonssurungrandnombredecorrespondantsàtravers lemonde. Danscejournal,iln’estpasquestiondeparaphraserlesjournauxoulesJT’sfrançais. Nouspréféronsvous apporterdesinformationsdélaisséesparlesmédiastraditionnels:ellesnesontpasmoinsimportantesquelesautres. Les articles présents dans Le Journal International vous apportent des informations le plus souvent inédites. Nousnesouhaitonspasconcurrencerlesautresmédias,maisêtrecomplémentaires. Cejournalestentièrementconçupardesétudiants. Sansréelsmoyensfinanciers,nousfaisonstoutpour vousapporterlemeilleurdel’actualitéinternationaleetlesclefspourcomprendrelesgrandsenjeuxd’aujourd’hui etdemain. Pourquoicettenouvelleformule Nous passons de 24 à plus de 60 pages ; 90 dans le cas de ce numéro double. Votre journal s’enrichit, chaquerubriqueestplusfournie. Nousl’avonsdiviséenquatregrandesparties: 1- Actualités : le bilan synthétique de l’actualité de ces derniers mois. Elle est complétée par des articles appelés« retoursur »,afinderevenirsurdesévénementsnon-médiatisés. 2- Focus : c’est une nouveauté. Elle comprend trois rubriques fondamentales : économie, analyses & débatsetUnioneuropéenne. L’U. E. resteextrêmementcomplexepourlescitoyens,àtelpointqueleseuro-députés peinentégalementàs’yretrouver. Nousavonsalorsdécidédedécrypterlefonctionnementdel’Unioneuropéenne, comprendrelestextesvotésauParlementdeStrasbourg,lesdécisionsauseinduConseiletdelaCommissionainsi que les relations entre l’U. E. et ses voisins. Ainsi, dans chaque numéro, nous présentons les débats, décisions et textesquichangerontvotrequotidien. 3-Décryptages:enquêtes,reportages,carnetsdevoyage,specialreport. . . Ellecontientlesarticlesdefond. 4- Culture : vous avez manqué la sortie des meilleurs livres ou DVDs de l’année ? Pas de panique. . . une simpleséancederattrapagesuffira. Explicationssurleprix Denombreuxfacteursdéterminentleprixdevotrejournal. Toutd’abord,unepartimportanteducontenu est consacré à l’enquête, au reportage et à l’analyse soit des genres journalistiques trop souvent délaissés par les médias. Miser là-dessus est un choix éditorial, celui de vous apporter desarticlesclairsetapprofondis, indispensables à qui veut comprendre le monde qui l’entoure. Rappelons aussi qu’un envoyé spécial en Inde, au Liban ou en Amazonies’avèrebienplusonéreuxqu’unenvoyéspécialdansunvillagefrançais. Nousutilisonsdorénavantunpapiercouchésurfacéhautequalité,garantieFSC. Encesens,nousoptons pour un comportement citoyen et responsable, bref, contribuons – à notre échelle – à une meilleure gestion des forêts. Aussi,lepapierestmat,vousapportantunconfortdelectureoptimal. G. M. Présentation du Journal international ©LeJournalinternationaldeLyon/AssociationOrientExpress2010 4 Le Journal international | octobre novembre décembre 2010 ©LeJournalinternationaldeLyon/AssociationOrientExpress2010 Directeur de la rédaction Guillaume Marron (étudiant, sc. politiques, université Lyon 2) Rédactrice en chef Elsa Filizetti (étudiante, économie, université Lyon 2) Secrétaire générale de rédaction Julie Portalis (étudiante, info-communication, université de Cergy Pontoise) SERVICE EUROPE Guillaume Tarantini (étudiant, économie, université Lyon 2, corresp. à Leipzig), Laura Noëlle (corresp. à Barcelone), Julie Villesseche (étudiante, anglais - sc. politiques, université Lyon 2), Marina Wetzlmaier (étudiante, université Lyon 2), Vanessa Da Silva (étudiante, université Lyon 2), Thomas Denis (étudiant, sc. politiques, université Lyon 2), Lola Craviotto (étudiante, université Lyon 2), Sarah Thierry (étudiante, université Lyon 2), Elif Dibek (étudiante, université Lyon 2) traductrice Agathe Amadei (italien) chef de service Leïla Piazza (étudiante, sc. politiques, université Lyon 2) Rubrique Union européenne Sylwia Nowakowska (corresp. à Varsovie), Julie Villesseche (étudiante, anglais - sc. politiques, université Lyon 2), Tiphaine Pioger (étudiante, sc. politiques, université Lyon 2) chef de rubrique Cédric Meurant (étudiant, droit, université Lyon 2) SERVICE AMERIQUE DU NORD Laura-Lise Reymond (étudiante, université Lyon 2, corresp. à Ottawa), Luiz Ortiz (étudiant, Centre international de développement économique (CIDE), corresp. à Mexico), Miroslava Rosas Ramiro, traductrice Mélina Arellano Corte (espagnol), Agnès Ebel (espagnol), Alexandra Plüss (espagnol) chef de service Martin Portocarrero Incio (étudiant, corresp. à Puebla) SERVICE AMERIQUE DU SUD Rodrigo Borges Delfim (étudiant, journalisme, Pontificia Universidade de São Paulo, corresp. à São Paulo), André Dantas (étudiant, journalisme, PUC-SP, corresp. São Paulo), Bruno Huberman (corresp. au Brésil), Luana Lila (corresp. au Brésil), Camila Torres (corresp. à João Pessoa), César Tello (corresp. à Lima), Florine Constant (étudiante, sc. politique, université Lyon 2, corresp. à Buenos Aires), Juan Falconi (étudiant, corresp. en Equateur), Juan Carlos Jamboos (étudiant, corresp. à Ciudad de Mexico), Suzanne Ponçon-Fonferrier (étudiante, géographgie, université Lyon 2), Mélissa Mlocik (étudiante, université Lyon 2) traducteurs Florence Oliveira (espagnol, brésilien), Jean-Baptiste Sangoy (brésilien) chef de service Fabiana Nanô (étudiante, journalisme, PUC-SP, corresp. ) SERVICE AFRIQUE DU NORD − MOYENORIENT Josua Gräbener Mendoza (étudiant, sc. politiques, université Lyon 2, corresp. à Nicosie), Vanessa Da Silva (étudiante, université Lyon 2), Cédric Meurant (étudiant, droit, université Lyon 2), Ayachi Ezzarani (étudiant, université Lyon 2), Mélanie Rostagnat (corresp. à Beyrouth) SERVICE AFRIQUE SUBSAHARIENNE Abdrahamane Coulibaly (étudiant, sc. politiques, université de Cergy Pontoise), Sylwia Nowakowska (corresp. à Varsovie) Chef de service Etienne Segnou (étudiant, sociologie politique, université de Douala, corresp. ) SERVICE ASIE − PACIFIQUE Agathe Amadei (étudiante, université Lyon 2), Ge Zhou (étudiante, université Lyon 2), Marina Wetzlmaier (étudiante, université Lyon 2) SERVICE CULTURE Rafael Lorenzo (étudiant, cinéma, université Lyon 2), Mélissa Mlocik (étudiante, université Lyon 2) Chef de service Lucille Perrin (étudiante, théâtre - arts du spectacle, université Lyon 2) Rubrique Livres chef de rubrique Thomas Denis (étudiant, sc. politiques, université Lyon 2) Rubrique économie Candela Saiz Carrasco (étudiante, IEP de Lyon) Chef de rubrique Guillaume Tarantini (étudiant, économie, université Lyon 2, corresp. à Leipzig) ILLUSTRATEURS Constance Perrin (étudiante, arts du spectacle, université Lyon 2), Etienne Segnou MAQUETTE Guillaume Marron GESTION FINANCIERE Anthony Fahy Directeur de la publication Guillaume Marron Le Journal International de Lyon est publié par l’association « Orient Express » imprimeur : AB numeric 20-22-24, avenue René Cassin BP 9164 69263 Lyon cedex 9 dépôt légal : à parution numéro 6 (2nd édition) - octobre novembre décembre 2010 tarif au numéro (en kiosque) : 4. 95 € tarif au numéro (pour les universités de Lyon) : 3,90 € association « Orient Express » centre Berthelot 14, avenue Berthelot 69007 Lyon journal-international@orange. fr R é d a c t i o n Nous remercions nos partenaires sans qui le journal n’existerait pas Nous remercions toute l’équipe de LyonCampus. Une pensée toute particulière pour Brigitte Regaldie, Laurent Renard et Olivier Borel. Merci pour votre soutien et vos précieux conseils. Nous remercions toute l’équipe du service de la Vie étudiante de l’université Lyon 2. Nous remercions Martine Sourmais (secrétaire) et Caroline Marque (communication) pour leur soutien. Merci à Olivier Damour pour ses sages conseils. Enfin, nous remercions le Crous de Lyon - Saint-Etienne pour son soutien. Une pensée toute particulière pour Mme Anna Dziasko. 5 Le Journal international | octobre novembre décembre 2010 ©LeJournalinternationaldeLyon/AssociationOrientExpress2010 EDITO En avril, le ministre du Nouveau Centre Francis Vercamer remettait son rapport sur l’Economie Sociale et Solidaire intitulé « L’Economie Sociale et Solidaire, entreprendre autrement pour la croissance et l’emploi ». Avant de tenter d’éclairer les enjeux de sa définition, nous allons présenter cette frange de l’économie, encore peu connue. Je rêve d’une économie dans laquelle l’Homme serait plus important que l’argent, une économie dont le fonctionnement serait démocratique, transparent et juste, dans laquelle toutes les parties prenantes profiteraient de bons résultats obtenus au lieu des seuls actionnaires et autres PDG… Cependant, l’heure n’est pas au rêve d’une société utopique, mais bien à l’affirmation qu’il existe une autre économie à côté de l’économie « traditionnelle », l’économie de marché. Cetteéconomiefonctionnedansl’environnementtraditionnel,elleestdoncenconcurrenceavecl’économiepurementmarchandeetlucrative. Cette économie que certains voudraient marginaliser représente pourtant en 2007, 10 % de l’emploi salarié national (hors agriculture) et 8 % des salaires, selon l’INSEE. Elleestprésentedansdeschampsd’activitétrèsdivers,quivontdudomaineagricoleàl’industrie,enpassantparlesservices,avecparexemple : pour le secteur primaire, les coopératives d’Utilisation du Matériel Agricole (CUMA), pour le secteur secondaire les SCOP, pour le tertiaire, les associations de services à la personne, les sociétés d’assurance sous forme de mutuelles, ou encore les banques coopératives. Il s’agit ici de l’économie sociale et solidaire, dont on va tenter de donner une définition. L’économie sociale et solidaire (ESS) est méconnue, ou plutôt mal connue, et pour cela, certains ont l’habitude de la définir par ses activités, or on l’a vu, elle côtoie le secteur purement marchand dans la plupart d’entre elles. Ce n’est donc pas là une définition pertinente. Certains penseurs de l’ESS la définissent par la forme juridique de ses entreprises. Ainsi, font partie de l’ESS toutes les entreprises exerçant sous le statut d’association, de coopérative ou de mutuelle. Mais cette définition ne permet pas d’appréhender tous les enjeux qui se cachent derrière cette notion. Une économie prônant des valeurs Pour faire ressortir la portée politique de l’ESS, on préfèrera la définir par rapport aux valeurs qu’elle prône. Ainsi, en 1980, les acteurs français de l’ESS réunis au sein du CNLAMCA (Comité National de Liaison des activités Mutualistes Coopératives et Associatives), ont ainsi formalisé les principes, les caractéristiques communes aux organisations de l’économie sociale dans une Charte. Ainsi, selon ce texte, tout d’abord, les entreprises de l’ESS ont un fonctionnement démocratique, avec le principe « une personne, une voix » dans les prises de décisions au sein de l’entreprise. Les sociétaires (détenteurs de parts sociales) sont donc égaux. Le deuxième principe est celui de la libre adhésion des membres. Vient ensuite l’importance de l’information et de la formation au sein de l’entreprise, éléments nécessaires à des prises de décisions « éclairées ». Les entreprises de l’ESS revendiquent aussi l’égalité des chances entre elles et la liberté d’action, ou encore l’autonomie et l’indépendance face à tout pouvoir politique ou religieux. L’article cinq expose ensuite leurs règles d’affectation du résultat qui fondent leur non lucrativité. Les excédents dégagés sont utilisés pour la croissance de l’entreprise (réinvestissement / mise en réserve) ou sont affectés à des missions d’intérêt général. Ils ne sont ainsi pas (ou peu) distribués individuellement pour rémunérer des parts sociales (dividendes). Les entreprises de l’ESS s’engagent à innover, non seulement de façon traditionnelle, dans la création de nouveaux produits ou procédés, mais aussi dans l’innovation sociale, afin d’encourager un développement harmonieux de la société. Enfin, et c’est là peut être le point le plus important, les entreprises de l’ESS proclament que leur finalité est au service de l’homme. Le projet économique (la rentabilité) est ainsi un moyen au service du projet social et collectif que poursuit l’organisation. Elsa Filizetti, rédactrice en chef Une économie au service de l’Homme L’économie sociale et solidaire 6 Le Journal international | octobre novembre décembre 2010 ©LeJournalinternationaldeLyon/AssociationOrientExpress2010 SommairepartieActualités 9 | Non à l’IVG, oui au traité de Lisbonne 12 | Les nationalistes écossais jettent le trouble au sein du Parlement 19 | Abdoulaye Wade : récit d’un parcours atypique 18 | Le nouveau code de la famille au Mali 21 | Le Cifor prépare l’après protocole de Kyoto 22 | Côte d’Ivoire : quels enjeux pour les prochaines élections présidentielles ? 25 | L’épineuse question du partage de l’eau au Proche-Orient 29|Un« barrageécologique » dansl’Estdel’Amazonie Actualitésp. 31| PartieFocus p. 49| PartieDécryptages p. 79| PartieCulture N. B. : tous les fonds de carte de ce numéro proviennent du site internet de l’Académie d’Aix - Marseille. 7 Le Journal international | octobre novembre décembre 2010 ©LeJournalinternationaldeLyon/AssociationOrientExpress2010 8 | Chypre : le pétrole de la discorde 10 | Deux papelines pour la course à l’énergie entre l’Europe et la Russie 11 | Quelle reconnaissance pour le Kosovo après son indépendance ? 13 | La Turquie dans l’antichambre de l’Union européenne 14 | Ces agitateurs d’idées qui attirent les foules 15 | Italie : quand l’extrême-droite divise la droite 20 | Quel rôle a joué la France lors de l’élection d’Ali Bongo au Gabon 23 | Le carême : période de vache grâce pour les vendeurs d’objets de piété 27 | Portrait politique d’un royaume insulaire 27 Le Journal international | octobre novembre décembre 2010 ©LeJournalinternationaldeLyon/AssociationOrientExpress2010 S elonlesrégionsduglobe,lesprécipitationspeuventvarierde20 à 2. 000 mm. Le Moyen-Orient est une vaste zone aride et semi-aridequis’étendsur10millionsdekm²,etdanslaquelleles pluiessontrares,inégalesetirrégulières. Lesprincipalessources hydrauliques de la région sont le Nil, le Tigre et l’Euphrate, ainsi que le Jourdain. Ce dernier occupe une place centrale au Proche-Orient. Hormis son caractère religieux, il s’écoule le long de quatre états riverains : la Syrie, le Liban, Israël (les sources) et la Jordanie puis se jette danslaMerMorte. Le développement de l’activité agricole de la région, conjuguéàunepousséedémographiquesansprécédent,aconsidérablement augmenté les besoins en eau. Elle est donc devenue une marchandise. Lamaîtrisedel’approvisionnementhydrauliqueestaucentredetoutes lestensionsdanslamesureoùlesÉtatsArabesdoivents’entreteniravec leursvoisinspourlepartagedesressourcesdufleuve. L’hydropolitique ou la géopolitique de l’eau L’eau constitue désormais l’enjeu majeur du Moyen-Orient et la clé du processus qui conduira à la paix ou non dans la région. L’or bleu a remplacé l’or noir, et le contrôle de cette ressource offre un pouvoirtotalàceluiquiledétient. Lespaysconcernésl’ontbiencompris. Le droit international ne prévoit pas de législation concernant le partage des eaux fluviales. Il se contente uniquement de donner la définition d’un « fleuve international » : soit toute voie d’eau qui traverse le territoire de plusieurs États ou qui sert de frontière à ces États. Mais la réalité est loin d’être aussi simple et la quasi inexistence d’encadrement juridique sur le sujet laisse à chacun des acteurs la possibilité d’utiliser les eaux fluviales comme ils l’entendent. L’or bleu est apparu comme la principale source de conflit dès 1967, lors de la guerre des six jours, opposant Arabes et Israéliens, dontl’enjeuétaitclairementlecontrôleduJourdain. D’ailleurs,legouvernementisraélienavaitentreprisquelquesannéesplustôtdestravaux de détournement du fleuve afin de développer son agriculture. Israël a ensuite pris le contrôle du Plateau du Golan en 1981, afin de pouvoir mieux gérer le fleuve qui, une fois sa course terminée, n’est plus qu’un mincefiletd’eau. Lestensionsisraélo-arabesactuellessontfortementdéfiniespar une nouvelle forme d’hydropolitique : l’eau est à la fois l’enjeu et l’arme. Israëlnecessed’étendresonemprisesurlaCisjordanieafindeposséderun plusgrandchampd’actionsurleJourdaind’uncôté,ettenterderenforcer saprésencemilitaireauLiban-Suddel’autre,zoneoùsetrouventdesressourceshydrauliquesnonnégligeables(WazzanietLitani). L’Etat hébreux utilise également l’arme hydraulique contre ses ennemis en détournant les principaux cours d’eau qui alimente les populations palestiniennes et en contrôlant vigoureusement les ressources aquifères de Cisjordanie. La Jordanie quant à elle, est le pays souffrant le plus de cette guerre de l’eau. Ses ressources sont de plus en plus rares et leur sort dépend principalement de l’extérieur, donc, de la résolutionduconflitrégional. Autrementdit,tantquelesfleuvesduMoyen-Orientnebénéficierontpasd’unpartageclairetéquitablecorrespondantauxbesoinsde chaquebelligérant,leprocessusdepaixresterafortementcompromis. Vanessa Da Silva Dans une période où les précipitations se font de plus en rares dans cette région du monde, les ressources du Tigre (qui représente45%delapuissancehydrauliquedela Turquie) et de l’Euphrate font l’objet de convoitises. Les deux principaux fleuves du Moyen OrientprennenteneffetleurssourcesenTurquie etalimententlaSyrieetl’Irak(mêmesileTigrene traversepaslaSyrie,ilenestfrontalier). Les trois pays se déchirent sur un gigantesque projet ambitieux entamé par la Turquie : la construction de 22 barrages capables de stocker plus de 100 milliards de m3. Ce grand chantierquidevraitêtreachevéen2013estperçu par Ankara comme une solution à long terme à l’émigration de la population vers les régions les plus développées mais aussi comme un frein au sous-développementdelapartieKur
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