Journal International De Victimologie International Journal Of Victimology Avril 2008, Tome 6, No. 3

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Journal International De Victimologie International Journal Of Victimology Avril 2008, Tome 6, No. 3 Transmission transgénérationnelle du trauma par les victimes et par les agresseurs FELDMAN, I. -B. [ISRAËL]
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Journal International De Victimologie International Journal Of Victimology Avril 2008, Tome 6, No. 3 Transmission transgénérationnelle du trauma par les victimes et par les agresseurs FELDMAN, I. -B. [ISRAËL] Auteur Psychanalyste, psychologue, victimologue (Ph.D.) Unitwin (Unesco) Programme sur le violence en Israël Association France-Israël de victimologie de l enfant et de sa famille, Yavne Résumé Dans cette étude, l auteur montre qu il y a une véritable «Loi du silence», qui s impose tant chez les victimes que chez les agresseurs, lors de la transmission du traumatisme. Comme modèle de victimes, l auteur a pris les «enfants cachés» (en France pendant la Shoah), afin de démontrer cette loi du silence, qui a entraîné le fait que pendant longtemps, ces victimes n ont pas parlé à leurs enfants. Pour ce qui est des bourreaux, l auteur parle des Allemands d après guerre, et il montre que le silence s est aussi installé de telle sorte que les enfants de la première génération n ont pas su ce qui s était vraiment passé pendant la deuxième guerre mondiale. Enfin l auteur a montré que ce silence a permis la perpétuation du comportement et de victimes et d agresseurs. Néanmoins, dans les deux cas, ce sont les petits enfants, qui ont commencé à questionner leurs grands-parents, et ont permis de faire une tant soit peu la lumière sur ce qui s était vraiment passé. Mots-clés Trauma ; Transgénérationnel ; Silence ; Enfants ; Shoah Introduction -La loi du silence Elie Wiesel, prix Nobel de la paix, a dit : «Le bourreau tue deux fois, la deuxième fois par le silence' . Ce qui caractérise les grands traumatismes historiques c est «la loi du silence». Prenons quelques exemples pour l illustrer : L'Assemblée Nationale française a proclamé récemment officiellement que La traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l'océan Indien d'une part, et l'esclavage d'autre part, perpétrés à partir du XVème siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l'océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes, constituent un crime contre l'humanité . JOURNAL INTERNATIONAL DE VICTIMOLOGIE 2008; 6(3) 151 TRANSMISSION TRANSGENERATIONNELLE DU TRAUMA PAR LES VICTIMES ET PAR LES AGRESSEURS Reconnaissance louable, mais pourquoi la France s est-elle sentie obligée de faire cela plus de 400 ans après le début du commerce triangulaire, plus de 300 ans après l'adoption du Code Noir qui réduisait les Noirs à du bine meuble et surtout plus de 150 ans après l'abolition de l'esclavage. Pourquoi un si long silence? Un député, lors du vote, déclara que le crime contre l'humanité est si évident qu'il est superfétatoire de mobiliser le Parlement pour le déclarer! . Cependant, d autres députés, ont répondu, avec raison, qu adopter cette proposition est un devoir de mémoire envers des dizaines de millions d'hommes, de femmes et d'enfants d'afrique et des Caraïbes . En effet, les blessures historiques restent encore vivaces malgré le temps, ceci parce qu'il n'a pas officiellement été fait droit à la requête légitime de reconnaissance, de justice et de réparation opérée par les personnes originaires des «DOMTOM». Voilà ce qui est difficile à comprendre : qu'il soit aujourd'hui nécessaire, ou estimé comme tel, de le dire. Que l'on soit obligé, encore de nos jours, d'affirmer que l'esclavage est un crime contre l'humanité. Certains ne le pensaient-ils donc pas auparavant? D'autres en douteraientils encore? Laisserait-on donc penser aux descendants des victimes, encore aujourd'hui, que les descendants des bourreaux n'en sont pas aussi persuadés qu'eux, pour les contraindre ainsi à quémander timidement (ils pourraient le faire avec beaucoup plus de colère!) une proclamation officielle? Il en est de même pour les Arméniens. Ces derniers sont obligés de faire des pressions de plus en plus pesantes, via la France et l'europe, sur la Turquie, afin que soit enfin reconnu par elle le génocide de 1915, défini désormais comme tel par la communauté internationale. Ce génocide (environ 1,5 millions de tués, peut-être plus), qui fut le premier du XXème siècle, est en effet toujours nié par les héritiers du gouvernement des Jeunes Turcs, malgré les preuves accablantes qui ont été accumulées, et il n'a jamais été jugé (bien qu'il y ait eu une tentative mineure de le faire après la première guerre mondiale). Il reste donc un crime du silence (cf. Le crime du silence . Ed. Champs Flammarion). Quand au génocide tsigane, les faits ont été établis tardivement, et les détails de ce crime sont mal connus. Or l'histoire de la destruction des Tsiganes a suivi un cours parallèle à celle des Juifs : exclusions, déportations, extermination, également par chambre à gaz. Les Tsiganes n'ont pas occupé une place centrale dans l'idéologie nazie, mais ils ont été exterminés avec la même férocité que les Juifs. Ce génocide est donc indissociable de celui des Juifs, parce qu'à la différence des autres victimes du Nazisme (telles que les malades mentaux, les prisonniers de guerre, les homosexuels, les communistes, les Témoins de Jéhovah, etc.), seuls les Juifs et les Tsiganes ont été exterminés uniquement selon des critères dits «raciaux» : ils représentaient, selon le délire nazi, une menace pour la pureté du sang allemand, soi-disant génétiquement infecté par eux. Le Conseil du Mémorial américain pour l'holocauste juif inclut donc les Tsiganes dans l'unicité du génocide juif. Les statistiques établies par les historiens JOURNAL INTERNATIONAL DE VICTIMOLOGIE 2008; 6(3) 152 FELDMAN, I-B. parlent de morts, soit le 1/3 du peuple tsigane d'europe. A la fin de la guerre, leur génocide fut ignoré. Aucun Tsigane ne fut appelé à témoigner à Nuremberg. Ce n'est qu'à la fin des années 70, que les enfants des survivants, par des grèves de la faim, ont demandé des comptes au gouvernement ouest-allemand, qui continuait d'ailleurs à appliquer les lois d'exclusion du temps du nazisme, et leur refusait en conséquence la nationalité allemande! En août 1992, il y a encore eu des manifestations racistes à Rostock, ancien port de la R.D.A., et le ministre de l'intérieur de l'allemagne, nouvellement réunifiée, n'a pas hésité à expulser Tsiganes vers la Roumanie, au lieu de réparer leur génocide! Par ailleurs, ce n'est qu'en août 1991 que la Souscommission des Nations Unies a adopté la résolution 221, qui garantit aux Tsiganes protection et sécurité... Néanmoins, le génocide tsigane n'est donc réparé. Muré dans le silence lui aussi. Dans le cadre de cette courte introduction, nous n'avons pas le temps d'aborder les autres crimes contre l humanité non encore véritablement jugés tels que : «l intra-génocide» cambodgien, les récents massacres en Algérie, les génocides de l'ex-urss, exemple : le génocide ordonné par Staline en Ukraine (de 1928 à 1932, de paysans ukrainiens ont été exterminés par une famine provoquée par le petit père des peuples , afin d'empêcher une séparation de leur pays de l'u.r.s.s). les génocides africains : Nigeria, Soudan, Burundi / Rwanda, Ouganda, Guinée Équatoriale, Éthiopie, etc. les génocides des amérindiens au Paraguay et au Brésil, la question kurde, les génocides du passé : la Vendée, les conquêtes coloniales de l'afrique (exemple : la destruction du peuple Herero dans les années 1890, par l'allemagne, qui n'en était donc pas à son premier génocide lors de l'extermination des Juifs...), le régime génocidaire institué par Chaka, chef de l'état noir Zoulou de l'afrique du Sud, de 1816 à Le silence des victimes Exemple : les enfants cachés La Shoah a été différente des autres persécutions antisémites. Elle a été un projet de destruction totale du peuple juif ( la solution finale ). Les nazis ont voulu détruire physiquement ses fondements mêmes. Le danger a été maximum, d'où la nécessité de cacher les enfants, car il n'y avait aucune pitié à attendre de la part de ces bourreaux. Du temps de l'inquisition, il y avait une possibilité pour les Juifs d'échapper au massacre ou à la déportation : c'était d'accepter la conversion au Catholicisme. Pendant la période nazie, pas d'espoir, sauf si on se cachait. Le placement dans des familles non juives a pu offrir, sans nul doute, une chance à l enfant dont les parents ont été pourchassés, souvent tués, en tous les cas rendus défaillants par les persécuteurs nazis. Mais ce placement a comporté des risques, car, le plus souvent, il a été fait en situation JOURNAL INTERNATIONAL DE VICTIMOLOGIE 2008; 6(3) 153 TRANSMISSION TRANSGENERATIONNELLE DU TRAUMA PAR LES VICTIMES ET PAR LES AGRESSEURS d urgence ; on n'a donc pas eu le temps de tenir compte des conditions psychosociales nécessaires et indispensables à sa réussite. Les difficultés ont résidé tant chez les enfants juifs que chez les parents ou dans les lieux d'accueil. L'enfant placé, de manière générale, est d'abord traumatisé, quand il est séparé de ses parents, de sa mère en particulier. Ce placement entraîne une régression psychologique chez lui, car il est d'abord vécu comme un abandon parental. Il est banal de rappeler que le nourrisson s'attache à sa mère à la naissance. Les découvertes scientifiques en matière d'attachement ont permis de mieux saisir les racines de l'affectivité, de mieux comprendre en quoi cet attachement est la condition première de ce que seront l'équilibre psychologique de l'individu et son adaptation sociale. Les Harlow, dans leur livre Nature or Love , et J. BOWLBY dans La nature du lien à sa mère , ont développé le concept de I Attachement, par expérimentation sur l'animal (le singe rhésus) et par observation de l'enfant carencé (privé du contact maternel en hôpital). On sait maintenant que l'attachement est un lien d'affection spécifique entre un sujet et un autre sujet, que le premier lien s'établit en général avec la mère, puis s'accompagne de liens avec d'autres personnes, tel que le père, les frères et sœurs, les camarades, le groupe tribal , la nation enfin à laquelle on appartient. L'attachement a pour nature de durer, et est sous-tendu par une structure neurophysiologique. C'est un fait inné, une tendance héréditaire. En conséquence, toute séparation d'avec la mère pour un bébé, de sa famille pour un enfant, de son groupe social pour un adulte (émigration), est aussi stressante, dans un premier temps, que 1'empêchement de manger, de dormir, puisqu'on perturbe un phénomène instinctif, inné : l'attachement. Cependant, l'apprentissage joue un rôle, également très important, dans la nature du lien qui unit l'individu à l'autre. C'est ce qui explique la peur de 1'étranger et l'angoisse de séparation chez le bébé de 7 à 14 mois environ (phénomène naturel dans le développement psychologique de tout être humain). Ayant appris un certain mode de communication avec sa mère ou sa nourrice, l'enfant en arrive à attendre un certain type d'échanges avec toute autre personne et manifeste de l'angoisse si le nouveau partenaire ne connaît pas ce type d'échanges (cf. les travaux de Bower). Bower a noté que l angoisse de séparation et la peur de l'étranger déclinent, lorsque 1'enfant commence à parler, que sa capacité de communiquer avec tout son entourage augmente. Le mécanisme d'intégration au groupe, le processus de socialisation, sont donc bien plus complexes que le mécanisme biologique de l'attachement, même si le rôle de l'inné n'est pas à sousestimer. On comprend, donc, que le placement familial sera plus ou moins bien intégré par 1'enfant, en fonction de son âge. Le bébé, contrairement à ce que l'on peut penser, risque d'être traumatisé beaucoup plus qu'un adolescent, si le placement a eu lieu pendant la période de l'angoisse de séparation (c est ce que j ai noté dans ma pratique clinique, en Israël, avec les «enfants cachés» en France pendant la guerre). A la puberté, l enfant commence à devenir plus indépendant, à moins avoir besoin de l'appui maternel et JOURNAL INTERNATIONAL DE VICTIMOLOGIE 2008; 6(3) 154 FELDMAN, I-B. paternel, d'où moins de ressentiments, de réactions agressives contre les parents, s'il est placé. L'âge du placement est donc très important. La nature des liens familiaux avant le placement compte aussi. S'ils étaient bons, le placement sera moins difficile à intégrer, parce que l'enfant aura été bien construit psychologiquement. Dans le cas contraire, le manque affectif sera plus difficile à supporter, car le traumatisme du placement se rajoutera aux carences du passé. Que se passe-t-il donc lors du placement?. La régression psychologique : Plus l'enfant est jeune, plus la régression peut entraîner des phénomènes psychosomatiques (énurésie, encoprésie, vomissements, maladies, notamment dans la sphère O.R.L.).. Les sentiments agressifs : L'enfant en veut à ses parents de l'avoir abandonné. Ce sentiment hostile risque, par la suite, d'être transféré, sur le plan social, à tout ce dont la famille était la préfiguration. Par exemple, il peut se dire : Ma famille juive est le lieu de tous mes problèmes ; je veux donc fuir tout ce qui est juif, et m'assimiler, en l'occurrence me franciser à outrance, ou pourquoi pas, faire disparaître mon identité juive, me convertir au Christianisme, m inscrire au Parti communiste, etc. . Il va sans dire, néanmoins, que tous les enfants n'ont pas réagi de cette manière là. D autres enfants juifs, au contraire, sont devenus très religieux et/ou très sionistes.. La culpabilité : Les sentiments agressifs sont vécus avec culpabilité, à cause de l'attachement primaire aux parents. Cette culpabilité peut être très nocive, si elle n'est pas traitée. Elle entraîne la dépression, avec tout son cortège de phénomènes psychosomatiques plus ou moins importants, en fonction de l'âge (rappel : plus l'enfant est petit, plus c'est par son corps qu'il réagira, car ses possibilités d'élaboration cognitive sont encore rudimentaires). La culpabilité donc est un des facteurs les plus importants de la difficulté de témoigner et donc du fonctionnement de la loi du silence. Témoigner (ou simplement parler à ses enfants ou son conjoint), c'est dire tout ce que l'on a ressenti. Or, témoigner est d'abord une action subjective. Il n'existe pas de témoignage objectif. L'affect est donc là, prêt à ressurgir. Le refoulement avait permis d'éliminer les sentiments d'agressivité de la conscience, afin d'éviter, justement, le sentiment destructeur de culpabilité. Témoigner, c'est revenir sur ce passé, c'est réveiller toute cette agressivité contre ses parents, cette culpabilité. Beaucoup préféreront se taire (choix souvent inconscient), ou témoigneront uniquement pour eux-mêmes (cf. les écrits non publiés très nombreux, par exemple). Les parents nourriciers, quant à eux, ont eu à adopter des enfants juifs, donc différents d'eux, et surtout à se faire adopter par ces enfants, dont le traumatisme d'abandon a été plus ou moins fort, comme vu JOURNAL INTERNATIONAL DE VICTIMOLOGIE 2008; 6(3) 155 TRANSMISSION TRANSGENERATIONNELLE DU TRAUMA PAR LES VICTIMES ET PAR LES AGRESSEURS précédemment. Tâche difficile, s'il en est, qui a requis des qualités exceptionnelles de leur part. Schématiquement, soit les parents nourriciers n'ont pas été à la hauteur et ont rajouté au traumatisme du placement des raisons d'être encore plus agressifs chez les enfants, donc de se sentir plus coupables; soit, ils ont été des bons parents de remplacement, et ont fait naître, chez les enfants, un fort attachement qui a pu se terminer par un grand déchirement, lorsque les enfants ont dû les quitter, pour revenir chez leurs parents après la guerre ou pour être placés ailleurs, à cause des aléas de cette période terrible. S'il y a eu changements fréquents de familles, cela a entraîné des attachements et des séparations successifs, donc augmentation du traumatisme. L'enfant a pu aussi être placé en institution. Là, le contact avec les autres enfants a été souvent positif. Les travaux de Harlow et de Bowlby le confirment : le contact avec les pairs compense souvent la perte du lien parental, chez l'enfant. De plus, la relation avec les éducateurs n'est jamais aussi intense, affectivement, que dans le cadre familial ; et finalement, il semble qu'il y ait eu moins de perturbations profondes lors de la séparation (d'avec l'institution). Néanmoins, pendant le placement dans la collectivité, l'enfant aura eu moins de stimulations, de marques d'affection de la part des adultes, d'où risque de renforcement de l'agressivité, et de la culpabilité contre ses parents. S'est posé aussi le problème des institutions religieuses (chrétiennes). L'enfant juif y a été le plus souvent soumis à une action missionnaire intense (faite avec la meilleure conscience possible!), parfois à un véritable viol de sa conscience, et a très bien pu être converti plus ou moins de force. Il a alors vécu le problème des marranes , avec tout son cortège de déstabilisation de l'identité (cf. l'affaire des deux frères FINALY, qui doivent leur réintégration dans le peuple juif grâce à feu le grand rabbin Jacob Kaplan). Enfin, l'enfant a pu être caché avec sa famille (soit avec sa mère, soit avec son père, soit les deux, soit avec un ou plusieurs frères et/ou sœurs), pendant toute la durée de la guerre. Le traumatisme aura été moins grand, car le cadre social primitif aura pu être, au minimum, conservé. Mais cela ne veut pas dire que la pression énorme ressentie par les parents juifs pourchassés par les nazis et leurs complices n a pas eu d effets secondaires sur le développement psychologique des enfants, qui ont sûrement vécu dans l angoisse familiale et le désarroi des parents et/ou grands frères et grandes sœurs. Revenons au silence. Témoigner, c'est faire appel à sa mémoire. Or, la mémoire est subjective (ceci écrit sans connotation négative). Nous nous souvenons de ce qui nous a marqués affectivement (le cerveau en sera alors marqué biochimiquement). De plus, la mémoire se complique, d'ordinaire, d'une sorte de falsification . On ne retient pas tout (surtout lorsqu on est enfant)! On élimine certains phénomènes vécus, à cause des souffrances, du traumatisme, qui leur sont associés (pour survivre psychiquement) ou tout simplement, parce qu'ils n'ont pas été suffisamment chargés d'émotions, donc marqueurs biochimiques. Lorsque la mémoire agit, elle provoque le retour d'une sensation, en l'absence de l'objet, qui l'a provoquée la première JOURNAL INTERNATIONAL DE VICTIMOLOGIE 2008; 6(3) 156 FELDMAN, I-B. fois. Cet objet est alors imaginé, représenté, finalement transformé en fantasme. La mémoire, par l'imagination, va se falsifier, car elle fait du souvenir une fantaisie (phénomène bien connu en psychanalyse ). De plus, pour se manifester, la mémoire a besoin d'un cadre, d'une armature. Ce cadre peut être individuel (cf. le retour fréquent de certains souvenirs, qui deviennent des points de repère dans notre histoire personnelle). Il peut être collectif : ce sont, la plupart du temps, les autres qui nous incitent à nous souvenir (exemple : lorsque nous rencontrons un ami d'enfance ou quelqu'un qui a vécu des expériences similaires aux nôtres, nous nous mettons à parcourir ensemble un passé que, sans cela, nous ne nous serions peut-être jamais remémoré. Se souvenir, est souvent une obligation qui vient du groupe social auquel nous appartenons (exemple : témoigner en Justice ; ou, comme dans le cas qui nous occupe : témoigner pour transmettre les souvenirs aux générations futures, c'est à dire aux enfants et aux petitsenfants). Dans le cas de souvenirs collectifs, la somme des souvenirs individuels permettra une meilleure objectivation de l'histoire vécue par tous les sujets d un même groupe (mais qui et que sont les collecteurs de ces souvenirs? Sont-ils bien formés à ce genre d exercice traumatisant, n en déplaise à S. Spielberg?). La difficulté de témoigner, de sortir du silence, pour celui qui a été caché pendant la guerre, viendra donc :.Du traumatisme de l'abandon (avec son cortège d'agressivité et de culpabilité refoulée). On parle de P.T.S.D. ou E.S.P.T
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