Journal Le Monde 07.03.2018

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Le Monde 7 mars 2018
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  MERCREDI 7 MARS 2018 74 E  ANNÉE– N O 22752 2,60 €   – FRANCE MÉTROPOLITAINEWWW.LEMONDE.FR  FONDATEUR : HUBERT BEUVE-MÉRYDIRECTEUR : JÉRÔME FENOGLIO  Algérie 220 DA,  Allemagne 3,30 € ,  Andorre 3,20 € ,  Autriche 3,30 € ,  Belgique 2,90 € ,  Cameroun 2 200 F CFA,  Canada 5,40 $,  Chypre 2,70 € ,  Côte d'Ivoire 2 200 F CFA,  Danemark 34 KRD,  Espagne 3,10 € ,  Gabon 2 200 F CFA,  Grande-Bretagne 2,60 £,  Grèce 3,20 € ,  Guadeloupe-Martinique 3,10 € ,  Guyane 3,20 € ,  Hongrie 1 050 HUF,  Irlande 3,10 € ,  Italie 3,10 € ,  Liban 6 500 LBP,  Luxembourg 2,90 € ,  Malte 2,70 € ,  Maroc 19 DH,  Pays-Bas 3,20 € ,  Portugal cont. 3,10 € ,  La Réunion 3,20 € ,  Sénégal 2 200 F CFA,  Slovénie 3,20 € ,  Saint-Martin 3,20 € ,  Suisse 4,00 CHF,  TOM Avion 500 XPF,  Tunisie 3,20 DT,  Afrique CFA autres 2 200 F CFA LE REGARD  DE PLANTU L’art est redevenuune valeur sûre en 2017, avec une hausse de 20 % des ventes aux enchères SUPPLÉMENT LE MONDE ARGENT DES VAINQUEURS SANS MAJORITÉ EN ITALIE Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 étoiles, le 5 mars, à Rome. ANTONIO MASIELLO/GETTY   Le Mouvement 5 étoiles, pour la première fois, n’écarte pas l’hypothèse d’une alliance Vaccin contre la dengue : récit d’un fiasco   Le vaccin contre la den-gue, cette maladie tropicale transmise par le mousti-que, serait responsable de la mort de plusieurs enfants aux Philippines   Le laboratoire pharma-ceutique Sanofi est critiqué pour avoir commercialisé massivement le Dengvaxia en 2015, en dépit de nombreuses incertitudes   830 000 écoliers ont été vaccinés aux Philippines, qui réclament aujourd’hui à Sanofi le remboursement de la campagne, soit 60 millions d’euros   Cent millions de person-nes sont atteintes tous les ans par la dengue. Le vaccin devait rapporter à Sanofi 1 milliard d’euros par an SUPPLÉMENT SCIENCE & MÉDECINE SUPPLÉMENT LE PROTECTIONNISME NE FERA QUE DES PERDANTS PAGE 23 CAHIER ÉCO  – PAGES 4 ET 7 1  ÉDITORIAL La « co-construction » des réformes avec les parte-naires sociaux devait être le point fort du gouverne-ment. Neuf mois plus tard, « la méthode Macron,c’est “vous discutez, je tranche” », estime la CFDT PAGE 8 PolitiqueLa concertation selon Emmanuel Macron P. 2-4 Les pistes du gouverne-ment pour réorganiser l’is-lam semblent peu réalistes à l’anthropologue Rachid Benzine. Le sociologue Tarik Yildiz estime qu’il est plus urgent de lutter contre l’idéologie radicale. Houari Bouissa souligne, lui, la nécessité d’enseigner l’histoire du fait religieux PAGES 20-21 Débats L’épineuse réforme de l’islamen France Le président Kim Jong-un a reçu une délégation sud-coréenne, pour une pre-mière visite depuis 2007, dans « une ambiance fra-ternelle ». Pour conforter le rapprochement amorcé aux Jeux olympiques d’hiver PAGE 7 ET DÉBATS PAGE 21 International Dîner d’apaisemententre les deux Corées Automobile Les constructeurs, au salon de Genève, veulent réconcilier la voiture et la ville CAHIER ÉCO  – PAGE 3 Cinéma Les zombiesdébarquent à Paris avec « La nuit a dévoré le monde » PAGE 15 Antoine Albertini, le cor-respondant du « Monde » à Bastia, signe avec« Les Invisibles » (JC Lattès) une grande enquête surles milliers de travailleurs clandestins dans l’île PAGE 19 Bonnes feuillesVie et mortd’un « invisible »,un Marocain tué en Corse                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       2 | INTERNATIONAL MERCREDI 7 MARS 2018 0123 LES ÉLECTIONS ITALIENNES En Italie, deux vainqueurs en mal de majorité La d ébâcle des partis modérés permet aux dirigeants du Mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio, et de la Ligue, Matteo Salvini, de revendiquer le pouvoir rome - correspondant A ujourd’hui commence la “ troisième République ”  , et latroisième sera, enfin, celle descitoyens italiens. » En pro-non çant ces mots solennelsdans un grand sourire, lundi5 mars, pour clore son allocution à Rome, lechef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S), Luigi Di Maio, s’avance sans doute un peu :de fait, il est loin d’être encore arrivé aux af-faires. Et rien n’assure le Mouvement 5 étoi-les, vainqueur incontesté des législatives ita-liennes du 4 mars, de parvenir au gouverne-ment dans les prochaines semaines.Reste que, par sa netteté, le verdict des ur-nes a englouti, dimanche soir, l’ensemble ducadre dans lequel s’était organisé depuis un quart de siècle, ce qu’il était convenu d’appe-ler la « deuxième République » italienne. Les quatre forces politiques majeures du pays,en tout cas, en sortent métamorphosées.La première victime du scrutin est le Partidémocrate (PD) de l’ancien premier ministre Matteo Renzi, qui subit une défaite humi-liante. Avec moins de 19 % des voix, soit à peine 112 députés et 57 sénateurs, le principal parti de gauche atteint un plus bas historique.Dans les heures ayant suivi le scrutin, il parais-sait évident que le secrétaire du PD n’aurait d’autre choix que de quitter son poste.A 17 heures est publié un message vidéodans lequel Matteo Renzi, aussi sûr de luiqu’aux plus beaux jours, défend son bilan, annonce une démission qui ne sera effectivequ’une fois nommé le prochain gouverne-ment, et repousse par avance toute formed’alliance, précisant que, dans les prochainsmois, le PD serait dans l’opposition. Autre-ment dit : il démissionne, mais il ne quitte pas le pouvoir. FORZA ITALIA EN PITEUX ÉTAT Matteo Renzi aura-t-il vraiment les moyens de tenir bon ? A voir les réactions outrées quise sont multipliées de toutes parts, rien n’estmoins sûr. Dans tous les cas, la lourde dé-faite du PD n’a pas profité aux autres forces de gauche. Autrement dit, le problème est plus profond qu’une simple affaire de per-sonnes. En faisant cesser l’exception qu’étaitjusqu’alors l’Italie dans le paysage dévasté de la social-démocratie européenne, le résul-tat de dimanche conduira forcément le partià un difficile examen de conscience, exercicepour lequel Matteo Renzi ne semble pas lemieux préparé.Le deuxième perdant des législatives, ForzaItalia, est peut-être dans un plus piteux état encore. En réalisant à peine 14 %, un chiffre ridiculement bas pour une formation censéereprésenter l’ensemble de la droite modérée, la formation née en 1994 par la seule volontéde Silvio Berlusconi est en bout de course.Sonné par la défaite, l’ancien premier minis-tre n’est pas apparu en public depuis diman-che, ne consentant même pas au rite de la communication à la presse. A peine a-t-il fait diffuser une note dans laquelle il félicite son vainqueur au sein de la coalition de droite,Matteo Salvini, et dit espérer que « le mandat [de former un gouvernement] sera confié au centre droit » . Après une demi-journée de flot-tement, alors que ses entreprises perdaient près de 5 % à la Bourse de Milan, il semble s’être vite repris, cherchant à assurer l’avan-tage de la droite sur le Mouvement 5 étoiles. LE CAMP MODÉRÉ EST À REPENSER Mais à 81 ans, condamné par la justice et à la tête d’un parti en chute libre, combien de temps peut-il conserver une véritable in-fluence sur le cours des choses ? Descendu à 14 % alors que, du temps de sa splendeur, ilen obtenait plus du double, Forza Italia appa-raît de plus en plus comme une coquille vide, à l’intérieur de laquelle ne subsiste que le dernier carré des fidèles. Et c’est l’ensem-ble du camp modéré qui semble à repenser, du sol au plafond.Le grand vainqueur parmi les ténors de ladroite, Matteo Salvini, est venu rendre vi-site à Silvio Berlusconi, lundi après-midi, dans sa villa d’Arcore, près de Milan, pour une entrevue aux airs de passage de té-moin. Lors de sa conférence de presse post-électorale, lundi matin, il a affirmé qu’il se sentait « le droit et le devoir de gouverner » . Une perspective qui semble bien lointaine,tant sa personnalité et les prises de positionextrémistes qu’il a multipliées durant lacampagne risquent d’être un obstacle à la constitution d’une coalition autour de lui.Mais même s’il ne parvient pas à consti-tuer un gouvernement, le chef de la Ligueaura réussi son pari : celui de parachever la mutation du parti fédéraliste et anti-italien dont il a pris la tête voilà moins de cinq ans en une grande formation nationaliste et xé-nophobe, rayonnant dans tout le pays. Plusque les 5 % récoltés en Sicile, qui démon- MATTEO SALVINI AURA RÉUSSIÀ PARACHEVERLA MUTATIONDE LA LIGUEEN GRANDE FORMATION NATIONALISTEET XÉNOPHOBE RAYONNANT DANS TOUT LE PAYS Di Maio, figure très lisse d’un Mouvement 5 étoiles « normalisé » La formation est devenue la principale force politique et son chef se dit désormais ouvert à d’éventuelles alliances pour accéder au pouvoir PORTRAIT B ien sûr, il n’a que 31 ans,soit un bon demi-siècle demoins que l’ancien pre-mier ministre Silvio Berlusconi,grand perdant du scrutin de di-manche 4 mars. Certes, sa culture générale connaît de grosses lacu-nes, il s’emmêle plus qu’à son tour dans les subjonctifs, et parleavec difficulté l’italien des gens comme il faut. Et oui, avant d’en-trer en politique, son CV, sur le-quel on ne trouve rien d’autre qu’une vie d’étudiant en droit sans diplôme et des petits bou-lots, comme un emploi d’agent desécurité au stade San Paolo de Na-ples, tenait sur une carte de visite.Ces remarques, ressassées parses opposants pour mieux illus-trer l’impossibilité que le chef defile du Mouvement 5 étoiles (M5S), Luigi Di Maio, puisse pré-tendre un jour au poste de pre-mier ministre, sont factuelle-ment exactes. Il n’empêche, lesfaits sont têtus. Avec plus de 31 % des suffrages au soir des électionslégislatives du 4 mars, le mouve-ment est devenu, de très loin, la première force politique d’Italie. Et malgré sa jeunesse et ses im-perfections, c’est bien Luigi DiMaio qui a été désigné comme le candidat du mouvement pour le poste, si bien que le résultat des urnes le place en situation de faireun prétendant tout à fait crédible.On avait été convié au déjeunerdominical, au domicile familial, trois semaines avant l’élection, dans le but de réaliser un en-tretien. Direction Pomiglianod’Arco, une ville sans histoire desenvirons de Naples, où vivent sesparents et son frère de 23 ans,dans une petite maison située aubord d’une route menant auxpentes du Vésuve.En plus de trois heures passéesdans la maison familiale, on enavait plus appris sur son milieu d’srcine que sur lui-même. Unintérieur propret et un peu im-personnel, quelques livres, des tableaux un peu kitsch repré-sentant le golfe de Naples… Unedemeure typique de la petite bourgeoisie napolitaine où rè-gne un certain confort (la mèrede Luigi Di Maio était ensei-gnante et le père, entrepreneur),mais pas l’opulence.Des engagements politiquespassés du père, Antonio, ancien responsable local du Mouvement social italien (néofasciste), on n’apas trouvé trace. Et on n’a pas ap-pris grand-chose sur la personna-lité du jeune dirigeant, tant ce-lui-ci s’est montré, au cours de cesheures de rencontre, affable etsouriant, mais désespérément lisse et insaisissable. Recentrage pro-européen Ainsi apparaît en toutes circons-tances Luigi Di Maio, comme une sorte de double inversé de son mentor Beppe Grillo, qui lui a passé les clés du mouvement, à l’automne 2017, et semble s’enêtre tenu éloigné durant toute la campagne électorale. Aussi glabreet bien peigné que le comédien peut être hirsute, aussi pondéréque son prédécesseur était provo-cateur… Luigi Di Maio est comme une allégorie du M5S « norma-lisé » pour une nouvelle phase de sa marche vers le pouvoir.Entré dans la galaxie grillinisteà 20 ans, en 2007, alors que le M5Sn’était pas encore lancé, Luigi DiMaio a été désigné comme candi-dat à la députation par vote sur Internet, début 2013. Quelquessemaines plus tard, à seulement26 ans, il entrait à la Chambre, en même temps qu’une centaine denouveaux venus, totalement inexpérimentés. Il saura, mieuxque beaucoup d’autres, s’adapterassez vite aux allées du pouvoir.Elu à la fonction de vice-prési-dent, il s’acquittera de sa tâche avec un savoir-faire incontesté.Bientôt, par ses fonctions, ildevient un des visages les plus connus du mouvement.Choisi parmi les cinq membresdu directoire instauré fin 2014par Beppe Grillo, qui – déjà – son-geait à prendre du champ avec ladirection du M5S, il en vient as-sez vite à incarner, au sein de ceparti traversé d’infinies nuances,une aile droite « modérée ». Cela ne l’empêche pas, au printemps2017, de prendre des positionstrès dures dans la crise migra-toire en Méditerranée, populari-sant l’expression des « taxis desmers » pour qualifier les naviresaffrétés par les ONG humanitai-res pour effectuer des opérationsde secours au large de la Libye.Intronisé à l’automne 2017 à Ri-mini, au terme d’un processus contesté par plusieurs figures de l’« aile gauche » du mouvement, parmi lesquelles le très populaire Roberto Fico, Luigi Di Maio aurasu faire taire ces voix dissonantes,au cours d’une campagne parti-culièrement efficace, ayant fait lechoix de mettre l’accent sur le Suddélaissé par le pouvoir central.Artisan d’un recentrage pro-européen devenu plus évident àmesure que se rapprochaitl’échéance électorale, Luigi DiMaio semble aujourd’hui diriger le mouvement en tandem avec letrès discret Davide Casaleggio,fils de Gianroberto, cofondateurdu M5S et dirigeant de la tou-te-puissante Casaleggio Associa-tes, qui a la haute main sur la pla-teforme Internet des 5 étoiles.Cette entreprise milanaise est-elle également le « cerveau » dumouvement ? Est-ce elle qui a di-rigé et impulsé les choix du can-didat ? Nul ne le sait.M. Di Maio peut assurer que leséventuelles tractations pour cons-tituer un gouvernement seront menées « suivant nos règles de transparence » , ces principes ces-sent de s’appliquer dès qu’on tented’éclaircir le fonctionnement en coulisse du mouvement. p j. g. LUIGI DI MAIO APPARAÎT COMME UN DOUBLE INVERSÉ DE BEPPE GRILLO, AUSSI PONDÉRÉ QUE SON PRÉDÉCESSEUR À LA TÊTE DU M5S ÉTAIT PROVOCATEUR  0123 MERCREDI 7 MARS 2018 international | 3 trent l’implantation progressive de la Ligue au Sud, ce sont les chiffres des r égions du Centre-Nord qui donnent l’idée de l’am-pleur du succès de Salvini : ainsi des 19,4 %des voix obtenus en Emilie-Romagne, terreculturellement ancrée à gauche où, en 2013,la Ligue avait obtenu… 2,6 %. Dimanche soir,c’est l’idée srcinale de la Ligue du Nord néeà la fin des années 1980, recroquevillée sur la Lombardie et la Vénétie et centrée sur sa haine du Sud, qui a cessé d’exister. VIRAGE SPECTACULAIRE Enfin, l’autre vainqueur des élections, LuigiDi Maio, se trouve lui aussi à la tête d’unparti métamorphosé par sa victoire. PourMassimiliano Panarari, professeur descience politique et spécialiste du Mouve-ment 5 étoiles, le point de rupture a été di-manche soir :  « A un moment de la soir  ée, [l’un des dirigeants du parti]  Alessandro Di Battista a défini le mouvement comme un“pilier” de la démocratie italienne, avant de dire “tous les partis vont devoir venir parler avec nous”. Aujourd’hui, le M5S se veut aucentre de tout, comme une sorte de démocra-tie chrétienne 2.0, alors qu’il y a quelquesmois encore, il voulait rester en dehors. C’est un bouleversement. » Alors que le refus des alliances avait tou-jours été une des singularités du mouve-ment, en même temps que le gage de sa « pu-reté », le M5S est donc entré, sans états d’âme, dans une logique de tractations, pourformer un gouvernement, en lorgnant lesorphelins de Berlusconi à droite ou les élus du PD, effrayés par la perspective de Salviniau pouvoir. Enterrant du même coup ce qui faisait la singularité de la formation vou-lue il y a près de dix ans par l’humoristeBeppe Grillo et le responsable de son blog, Gianroberto Casaleggio.Le virage a beau avoir été annoncé depuisdes mois, il n’en reste pas moins spectacu-laire. Comme d’habitude, il a été accueilliavec bienveillance par des sympathisants qui ne semblent pas tenir rigueur au mouve-ment de ses virages tactiques. De la même manière, malgré les difficultés rencontrées par les maires M5S, de Rome à Turin, l’électo-rat italien ne s’est pas détourné d’eux.Il faut dire que, de bout en bout, le specta-cle aura été de qualité. « Au fond, dans cette campagne, Berlusconi était comme un vieux chanteur qui, à chaque spectacle, voulait  jouer le répertoire de toute sa carrière. Les 5 étoiles, eux, ont fait du stand-up. Ils chan- geaient leur répertoire en fonction du public », conclut en souriant Massimiliano Panarari. Définitivement, dimanche soir, l’Italie a changé d’époque. p jérôme gautheret Le chef de file de la Ligue (ex-Ligue du Nord), Matteo Salvini, à Milan, le 5 mars. LUCA BRUNO/AP Pour les électeurs de Silvio Berlusconi,« une page d’histoire se tourne » A Milan, les militants de Forza Italia sont désemparés, apr ès l’ échec du Cavaliere REPORTAGE milan -  envoyée spéciale I l n’aime pas perdre, c’est  « vis-céral » . Déjà enfant, VincenzoSassi en venait aux mainsquand on le battait aux billes. Lorsque le Milan AC est mené au score, le restaurateur de 57 ans préfère s’éviter les dernières mi-nutes du match. Alors, dimanche 4 mars, quand la Rai Uno a donnéles premiers résultats des élctionslégislatives, le Lombard est partise coucher en râlant. « Ce pays,c’est devenu n’importe quoi, on ne  peut plus se fier à rien » , s’est em-porté le quinquagénaire à l’allure soignée. « Même Berlusconi n’a  pas réussi à comprendre l’Italie, vous vous rendez compte de la  gravité de la situation ? » Au lendemain de la déroute duparti Forza Italia (FI), qui atteintpéniblement les 14 %, Vincenzo Sassi est passé au local de campa-gne du parti de Silvio Berlusconià Milan, via Sassetti. Dramatiqueà l’excès, il voulait « vérifier que le  parti existe toujours ». « Il faut que le parti se r éveille » Depuis les résultats, Silvio Ber-lusconi s’est fait discret. C’est àpeine s’il a reçu dans sa maisond’Arcore, au nord-est de Milan,quelques proches. « Je pensaisqu’on ferait au moins 16 % » , aavoué le Cavaliere, selon le quoti-dien  La Repubblica . Dans la nuit,l’ex-ministre Renato Brunetta areconnu qu’avec 17,4 % des voix le leader du parti d’extrêmedroite la Ligue (ex-Ligue du Nord), Matteo Salvini, « sera lemeilleur candidat au poste de premier ministre pour la coa-lition de centre-droit ». Un séisme pour la droite ita-lienne. Même à Milan, ancienfief historique de l’ancien pre-mier ministre aujourd’hui do-miné par le Parti démocrate (PD), « le parti a encore perdu plus de 5 % par rapport à 2016 » , constateAlessandro De Chirico, 40 ans, élu FI au conseil municipal. Déjà,la presse italienne pronostiquela future implosion du parti,doublé sur sa droite dans unecampagne dominée par la ques-tion de l’immigration et de la sécurité. « Cette fois, il faut que le parti se réveille, qu’on arrête de  prendre des selfies et qu’on reconstruise pour l’avenir » , lanceAlessandro De Chirico.A 81 ans, Silvio Berlusconi, pré-senté comme l’éternel sauveur du peuple italien, se serait-il trompé de campagne ? Le géantaudiovisuel Mediaset, contrôlé par la famille Berlusconi, adévissé un moment lundi de 5 %,symbole des malheurs de l’an-cien premier ministre. « Il a été très présent sur les pla-teaux télé, mais il a peut-être raté sa cible » , avance Anna Moretti,une banquière de 51 ans qui dit avoir aimé « le programme fiscal qui favorise tous les Italiens » . Mais la fiscalité  , « c’est pas ça qui intéresse, ce qui fait parler sur lesréseaux sociaux » , juge la Mi-lanaise, listant sur ses doigts : « Cette année, il fallait être jeune, contre l’Europe et contre l’immi- gration. On ne coche pas toutes lescases, donc c’est la baffe. » Sur son téléphone portableorné d’une coque aux couleurs de l’Italie, Alessandro V., 23 ans,fait défiler son « mur » Facebook.La plupart des publications yvantent les résultats de la Ligue, ou des slogans du groupusculefasciste Casapound. Dans sa pe-tite ville de Magenta, à une tren-taine de kilomètres à l’ouestde Milan, le parti de Matteo Sal-vini a réuni 26,4 % des voix ;Forza Italia seulement 14,2 %.En 2013, le parti de Berlusconi ob-tenait 22,8 % des votes, contre10,9 % pour la Ligue. « Il faut que ça bouge, ce n’est pasen votant toujours pour les mêmesqu’on va y arriver » , défend Ales-sandro V., casquette sur la tête etpiercing à l’arcade. « L’Italie a be-soin de sang neuf » , plaide le jeunehomme en recherche d’emploi. « Dans la mécanique, si possible,mais je ferai pas le difficile »,  dit le jeune homme, alors que 33 % des 18-25 ans se trouvent au chômage.A la table de la cuisine familiale,son père soupire. Lui a voté Forza Italia. « Toute la campagne, j’ai es-sayé de lui mettre du plomb dans la tête , raconte Carlo V., mais il ne  jure que par la nouveauté, autant  pour les baskets que pour les par-tis politiques. »  S’il affirme parta-ger les « valeurs nationalistes »  portées par Matteo Salvini, ce boulanger, déplore « la vision simpliste du programme écono-mique » .  « Il va faire encore telle-ment de déçus » , s’inquiète le pèrede famille. « Pas dans mes amis Facebook » , rétorque Alessandro V., qui s’emporte : « Qu’on nouslaisse reconstruire l’Italie ! »  Quel-ques heures auparavant, MatteoSalvini, lors de sa première confé-rence de presse post-électorale, a remercié  « les gens des réseaux so-ciaux » de leur soutien. « Trop violent » A Milan, à deux pas du bureau de vote où Silvio Berlusconi a votédimanche, via Scrosati, MariaRizzo reconnaît que « c’est un coup de massue ». Elle est une fi-dèle parmi les fidèles de SilvioBerlusconi, dont elle aime « la re- partie et l’intelligence ».   « Quand on voit les résultats, on se dit qu’une page de l’histoire de l’Italie se tourne » , constate cette an-cienne secrétaire à la retraite.Trente-sept ans séparent leCavaliere, 81 ans, du leader de l’ex-trême droite, Matteo Salvini, l’autre natif de Milan. « Peut-être que nous n’avons plus la même vi-sion du pays et de son histoire » , déplore cette élégante en man-teau de fourrure. Elle l’assure : ja-mais elle ne votera pour la Ligue. « Trop violent » , dit-elle en mi-mant la gestuelle survoltée de M. Salvini. Avant de reprendre : « Peut-être que la société est deve-nue plus violente. » p charlotte chabas « CETTE ANNÉE, IL FALLAIT ÊTRE JEUNE, CONTRE L’EUROPE, L’IMMIGRATION. ON NE COCHE PASTOUTES LES CASES,DONC C’EST LA BAFFE »  ANNA MORETTI sympathisante pro-Berlusconi   4 | international MERCREDI 7 MARS 2018 0123 Europe : Macron fragilis é par le vote italien Le chef de l’Etat a salué la coalition allemande, mais est resté prudent sur la poussée eurosceptique à Rome D’ une crise euro-p éenne l’autre. Apeine la paralysieinstitutionnelle le-vée en Allemagne par l’accord de coalition conclu, dimanche 4 mars, entre l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et le Parti so-cial-démocrate (SPD), l’Unioneuropéenne (UE) doit affronter une nouvelle crise politique pro-voquée par la victoire, le m êmejour, des partis populistes eteurosceptiques aux électionslégislatives italiennes.Si Emmanuel Macron s’est em-pressé, dimanche soir, de saluer comme « une bonne nouvelle pour l’Europe »  la nouvelle coali-tion allemande entre sociaux-dé-mocrates et conservateurs, toutjuste approuvée par les adhé-rents du SPD, le chef de l’Etatfrançais a été, à l’inverse, éco-nome de ses mots concernant lasituation transalpine. « Je reste à ce stade prudent enattendant les décisions du prési-dent de la République italienne », a déclaré lundi M. Macron, alorsque l’absence probable de majo-rité pour la coalition entre ladroite de Forza Italia et l’extrêmedroite de la Ligue, comme pour leMouvement 5 étoiles, devraitcontraindre les responsables ita-liens à de longues tractationspour former un gouvernement.Pris entre le chaud et le froideuropéens, le président français,qui a envoyé dès dimanche unmessage personnel à la chance-lière Angela Merkel et à Olaf Scholz, le chef par intérim duSPD, se concentre avant tout surla levée des blocages outre-Rhinet ses conséquences pour le cou-ple franco-allemand et pour l’UE. « L’essentiel, pour avancer en Eu-rope, c’est la stabilité du couple franco-allemand, et ce facteur-cléau moins est réuni depuis diman-che »,  tentait de positiver lundil’Elysée, qui estime que le pro-chain gouvernement CDU-SPDest « plus européen que le précé-dent formé en 2013 »  ou que l’hy-pothétique « coalition jamaï-caine » qu’auraient formée les conservateurs avec les libérauxet les écologistes. « Nouveau signal d’alarme » Reste que le projet de M. Macronpour relancer la constructioneuropéenne se trouve fortementcompromis par la probable arri-vée au pouvoir de populisteseurosceptiques en Italie, troi-sième économie de l’Union et pays fondateur de l’Europe. Com-ment, en effet, mener les réfor-mes d’ampleur de la zone eurosouhaitées par le président fran-çais – création d’un budget de lazone euro et nomination d’un « super-ministre » des financescommun – sans l’appui indispen-sable de Rome face à Berlin ? « Ilne faudrait pas qu’un pays-clé del’Union soit une nouvelle source de blocage »,  reconnaissait-on àl’Elysée, alors que la France doit déjà composer avec le Brexit,ainsi qu’avec d’autres gouverne-ments travaillés par l’europhobieau sein de l’UE, comme la Hon-grie, la Pologne, voire l’Autriche,où l’extrême droite partage le pouvoir avec la droite.Pour l’instant, Paris tente de serassurer. « On n’a pas d’inquié-tude sur la stabilité de l’Italie, le gouvernement en place du pre-mier ministre, Paolo Gentiloni,continue de gérer les affaires cou-rantes », expliquent des proches d’Emmanuel Macron, qui esti-ment également que « lesdeux partis extrêmes [la Ligue et le Mouvement 5 étoiles]  ont beaucoup lissé leur discours euro- péen pendant la campagne pour élargir leur électorat » .Pour la présidence française, lecoup de tonnerre transalpin doitau contraire résonner comme « un nouveau signal d’alarme »  et « un nouvel appel à agir »  dansl’Union. « La poussée populiste en Italie comme ailleurs renforce lediagnostic d’Emmanuel Macron,qui est un défenseur acharné del’Europe, mais d’une Europe qui protège davantage les peuples », précise son entourage.Le chef de l’Etat doit s’exprimerle 17 avril au Parlement de Stras-bourg : un discours appelé à com-pléter celui de septembre 2017 àla Sorbonne. « Il faut continuer à marteler notre message pro-euro- péen et reprendre la main sur dessujets très concrets pour les popu-lations »,  explique l’Elysée, quicite, en plus de la gouvernance dela zone euro, la question des tra-vailleurs détachés, la taxationdes géants du numérique et lagestion de la crise migratoire.Pour le président français, lesrésultats des législatives italien-nes s’expliquent d’ailleurs engrande partie par la question migratoire. « Je prends note que,dans le monde où nous vivons, on peut défendre de belles idées, maison ne peut pas les défendre en faisant abstraction de la brutalitédu contexte. Et l’Italie a aujourd’hui indéniablement souffert de la très forte pression migratoire dans laquelle elle vit depuis des mois et des mois. Nousdevons aussi le garder en tête pour ce qui nous concerne »,  adéclaré M. Macron lundi. Test politique grandeur nature Ce même 17 avril, le présidentfrançais lancera également enFrance les « consultations ci-toyennes »  appelées à être me-nées dans la quasi-totalité despays membres de l’UE d’ici àl’automne pour préparer la campagne des élections euro-péennes de mai 2019. Elu à la pré-sidentielle sur un discours pro-européen face au Front national,et après un premier tour descrutin où près de 50 % des élec-teurs avaient voté pour des can-didats eurocritiques, voire euro-phobes, M. Macron est persuadéqu’ « il y a une place en France et en Europe pour un progressismeeuropéen volontariste » .Les élections de mai 2019 serontpour le chef de l’Etat son premier test politique grandeur nature dans les urnes, alors que le partiprésidentiel, La République en marche, compte également lan-cer le 24 mars sa « grande mar-che »  pour l’Europe, sur le modèlede la mobilisation pro-Macron engagée avant la présidentielle, au printemps 2016. « On a besoind’ouvrir le débat en France sur l’Eu-rope. Le mettre sous le tapis,comme l’ont fait tous les gouver-nements depuis 2005 et le référen-dum sur la Constitution euro- péenne, n’a rien changé. Aucontraire, cela a fait le lit des popu-lismes », estime-t-on à l’Elysée. p bastien bonnefous Emmanuel Macron, Angela Merkel et Paolo Gentiloni lors d’un sommet européen à Bruxelles, le 23 février. OLIVIER MATTHYS/AP « IL NE FAUDRAIT PAS QU’UN PAYS-CLÉ DE L’UNION SOIT UNE NOUVELLE SOURCE DE BLOCAGE », RE CONNAÎT-ON À L’ÉLYSÉE Le Front national se réjouit malgré une stratégie d’alliance différente L’extrême droite française a salué le bon score de la Ligue de Matteo Salvini, même si elle a toujours refusé de son côté l’union des droites L es drapeaux se sont dé-ployés dès l’aube sur lescomptes Twitter des ca-dres et sympathisants du Frontnational, lundi 5 mars. Rien debien renversant pour un partinationaliste. Sauf que, l’espace dequelques heures, leurs automa-tismes tricolores se sont teintésde vert.La percée de l’extrême droite deMatteo Salvini a donné l’accenttransalpin à ses alliés français auParlement européen. Car le FNsiège dans le même groupe à Bruxelles – celui de l’Europe desnations et des libertés (ENL) – etne manque pas de le faire remar-quer. Si, à quelques jours de soncongrès, fragilisé par l’image écornée de sa dirigeante, le FNpouvait s’arroger quelques miet-tes de la victoire voisine…Marine Le Pen a ainsi été l’unedes premières à dégainer ses « chaleureuses félicitations »  à son « allié et ami » . La coalitiondu leader de la Ligue (ex-Ligue duNord) formée pour ces élections avec Forza Italia, la formation de Silvio Berlusconi, a remporté 37 % des voix. Plus encore : leparti europhobe et xénophobede Matteo Salvini a ravi la tête del’alliance, avec environ 18 % dessuffrages dans les deux Cham-bres contre 14 % pour le parti del’ancien président italien. « Unenouvelle étape du réveil des peu- ples ! » , s’est enorgueillie MarineLe Pen qui veut y voir un présagede reprise pour son parti en crise,aux européennes de 2019.Et les « Viva »  lancés par la prési-dente du FN se sont propagéstout au long de la journée sur lesréseaux frontistes. A l’appui decette « amitié »  des extrêmesdroites franco-italiennes, uneimage brandie en chaîne : la pho-tographie de Matteo Salvini etMarine Le Pen, bras dessus bras dessous et pouces en l’air, prise lors d’un meeting de l’ENL, à Mi-lan, en janvier 2016. Multiplier les mains tendues Avec son slogan « Les Italiens d’abord »,  son discours contrel’euro « crime contre l’humanité » ou encore ses t-shirts « Stop inva-sione ! »  contre l’immigration,Matteo Salvini – et son score aveclui – a de quoi inspirer son miroirfrançais. Le sénateur des Bou-ches-du-Rhône, Stéphane Ravier,partisan de la ligne identitaire duFN, a ainsi salué « une campagne pragmatique axée sur l’invasion migratoire et la paix fiscale, unealliance des droites inédite menée par notre allié » . Emmanuelle Ménard, députéeélue avec le soutien du Front na-tional, va même plus loin, osantapplaudir une « union des droi-tes »  couronnée de bulletins en Italie : « Que cela nous served’exemple en France ! » Car si le Front national voitdans le résultat du scrutin italienun coin de porte à enfoncer aux européennes prochaines, reste une différence majeure entre lesdeux Alpes : l’aptitude aux al-liances. « L’union des droites est un fantasme réducteur,  lançaitMarine Le Pen dans un entretienà Causeur   en janvier 2017.  J’ai 48 ans et ça fait quarante ans que j’en entends parler. Le problèmedes gens qui défendent cette idée,c’est que la droite refuse de s’allier avec nous. Or, même sous les so-cialistes, il faut être deux pour semarier ! » Un rapprochement droite-ex-trême droite de nouveau balayéen novembre 2017 par LaurentWauquiez, après l’invitation de M me  Le Pen à faire le premier pas,lors du « Grand Jury » RTL-  Le Fi- garo- LCI : « S’il est sincère, comptetenu des propos qu’il tient, il de-vrait aller jusqu’à proposer une al-liance. »  Raté. Quant à NicolasDupont-Aignan, seul à avoir si-gné un accord de gouvernementavec la patronne de l’extrêmedroite française entre les deux tours de la présidentielle, le pré-sident de Debout la France semontre aujourd’hui plus pru-dent, refusant d’être réduit aurôle de duettiste du FN.Retour, donc, à l’ancienne stra-tégie pour celle restée aux portesde l’Elysée, en mai dernier : récu-pérer les morceaux de la droiteéclatée, plutôt que s’y associer.Alors pendant que son entou-rage répète que le scrutin euro-péen va  « achever »  le parti LesRépublicains, elle continue demultiplier les mains tendues àceux qui veulent non s’allier,mais rallier, comme en Alsace finfévrier : « Il faut aller au bout de cette décantation. Ceux qui sesentent aujourd’hui plus prochesde nous que de M. Macron, je sou-haite qu’ils fassent la démarche de venir au FN. Ils y seront bienaccueillis. » Reste qu’en dézoomant le fa-meux cliché posté en boucle par les frontistes sur les réseaux so-ciaux, lundi, Marine Le Pen appa-raît au côté d’un autre visage de ladroite europhobe : Heinz-Chris-tian Strache, leadeur du FPÖautrichien. Un autre allié désor-mais vice-chancelier. Marine LePen, coincée dans le couloir me-nant au pouvoir que « ses amis »  ravissent un par un, elle, donnerendez-vous au scrutin euro-péen. En refusant, pour le mo-ment, d’y tenir la tête de liste. p lucie soullier LES ÉLECTIONS ITALIENNES Résistances dans les pays du Nord Huit Etats du nord de l’Europe font part, mardi 6 mars, de leur op-position aux r éformes de grande ampleur de la zone euro voulues par Emmanuel Macron. Le chantier doit porter avant tout, selon eux, sur l’achèvement de l’union bancaire, l’amélioration du res-pect des règles budgétaires et la mise en place d’un fonds moné-taire européen, comme souhaité par l’Allemagne. Ils plaident pour que soient remis à plus tard des plans plus ambitieux, comme la création d’un budget et d’un ministre des finances de la zone euro. Les Pays-Bas, l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie, la Finlande, l’Ir-lande, le Danemark et la Suède, ces deux derniers ne faisant pas partie de la zone euro, ont signé un texte commun : « Il ne faut pas mettre en œuvre des quasi-réformes mais être honnête et savoir quelles réformes résolvent vraiment les problèmes que nous avons », martèlent les gouvernements du nord de l’Europe. Les tractations à ce sujet, suspendues en raison de la mise en place d’un nouveau gouvernement en Allemagne, sont sur le point d’être relancées.  
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