La Clio Rouge

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LA CLIO ROUGE Ceci est la retranscription du journal intime de Mathilde ROSIERE trouvé sur un stand de vide-grenier. Il comportait de nombreuses illustrations,…
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LA CLIO ROUGE Ceci est la retranscription du journal intime de Mathilde ROSIERE trouvé sur un stand de vide-grenier. Il comportait de nombreuses illustrations, parfois très chargées. Lundi 20 mars Quel hasard ! Juste au moment où je change d'appartement j'entame un nouveau "journal intime" - on ne l'appelle plus comme ça d'ailleurs, on dit "récit journalier" "carnet". Moi j'aime bien dire "journal intime", il n'y a que moi pour le lire, ça me fait des souvenirs. J'en remplis depuis des années. Et en plus le premier jour du printemps ! C'est un signe, un recommencement. Je suis toujours très attentive aux signes. La première fleur que je trouve, hop, je la colle juste sous la date. Encore mieux si je tombe sur un trèfle à quatre feuilles. J'ai mis du temps à trouver un autre appart. Faut dire, les prix... Bon ! Il est un peu excentré mais donc plus calme et puis, il y a un garage. Samedi 25 mars Ouf ! Déménagement terminé. Dur dur de trouver des bras pour un coup de pouce ! Les collègues au boulot étaient tous pris ce Week-end. Je me suis débrouillée avec l'association "ENTRAIDE" : la camionnette et 100 euros pour deux gars en "réinsertion". Comme je n'avais pas de bière fraiche à leur offrir, je leur ai proposé un verre d'eau. Ils ont un peu fait la tête après les quatre étages. 11 avril Je m'installe doucement. Les voisins sont peu causants et ça me convient, je déteste les bavardages de convenance. Mais je reste polie quand même. L'immeuble est propre et calme. C'est déjà bien. L'appartement n'est pas très grand mais finalement ça évite de m'éparpiller et il reste bien rangé. J'ai fait une place dans le salon pour le scrapbooking. J'en ai commencé un avec l'appartement justement. J'ai fait des photos de toutes les pièces, à des angles différents. J'ai une idée de labyrinthe ou de puzzle. Je ne sais pas encore. 14 avril Est-ce que c'est le printemps ? Mais les collègues de travail sont assez surexcités. J'ai trouvé dans un de mes tiroirs une ........ (illisible) ils ont rigolé quand j'ai crié. " Surprise ! T'en vois pas des comme ça tous les jours !" Ils sont pas toujours drôles, mais depuis le temps je m'y suis faite. J'ai eu maman au téléphone. Comme d'habitude elle était très occupée. Comme chaque fois, j'ai l'impression de la déranger. Moi qui m'inquiétais de la voir dans cette maison de retraite. 18 avril Encore quelques giboulées persistantes. Contente d'avoir un garage. Je pense que j'irai à pied au travail dès qu'il fera beau. Mais pour l'instant je suis contente de prendre la voiture. J'ai trouvé chez Emaus des vieux bouquins illustrés. Ca m'inspire. Je vais faire un nouveau carnet de collages. Je ne sais pas encore de quoi. 21 avril On dirait que ce printemps a du mal à s'installer. Je me suis préparée une potée auvergnate. Le mal du pays peut-être ! 23 avril Profité de ce W-end pour avancer dans mes collages. J'ai fait une folie en achetant toute une série de tampons de mandalas. Comme il pleuvait, j'ai passé mon dimanche à colorier. C'est hyper reposant. 1er mai Jour férié, j'adore. Les collègues sont allés au défilé puis au restau. J'aime pas trop les défilés. J'en ai profité pour trier mes photos. 6 mai J'ai voulu prendre ma voiture pour aller faire des achats en ville et bien non ! Quelqu'un s'est garé devant mon garage. Impossible d'y entrer. Évidemment personne pour me dire à qui elle appartient ! J'ai attendu un moment et puis je suis remontée chez moi. De la fenêtre de ma cuisine je peux apercevoir la porte du garage. J'ai guetté mais rien. J'ai commencé à me faire un plat de spaghetti et ce doit être au moment où je les égouttais que hop, la voiture est partie. 8 mai J'ai posé quelques jours de repos. Prendre du temps pour moi. Penser à aller voir maman. Je lui téléphonerai avant. 9 mai Ras le bol. La voiture est à nouveau garée devant mon garage. Évidemment personne autour. J'ai mis un mot sur le pare-brise. Pas eu le temps d'attendre. J'ai du prendre le bus. Au retour plus de voiture. 17 mai Quand j'ai raconté au boulot mon problème, on m'a dit qu'il fallait appeler la police municipale. Je l'ai fait. Ils m'ont répondu que cela relevait du privé. J'ai pensé mettre un "panneau stationnement interdit" mais ça aussi, c'est inutile. 18 mai : J'ai encore essayé d'avertir la gendarmerie en donnant le numéro d'immatriculation et la marque de la voiture : une Clio rouge. Je voulais connaitre le nom du propriétaire. C'était stupide, on ne communique pas. 26 mai : Mon réflexe dès que je me lève est de voir si la Clio est devant le garage. C'est variable. Le Week-end, le propriétaire doit quitter le quartier. Pour en savoir plus j'ai regardé à l'intérieur. Un sac de sport à l'arrière, un sapin parfumé, un cendrier rempli de mégots. Une boite d'emballage vide de hamburger Mac Do et des canettes de bière. 4 juin : Visite à maman. Je lui ai apporté un carnet que j'ai scrapbooké avec des photos de paysages. Elle m'a dit merci, l'a posé sur une étagère et m'a demandé "Pourquoi tu n'en fais pas avec des chats ?" J'ai pas bien compris. Elle n'a jamais supporté les animaux à la maison. On a bu un thé dans le grand réfectoire avec vue sur le jardin. Ses copines l'ont appelée de la salle télé pour voir le feuilleton de l'après-midi. Elle a pris les gâteaux à la crème que j'avais apportés et m'a dit au revoir. Elle a l'air de bien aller. C'est l'essentiel. 12 juin : J'ai repensé à ce qu'il y avait dans la Clio. Et si celui qui la conduit était un type en planque, genre détective privé. Ou alors un mari jaloux qui surveille l'appartement de l'amant de sa femme. Oui mais alors pourquoi il n'est jamais dedans ? 20 juin : Du remue-ménage au boulot. Réfection des bureaux, redistribution par activités. J'ai quitté le premier étage pour le rez-de chaussée. Plus sombre mais plus tranquille. Le chef m'a dit que je suis très efficace. C'est une promotion. Je suis désormais "responsable des archives". Puisqu'on me fait confiance, je n'ai pas besoin de collaboratrice m'a dit mon chef en me donnant une tape amicale sur l'épaule. C'est bien ainsi, je ne suis pas dérangée pour un rien et je n'ai plus à supporter les commérages de Mélanie. Je ne vois donc mes collègues que lorsqu'ils viennent déposer les dossiers à classer. J'ai posé au mur mes dernières photos. Le lac en hiver, avec une légère brume. 22 juin : J'ai cru que j'avais attrapé un rhume genre allergie du printemps. Le toubib m'a dit que c'était une rhinite ou plutôt une allergie aux acariens. J'ai demandé à mon chef d'installer un purificateur d'air. Il faut attendre le prochain budget. En attendant je dois dépoussiérer et aérer mon local en permanence. Génial, plus de nouvelles de la Clio. 25 juin : C'est terrible, Maman ne m'a pas reconnue. Elle m'appelait Sylvie, croyant que j'étais sa sœur. Elle s'est énervée "Tu n'es qu'une prétentieuse....moi aussi j'aurais pu avoir mon Bac...tu fais la belle avec ton fiancé.... c'est pas parce qu'il est inspecteur des impôts....". Impossible de la raisonner ou de discuter. J'ai préféré partir, j'en avais les larmes aux yeux. Quand j'ai voulu poser mes congés d'été on m'a informée que je n'aurai que début septembre. Priorité aux mères de famille, pour les vacances avec les enfants scolarisés. C'est pas plus mal. Je ne serai comme chez moi. L'été c'est toujours plus calme. Après, je partirai en Ardèche ou dans au Puys, souvenirs d'enfance, je sais pas trop. J'ai le temps d'y penser. 2 juillet : Ah non! C'est trop, la Clio est revenue ! J'avais pourtant prévenu en mettant de petites affiches à toutes les entrées des immeubles alentour. "Le propriétaire de la Clio rouge qui stationne devant le garage n°28 devrait penser à l'enlever avant que la fourrière ne s'en charge". C'était explicite. Le type doit savoir que la police municipale n'interviendra pas. C'est de la provocation ! Pas trop de mouvement au boulot. Du coup je prépare mon projet. Je me suis inscrite à un concours de scrapbooking. J'ai commencé à trier mes photos de fleurs. Ce sera "Les quatre saisons". Fond de page uni, le vert pour le printemps, le jaune l'été, l'ocre l'automne et le blanc pour l'hiver. Et puis les titres. Je pourrais écrire les saisons dans différentes langues, ça donnera une idée plus universelle. Je rajouterai un texte par période : des poèmes par exemple. Il va falloir que je me démarque avec les embellissements : trouver de beaux stickers, quelques perles.... ça va être superbe. J'en suis toute excitée. 12 juillet : J'ai beau fermer les stores, mettre le ventilateur, la chaleur est insupportable. La nuit c'est plus acceptable. Mais hier soir c'était impossible de dormir. L'immeuble est à moitié vide. Les gens l'ont déserté pour le bord de mer, ou dans leurs familles ou à la montagne.... J'ai le sentiment d'être la gardienne de la résidence. A peine l'aboiement d'un chien quelque part dans les rues. A trois heures du matin, après avoir regardé la télé, m'être fait les ongles des orteils, avalé trois yaourts aux fruits de la passion, j'ai compris que le sommeil ne viendrait pas. En allant dans la cuisine pour ouvrir une nouvelle bouteille d'eau fraiche j'aperçois par la fenêtre la Clio garée en biais devant mon garage. J'ai eu comme un coup de chaud. Tout le monde est parti et elle, cette satanée bagnole est encore là, luisante sous les réverbères. J'ai vu rouge. Sans réfléchir j'ai attrapé tout ce que j'avais sous la main. En faisant tout de même attention à ce que personne ne me surprenne, je suis descendue pieds nus et j'ai badigeonné la provocatrice d'une pate à crêpe épaisse et collante : farine, œufs, eau. Là, partout, sur le pare brise, devant, derrière, sur les poignées. Je lui ai fait un beau masque de beauté bio à la Clio. Puis je suis remontée tranquillement chez moi. Ça m'a fait comme un gros soulagement. J'ai bien dormi. Le lendemain en partant au travail (encore le bus), le tartinage commençait à faire des croutes sur la carrosserie. Le soir, en rentrant, la voiture avait disparu et son emplacement était inondé. J'étais ravie de savoir que M. Clio avait du en balancer des seaux d'eau pour dépolluer sa voiture. 14 juillet : Il parait que le feu d'artifice était magnifique sur l'Esplanade. Moi j'ai regardé à la télé celui du Champ de Mars à Paris avec le concert en sus. Cool dans le canapé. Pas de bousculade, juste une bagarre avec un pot de glace au caramel et noix de pécan. 20 Juillet : Je suis retournée voir le médecin. Rhinites à répétition, risque d'asthme... il dit que cela peut affecter mon comportement. Que je risque d'être plus irritable....N'importe quoi. Je suis du genre tranquille, surtout en ce moment, la moitié des bureaux sont fermés. Suis trop bien dans mon sous-sol, au frais. 25 Juillet : Calme plat. Mon carnet sur Les quatre saisons avance bien. Pour l'été, J'ai trouvé une magnifique photo d'une Albizia rouge avec ses longs pompons de soie. Je vais ajouter des ancolies jaunes, comme des papillons. Le tout sur un fond vert d'eau. La rencontre de la passion et de la jalousie. Je ne crains personne à ce concours. 8 Août : Les collègues reviennent au boulot sans grande motivation. Ils sont bronzés et marchent encore en sandales. 13 août: Je ne veux plus aller à la maison de retraite. Maman est infernale et de plus en plus grossière. Je ne sais pas pour qui elle m'a prise mais elle m'a insultée en disant que j'étais une grosse... grosse truie. Elle a paru me reconnaitre, un moment, mais elle a recommencé : "Toi ma fille? Non mais tu m'as vue, jamais j'aurais mis au monde un monstre comme toi"... Et puis... "Ce regard de hareng saur....même pas bovin"...Et encore... "Aucune allure... trop de rouge à lèvres..." J'essaie toujours d'être coquette quand je viens la voir. Elle a passé sa vie à se regarder dans des miroirs, à changer de toilettes plusieurs fois par jour, à se ruiner en coiffeur et produits de beauté. Étrangement toutes ces méchancetés ne m'ont rien fait. Je n'ai pas répondu, j'ai repris le paquet de calissons d'Aix (qu'elle adore). "Bonne fin de journée maman. Je garde les calissons, la pâte d'amande ça fait grossir..." et j'ai tourné les talons. Elle n'a pas pu voir mon sourire narquois. C'est cela narquois... enfin c'était ainsi que je voulais exprimer mon expression sarcastique. 17 août : La Clio est rentrée de vacances. Elle a pris des couleurs, elle est encore plus rouge. Ou alors j'avais oublié. Elle se tient un peu à l'écart. Elle doit se méfier. Elle sait de quoi je suis capable. 18 août : Ben elle m'a cherchée. Elle pensait que je ne verrai rien. Elle est arrivée en douce en pleine nuit. Manque de pot, je ne dormais pas. Faisait encore trop chaud. J'étais en train de choisir mes stickers. J'en avais une pleine boite mais ils ne collaient pas à mon projet de fleurs. C'était pour la période Noël. Stickers rouges et blancs, Noël scandinave, avec des sapins, bonhommes de neige, pingouins, pères Noël, lapins, bref, la totale. J'ai pensé que ça lui irait bien, ça pourrait même lui rafraîchir les idées, se rappeler de mes avertissements. J'ai dû passer au moins une demi-heure à coller -avec art- tous ces personnages minuscules sur les vitres, toutes les vitres même le rétroviseur. J'avais raison, ils convenaient parfaitement à la couleur de sa carrosserie. Comme je me suis couchée finalement très tard, je n'ai pas assisté au décollage au petit matin des décorations festives. Seuls quelques petits bouts de papier gluant gisaient devant le garage libéré, preuves que ça avait du être gênant pour conduire. 12 septembre : Résultats du concours. Je n'ai même pas été sélectionnée. C'est probablement le plus beau carnet que j'ai réalisé. J'avais mis tant de passion, de minutie, de raffinement ! Le combo de couleur était harmonieux, et les poèmes..... Je suis dégoûtée... (Plus de date) Ma mère m'emmerde, mais vraiment. C'est décidé, elle se passera de mes visites et de mes cadeaux gourmands. La dernière ! Je jour de ma visite, un samedi, parce que les autres jours je travaille, elle est partie avec ses compagnons de chambrée gériatrique à une sortie en car aux châteaux de la Loire. Je pensais qu'elle perdait un peu la boule mais non, elle a dit à l'accueil que si une jeune-femme qui se disait être sa fille venait la voir, qu'elle laisse à la réception les biscuits à la cannelle qu'elle lui avait demandé. Ah ça oui, elle sait passer commande ! Jamais elle ne m'a parlé de cette sortie patrimoine. Je la retiens.... Ce matin, on a déposé dans mon local une dizaine de cartons à archiver. Il ne suffit pas de mettre ces dossiers sous des chemises puis dans des boites étiquetées mais il faut les trier, les classer, les dater, les enregistrer sur l'ordinateur. Et tout est arrivé en vrac, comme si on les avait jetés à la corbeille pour destruction. Titanesque. J'ai pas envie. Alors je prends le temps. Un petit paquet à la fois. Quand je vois ces documents je me demande quel est l'intérêt de garder des inventaires, des factures, des notes de service. Ils sont là éparpillés sur la table. Je décide de séparer ce que je considère comme inutile de l'intéressant. Le tri est vite fait. Du coup j'ai face à moi des piles de papiers dont il faut que je me débarrasse. Alors je recycle. Je fais une nouvelle sélection et je garde ce qui va me servir à scrapbooker. Le thème sera ...... je sais pas encore. J'ai là, à ma portée, toutes sortes de qualité de papier. Je m'initie alors à l'origami. Je n'irai plus au travail tant que cette saloperie de voiture n'aura pas dégagé. Et si je lui proposais de lui louer mon garage ? En alternance avec ma voiture ? Jours pairs, impairs..... Très envie d'aller lui rayer sa belle carrosserie.... Je ne vais plus au travail. Je me suis mise en arrêt maladie. Début d'asthme, fatigue générale. C'est un conseil d'une collègue après la crise, à la limite de l'évanouissement, que m'a fait le chef quand il a vu tous les origamis que j'avais merveilleusement réalisés avec les archives non archivables. J'avais même commencé des mobiles un peu à la Calder qui pendaient des néons. Du coup j'ai arrêté le scrapbooking, trop minimaliste, trop précieux, trop tourné sur soi. ........ ( suivent dans le journal des séries de pages pliées, des origamis collés et peints en rouge, quelques pages chiffonnées ) J'ai fait un rêve cette nuit qui m'a réveillé. J'ai la solution. Ce rêve, c'est un signe. J'étais en train de terminer un gigantesque mobile avec des cubes de papier glacé colorés qui faisaient pendule. Soudain j'entends un bruit fracassant. Comme un bruit de moteur de voiture qui a perdu son pot d'échappement. Je cours dans la cuisine. La fenêtre a explosé. Une énorme boule de bowling rouge sang vole dans la pièce. Je me jette au sol. Elle rebondit et roule jusque dans le salon. Elle saute sur la table qu'elle dévaste. Tout vole. Elle renverse mon pot de colle, explose mes maquettes, les piles de journaux s'étalent sur le tapis. Les feuilles d'alu bien rangées virent en farandole. Elle cabriole sur les étagères et fait un strike avec ma collection de porcelaines chinoises. Dans sa lancée elle transperce le mur et fuse dans la chambre qui devient le plateau d'un jeu de flipper. Tilt sur le bumper-lampe de chevet. Tilt sur le kicker-porte manteau. Tilt sur la table de nuit. Le lit s'effondre, le plafonnier se décroche, les rideaux s'écroulent. Alors, le radio-réveil s'allume, les chiffres défilent à toute vitesse. Il claque, toutes les lampes s'éclairent, une zébrure électrique traverse la pièce, une musique électronique emplit l'espace. Sur le miroir de ma coiffeuse un écran lumineux clignote "Replay Match" puis fige des caractères géants en rouge feu "Match". La musique ne veut pas s'arrêter. TILT. TILT. TILT... Je finis pas alpaguer cette boule en folie et lui fais un superbe placage tel un pro du rugby. Elle ricane. Elle a une haleine de tabac froid et de hamburger rance. Je saisis alors un marteau posé sur une chaise et je frappe, frappe cette intruse qui finit pas s'immobiliser à mes pieds. Elle git la gueule ouverte, j'ai éclaté une pastèque. Depuis ce matin, je guette, j'attends derrière mes fenêtres qu'elle revienne cette chose à quatre roues. Cette fois, tu ne m'échapperas pas. Les dieux de la vengeance exercent en silence. Chut.....!!!!! Le brigadier Martel s'assoit derrière son ordinateur et s'apprête à taper son rapport. Il sort son carnet de notes. Rapport d’évènement Contexte Le 27 septembre à 15 h 45 , nous sommes appelés pour une altercation au 26 rue ....... du Château dans le lotissement dit la Résidence MaRichelieuzarin. Arrivés sur les lieux nous con
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