Le plaisir des élèves handicapés moteurs en Éducation Physique et Sportive

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Le plaisir des élèves handicapés moteurs en Éducation Physique et Sportive Camille Merle To cite this version: Camille Merle. Le plaisir des élèves handicapés moteurs en Éducation
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Le plaisir des élèves handicapés moteurs en Éducation Physique et Sportive Camille Merle To cite this version: Camille Merle. Le plaisir des élèves handicapés moteurs en Éducation dumas Éducation Physique et Sportive. HAL Id: dumas https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas Submitted on 21 Nov 2012 HAL is a multi-disciplinary open access archive for the deposit and dissemination of scientific research documents, whether they are published or not. The documents may come from teaching and research institutions in France or abroad, or from public or private research centers. L archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés. UNIVERSITÉ D ORLÉANS IUFM Centre Val de Loire MEMOIRE de recherche présenté par : Camille MERLE soutenu le : 26 juin 2012 pour obtenir le diplôme du : Master Métiers de l Education, de l Enseignement, de la Formation et de l Accompagnement Discipline : Education Physique et Sportive Le plaisir des élèves handicapés moteurs en Education Physique et Sportive Mémoire dirigé par : Sophie NEUMANN Professeur d'eps, IUFM Blois JURY Sophie NEUMANN Nicolas NEUMANN, IUFM Blois Professeur d'eps, IUFM Blois Professeur d'eps, IUFM Bloisdéfinitive) 1 Remerciements Je tiens à remercier Monsieur Dominique Breton, directeur de l'école primaire d'application Les Girards de Vineuil pour m'avoir permis de réaliser mes travaux de recherche dans son école. Je remercie également Madame Laurence Bouttier, professeur des écoles qui m'a accueillie dans sa classe ainsi que Madame Patricia Garanger et Monsieur Sylvain Boissinot, auxiliaires de vie scolaire. Votre travail auprès des élèves de la CLIS 4 est remarquable. Je tiens à faire un petit clin d'œil à Alexane et Ali-Osman qui ont été les principaux acteurs de mon mémoire. Je vous souhaite une bonne route pour la suite. Je remercie également Madame Sophie Neumann, ma directrice de mémoire, pour sa présence durant mes deux années de Master, ses encouragements, son soutien et ses précieux conseils qui m'ont permis de mener à bien ce mémoire. Pour finir, je tiens à remercier toutes les personnes qui, de près ou de loin, ont contribué à la réalisation de ce mémoire. 2 «Le plaisir n'est pas un problème, seule son absence en est un.» Guy Haye Professeur agrégé d'eps à Montpellier. 3 Sommaire Introduction Définitions et législations Qu'est ce que le handicap? L'intégration des élèves handicapés moteurs dans les classes ordinaires L'EPS, un besoin pour tous Le plaisir en EPS Les différents acteurs de mon mémoire Les différents protocoles utilisés L'observation par la vidéo L'observation par prise de notes Le questionnaire Les stratégies de l'équipe enseignante pour donner du plaisir aux élèves handicapés moteurs L'absence de différenciation envers les élèves handicapés Observations Analyse L'intégration des élèves handicapés parmi les élèves valides Observations Analyse La non-intégration des élèves handicapés parmi les élèves valides Observations Analyse La forte présence de l'équipe pédagogique avec l'élève handicapé Observations Analyse La recherche de l'autonomie de l'élève handicapé Observations Analyse 4.6. La recherche de la performance et de la réussite de l'élève handicapé Observations Analyse Les limites de ma recherche Plaisir immédiat et plaisir différé Réalités du terrain et volontés politiques, enseignantes et parentales Conclusion Bibliographie Annexe 1: Annexe 2 : Introduction Selon le centre technique national études et recherches 1, le handicap touche près de 12 millions de personnes en France soit près d'un quart de la population. Depuis le début du XXème siècle, la place et le statut des personnes handicapées dans la société a beaucoup évolué. Le domaine de la santé m'a toujours intéressée, notamment lorsque ce dernier touche à l'enfance mais aussi lorsqu'il se confond avec le milieu scolaire. Beaucoup d'enfants n'ont pas la chance d'aller à l'école comme tout le monde et sont obligés de suivre des cours dans des structures spécialisées. Cependant, à la rentrée 2010, le Ministère de l'education Nationale annonce que élèves handicapés ont été scolarisés en milieu scolaire ordinaire dans les écoles primaires, collèges et lycées. Durant de nombreuses années, les enfants en situation de handicap moteur n'ont pas ou ont été très peu intégrés dans des classes ordinaires. La loi du 11 février pour «l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées» apporte de nombreux changements, d'une part concernant la définition du handicap, mais également sur les droits des personnes handicapées. Nous nous intéresserons ici aux droits liés à la scolarisation des enfants en situation de handicap. En effet, tout enfant a le droit d'être inscrit dans l'école de son quartier. Ce changement a engendré une obligation d'adaptation de la part des écoles et surtout des enseignants. Ils doivent désormais adapter leurs enseignements, différencier leurs activités encore plus fréquemment qu'auparavant,... Les structures scolaires, quant à elles, ont dû adapter leurs locaux pour accueillir des élèves handicapés, notamment ceux évoluant en fauteuil roulant. Les élèves en situation de handicap moteur participent de plus en plus aux différents cours avec des élèves valides. Cependant, le cours d'eps reste parfois problématique pour une intégration des élèves handicapés dans une classe ordinaire : d'une part les locaux comme la piste d'athlétisme ou l'entrée de la piscine 1 Etude disponible à l'adresse suivante : France php 2http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT &dateTexte=&categ orielien=id 6 municipale doivent être pourvus de rampes et d'endroits accessibles en fauteuil, d'autre part, les enseignants ne sont pas des spécialistes dans le domaine du handicap car ils n'ont pas toujours bénéficié d'une formation leur permettant de bien intégrer des élèves handicapés. Ils doivent cependant proposer des activités où chaque enfant, handicapé ou valide, pourra trouver du plaisir, du bien-être mais avoir également un sentiment de performance et de réussite. Pour cela, Jean-Marc Louis et Fabienne Ramond 3 expliquent qu'il est tout d'abord nécessaire que les capacités de l'élève handicapé soient mesurées afin de mieux connaître son potentiel et de décider de sa participation dans telle ou telle activité, le but étant de permettre la réussite de chacun et le progrès de tous, handicapé ou valide. Thierry Bourgoin 4 développe qu'au sein d'une même séance, il est possible pour l'enseignant de proposer différentes organisations : soit une pratique mixte totale (la même activité est proposée pour tous avec la même compétence travaillée), soit une pratique démixée (au sein de la même séance, on propose les mêmes activités mais avec des ateliers particuliers ou des activités différentes mais avec les mêmes compétences travaillées). L'enseignant veille alors à ce que chaque élève trouve sa place, se sente concerné et prenne du plaisir. Le cours d'eps va susciter chez les enfants ordinaires mais aussi handicapés des émotions, du bien être qui leur donneront ou non envie de participer à la séance suivante. C'est alors sur la notion de plaisir que j'ai souhaité orienter ce mémoire. Je pense qu'il est primordial que tout élève prenne du plaisir dans une activité. L'élève aura alors envie de participer, de faire de son mieux et de progresser dans l'activité proposée s'il prend du plaisir à réaliser la tâche demandée. Il n'est cependant pas toujours facile, pour l'enseignant ou pour l'équipe pédagogique, c'est-à-dire les auxiliaires de vie scolaire (AVS) et l'intervenant de la mairie, d'arriver à offrir à chaque élève l'attention nécessaire, notamment quand certains d'entres eux sont en situation de handicap. En effet, les élèves handicapés requièrent plus de vigilance que les élèves ordinaires. Thierry Bourgoin 5 expose que 3 LOUIS, Jean-Marc, RAMOND, Fabienne. Projet personnel de scolarisation et EPS . Revue EPS1 n 140,. p BOURGOIN, Thierry. Pour que l'eps soit un droit... Quels devoirs pour l'enseignant? Revue EPS1 n 140, p Ibid. BOURGOIN, Thierry. 7 l'enseignant doit alors s'adapter au mieux au handicap de l'enfant pour lui permettre de participer au maximum à la séance d'eps proposée. L'équipe enseignante souhaite faire éprouver du plaisir à l'élève évoluant en fauteuil roulant afin que ce dernier se sente à l'aise, en confiance mais aussi en sécurité durant l'activité. Quelles sont les stratégies de l'enseignant et de l'équipe pédagogique (AVS et intervenant) pour donner du plaisir lors d'une séance en EPS à des élèves de CM2 en situation de handicap moteur et évoluant en fauteuil roulant? Nous ferons alors l'hypothèse que l'équipe enseignante peut toujours trouver des stratégies afin de faire prendre du plaisir à l'élève handicapé lors d'un cours d'éducation physique et sportive. Pour réaliser ma recherche, j'ai rencontré deux élèves évoluant en fauteuil roulant dans une classe ordinaire de CM2. J'ai observé quelques séances d'eps et, à la suite de celles-ci, j'ai élaboré un questionnaire à destination de l'enseignante de la classe et des auxiliaires de vie scolaire. Les observations et les réponses m'ont permis de constater la difficulté de faire participer et de faire prendre du plaisir à un élève handicapé moteur lors des séances d'éducation physique et sportive. Dans une première partie, nous aborderons l'aspect théorique du handicap avec des définitions et la législation en vigueur. Ensuite, nous présenterons les acteurs ainsi que les différents protocoles utilisés. Ces derniers nous permettront de relever des stratégies mises en place par l'équipe pédagogique. Enfin, nous ouvrirons des perspectives et aborderons les limites de cette recherche. 8 1. Définitions et législations 1.1. Qu'est ce que le handicap? Selon l article 114 de la loi du 11 février 2005, «Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant.» Cependant, le handicap n'a pas toujours été perçu de cette façon. D'après Dominique Lavisse 6, avant le XIXe siècle, le handicap était considéré comme irréversible et toute personne touchée était irrémédiablement assimilée à celui-ci. Depuis, sa définition a été élargie et réactualisée mais le handicap est toujours associé à la maladie et stigmatisé, en tant que tel, comme le seul responsable des difficultés sociales. De nos jours, grâce à la redéfinition du handicap par rapport à la notion de pathologie et de normalité, le regard porté sur celui-ci est complètement changé. Il n'est plus perçu comme une maladie irréversible mais comme un état de santé exceptionnel. En même temps que la définition du handicap a évolué, les appellations données aux personnes touchées par ce dernier ont été très nombreuses. Tout d'abord, la loi de 1909 (voir plus bas) les nommait arriérées . D'après Joël Gaillard 7, on peut remarquer que les définitions du handicap suivent l'évolution de la terminologie mais également des mentalités. En effet, une multitude d'appellations ont été utilisées pour désigner ceux qu'on appelle maintenant handicapés ou, pour ne pas réduire la personne à une de ses caractéristiques personnes handicapées , personnes avec un handicap ou personnes en situation de handicap . Il nous apprend ensuite que le terme handicapé avait remplacé, à partir des années 1960 en France, les termes infirme ou inadapté . Dans leur ouvrage 8, Jean-Marc Louis et 6 LAVISSE, Dominique. Handicap en EPS : accueillir et intégrer. 7 GAILLARD, Joël. Pratiques sportives et handicaps : Ensemble sportons-nous bien . 8 LOUIS, Jean-Marc, RAMOND, Fabienne. Scolariser l'élève handicapé. 9 Fabienne Ramond exposent l'idée que chaque appellation révèle un état d'esprit. Parler d'un handicapé , c'est nier la personne et la réduire à son handicap. On ne considère alors que la différence qu'il y a entre la personne et la norme . Le fait de parler de quelqu'un porteur de handicap permet de mieux se centrer sur la personne. On la distingue alors de son handicap. Les auteurs expliquent ensuite que la meilleure appellation selon le Conseil économique et social est personne en situation de handicap mais ces termes font rapidement oublier la déficience à la base de tout handicap qui reste une réalité bien plus complexe. Le fait de privilégier la seule situation de handicap oblige alors de comparer et de réunir, par exemple, une personne qui s'est cassé le poignet avec une autre qui a été amputée de la main. Cette appellation ne distingue alors pas les émotions et les sentiments qui seront ressentis différemment dans ces deux cas mais aussi la différence de traitement. L'un est atteint d'un handicap définitif alors que l'autre est juste handicapé provisoirement. De plus, Jean-Marc Louis et Fabienne Ramond explicitent aussi les différentes notions que sont l'inclusion, l'insertion et l'intégration. Ces mots ont leur importance lorsqu'on aborde la question de la place de la personne handicapée dans la société. L'inclusion est tout d'abord un principe en affirmant que toute personne fait partie intégrante du corps social et n'a nul besoin de traitement spécifique , qu'il soit législatif ou autre mais est également une finalité. En effet, la scolarisation, par exemple, est un moyen mis en œuvre pour atteindre cette finalité. L'insertion, quant à elle, permet de mettre en œuvre la scolarisation, la participation sociale des handicapés. Cependant, elle impose à la personne de s'adapter à son environnement ou de rechercher un environnement adapté. La différence entre la personne handicapée et les personnes ordinaires est un obstacle à toute reconnaissance identitaire. Pour finir, l'intégration évoque la prise en compte de la globalité de la personne humaine, qu'elle soit handicapée ou non. Les dimensions psychoaffective, physique et sociale sont importantes. Le but est de chercher les ressemblances humaines entre les êtres et d'aménager l'environnement pour que la personne handicapée puisse vivre comme les autres. Là où l'insertion permet à la personne handicapée de trouver une place, l'intégration, elle, lui permet d'avoir sa place. 10 Nous allons nous intéresser plus précisément à un type de handicap, le handicap moteur. En effet, les déficiences motrices concernent environ personnes de la population française 9, soit 4 % de la population générale. Parmi ces personnes, la déficience motrice est isolée ou prédominante pour environ d entre elles : 1,5 % de la population générale est ainsi considérée «handicapé moteur». Une classification 10 des différents handicaps a été établie dès En effet, en 1980, naît la Classification Internationale du Handicap (CIH1). Cette dernière sort de l idée de WOOD, médecin rééducateur et philosophe. Acceptée par la France en 1995, elle permet de dépasser la vision biomédicale et fonctionnelle du handicap pour aller vers une vision psychosociale. Cette classification prend en compte 3 situations : La déficience : elle résulte d une maladie ou d un traumatisme et est définie comme la perte ou le dysfonctionnement de l une des parties du corps. Elle peut être temporaire ou permanente et nécessite des interventions portant sur la personne. La déficience représente l aspect lésionnel et peut être évolutive, stable ou innée. A défaut de pouvoir évaluer le handicap, on évalue la déficience. Le handicap : il résultant d une ou plusieurs déficiences et est défini comme la difficulté ou l impossibilité de réaliser des actes élémentaires physiques ou psychiques. Il représente l aspect social et le désavantage dû à un environnement particulier. Le désavantage : il est la conséquence du handicap par rapport à une situation sociale et se manifeste par la difficulté ou l impossibilité de travailler, communiquer, suivre des cours. Il se situe à l intersection de l environnement de la personne et des caractéristiques propres à l individu. Ensuite, en 2001, la Classification Internationale du Fonctionnement, du handicap et de la santé (ou CIF) a été proposée par l'organisation Mondiale de la Santé (OMS) et a été adoptée par 200 pays. Cette classification affine sa particularité en abordant l'invalidation comme une interaction entres les potentialités d'un individu et son environnement, tout en précisant le rôle des facteurs environnementaux. Les précédents trois axes d'identification du handicap (les déficiences, les incapacités, les désavantages), sont remplacés par les quatre catégories qui sont : La fonction organique (fonctions mentales, sensorielles, digestives etc.), c'està-dire le domaine de fonctionnement corporel. La structure anatomique (structure du système nerveux, structure liée au mouvement...) qui situe l'organisation physique en jeu. L'activité et la participation (activité de communication, de mobilité...) qui identifient les fonctionnements concernés. Les facteurs environnementaux (produit et système technique, soutien et relation...) qui relient aux facteurs extérieurs potentiellement handicapants. À la classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé s'ajoute la classification scolaire officielle des capacités motrices des élèves en fonction de leur handicap [voir annexe 1]. Elle a été diffusée dans la circulaire n du 30 mars 1994 et est parue dans le BO n 15 du 14 avril Cette classification distingue deux positions de base : debout (élève classé D) ou en fauteuil (élève classé F) et elle établit trois niveaux de handicap pour chacune de ces positions : le niveau 1 concerne les élèves les plus lourdement handicapés, le niveau 3 les élèves les moins handicapés. Suivant le niveau du handicap, les élèves pourront ou non être intégrés dans des classes ordinaires pour des cours d'eps. 12 1.2. L'intégration des élèves handicapés moteurs dans les classes ordinaires Depuis un siècle, l intégration des élèves handicapés dans les écoles a beaucoup évolué. En effet, la loi du 15 avril 1909 avait créé des classes de perfectionnement annexées aux écoles élémentaires, pour l'accueil des enfants arriérés . Mais ces écoles spécialisées ont été contestées : les élèves ne sont pas intégrés, ils sont totalement mis à l écart. C est alors qu apparait l article 4 de la loi du 30 juin 1975 qui met en exergue le principe d intégration des enfants handicapés dans les classes ordinaires : «Les enfants et adolescents handicapés sont soumis à l obligation éducative. Ils satisfont à cette obligation en recevant, soit une éducation ordinaire, soit à défaut, une éducation spéciale, déterminée en fonction des besoins particuliers de chacun d'eux.» Pour la première fois, les enfants handicapés ont alors l obligation d être scolarisés, de préférence dans le système éducatif général. Des dispositifs spécialisés permettant l intégration scolaire des handicapés sont ainsi mis en place par l Education nationale : les Réseaux d Aides Spécialis
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