Les inventeurs d incroyances

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De Ferry (Jules) à Ferry (Luc), en passant par Jospin et Fillon, les réformes en matière d éducation poursuivent et développent toutes la même logique : le formatage des esprits et des corps, l adaptation
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De Ferry (Jules) à Ferry (Luc), en passant par Jospin et Fillon, les réformes en matière d éducation poursuivent et développent toutes la même logique : le formatage des esprits et des corps, l adaptation de tous aux lois du marché, la mise au pas du monde scolaire. Au-delà des luttes corporatistes et des contestations parcellaires, ce recueil de textes prend le parti de nourrir la réflexion sur la fonction même de l école, de disséquer le «ventre de l ogre»... Les inventeurs d incroyances Sommaire : Introduction L'utopie au piquet L école, un drôle de turbin! «Vivre ensemble», de gré ou de force Souriez, vous êtes soignés Des citoyens de l ordre nouveau Élèves bétail, élèves cobayes Psychiatrisation scolaire, les recommandations des experts L exemple de l hyperactivité La vie sexuelle conditionnée Idéologie sécuritaire: un concept qui fait école Alerte aux sauvageons Les parents, surveillés surveillants Les nouveaux dispositifs sécuritaires L élève citoyen Le règlement intérieur Entre autres nouveautés... De Dray-Allègre à Ferry-Sarkozy De la classe relais à la prison Témoignage d'une collégienne (avril 2002) p.4 p.5 p.7 p.12 p.15 p.19 p.20 p.22 p.27 p.32 p.33 p.35 p.36 p.38 p.39 p.41 p.43 p.45 p.45 p.47 KI Christine - Ne laissez pas les machines jouer avec les enfants (Editions de la CRETE, janvier 2006). [à télécharger sur infokiosques.net] Partisans - Pédagogie: éducation ou mise en condition? (Librairie François Maspero, 1971) REICH Wilhelm - La lutte sexuelle des jeunes (Librairie François Maspero, 1972), 1932 ROCHEFORT Christiane - Les enfants d'abord (Grasset, 1976). Lectures conseillées par les Schizoïdes Associés et/ou Zanzara athée : Anonyme - Brûle ton école! Petits contes pour brûler ton école (2006). [à télécharger sur infokiosques.net] Anonyme - On voudrait nous apprendre à marcher en nous coupant les pieds (2004) [à télécharger sur infokiosques.net] BAKER Catherine - Les cahiers au feu (Barrault, 1988). BAKER Catherine - Insoumission à l école obligatoire (Tahin Party, réédition 2006), première édition : [à télécharger sur tahin-party.org] BAKER Catherine - Pourquoi faudrait-il punir? Sur l abolition du système pénal (Tahin Party, 2004). [à télécharger sur tahin-party.org] BREMAND Nathalie - Cempuis, une expérience d'éducation libertaire à l'époque de Jules Ferry, (éditions du Monde Libertaire, 1992) CELMA Jules - Journal d'un éducastreur (Champ Libre, 1971) Collectif - Bonaventure, une école libertaire (éditions du Monde Libertaire, 1995) Collectif - L'Echappée belle, un moment d'éducation libertaire (Ivan Davy éditeur, 1986) Collectif - Les pédagogies autogestionnaires (Ivan Davy éditeur, 1995) Collectif - Vivre l'éducation (Atelier de création libertaire, 1988) FAURE Sébastien - Ecrits pédagogiques (éditions du Monde Libertaire, 1992) FIRESTONE Shulamith - L abolition de l enfance (Tahin Party, 2002). Extrait du livre La dialectique du sexe , paru aux USA en [à télécharger sur tahin-party.org] JOSEPH Jean-Philippe, JOSEPH Jean-Pierre et ROJEWS- 50 DANS LE VENTRE DE L OGRE COLLECTIF ALERTEZ LES BÉBÉS Janvier 2005 Toute reproduction et diffusion de cette brochure est vivement recommandée. Nous sommes presque tous des petites écoles ambulantes. Les démolir, c est se reconstruire! Introduction Le recueil de textes qui suit est le fruit d un travail collectif sur l école, une mise en commun reflétant les diverses influences de ses participants : certains s intéressent plus particulièrement aux problèmes d environnement, d autres aux questions de santé publique et à la médicalisation, d autres encore à la lutte contre les prisons. Certains ont des enfants, d autres pas ; l une est prof, d autres sont RMistes Autant de différences qui ont permis de croiser les regards sur l institution scolaire, ses contradictions, ses réalités quotidiennes ; de confronter les expériences, d associer les connaissances et de les mettre en regard des expressions de malaise ou des contestations internes à ce système qu est l Éducation nationale. L école n est pas le problème de l école : elle est traversée par toutes les problématiques de la société et soumise aux lois du marché. Pour mener cette réflexion collective et replacer notre sujet dans un contexte historique et général, il nous a fallu dépasser les particularismes, les points de vue corporatistes qui conduisent à l isolement et trop souvent à l aphasie. Nous avons placé le sens de l apprentissage et ses contenus au coeur de nos réflexions, en privilégiant l intérêt des enfants et non celui du système. Prenant appui sur la littérature institutionnelle (Bulletin officiel, directives ministérielles et autres documents spécialisés), nous avons tenté de comprendre les tendances et les orientations en matière d éducation, telles qu elles sont formulées par les ministères et les institutions supranationales, et nous avons confronté les discours aux réalités quotidiennes, à la lumière des lois qui installent la justice et la police de plus en plus au coeur de l école. Cela nous a «naturellement» amenés à nous 4 Couverture originale Pour tous contacts 49 scolaire», centre de surveillance de l établissement. Les fouilles sont pratiquées assez couramment. Le principal et le principal adjoint pénètrent régulièrement en plein cours, sans explications, et exigent de fouiller les cartables et les trousses. Le règlement spécifie que tous les casiers peuvent être fouillés à tout moment par l administration. Au collège de La Salle à Montpellier, une journée de fouille a eu lieu afin de vérifier dans tous les agendas s il n y avait pas de photos érotiques (voire simplement dénudées) qui sont considérées comme une «incitation à la pornographie» et répréhensibles d une exclusion. Au self-service il est interdit de circuler : une fois assis, plus le droit de se lever Une fois dans la cour, entre midi et deux heures, les pions effectuent des rondes. Ils circulent constamment pour surveiller les faits et gestes de tous les élèves. Depuis des années, les élèves réclament l installation de casiers. Ils seront bientôt installés mais le nombre prévu étant insuffisant, un système de liste d attente va être mis en place. L élève-citoyen est bien sûr à l ordre du jour, la délation est favorisée, et si les casiers sont détériorés (tag, vol) et que le coupable n est pas trouvé, cela entraîne systématiquement la perte du casier et le retour sur la liste d attente. Si le coupable est trouvé, il subit une double peine : d une part il doit réparer (repeindre ) et il est définitivement privé de casier. Les gendarmes peuvent entrer dans l établissement pour cueillir un «jeune délinquant» en possession d une petite boulette de shit. Les méthodes de contrôle et de surveillance sont de type policier. Lors d un incident dans la cour de récréation où un groupe d élèves en menace un autre, les pions prennent les choses en main et incitent à la délation en mettant en avant le droit de se défendre face aux mauvais éléments et de répondre aux violences. Les fauteurs de troubles doivent être punis. Pour cela la victime est sommée, devant un registre contenant les photos de tous les collégiens de l année, de reconnaître les coupables pour qu ils soient sanctionnés. interroger sur les finalités du système scolaire, sur ses outils et ses méthodes. Car, au-delà de l image «sociale» de l école (organisme public chargé de la transmission du savoir et de la culture pour tous), peu de critiques du système éducatif s aventurent à explorer la nature de cet appareil d État destiné au contrôle et au formatage de masse. Et pourtant, ces dernières années ont été émaillées de mouvements de contestation au sein de l Éducation nationale. Ils ont mis le plus souvent en avant la question des effectifs et des moyens, des statuts des personnels, du renforcement de l autorité de l État et de la laïcité, mais n ont pas remis en cause l identification du corps enseignant, des parents, etc., au rôle répressif du système scolaire et, donc, ont évité d aborder la fonction de l éducation avec ses contenus et ses programmes. Ce travail ne prétend pas avoir cerné l ensemble de la problématique, loin s en faut. Il ne demande qu à être enrichi de textes théoriques, mais aussi de témoignages retraçant des luttes, des expériences concrètes d opposition à la répression et au conditionnement de l Éducation nationale, et en particulier celles de collégiens et de lycéens dont la parole est paradoxalement toujours absente des débats qui les concernent. L utopie au piquet École, enfant chéri de la République... Deux mille ans d histoire te contemplent! Formalisée de manière militaire par les Grecs, adaptée aux formes monastiques par l Église, puis récupérée (beaucoup plus tard) par les républiques modernes, l école n en finit plus de façonner les corps et les esprits aux besoins de l État... quels que soient les régimes. Assez loin des déclarations humanistes sur l émancipation par l éducation, illustrées par Rousseau et les penseurs des Lumières, et adoptées par les constitutions modernes pour appuyer le renforcement et la centralisation de l État, l école est devenue une gigantesque machine de programmation de masse. L objectif est annoncé sans détour par Ju- 48 5 les Ferry devant le Sénat, le 5 mars 1880 : «Il y a deux choses dans lesquelles l État enseignant et surveillant ne peut pas être indifférent : c est la morale et la politique, car en morale comme en politique, l État est chez lui, c est son domaine, et par conséquent c est sa responsabilité 1.» Il ajoutait, ailleurs, que l État s occupait de l éducation «pour y maintenir une certaine morale d État, certaines doctrines d État qui importent à sa conservation.» Suivront quelques préceptes de pédagogie vite adoptés par les «hussards noirs de la République», selon lesquels «en dépit de toutes les dissidences, il y a, à la base de notre civilisation, un certain nombre de principes qui, implicitement ou explicitement, sont communs à tous [...] : respect de la raison, de la science, des idées et des sentiments qui sont à la base de la morale démocratique. Le rôle de l État est de dégager ces principes essentiels, de les faire enseigner dans ses écoles, de veiller à ce que nulle part on ne les laisse ignorés des enfants, à ce que partout il en soit parlé avec le respect qui leur est dû[...] 2.» On reste donc très loin, comme on peut le voir, du mythe de l élévation de l âme par la libre acquisition des 1. Cité par Paul Nizan dans Les Chiens de garde, Maspéro, Buisson, Dictionnaire de pédagogie. 6 judiciaire, ou à une mesure de placement dans un centre fermé. La mise en détention ne dépend pas seulement de la gravité de l acte mais du comportement de l enfant, c est sa capacité à se soumettre au cadre qui déterminera la réponse plus ou moins violente de l institution. Pour répondre d une manière efficace, l État prévoit pour le moment dans son projet de construction de nouveaux lieux d enfermement pour les enfants, à savoir 600 places de centres fermés avant 2007 et 900 places de prison pour mineurs (pour plus de précisions, cf. L Envolée, n 5, 6, 8 et 9 23 ). Il y a un siècle, un réformateur comme Victor Hugo posait comme antagoniques l école et la prison. Aujourd hui la prison et l école font bon ménage, éducateurs et instituteurs peuvent exercer à l intérieur des murs: la prison est l élément répressif nécessaire à l existence de l école, et l école est l alibi indispensable à l existence des prisons. Témoignage d une collégienne (Avril 2002) Exemple du collège de Poussan, dans l Hérault, avec dans le rôle des prisonniers, les élèves ; dans le rôle des matons, les pions. Le directeur est joué par le principal. La salle des matons se situe à la vie scolaire, la cour de promenade est nommée cour de récréation. Pour l instant il est encore possible de s en évader, et la principale sanction est l exclusion et non le mitard. Le collège est entouré de grilles (il est tout de même possible de les franchir). Les entrées et sorties sont surveillées systématiquement par des caméras de vidéosurveillance et deux pions à chaque sortie vérifient les carnets de correspondance (il existe trois régimes de sortie). Il est bien sûr interdit de rester devant le collège, et si au bout d un quart d heure personne n est venu chercher les élèves, ils doivent se rendre à l intérieur et aller à la «vie 23. L Envolée est un journal et une émission de radio de lutte contre les prisons. Pour tous contacts : L Envolée, 63, rue de Saint-Mandé, Montreuil, 47 Les classes relais mises en place sous Allègre à la rentrée 1997, et qui continuent leur carrière sous tous les gouvernements depuis lors, s adressent à des élèves de collège «entrés dans un processus évident de rejet de l institution scolaire». Fillon en prévoit 1500 pour Ce qui est appelé «rejet» dans ce texte, ce sont des manquements «graves et répétés au règlement intérieur», «un comportement agressif», «un absentéisme chronique non justifié qui a donné lieu à des exclusions temporaires ou définitives d établissements successifs» ; il peut également se manifester par une «extrême passivité, une attitude de repli, un refus de tout investissement réel et durable». Les classes relais concernent des enfants de 14 à 16 ans en voie de déscolarisation mais ayant un potentiel intellectuel normal et ne souffrant pas de troubles de la santé. Ces structures créées en partenariat avec la PJJ «accueillent» des jeunes pour une durée n excédant pas un an, en moyenne d un trimestre. Si leur comportement n est pas conforme, «écouter les adultes, respecter la parole des autres, avoir son matériel, effectuer le travail en classe et à la maison», l élève fera l objet d un entretien avec son aide éducateur référent ; si aucune amélioration n était constatée, les parents de l élève seraient convoqués ; si le comportement de l élève ne change pas, il sera mis fin à la session. Depuis août 2002, la loi ne prévoit plus d atténuation de la peine due au jeune âge. L enfant est responsable de ses actes comme un adulte. La majorité pénale est déplacée de 16 à 13 ans, puisque à cet âge on est «capable de discernement». Dès 10 ans, il est prévu des sanctions éducatives pour les chenapans, qui deviennent du coup des délinquants à surveiller de près : «confiscation de l objet ayant servi à la commission de l infraction, interdiction de paraître en certains lieux, interdiction d entrer en rapport avec la victime, accomplissement d un stage de formation civique, d une mesure d aide ou de réparation». Pour les ans, la justice se doit de donner une réponse claire et rapide, elle prévoit une procédure de jugement rapproché qui permet au procureur de les poursuivre devant les tribunaux dans un délai compris entre dix jours et deux mois. Pour eux, la perspective de la prison se précise dès qu ils encourent une peine criminelle ou qu ils se soustraient aux obligations d un contrôle 46 connaissances... L État règne en maître sur ses sujets, les citoyens lui appartiennent et les vaches sont bien gardées... C est ce lourd héritage que porte l école laïque et républicaine actuelle, où l apprentissage des savoirs a toujours eu plus à voir avec le maintien de l ordre social qu avec la découverte du monde. L autorité n y est pas une dérive, mais une véritable marque de fabrique! Elle s exprime à travers la séparation par classes d âge, le concept de lieux fermés, clos sur eux-mêmes (une idée tirée des couvents, qui se systématisera dès le XVIIIe siècle et s appliquera également aux hôpitaux, aux casernes et aux ateliers), où les enfants sont seuls face aux enseignants, les programmes et les emplois du temps à horaires fixes contraignants (assurant la rentabilité du temps, un contrôle ininterrompu, la pression de la surveillance et l interdiction de tout ce qui peut distraire : concevoir un temps intégralement utile répondant à l idéal de la non-oisiveté formalisé ici encore par un groupe religieux jésuite, les Frères de la Vie commune 3, afin d organiser leur vie communautaire, et d où les écoles et collèges jésuites tirèrent leurs principes de fonctionnement par la suite). Mais l autorité au sein de l école, c est aussi un rythme de vie commune qui s inspire beaucoup du régime militaire, où l activité des écoliers est scandée par des injonctions, des coups de sonnette, d alarme, des contraintes exercées sur les corps dès les premières années d école (obligation de rester assis, de se taire, d obéir aux consignes et de réprimer son corps et ses nécessités : interdiction de boire, de faire pipi pendant la classe, etc.). En résumé, la grande réussite de l école, et sa grande fierté, est bien de parvenir à enseigner à des générations en culotte courte la soumission à l autorité, quelle qu elle soit. L école, un drôle de turbin! La crise du système scolaire est souvent présentée comme une crise de l autorité, un refus d assumer le «modèle de référence» 4, alors que les mutations mondiales que nous vivons actuellement sont en train de changer en profondeur les structures de toute la société. Le modèle social qui prévalait jusqu au milieu du siècle était celui d États nationaux, souvent fortement centralisés 3. In Michel Foucault, Surveiller et punir, Gallimard, p Conférence de presse de Luc Ferry le 2 septembre comme en France, s appuyant sur une administration dont chaque agent faisait appliquer une même logique globale (le service public). À cela correspondait le souci de l indépendance nationale, de la souveraineté des États, dont la préservation de la maind oeuvre allait de pair avec la bonne santé de l industrie et des affaires. L école y assurait sa mission d intégration sociale et de contrôle tout comme l armée, de formatage des enfants aux besoins industriels, productifs et civiques au service de la nation (que les élèves soient manuels ou intellectuels, les objectifs étaient globalement remplis à travers des études courtes, pour la plupart, où l accès à l emploi était pratiquement garanti). Les choses sont bien différentes aujourd hui : le gigantesque marché mondial ouvert par la «globalisation» de l économie a fait voler en éclats les «souverainetés nationales» (les orientations en matière d éducation sont largement décidées par l OCDE à l échelle mondiale), les protectionnismes des États-nations et leurs politiques de protections sociales (les acquis sociaux). La centralisation, particulièrement forte en France, est souvent remise en question au profit d une déconcentration des pouvoirs et de leur redistribution (ainsi que des prérogatives qui en découlent) vers d autres instances (d autres services de la fonction publique, des organismes agréés, des entreprises, des associations : par exemple, les vigiles privés qui renforcent les effectifs de police, les contrats emploi-jeunes qui secondent les instituteurs et font de l animation dans les écoles, etc.). S il y a une volonté affichée de faire des économies, ce processus révèle également une vraie modification de fond dans le fonctionnement social. Cette dissolution des anciennes prérogatives de l État s appuie sur l idéologie du contrôle citoyen, de la responsabilité citoyenne, où chacun doit participer bénévolement à l autogestion de la domination. L idéologie du travail elle-même, si elle est toujours invoquée comme référence sociale, a changé de contenu : elle ne s applique plus seule
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