Revue internationale d action communautaire / International Review of Community Development, n 29, (69) 1993, p

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Article «Pour une approche du fait de solitude : la sociabilité des jeunes» Didier Le Gall Revue internationale d action communautaire / International Review of Community Development, n 29, (69) 1993,
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Article «Pour une approche du fait de solitude : la sociabilité des jeunes» Didier Le Gall Revue internationale d action communautaire / International Review of Community Development, n 29, (69) 1993, p Pour citer cet article, utiliser l'information suivante : URI: DOI: / ar Note : les règles d'écriture des références bibliographiques peuvent varier selon les différents domaines du savoir. Ce document est protégé par la loi sur le droit d'auteur. L'utilisation des services d'érudit (y compris la reproduction) est assujettie à sa politique d'utilisation que vous pouvez consulter à l'uri https://apropos.erudit.org/fr/usagers/politique-dutilisation/ Érudit est un consortium interuniversitaire sans but lucratif composé de l'université de Montréal, l'université Laval et l'université du Québec à Montréal. Il a pour mission la promotion et la valorisation de la recherche. Érudit offre des services d'édition numérique de documents scientifiques depuis Pour communiquer avec les responsables d'érudit : Document téléchargé le 12 February :59 Pour une approche du fait de solitude : la sociabilité des jeunes Didier Le Gall Parler de la solitude, c'est s'interroger sur la nature et l'évolution du rapport social dans une société donnée. Dans certaines sociétés, l'impossibilité «d'être» ou de se penser en tant qu'individu en dehors du «nous» conduit les membres d'une collectivité à recourir à des formes d'individualisation pour que «cela reste vivable». C'est le cas dans certaines sociétés primitives. Ainsi, chez les Indiens Guayaki, comme le montre Pierre Clastres (1974: 89), le soir les hommes entonnent, «chacun pour soi», le chant des chasseurs. «Ils sont maîtres de la nuit et chacun s'y veut maître de soi.» En revanche, dans d'autres sociétés, telle la nôtre, loin de recourir à des formes de solitude pour échapper à l'emprise, à la pesanteur du collectif, les individus sont beaucoup plus empressés à les éviter, la nature même du rapport social les prédisposant à y être confrontés malgré eux. L'évolution globale du rapport social, disons du lien social, se caractérise, nous semble-t-il, par une moindre intensité du rapport à l'autre. Non pas du point de vue de sa fréquence, car nous sommes sans aucun doute amenés à rencontrer un plus grand nombre de personnes qu'auparavant, mais du point de vue de sa nature même. Il ne satisfait plus notre quête d'une sociabilité qui, à terme, renforce notre identité et favorise notre immersion, notre insertion dans la dynamique des rapports sociaux. L'échange aujourd'hui ne «ressource» plus l'individu de la même manière qu'hier. Dans un premier temps, nous nous proposons d'esquisser un cadre global d'analyse qui soit susceptible de rendre compte de cette évolution tendancielle. Il s'agira alors de cerner ce qui peut être au principe des formes de solitude auxquelles nous sommes exposés. Dans un second, nous nous intéresserons à la sociabilité de jeunes inscrits dans les dispositifs d'insertion relevant des politiques sociales de la jeunesse. Il sera alors question, à partir d'une population qui encourt, selon notre perspective, le risque de solitude, de souligner toute la complexité de ce phénomène. Les deux registres du social Démultiplication de l'échange et diminution de la qualité relationnelle, tel est le processus auquel nous assistons. Cette difficulté de se retrouver soi-même au travers de l'autre, à «être en société» par l'échange, provient, selon nous, d'une évolution tendancielle à la fonctionnalisation 96 Revue internationale d'action communautaire 29 / 69 Pour une approche du fait de solitude : la sociabilité des jeunes du champ relationnel qui accroît la probabilité que l'on a d'être confronté au fait de solitude. L'utilisation d'un appareillage conceptuel minimal clarifiera notre perspective 1. Afin d'appréhender plus finement cette tendance à la fonctionnalisation du champ relationnel, il nous faut opérer un distinguo entre «socialite primaire» et «socialite secondaire». Spécifiant ces deux grands registres de l'existence sociale, A. Caillé (1980: 8) écrit: Du premier registre rassortissent la famille simple et élargie, la communauté locale, le groupe de résidence, les relations interpersonnelles, l'ensemble des relations, en un mot, qu'il est permis de qualifier de «concrètes», en ce sens qu'elles forment l'ossature d'une quotidienneté à la fois particulariste et affective (pour employer le langage de T. Parsons). Au second registre s'articulent l'ensemble des pratiques qui tendent à soumettre le sujet individuel ou les collectivités primaires à un code universaliste et affectivement neutre au code societal. Cette typologie, certes grossière, présente néanmoins l'avantage de bien spécifier deux formes du rapport à l'autre que tout un chacun est amené à avoir. À la lumière de ce distinguo, on perçoit fort bien que le rapport à l'autre est de nature différente selon qu'il se situe dans l'un ou l'autre registre. Mais, comme en convient A. Caillé, les contours de ces deux registres ne sont pas toujours aussi nettement définis dans la réalité sociale (1982: 64). Ainsi certaines relations du registre de la primarité sont-elles fortement secondarisées, et inversement celles de la secondante parfois primarisées. Cette précision est d'importance car elle peut nous permettre d'appréhender plus finement la complexité des rapports qui sont à l'œuvre. Cependant, ce qui nous paraît capital pour notre propos, c'est l'idée avancée par A. Caillé selon laquelle on assisterait de plus en plus, dans nos sociétés modernes, à un recouvrement de la primarité par la secondante. Autrement dit, le champ des relations interpersonnelles tendrait à se structurer sur le mode de ce qui gouverne le registre de la socialite secondaire. Cette évolution globale qui se traduit par une secondarisation des rapports sociaux primaires a pour conséquence immédiate de diminuer l'efficace et l'intensité des relations où prime l'affect. La charge émotionnelle consubstantielle au rapport primaire qui s'éprouve lors de l'échange perd de son effectivité du fait même de cette subordination du relationnel à un impératif externe. En un mot, le fonctionnel prend le pas sur l'affectif. Non pas que la primarité ne conserve pas sa spécificité, mais, affectée par cette évolution qui va dans le sens d'une soumission de tout rapport social à un code d'impersonnalité, elle se vide de son sens et tend à ne plus remplir son rôle. La moindre consistance des rapports à l'œuvre dans le registre de la primarité contribue alors à générer des formes dïndividuation. En résumé, on assiste à la désagrégation du sentiment d'appartenance à un collectif, à un groupe social restreint. Du fait de solitude aux formes de la solitude Ce mouvement d'ensemble recouvrement de la primarité par la secondante, qui se traduit selon nous par une fonctionnalisation croissante du champ relationnel, génère ce que l'on peut appeler le fait de solitude. Le «relâchement», le «desserrement» du lien social, inhérent au primat accordé au fonctionnel sur l'affectif, prédispose les individus à connaître le fait de solitude. Cela dit, on ne peut parler de la solitude comme d'une chose en soi, comme d'une entité parfaitement définie. Il y a différentes formes de solitude, différentes manières de l'éprouver. Par souci de simplification, on peut poser ici qu'il y a, dans le ressenti de la solitude, des différences de degré. Nous désignerons les deux pôles extrêmes de cette variation par les expressions «sentiment de solitude» et «solitude concrète». Le sentiment de solitude ne serait que la traduction ponctuelle d'un manque de relation à l'autre. C'est donc un état passager, voire fugace, durant lequel l'individu souffrirait d'un manque affectif. Mais il ne s'agit bien que d'un «sentiment», car il n'y a pas absence de relations. À l'inverse, la solitude concrète correspondrait à un manque effectif de relations. Il n'est donc plus question ici d'une «impression» ou d'un «sentiment», mais, à l'extrême, d'un isolement socioaffectif réel qui aurait une certaine permanence. À la lumière de ce qui précède, on comprend aisément que l'absence de solitude ne peut résulter que d'un investissement finement dosé entre socialite primaire et socialite secondaire, sachant que la moindre consistance du rapport social inhérente à la fonctionnalisation croissante du champ relationnel nous expose plus qu'avant au ressenti de la solitude. En un mot, tout un chacun peut être confronté au fait de solitude dès lors qu'il y a déséquilibre, en termes d'investissement, entre ces deux registres. Pour être exact, il conviendrait de dire : sauf exception. Ainsi, une mère de famille ayant fait le «choix» d'être femme au foyer peut n'avoir en dominante que des relations se situant dans l'espace de la primarité sans souffrir de solitude. Cela dit, dans la mesure où les rapports sociaux primaires tendent à se soumettre à un code d'impersonnalité, les relations qu'elle pourra entretenir dans ce registre risquent fort d'être moins «consistantes», donc d'œuvrer plus faiblement dans le sens d'un renforcement de son identité. La difficulté éprouvée à se situer et à se retrouver soi-même dans le regard de l'autre apparaît alors comme la manifestation de la dissolution du lien qui unit à la communauté environnante, à un réseau de relations, premier pas vers un ressenti du fait de solitude. La généralisation de l'idée selon laquelle une femme ne saurait aujourd'hui forger uniquement son identité sociale dans l'espace de la primarité n'est certes pas due au hasard, mais à la compréhension non explicite que la primarité fonctionne de plus en plus à la «clôture». Du sentiment de solitude... Outre quelques exceptions de ce type, on se doit de constater que tout inégal investissement entre ces deux champs génère de la solitude ou, d'une autre manière, nous expose au fait de solitude. Pour être précis, un surinvestissement dans le registre de la secondante nous amènera à éprouver un sentiment de solitude et, à l'inverse, un repli volontaire ou non dans l'espace de la primarité peut nous conduire vers l'autre pôle du fait de solitude, la solitude concrète. Ainsi, un jeune cadre dynamique soucieux de réussite sociale constitue-t-il l'exemple type d'un individu exposé au sentiment de solitude. Son surinvestissement dans le travail, inhérent à sa forte désirabilité sociale, le place dans une position relationnelle apparemment privilégiée. Il y a démultiplication de l'échange, mais celui-ci ne se situera en dominante que dans le champ professionnel espace de la secondante et cela aux dépens d'un investissement dans l'espace de la primarité. Or, ces relations étant soumises à un code d'impersonnalité ou, d'une autre manière, n'étant que la confrontation d'individus incarnant des rôles et des statuts sociaux, la quête permanente d'un «plus» de sociabilité ne pourra être satisfaite. Et ce n'est certes pas la place laissée aux relations de proximité immédiate qui viendra compenser ce manque. Bien qu'ayant de multiples relations, celles-ci se situant dans le registre de la secondante, il sera amené à connaître, notamment dans le temps de non-travail, des formes de solitude proches de ce que nous appelons le sentiment de solitude. Si le jeune cadre dynamique illustre parfaitement notre propos, il n'a guère l'exclusivité de cette forme de solitude. Quiconque privilégie le champ de la secondante par rapport à celui de la primarité est tout autant exposé au sentiment de solitude. Ainsi en est-il du PDG qui, à l'extrême, n'existe que par le travail, ou du chercheur en sciences sociales qui, en dehors de son enseignement, de ses séminaires et de ses colloques, passe son temps à dialoguer avec son micro-ordinateur. Notons cependant que, pour ces cas précis, il s'agit d'un surinvestissement volontaire dans le registre de la secondante. D'autres peuvent être confrontés à ce même sentiment de solitude sans qu'il y ait surinvestissement volontaire de ce registre. Dans ce cas, il s'agit d'une absence quasi totale de rapports sociaux primaires. Tout individu, homme ou femme, quittant son milieu d'origine afin de trouver du travail dans une grande ville Paris ou son agglomération par exemple illustre parfaitement ce cas de figure. Il est déraciné, autrement dit non inséré dans un réseau de relations de proximité immédiate, et seules ses relations professionnelles ponctuent son quotidien. À la sortie de son travail, il est de nouveau solitaire dans la foule. Faute de pouvoir se «ressourcer» sur le plan affectif par l'échange, il éprouve là aussi un sentiment de solitude. Ce sentiment sera d'autant plus accusé qu'il s'agira, par exemple, d'un immigré provenant d'un pays culturellement différent et venu seul en France pour avoir du travail.... à la solitude concrète À l'inverse, les formes de solitude proches du pôle de la solitude concrète seront éprouvées par des personnes n'ayant pas 98 Revue internationale d'action communautaire 29 / 69 Pour une approche du fait de solitude : la sociabilité des jeunes ou plus d'investissement dans le registre de la secondante. Le chômeur constitue l'exemple type d'un individu qui peut être rapidement amené à connaître une solitude concrète, et cela d'autant plus que la période de non-activité se prolonge et qu'il s'est essentiellement forgé une identité sociale à partir du registre de la secondante, cas fréquent chez les hommes. Son non-investissement dans l'espace de la primarité durant sa phase de vie active le prédispose plus que tout autre à n'avoir que peu ou pas de relations de proximité immédiate dès lors qu'il se retrouve sans activité. Il n'est donc guère question pour lui de «s'appuyer» sur ce qu'il convient d'appeler un réseau de solidarité. De plus, habitué à entrer en relation avec l'autre parce qu'investi d'un rôle et d'un statut social, il lui sera difficile, dépourvu de toute position sociale facilement repérable, de nouer des relations dans l'espace de la primarité. Ce cas de figure montre aussi que les individus qui se surinvestissent dans leur travail, et donc ne laissent guère de place dans leur vie aux rapports sociaux primaires, peuvent du jour au lendemain, pour raison de licenciement par exemple, se retrouver presque isolés. Autrement dit, ceux qui sont, à un moment donné de leur vie, plus prédisposés que d'autresà éprouver un sentiment de solitude (surinvestissement dans les rapports sociaux secondaires) sont aussi ceux qui peuvent connaître des formes de solitude s'apparentant à de la solitude concrète. Ce peut être le cas du jeune cadre dynamique célibataire sans enfant se retrouvant au chômage, et cela d'autant plus qu'il sera «monté» à Paris (éloignement du réseau de relations d'origine) pour «réussir». En clair, un même individu peut être confronté en peu de temps à des formes de solitude extrêmement différentes. Bien entendu, il conviendrait de pondérer ce type d'analyse en prenant en compte d'autres variables qui interfèrent directement ici, tels le sexe, l'âge, l'appartenance sociale, le capital culturel, la situation familiale, etc. Nous avons retenu l'exemple du chômage afin d'illustrer le mécanisme susceptible de produire une forme de solitude proche de la solitude concrète. Nous pouvons aussi prendre celui de la mise à la retraite. Schématiquement, il est possible de présenter ce phénomène de la manière suivante : suite à une vie active intensive, un individu se voit contraint, en raison de son âge, d'abandonner tout un registre de relations qui, bien souvent, a constitué l'essentiel de sa vie. Si l'on prend en compte les générations actuelles arrivant à l'âge de la retraite, il s'agit en dominante d'un homme «redécouvrant» son foyer alors que ses propres enfants adultes désormais mènent leur vie de manière autonome. Se confrontent alors un homme et une femme ayant l'un et l'autre, conformément au modèle parsonnien de la famille, forgé leur propre identité dans l'un et l'autre registre du social. Si, certes, il y a relation dans cet espace de la primarité, le rapport à l'autre se révèle souvent ambigu, l'homme éprouvant un sentiment d'inutilité parce qu'exclu du registre de la production et contraint de s'implanter dans l'espace de la domesticité que sa femme a structuré à sa mesure et à son rythme. La retraite apparaît alors, pour reprendre l'expression d'a.-m. Guillemard (1972), comme «une mort sociale». Sentiment d'inutilité, difficulté de nouer des relations de type primaire et position d'immigré au «pays de la domesticité» constituent autant d'éléments qui exposeront le retraité à connaître des formes de solitude allant vers le pôle de la solitude concrète, bien qu'il ait un rapport minimal à «l'autre», ici sa propre femme. Ce processus est bien entendu encore plus accusé et rapide si l'homme est veuf, appartient à un milieu social économiquement et culturellement peu favorisé, n'a pas maintenu au long de sa vie active un réseau de relations de proximité et ne voit que très épisodiquement ses enfants. Là encore, une multitude de variables interfèrent. Si elles se potentialisent de manière négative, le retraité sera alors confronté à ce que nous appelons la solitude concrète. Cette forme de solitude est souvent le lot d'une catégorie de population spécifique que connaissent bien les travailleurs sociaux: les personnes âgées, principalement des femmes, vu la différence d'espérance de vie entre les hommes et les femmes. Bon nombre de femmes veuves n'ayant pas ou guère de famille sont en effet aujourd'hui confrontées à la forme extrême de la solitude concrète qui correspond à une situation d'isolement. L'auto-enfermement Les différents exemples entrevus illustrent les diverses formes de solitude que tout un chacun peut être amené à connaître selon son degré d'investissement dans l'un et l'autre registre du social. Il reste cependant à expliquer pourquoi la solitude concrète risque fort de se prolonger, alors que le sentiment de solitude n'est, comme nous l'avons précisé, que ponctuel, éphémère, voire fugace. En ce qui concerne le sentiment de solitude, il est clair que les rapports sociaux secondaires qui ponctuent la quotidienneté ne peuvent longtemps laisser celui ou celle qui en souffre à des états d'âme que l'on peut qualifier de morbides. De plus, fonctionnant désormais de plus en plus comme «mise en relation», l'espace de la secondante peut générer de la primante. Il est donc fort improbable que l'individu ayant en dominante des rapports sociaux secondaires «sombre» de manière permanente dans la solitude. D'où l'expression «sentiment de solitude», qui exprime beaucoup plus un «ressenti» ponctuel qu'une situation, un «état» susceptible de se prolonger. En revanche, l'expression «solitude concrète», qui, à l'extrême, correspond à une absence de rapports sociaux primaires et secondaires, nous réfère explicitement à un état, une position, donc à une situation pouvant avoir une relative permanence, et qui se traduirait en l'occurrence par un isolement socio-affectif quasi total. Le mécanisme qui contribue à faire en sorte que cette situation de solitude concrète perdure est, selon nous, largement alimenté par la victime elle-même. C'est la raison pour laquelle nous l'appellerons «processus d'autoenfermement». La privation de relations de proximité immédiate tend en effet à générer des modes de rationalisation qui permettent à la victime d'expliquer, et de s'expliquer à elle-même, les raisons d
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