F O L I O P O L I C I E R

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FOLIO POLICIER Jo Nesbø Le bonhomme de neige Une enquête de l inspecteur Harry Hole Traduit du norvégien par Alex Fouillet Gallimard Titre originalþ: SNØMANNEN Jo Nesbø, Published by agreement with
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FOLIO POLICIER Jo Nesbø Le bonhomme de neige Une enquête de l inspecteur Harry Hole Traduit du norvégien par Alex Fouillet Gallimard Titre originalþ: SNØMANNEN Jo Nesbø, Published by agreement with Salomonsson Agency. Éditions Gallimard, 2008, pour la traduction française. Né en 1960, d abord journaliste économique, musicien, auteur interprète et leader de l un des groupes pop les plus célèbres de Norvège, Jo Nesbø a été propulsé sur la scène littéraire en 1997 avec la sortie de L homme chauve-souris, récompensé en 1998 par le Glass Key Prize attribué au meilleur roman policier nordique de l année. Il a depuis confirmé son talent en poursuivant les enquêtes de Harry Hole, personnage sensible, parfois cynique, profondément blessé, toujours entier et incapable de plier. On lui doit notamment Rouge-Gorge, Rue Sans-Souci ou Les cafards initialement publiés par Gaïa Éditions, mais aussi Le sauveur, Le bonhomme de neige, Chasseurs de têtes et Le léopard disponibles au catalogue de la Série Noire. Pour Kirsten Hammervoll Nesbø PREMIÈRE PARTIE CHAPITRE 1 Mercredi 5 novembre Le bonhomme de neige C était le jour où la neige arriva. Il était onze heures du matin lorsque d énormes flocons jaillirent sans prévenir d un ciel incolore et s abattirent sur les champs, les jardins et les pelouses du Romerike, à la manière d une armada du lointain espace. À deux heures, les chasse-neige étaient à pied d œuvre à Lillestrøm, et à deux heures et demie, tandis que Sara Kvinesland roulait lentement, précautionneusement, au volant de sa Toyota Corolla SR5, entre les villas de Kolloveien, la neige de novembre s étendait tel un édredon sur le paysage ondoyant. Elle trouvait un autre aspect aux maisons dans la lumière diurne. Un aspect si différent qu elle manqua de passer devant l allée menant à son garage. Le véhicule dérapa lorsqu elle freina, et elle entendit un gémissement sur la banquette arrière. Dans le rétroviseur, elle vit l expression mécontente de son fils. «þça ne prendra pas longtemps, mon chériþ», murmura-t-elle. Un gros carré sombre d asphalte se détachait dans tout ce blanc, et elle comprit que c était à cet endroit que le camion de déménagement avait stationné. Elle 13 sentit sa gorge se nouer. Pourvu qu elle n arrive pas trop tard. «þqui habite iciþ? fit-on depuis le siège arrière. þquelqu un que je connais, rien de plus, répondit Sara en vérifiant machinalement sa coiffure dans le rétroviseur. Dix minutes, mon chéri. Je laisse la clé de contact sur le démarreur, comme ça, tu pourras écouter la radio.þ» Elle sortit sans attendre de réponse, gagna à petits pas la porte qu elle avait franchie tant de fois, mais jamais de la sorte, pas en plein jour, bien visible pour tous les regards curieux de ce quartier de villas. Non que de tardives visites vespérales auraient paru plus innocentes, mais d une certaine façon, il lui semblait plus approprié que de tels forfaits s accomplissent après la tombée de la nuit. Elle entendit la sonnerie grésiller à l intérieur, comme un bourdon dans un pot à confiture. Tandis qu elle attendait, ressentant un désespoir croissant, elle jeta des coups d œil vers les fenêtres des maisons alentour. Celles-ci ne lui renvoyaient que le reflet de pommiers noirs et nus, d un ciel gris et d un paysage blanc laiteux. Puis elle entendit enfin des pas derrière l huis, et poussa un soupir de soulagement. Un instant après, elle était à l intérieur, dans ses bras. «þne t en va pas, mon amour, implora-t-elle en sentant déjà les larmes lui venir. þil le fautþ», répondit-il sur un ton de rengaine fatigué. Ses mains cherchaient les chemins bien connus, les chemins dont elles ne se lassaient jamais. «þnon, il ne le faut pas, murmura-t-elle contre son oreille. Mais tu le veux. Tu n oses plus. þça, ça n a rien à voir avec toi ou moi.þ» Elle sentit l agacement poindre dans sa voix en même temps que sa main, cette main forte, mais douce, 14 descendait le long de sa colonne vertébrale pour se glisser dans l ourlet de sa jupe et de son collant. Ils formaient comme un couple de danseurs bien entraînés percevant les moindres mouvements de l autre, ses pas, son souffle, son rythme. D abord l amour blanc. Le bon. Puis le noir. La douleur. La main de l homme caressa le manteau, chercha le mamelon sous l épais tissu. Il était toujours fasciné par ses mamelons, retournait toujours à eux. C était peutêtre parce qu il n en avait pas lui-même. «þtu as laissé la voiture devant le garageþ?þ» voulut-il savoir en serrant durement. Elle hocha la tête, et sentit la douleur la traverser comme une flèche de désir. Son giron s était déjà ouvert aux doigts de son partenaire qui ne tarderaient pas à y être. «þle gosse attend dans la voiture.þ» La main s arrêta tout à coup. «þil ne sait rien, gémit-elle alors que la main hésitait. þet ton mariþ? Où est-il, en ce momentþ? þà ton avisþ? Au boulot. Évidemment.þ» C était à elle de manifester de l irritation, à présent. À la fois parce qu il avait amené la conversation sur son mari et que cela lui déplaisait. Et parce que son corps exigeait de l avoir, lui, maintenant, et vite. Sara Kvinesland déboutonna sa braguette. «þne þ», commença-t-il en lui saisissant le poignet. Elle lui flanqua une solide gifle, de l autre main. Il baissa sur elle un regard ébahi, tandis qu une tache rouge s étalait sur sa pommette. Elle sourit, saisit son épaisse chevelure brune et attira son visage vers elle. «þtu vas pouvoir t en aller, feula-t-elle. Mais d abord, tu vas me sauter. C est comprisþ?þ» Elle sentit son souffle sur son visage. Il arrivait par à-coups brutaux. Elle frappa de nouveau de sa main libre, et la bite gonfla entre ses doigts. 15 Il cognait, plus fort à chaque fois, mais c était terminé. Elle était engourdie, la magie avait disparu, le suspense s était envolé et tout ce qui restait, c était le trouble. Elle le perdait. Étendue là, elle le perdait. Lui et toutes les années pendant lesquelles elle avait attendu, toutes les larmes qu elle avait pleurées, les choses folles qu il lui avait fait faire. Sans rien donner en retour. Rien. Il se plaça à l extrémité du lit et la prit, les yeux fermés. Sara regardait fixement sa poitrine. Pour commencer, elle avait trouvé cela curieux, mais elle avait progressivement fini par apprécier la vue de cette peau blanche et lisse tendue sur les pectoraux. Qui lui rappelait les anciennes statues, dont les mamelons avaient été omis par pudeur. Ses gémissements enflèrent. Elle savait qu il ne tarderait pas à venir en poussant un rugissement furieux. Elle adorait ce rugissement. L expression éternellement surprise, extatique, presque douloureuse, comme si l orgasme dépassait à chaque fois, sans exception, ses attentes les plus débridées. À présent, elle ne faisait qu attendre le dernier rugissement, un adieu beuglé dans une boîte froide, une chambre vide, dépourvue de photos, de rideaux et de tapis. Puis il s habillerait et partirait pour une autre région du pays, où il disait avoir trouvé un poste qu il ne pouvait pas refuser. Mais cela, il le pouvait. Cela. Et malgré tout, il rugirait de plaisir. Elle ferma les yeux. Mais il ne vint aucun rugissement. Il avait cessé. «þqu y a-t-ilþ?þ» s enquit-elle en rouvrant les yeux. Bien sûr, son visage était passablement torturé. Mais pas de plaisir. «þune troncheþ», souffla-t-il. 16 Elle se recroquevilla. «þoùþ? þde l autre côté de la fenêtre.þ» Celle-ci était à l autre bout du lit, pile au-dessus de la tête de Sara. Elle se retourna, le sentit glisser hors d elle, déjà flasque. La fenêtre au-dessus de sa tête était trop haute pour qu elle puisse voir à l extérieur depuis sa position. Et trop haute pour que quelqu un puisse regarder à l intérieur en se tenant debout de l autre côté. À cause de la lumière déjà déclinante, ce qu elle voyait se résumait au reflet surexposé du plafonnier. «þc est toi que tu as vu, suggéra-t-elle, presque implorante. þc est ce que j ai d abord cruþ», répondit-il sans quitter la fenêtre des yeux. Sara se redressa sur les genoux. Se leva et regarda dans le jardin. Et là, là, il y avait le visage. Le soulagement la fit éclater de rire. Le visage était blanc, percé d yeux et d une bouche de graviers, vraisemblablement ramassés dans l allée. Ses bras étaient en branches de pommier. «þmais doux Jésus, haleta-t-elle. Ce n est qu un bonhomme de neige.þ» Son rire se changea alors en pleurs. Elle sanglota sans rien y pouvoir jusqu à ce qu elle sente les bras de l homme autour d elle. «þil faut que j y aille, fit-elle. þreste encore un peu.þ» Elle resta encore un peu. Lorsque Sara redescendit vers le garage, elle se rendit compte qu il s était écoulé presque quarante minutes. Il avait promis de téléphoner de temps en temps. Il avait toujours été doué pour mentir, et pour une fois, elle en éprouvait de la satisfaction. Avant même d arriver à son véhicule, elle vit le visage blafard du môme 17 qui la regardait sans ciller depuis le siège arrière. Elle tira sur la portière et sentit avec surprise que celle-ci était verrouillée. Elle le regarda à travers les vitres embuées. Il n ouvrit que lorsqu elle tapa au carreau. Elle s installa sur le siège conducteur. La radio était muette, et il faisait un froid polaire dans l habitacle. La clé de contact gisait sur le siège passager. Elle se retourna vers son gamin. Il était pâle, et sa lèvre inférieure tremblait. «þquelque chose ne va pasþ? voulut-elle savoir. þoui. Je l ai vu.þ» Il y avait dans sa voix une légère nuance de peur qu elle ne se rappelait pas d avoir entendue depuis qu il était petit et regardait la télé, serré entre eux sur le canapé, les mains devant les yeux. À présent, il muait, il avait cessé de lui faire la bise pour lui souhaiter bonne nuit et montrait un intérêt croissant pour les moteurs d automobiles et les filles. Et un jour, il grimperait dans une voiture avec l une d entre elles et la quitterait, lui aussi. «þqu est-ce que tu veux direþ? demanda-t-elle en introduisant la clé de contact dans le démarreur, avant de donner un tour. þle bonhomme de neige þ» Le moteur ne réagit pas, et la panique s empara d elle sans crier gare. Elle n avait pas la moindre idée de ce qu elle craignait précisément. Elle lança un regard fixe à travers le pare-brise et donna un nouveau tour de clé. La batterie avait-elle eu le temps de se déchargerþ? «þet à quoi ressemblait ce bonhomme de neigeþ?þ» Elle écrasa la pédale d accélérateur et tourna désespérément la clé de contact, avec une telle force qu elle eut l impression d être sur le point de la briser. Il répondit, mais les mots furent assourdis par le rugissement du moteur qui démarra. 18 Sara passa la première et lâcha la pédale d embrayage comme s il devenait soudain urgent d être ailleurs. Les roues patinèrent dans la neige fraîche, tendre et mouillée. Elle appuya un peu plus sur l accélérateur, mais ils n avançaient pas, tandis que l arrière du véhicule partait en crabe. Les pneus grignotèrent alors l asphalte, et ils partirent d un coup pour arriver en glissant sur la route. «þpapa nous attend, expliqua-t-elle. Il va falloir nous dépêcher.þ» Elle alluma la radio, monta le volume pour emplir le froid habitacle avec d autres sons que sa propre voix. Un présentateur annonça pour la centième fois ce jour-là que, dans la nuit, Ronald Reagan avait battu Jimmy Carter aux élections présidentielles américaines. Le gamin prononça de nouveau quelques mots, et elle jeta un coup d œil dans son rétroviseur. «þqu as-tu ditþ?þ» demanda-t-elle tout haut. Il répéta, mais elle n entendait toujours pas. Elle baissa le son de la radio en mettant le cap vers la nationale et le fleuve dont les lignes donnaient au paysage des allures de faire-part de décès. Elle sursauta quand elle vit qu il s était penché entre les sièges. Sa voix résonna comme un murmure sec, juste à côté de son oreille. Comme s il importait que personne d autre ne les entendeþ: «þnous allons mourir.þ» CHAPITREþ 2 2þnovembre Jourþ1. Les yeux de gravier Harry Hole sursauta et ouvrit tout grands les yeux. Il faisait un froid glacial, et la voix qui l avait réveillé résonnait dans l obscurité. Elle expliquait qu aujourd hui, le peuple américain allait décider si leur président s appellerait George Walker Bush pour les quatre années à venir. Novembre. Harry se dit qu ils étaient sans l ombre d un doute en route vers l ère des ténèbres. Il rejeta l édredon et posa les pieds sur le sol. Le lino était si froid qu il en brûlait. Harry laissa le radioréveil en marche et se rendit à la salle de bains. Se regarda dans le miroir. Novembre, là aussiþ: un visage aux traits tirés, au teint gris. Ses yeux étaient injectés de sang, comme à l accoutumée, et les pores sur la peau de son nez évoquaient de grands cratères sombres. Les poches sous ses yeux aux iris bleu délavé par l alcool disparaîtraient une fois que le visage aurait reçu de l eau chaude, une serviette et un petit déjeuner. Supposa-t-il alors. Harry ne savait pas avec certitude comment son visage se comporterait tout au long de la journée, maintenant qu il avait atteint les quarante ans. Si les rides seraient aplanies et si la paix tomberait sur l expression traquée qui était la sienne au réveil de nuits peuplées de cauchemars. Soit la plupart. Il évite- 20 rait le miroir au moment de quitter enfin son petit appartement de Sofies gate, meublé du strict nécessaire, pour devenir l inspecteur principal Hole, à la Brigade criminelle de l hôtel de police d Oslo. Alors il sonderait le visage d autres personnes pour y trouver leur douleur et leur talon d Achille, leurs cauchemars, mobiles et raisons de leurs auto-trahisons tout en écoutant leurs usants mensonges et en essayant de découvrir une signification à ce qu il faisaitþ: enfermer des gens depuis longtemps enfermés en eux-mêmes. Dans des prisons de haine et d un mépris qu il ne reconnaissait que trop bien. Il passa une main sur la brosse courte et raide de cheveux blonds qui poussait à exactement 193 centimètres au-dessus des plantes de pied frigorifiées. Les clavicules saillaient comme des cintres sous la peau. Il s était beaucoup entraîné depuis la dernière affaire. Frénétiquement, prétendaient certains. En plus du vélo, il avait commencé à soulever des poids dans la salle d exercices au sous-sol de l hôtel de police. Il appréciait la douleur, la façon dont elle brûlait et refoulait la pensée. Malgré tout, il ne faisait que maigrir. La graisse disparaissait et les muscles se déposaient comme des couches d étoffe entre le squelette et la peau. Et alors que par le passé il avait eu une belle carrure, ce que Rakel qualifiait naturellement d athlétique, il commençait à ressembler à une photo qu il avait vue montrant un ours blanc dépecéþ; une bête de proie musclée mais d une maigreur choquante. Il était en train de disparaître, en toute simplicité. Sans que ça fasse grand-chose. Harry poussa un soupir. Novembre. Il allait faire encore plus sombre. Il alla dans la cuisine, but un verre d eau contre le mal de crâne et plissa des yeux surpris en direction de la fenêtre. Le toit de l immeuble de l autre côté de 21 Sofies gate était blanc et la vive lumière qu il reflétait ne ménageait pas les yeux. La première neige était tombée dans la nuit. Il pensa à la lettre. Il lui arrivait d en recevoir de ce genre, mais celle-là était particulière. Elle évoquait Toowoomba. À la radio, une émission sur la nature avait pris la relève, et une voix enthousiaste parlait des phoques. «þchaque été, des phoques de Berhaus se rassemblent dans le détroit de Béring pour s accoupler. Comme les mâles sont plus nombreux que les femelles, la compétition pour ces dernières est si acharnée que les mâles qui ont réussi à s approprier une femelle lui resteront fidèles durant toute la période d accouplement. Le mâle prendra soin de sa partenaire jusqu à ce que le petit soit venu au monde et soit en mesure de se débrouiller seul. Pas par amour pour la femelle, mais par amour pour ses propres gènes et son propre patrimoine héréditaire. Dans la perspective darwinienne, cela veut dire que c est la sélection naturelle dans la lutte pour la survie qui a rendu le phoque de Berhaus monogame, pas la morale.þ» Va savoir, songea Harry. Il s en fallait de peu que l enthousiasme fasse sauter la voix radiodiffusée de plusieurs octavesþ: «þmais avant que les phoques ne quittent le détroit de Béring à la recherche de nourriture, au large, la mâle va tenter de tuer la femelle. Pourquoiþ? Parce qu un phoque de Berhaus femelle ne veut jamais s accoupler deux fois avec le même mâleþ! Il s agit pour elle de diversification du matériel génétique, exactement comme sur le marché des titres. Pour elle, il est biologiquement plus rationnel d être de mœurs faciles, et le mâle en est conscient. En la supprimant, il veut empêcher que d autres petits entrent en concurrence avec sa propre descendance pour la même nourriture. 22 DU MÊME AUTEUR Chez Gaïa Éditions RUE SANS-SOUCI, 2005, Folio Policier, n 480. ROUGE-GORGE, 2004, Folio Policier, n 450. LES CAFARDS, 2003, Folio Policier, n 418. L HOMME CHAUVE-SOURIS, 2003, Folio Policier, n 366. Aux Éditions Gallimard Dans la Série Noire LE LÉOPARD, CHASSEURS DE TÊTES, 2009, Folio Policier n 608. LE BONHOMME DE NEIGE, 2008, Folio Policier, n 575. LE SAUVEUR, 2007, Folio Policier, n 552. L ÉTOILE DU DIABLE, 2006, Folio Policier, n 527. Aux Éditions Bayard Jeunesse LA POUDRE À PROUT DU PROFESSEUR SÉRAPHIN, vol 1, 2009. Le bonhomme de neige Jo Nesbø Cette édition électronique du livre Le bonhomme de neige de Jo Nesbø a été réalisée le 04 juillet 2011 par les Éditions Gallimard. Elle repose sur l édition papier du même ouvrage, (ISBN : ). Code Sodis : N ISBN : Numéro d édition :
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