L avenir de l agriculture et de l agroalimentaire québécois : Des alliances à bâtir pour une population en santé

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L avenir de l agriculture et de l agroalimentaire québécois : Des alliances à bâtir pour une population en santé Mémoire du directeur national de santé publique et sous-ministre adjoint Présenté à la Commission
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L avenir de l agriculture et de l agroalimentaire québécois : Des alliances à bâtir pour une population en santé Mémoire du directeur national de santé publique et sous-ministre adjoint Présenté à la Commission sur l avenir de l agriculture et l agroalimentaire québécois Par Alain Poirier Directeur national de santé publique et sous-ministre adjoint Audiences publiques provinciales Montréal, septembre 2007 Mémoire préparé par la Direction générale de la santé publique Ministère de la Santé et des Services sociaux Juin 2007 Coordination des travaux et rédaction : Martine Pageau Équipe de rédaction : Marie-Pierre Bérubé Albert Daveluy Guy Lévesque (Direction de santé publique, Mauricie et Centre-du-Québec) Martine Pageau Guy Sanfaçon Marion Schnebelen David Talbot Ministère de la Santé et des Services sociaux 1075, chemin Sainte-Foy, 11 e étage Québec (Québec) G1S 2M1 Le genre masculin utilisé dans ce document désigne aussi bien les femmes que les hommes. 2 TABLE DES MATIÈRES Introduction Les enjeux de santé publique liés aux habitudes alimentaires et à l environnement L agroalimentaire et la santé Les pratiques agricoles et la santé environnementale : précaution et prudence L agriculture et l industrie agroalimentaire : miser sur les partenariats Une production favorisant la santé des agriculteurs et des consommateurs La transformation : pour des produits alimentaires nutritifs La distribution : une place aux produits locaux La restauration : vers la normalisation des portions La consommation : une information à bon escient Une mobilisation pour créer des environnements favorables L environnement socio-économique Les milieux de vie Conclusion et recommandations Introduction La santé et le bien-être de la population dépendent de facteurs multiples qui s influencent les uns les autres. Ces facteurs peuvent être regroupés en six grandes catégories, soit les caractéristiques individuelles (prédispositions biologiques et génétiques, sexe, âge), les habitudes de vie et comportements, l environnement social, physique et économique ainsi que le contexte sociétal. Dans une perspective d amélioration de l état de santé et de bien-être de la population, il est important d agir sur les individus en matière d adoption de modes de vie sains, mais également sur les facteurs qui déterminent l environnement socio-économique et physique dans lequel ils évoluent. L article 54 de la Loi sur la santé publique 1, adoptée par le gouvernement du Québec en décembre 2001, reconnaît que les politiques des différents secteurs du gouvernement peuvent avoir, directement ou indirectement, une influence significative sur la santé de la population. Cet article s inscrit en continuité avec le principe, maintes fois réitéré, depuis la Charte d Ottawa sur la promotion de la santé (1986) 2, soit la nécessité d interpeller la responsabilité des autres secteurs d activité pour favoriser l adoption de politiques publiques saines. Il donne au ministre de la Santé et des Services sociaux de nouveaux rôles en matière de politiques publiques favorables à la santé et au bien-être. D une part, il lui confère un pouvoir d'initiative pour émettre de façon proactive des avis aux autres ministres du gouvernement dans le but de promouvoir la santé et de soutenir l adoption de politiques favorisant la santé et le bien-être de la population. D autre part, il lui donne le mandat d éclairer le gouvernement et de soutenir ses différents ministères et organismes dans leur nouvelle responsabilité de tenir compte de l impact sur la santé et le bien-être des projets de loi et règlement qu ils élaborent. C est dans cette perspective que nous avons accepté de répondre à l invitation de la Commission pour participer à cette réflexion sur l avenir de l agriculture et de l agroalimentaire. C est une excellente occasion pour dresser un portrait des différentes dimensions des activités agricoles et agroalimentaires qui interpellent plus particulièrement notre ministère, mais également une opportunité pour consolider nos différents partenariats. Le renforcement de l action intersectorielle à l intérieur du gouvernement du Québec est une condition essentielle pour créer des environnements favorables à la santé. Le présent mémoire comporte trois chapitres. Le premier situe les enjeux de société que posent les habitudes alimentaires de la population et la santé environnementale. Le deuxième aborde les nombreux partenariats à construire avec le secteur de l agriculture et de l agroalimentaire. Ensuite, le troisième chapitre présente comment le secteur de la santé et de l agroalimentaire peuvent rendre les milieux de vie des Québécois favorables à une saine alimentation. 4 1. Les enjeux de santé publique liés aux habitudes alimentaires et à l environnement 1.1 L agroalimentaire et la santé L obésité et les maladies chroniques : une augmentation préoccupante Au Québec, comme dans plusieurs pays du monde, la prévalence de l embonpoint et de l obésité est en augmentation. Entre 1990 et 2004, le taux d obésité (IMC 30) chez les adultes est passé de 14 à 22 % 3. En 2004, 3 millions d individus de 18 à 74 ans présentaient un excès de poids (embonpoint et obésité). L Organisation mondiale de la santé (OMS) qualifie la situation mondiale d épidémie. Les problèmes de poids touchent non seulement les adultes mais aussi les enfants. En raison du problème d obésité, la génération d enfants que nous connaissons est la première qui vivra moins longtemps que ses parents depuis la Deuxième guerre mondiale 4. Les problèmes de poids sont associés à plusieurs maladies chroniques : le diabète, les maladies cardiovasculaires et le cancer. Les coûts associés au traitement des maladies chroniques et des problèmes de poids atteindront bientôt un tel niveau qu ils viendront amputer une part importante du financement de l État aux autres secteurs 5. Comment expliquer le gain de poids de la population? Plusieurs éléments sont en cause et d un point de vue de santé publique, ceux-ci vont bien au-delà des facteurs individuels que sont l hérédité, la consommation d aliments et la dépense énergétique. La responsabilité n est pas uniquement individuelle mais aussi collective. Une alimentation à améliorer Les données dont nous disposons sur les habitudes alimentaires des Québécois sont inquiétantes. Par exemple, chez les jeunes de 6 à 16 ans 6 : Une très faible proportion (6 à 11 %), consomme les portions minimales recommandées pour les quatre groupes d aliments du Guide alimentaire canadien ; Les sucreries, bonbons, croustilles, frites et boissons gazeuses et énergétiques contribuent, à eux seuls, à 22 % de l apport énergétique. L alimentation des jeunes n est donc pas équilibrée et on note des lacunes pour l ensemble des groupes du Guide alimentaire canadien. Près de la moitié de la population québécoise de 12 ans et plus ne consomme pas cinq portions de fruits et légumes par jour 7. Par ailleurs, le Québec et la Colombie-Britannique partagent la triste première position de l apport en sodium le plus élevé 8. Fait à noter, ce sont les aliments transformés (notamment les sous-marins, hamburgers, hot dogs, soupes) qui constituent la principale source de sodium dans l alimentation. 5 L insécurité alimentaire chez une part importante de la population Dans notre société d abondance, la faim existe toujours. Ce paradoxe étonne surtout quand on constate la variété et la quantité d aliments disponibles sur le marché. Les individus en insécurité alimentaire ont à jongler constamment avec l inquiétude de ne pas avoir assez d argent pour se nourrir, certains doivent avoir recours sur une base régulière à de l aide alimentaire d urgence. L abondance alimentaire côtoie les problèmes d insécurité alimentaire. Au Québec, ce sont les problèmes reliés à l accès physique et économique aux aliments qui dominent, compromettant la qualité et la variété. Les ménages à faible revenu achètent significativement moins de fruits et de légumes et de produits laitiers 9. Les aliments à forte densité énergétique seraient moins coûteux et donc plus accessibles pour les populations à faible revenu 10. La fréquence de l obésité est plus grande chez les individus qui bénéficient d un plus faible revenu comparativement au groupe de revenu supérieur (18 % comparativement à 12 %) 11. Un plan d action à mettre en œuvre Le Plan d action Investir pour l avenir découle d une collaboration entre sept ministères (dont le ministère de l Agriculture, des Pêcheries et de l Alimentation du Québec) et trois organismes. Des actions ont été identifiées pour réduire les problèmes de poids, améliorer les habitudes alimentaires et le niveau d activité physique au sein de la population. Il y est clairement énoncé que tous les acteurs de la chaîne bio-alimentaire ont un rôle à jouer pour rendre les choix alimentaires sains plus faciles. Plusieurs actions interpellent directement le secteur agroalimentaire. On prévoit également une Politique québécoise en alimentation et nutrition qui prendra en compte les enjeux liés à l alimentation tout en tenant compte des plus récentes recommandations en matière de nutrition. En 1977, le ministère des Affaires sociales du Québec s est doté d une Politique québécoise en matière de nutrition ayant pour objectif d améliorer la santé grâce à l acquisition de saines habitudes alimentaires 12. Nous sommes d avis qu il est temps de réactualiser cette politique en y intégrant les enjeux liés à l alimentation. L OMS recommande un virage important de politiques sectorielles en nutrition vers des politiques intégrant le secteur de la nutrition et de l agroalimentaire. Les pays européens sont en mouvance pour adopter cette approche. Le Québec pourrait être un chef de file sur le continent américain. Les experts en santé publique sont d avis qu une des conditions les plus importantes dans la lutte contre l obésité dans les prochaines années sera la capacité des gouvernements à consolider les partenariats avec la filière agroalimentaire. Il nous faut poursuivre dans cette direction et déployer les actions en renforçant les alliances déjà existantes. 6 1.2 Les pratiques agricoles et la santé environnementale : précaution et prudence Impacts environnementaux des activités agricoles Bien qu elles soient indispensables pour nourrir notre population, force est de constater que les activités agricoles peuvent aussi entraîner des impacts négatifs sur l environnement et, par voie de conséquence, sur la santé humaine 13. Il faut notamment craindre les conséquences des productions agricoles intensives, qu elles soient de nature animale ou végétale, à l égard des risques potentiels liés à la contamination des sources d eau destinée à la consommation humaine, contamination de nature chimique (nitrates, pesticides ) ou bactériologique. Soulignons à cet égard que la prolifération, observée ces dernières années, des algues bleu-vert (cyanobactéries) due à l eutrophisation de nombreux lacs et cours d eau du Québec, représente maintenant une menace à la santé publique 14. Les pesticides en agriculture L utilisation abusive des pesticides 27 en agriculture est aussi un enjeu important, aussi bien à l égard de l environnement que de la santé. Certains effets négatifs sont de plus en plus mis en évidence et de nombreuses incertitudes demeurent, notamment en ce qui concerne les effets à long terme de certains pesticides pour des groupes plus sensibles de la population. Par conséquent, il est souhaitable de réduire ces risques encore davantage, en privilégiant des méthodes agricoles nécessitant le moins de pesticides possible, soit seulement «en dernier recours». Antibiotiques et hormones de croissance en production animale L utilisation des antibiotiques et d hormones de croissance en production animale sont des sujets préoccupants et soulèvent la controverse. L utilisation d antibiotiques comme facteurs de croissance chez les animaux d élevage constitue une problématique de santé publique, surtout du point de vue de l antibiorésistance (génération de bactéries résistantes aux antibiotiques). Par ailleurs, le recours aux hormones anabolisantes dans la production animale soulève également un questionnement bien légitime, considérant que de telles hormones sont interdites par la Communauté européenne pour des raisons de protection de la santé humaine. Pour une agriculture durable Les agricultures québécoises sont très diverses dans leurs pratiques et leurs impacts sur le territoire. Si certains choix techniques montrent des effets bénéfiques, d'autres présentent néanmoins des niveaux élevés d'impacts négatifs sur l environnement et la santé. À cet égard, les attentes exprimées aujourd hui envers les producteurs agricoles par la société québécoise s'orientent nettement vers la qualité, le respect de l'environnement et la protection de la santé du consommateur : la notion d agriculture durable s impose donc et est devenue incontournable au Québec. 7 2. L agriculture et l industrie agroalimentaire : miser sur les partenariats Les enjeux de santé liés à l agriculture et à l agroalimentaire incluent mais vont bien audelà de la salubrité des aliments. Les habitudes alimentaires sont un déterminant important de la santé et du bien-être. Les politiques agroalimentaires peuvent avoir des impacts positifs sur la santé de la population. On peut citer à titre d exemple la Carélie du Nord, une province finlandaise, qui a modifié sa politique agroalimentaire du lait et conséquemment, la composition des aliments disponibles a été améliorée. Cela a eu pour effet bénéfique de diminuer de façon significative le taux annuel de mortalité attribuable aux maladies cardiovasculaires, et ce, sans nuire à l industrie agroalimentaire Une production favorisant la santé des agriculteurs et des consommateurs Premier maillon de la chaîne bioalimentaire, la production est un secteur important au Québec. Constamment appelé à se moderniser, ce secteur doit répondre au libre-échange et aux pressions de la mondialisation. De plus, les enjeux de santé environnementale préoccupent grandement les producteurs. Ce secteur doit s adapter aux demandes du consommateur qui sont en constante évolution. Le consommateur a aujourd hui des attentes spécifiques, il recherche les produits du terroir et des aliments biologiques, équitables et «santé» 16. Ces exigences grandissantes imposées par la mondialisation et par les attentes des consommateurs deviennent parfois source de stress voire de détresse psychologique chez l agriculteur La santé mentale des agriculteurs La Commission a soulevé, dans son document de consultation, plusieurs enjeux d importance par rapport aux réalités vécues par les producteurs : «La santé financière précaire des fermes, les taux d endettement, les niveaux importants de stress vécus par les familles agricoles ainsi que les problèmes de relève font partie des problématiques fréquemment soulevées 17.» La détresse psychologique des agriculteurs du Québec a été identifiée comme une priorité pour l Union des producteurs agricoles (UPA) 18. La situation au Québec est particulièrement préoccupante. En effet, une étude comparant les taux de suicide chez les exploitants agricoles à ceux de l ensemble de la population masculine canadienne révélait que pour le Québec, les taux de suicide chez les agriculteurs étaient plus élevés que dans la population générale 19. Cette situation diffère de celle des autres provinces canadiennes. Par ailleurs, il est inquiétant de constater que les agriculteurs utilisent peu les ressources d aide psychologique disponibles 20. Dans la Politique nationale de la ruralité , le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a ciblé deux mesures qui appellent au partenariat, soit «Soutenir l organisation des services et des interventions auprès des familles agricoles, notamment les interventions liées à la détresse psychologique. Poursuivre le soutien au développement des communautés en milieu rural par des interventions en action communautaire et celles du Réseau québécois des Villes et Villages en santé 21.» Nous réitérons cet engagement devant la Commission aujourd hui. 8 De plus, il nous semble incontournable de revaloriser la profession d agriculteur ainsi que les aliments produits au Québec. Mettre en valeur les produits québécois et rapprocher les citoyens des producteurs sont des moyens concrets à considérer. Par ailleurs, nous sommes conscients qu il peut exister des barrières à l utilisation des services d aide disponibles. Il faut les reconnaître et y remédier. Les agriculteurs pourraient être appelés à se prononcer sur les moyens pour adapter l offre de service à leurs besoins plus spécifiques La santé environnementale L utilisation des pesticides en agriculture : une approche de prudence Plusieurs études 22 ont été réalisées au Québec, notamment par l Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), concernant les risques à la santé dus aux pesticides. La plus récente portait sur l exposition aux pesticides chez les enfants québécois 23 et démontrait que ces derniers étaient parmi les plus exposés en comparaison aux enfants américains et européens. Même si les auteurs concluaient que, de manière générale, les risques à la santé semblaient faibles, ils notaient que «la prudence demeure de mise et justifie la promotion des mesures de rationalisation de l usage des pesticides et de diminution de l exposition». Par ailleurs, les résultats de cette étude indiquent une source d exposition autre que l usage extérieur pour des activités horticoles et l hypothèse d une exposition via les résidus dans l alimentation apparaît la plus probable. Par ailleurs, l INSPQ, le MAPAQ, et le ministère du Développement durable, de l Environnement et des Parcs (MDDEP) ont développé un Indicateur de risque des pesticides du Québec (IRPeQ) 24. Il s agit d un outil de diagnostic et d aide à la décision conçu pour optimiser la gestion des pesticides. Il comprend un volet santé (IRPeQ-santé) et un volet environnemental (IRPeQ-environnement). Cet outil résulte de la comparaison d indicateurs de risque des pesticides mentionnés dans la littérature scientifique. L IRPeQ permet aussi de faire un suivi spatial et temporel des risques liés à l utilisation des pesticides. Dans un contexte de lutte intégrée, il met en perspective les risques associés aux pesticides tout en favorisant l identification de solutions pour réduire ces risques. Il est un outil novateur dont les nombreuses applications fourniront une information nouvelle pour une gestion toujours plus responsable des pesticides au Québec dans une perspective de développement durable. À cet égard, l agriculture biologique est une avenue intéressante pour la production d aliments sains. Par contre, les coûts à l achat sont souvent plus élevés, ce qui peut en réduire l accessibilité. Par ailleurs, il nous faut sensibiliser le consommateur à l importance de consommer d abord des fruits et des légumes, peu importe qu ils soient biologiques ou non et en faciliter l accès. NOUS RECOMMANDONS que soient privilégiées des méthodes agricoles nécessitant le moins de pesticides possible, et une utilisation rationnelle de ces produits en ayant recours à l Indicateur de risque des pesticides du Québec (IRPeQ). 9 L utilisation des antibiotiques en production animale Le principal risque lié à l utilisation des antibiotiques en production animale est le phénomène de «l antibiorésistance» c est-à-dire que l administration abusive d antibiotiques peut générer des souches de bactéries résistantes aux antibiotiques tant au niveau des animaux que de l humain par une réaction croisée. Les producteurs agricoles utilisent des antibiotiques dans trois types de circonstances : en thérapeutique : lorsque l animal souffre d une infection ; en prophylaxie : lorsque l on craint la transmission d une infection à tout le troupeau ; comme facteur de croissance : soit au début de la vie des animaux, pour une période déterminée. Cette dernière utilisation est la
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