La France, d'où est parti le «non» au référendum, paraît

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La France, maillon faible de l'europe, tremplin pour une autre construction Yves Dimicoli La France, d'où est parti le «non» au référendum, paraît particulièrement vulnérable dans la conjoncture actuelle.
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La France, maillon faible de l'europe, tremplin pour une autre construction Yves Dimicoli La France, d'où est parti le «non» au référendum, paraît particulièrement vulnérable dans la conjoncture actuelle. La croissance attendue pour 2005 n'est plus désormais que de 1,5% au maximum, alors même que le chômage officiel dépasse les 10%, à 10,2%, et que la part des salariés à temps partiel, largement subi, a atteint 17,4% en 2004 contre 17,2% un an plus tôt. Au cœur de cette langueur de la croissance, les activités industrielles restent faibles. En avril, la production manufacturière a connu un petit sursaut de 0,5% par rapport à mars, mais après une chute de 0,7% ce mois-là. Mais comme le secteur de l'énergie a enregistré une baisse de 4,8%, l'indice global de la production industrielle a chuté de 0,3%. Echanges extérieurs : inefficacité croissante de l offre productive Le déficit commercial s'est de nouveau creusé au cours du mois d'avril dernier atteignant désormais 3,2 milliards d'euros, soit 1 milliard de plus qu'en mars. Le solde des échanges de la France avec le reste du monde s'affiche aussi dans le rouge pour le onzième mois consécutif. Depuis le début de l'année le trou atteint 8,6 milliards d'euros, alors qu'en 2004, à la même période, la France dégageait encore un petit excédent de 177 millions d'euros. L'appartenance de la France à la zone euro lui permet de ne pas avoir à s'ajuster par une dévaluation de la monnaie nationale. Mais cela ne signifie pas pour autant qu'il n'y a pas effort d'ajustement. Il porte sur les facteurs réels de la production, à commencer par l'emploi et le coût salarial. En fait, en France, comme ailleurs dans l'union européenne, la mobilité des salariés et des populations est faible, pour des raisons structurelles et culturelles, alors que celle des capitaux a été rendue totale. D'où un ajustement par le chômage et la déflation salariale, en cas de déficit extérieur permanent, mais aussi par les délocalisations et faillites. Simultanément la sélectivité des conditions de crédit se durcit, en liaison avec la dégradation des notations financières dans les bassins et régions les plus en difficulté. L'euro actuel, en faisant disparaître le risque de change, a encouragé, en réalité, les comportements les plus réactionnaires et antinationaux des grandes entreprises. Il a rendu en fait «indolore» macro-économiquement les sorties de capitaux, devenues absolument massives, et les déficits de paiements qui en résultent. Ceux-ci, en effet, ne peuvent plus être sanctionnés par une dévaluation de la monnaie nationale. L euro, conçu comme monnaie unique, a envenimé l'obsession de la baisse des coûts salariaux dans les gestions d entreprises et incité à placer en Bourse les profits supplémentaires rendus ainsi disponibles. Simultanément c'est l'encouragement aux prises de contrôle par l'étranger des entreprises françaises. Cette «douce négligence» que permet l'euro à la France vis à vis de son déficit extérieur modifie aussi les rapports de forces au sein de cette zone monétaire. En effet, les capitaux y circulent automatiquement des pays excédentaires vers les pays déficitaires. Mais la zone euro dans son ensemble tend à conserver un excédent extérieur grâce à l'énorme surplus commercial de l'allemagne qui finance les déficits extérieurs des autres pays de la zone euro présentant eux un déficit, la France en particulier. Mais cela se fait comme on l'a vu, au prix d'un chômage massif et d une croissance gravement entravée, y compris en Allemagne, tandis que les entreprises allemandes rachètent à tour de bras des entreprises en difficulté passagère dans l Union européenne, en France notamment. Face à une telle évolution, on peut se demander s il n'y aurait pas un besoin accentué pour certains intérêts capitalistes français à jouer un couplage dominé avec les capitalistes allemands? Et cela n'eut-il pas été facilité par l'adoption du projet de Traité constitutionnel face à un Royaume-Uni demeurant hors zone, dans le rapport particulier que l'on sait avec les États-Unis? L échec du Traité constitutionnel ne prend-il pas ainsi à rebours toute une stratégie de capitulation de la grande bourgeoisie française visant, dans un certain type d union politique de l'europe, à un partage de domination avec les capitaux allemands? Et dans quelle mesure l'échec de cette tentative, sans alternative, donne-t-elle des marges au Royaume-Uni pour faire avancer une vision de l'europe plus propice à une domination américaine et à l'euro-dollar? La présidence de l'union européenne assurée, à partir du 1er juillet jusqu'au 31 décembre prochain, par le premier ministre britannique, T. Blair, pourrait se présenter ainsi comme un vrai défi. On mesure alors l'importance de solutions alternatives dépassant cette double option anti-coopérative, anti-sociale, anti-nationale, et anti-européenne en réalité. Cela pose bien sûr la question rémanente d'une autre orientation de l'euro et de la BCE, et inséparablement d'une responsabilisation sociale, territoriale et culturelle des grandes entreprises, le tout associé à un essor de luttes convergeant jusqu à imposer de profonds changements dans les politiques gouvernementales et leur coor- 10 ECONOMIE ET POLITIQUE MAI-JUIN 2005 LA MONTÉE DU DÉFICIT DU COMMERCE EXTÉRIEUR Deux faits inquiétants se conjuguent : 1) Du côté des exportations, les ventes à l'union européenne se contractent à nouveau et passent en deçà de leur niveau moyen de l'année Or la France réalise les deux tiers de ses exportations vers l'union européenne. 2) Du côté des importations, la progression ne provient pas seulement des pays à bas coûts salariaux. Elle provient aussi d'allemagne, d'espagne et d'italie. La France semble en effet désormais perdre des parts de marché au bénéfice de pays qui sont dans la zone euro même. Le rapport sur les comptes de la nation 2004 révèle un certain nombre de choses significatives (1) : a)- Malgré la reprise des exportations fin 2003 et début 2004, la dégradation du solde du commerce extérieur de la France s'est accélérée l an dernier. En deux ans, ce solde qui avait été systématiquement positif depuis sauf en 2000, année de forte hausse du prix du pétrole - a quasiment disparu. Tous les postes sont concernés. À l'origine de cette dégradation d ensemble, il y a le recul du taux de couverture en volume, alors que l'évolution des prix a globalement atténué de 1 milliard d'euros environ la diminution des soldes en valeur, malgré la croissance du prix du pétrole, la France ayant bénéficié à nouveau d'une amélioration des termes de l'échange sur les produits manufacturés. b)- Sur l'ensemble de 2004, les exportations en volume ont augmenté bien moins rapidement que le commerce mondial, deux facteurs ayant particulièrement joué : Une orientation géographique laissant peu de place aux marchés en forte croissance, asiatiques notamment. Des pertes de parts de marché révélant des problèmes de compétitivité et d'efficacité. Depuis la fin 2000 le volume des exportations évolue moins favorablement que celui de la zone euro. À l'opposé, l'allemagne, depuis cinq ans, voit ses exportations progresser plus rapidement que celle de la zone euro. De fin 2000 à fin 2004, le décalage cumulé d évolution entre les exportations allemandes et celles de la zone euro a atteint 7%, mais il est proche de 15% avec les exportations françaises. Il est significatif de constater que, de 2000 à 2004, le commerce mondial a augmenté en moyenne de 4,6% par an en volume, tandis que la demande adressée à la France n'a augmenté que de 3,5%. La différence marquante des évolutions entre la France et l Allemagne tient notamment au fait que la structure productive de cette dernière, spécialisée sur les biens d équipement, répond beaucoup mieux à la demande des pays émergents, Europe de l est et Chine, engagés dans un vaste effort d industrialisation ou de conversion industrielle. c)- En 2004, les importations françaises ont progressé davantage que celles de ses partenaires européens : 6,9% en volume après environ 0% en Cela dépasse de 1% les importations de l'allemagne et de la zone euro. On notera ici particulièrement la vive poussée des importations de produits manufacturés (+8,1 % en 2004 après 0% en 2003). La dégradation des échanges de biens est au cœur de cette dynamique régressive. Elle s est encore accentuée début Selon la Banque de France, «en rythme annualisé sur les quatre premiers mois, [ le déficit commercial] atteint 26 milliards d euros, alors qu il était de 9 milliards d euros pour l année 2004 ; hors énergie, le solde de l année 2004 était excédentaire de 20 milliards, sur les quatre premiers mois de 2005, il ne l est plus que de 10 milliards, en rythme annualisé» (2). Tout se passe donc comme si la progression de la demande intérieure pour les produits manufacturés conduit, en France, à une forte hausse des importations et non de la production intérieure. On mesure alors combien une politique traditionnelle de soutien de la demande, par les salaires et les importations serait inefficace. Le taux de change de l'euro par rapport au dollar, bien évidemment, a joué un rôle dans cette affaire, notamment parce que nombre d'importations françaises proviennent de pays de la zone dollar, accentuant la pression aux délocalisations de productions vers cette zone qui inclut la Chine. Cependant, on ne peut pas penser que la seule dépréciation de l'euro soit suffisante et encore moins efficace pour résorber le déficit extérieur. En effet cela s'opposerait aux orientations de la BCE et à sa sacro-sainte «stabilité des prix» qui serait rudement mise à mal par l envolée du coût des importations de pétrole et de produits raffinés payés en dollars, d'un côté, et à la compétitivité des exportations américaines de l'autre qui chercheraient à riposter. Surtout, ce n'est pas le change, à lui seul, qui va permettre de corriger l insuffisance des qualifications et des salaires, l insuffisance de l effort de recherchedéveloppement et d'efficacité productive, d'autant plus que 62 % des importations de la France proviennent de l'union européenne à vingt-cinq. Y.D 11 ECONOMIE ET POLITIQUE MAI-JUIN 2005 dination. Quoi qu il en soit, on peut mesurer l échec et l impasse que constituent, pour l efficacité des productions françaises, les politiques de baisse du coût salarial de l emploi, via particulièrement les exonérations de cotisations sociales patronales. Développées depuis 1993, systématiquement, par tous les gouvernements en alternance, elles ont contribué à l explosion de la précarité et des bas salaires avec leur cortège d insuffisance de production efficace, de demande solvable et de qualifications. Cette politique n empêchera donc jamais les délocalisations jouant sur les différentiels de coûts salariaux. Au contraire, elle les encourage en déprimant la demande intérieure française et européenne. Les exonérations de charges sociales patronales, par contre, augmentent la part des profits dans la valeur ajoutée, le gros de ces profits étant alors affecté à une croissance avant tout financière. Le rôle prédateur des grands groupes La quasi stagnation de l emploi dans un contexte d accélération de l activité a permis aux entreprises de dégager des gains de productivité considérables de 1,6% contre 0,3% en moyenne au cours des cinq années précédentes (3). Les résultats d exploitation se sont accrus de plus de 5,5% en valeur en 2004, malgré la hausse du prix de l énergie. Les groupes ont continué d accorder la priorité à la réduction de leur endettement malgré des baisses de taux d intérêt. Mais les autres catégories d entreprises, elles, ont accru leur dette. Au total, les sociétés non financières ont vu leur dette croître de 4,5%, plus que leur valeur ajoutée. Cependant, malgré la hausse du stock d endettement en 2004, le poids des charges financières a baissé de 1%, traduisant le recul des taux d intérêt. Des profits records Avec les gouvernements à direction socialiste elles ont servi, prétendument, à accompagner la baisse de la durée du temps de travail et faciliter l insertion dans l emploi des moins qualifiés. Avec les gouvernements de droite elles servent, tout aussi prétendument, à permettre aux entreprises de faire face à la pression concurrentielle des productions provenant des pays à bas coût salarial et, ainsi, nous dit-on, à répondre au défi des délocalisations. En réalité cette politique n a fait que chercher à adapter le «facteur travail» à la libre circulation des capitaux et à la rigidité de la politique monétaire unique pour maintenir un euro «fort». La dévalorisation du «coût du travail» par emploi a ainsi remplacé la dépréciation du taux de change de la monnaie nationale pour gagner en compétitivité. Mais cela a conduit à nous affaiblir structurellement dans le domaine des technologies informationnelles. Celles-ci exigent, en effet, des salariés qualifiés, se formant tout le long de la vie pour être capable de traduire en productions nouvelles efficaces les résultats des recherches, et disposant donc de salaires élevés. Aussi, cette politique a contribué à renforcer les dominations des Etats-Unis dans ce domaine, à réduire l effort de recherche-développement des entreprises en France et à encourager, en réalité, les exportations de capitaux Outre-Atlantique. Simultanément, les baisses répétitives de coût salarial de l emploi ne permettront jamais à un pays comme la France de produire à des coûts aussi bas que la Chine ou l Inde. Dans ce contexte, le revenu disponible des entreprises non financières a affiché une progression de 7%, soit la plus forte hausse depuis 1998 (4). L année 2004 aura été une année de profits records. Pour les sociétés du CAC-40, ils ont atteint 60 milliards d euros contre 35 milliards en 2003 (5). Le gros de cette manne est affecté à une croissance purement financière. C'est l'explosion des dividendes d'abord : les entreprises ont reversé plus de 40% de leur excédent brut d'exploitation à leurs actionnaires sur la période , contre 31% en moyenne sur la période Les revenus nets distribués atteignent 7,1% de la valeur ajoutée contre 6,5% en On assiste aussi à des rachats croissants, par les entreprises cotées, de leurs propres actions pour en accroître le rendement financier et en soutenir les cours en Bourse. Et enfin, une part considérable des profits part à l'étranger sous forme de revenus d'investissement, d'investissements directs à l'étranger ou de placements. Plus de la moitié des actions des grands groupes français sont détenus par des investisseurs étrangers. La ruée vers l étranger : délocalisations et exportations de capitaux C est ainsi, d ailleurs, que la France arrive au deuxième rang des 30 pays de l OCDE pour les sorties nettes d investissements directs à l étranger (6) : avec 317 milliards de dollars cumulés de 1995 à 2004, elle se trouve juste derrière le Royaume-Uni (404), mais devant le Japon (223,5), l Allemagne (54,3) et les Etats-Unis (50,2). Sur cette période, la France a exporté pour 673 milliards de dollars en inves- 12 ECONOMIE ET POLITIQUE MAI-JUIN 2005 tissements directs à l étranger, massivement vers les Etats- Unis, quand elle n en importait que 356 milliards de dollars. L Allemagne, quant à elle, a exporté 429,8 milliards de dollars sur la période, surtout en Europe sans doute et en Asie, et en importait 375,5 milliards de dollars. La France est bien devenue l un des grands malades de l Europe, la destruction d emplois et les sacrifices imposés aux salariés, chômeurs et retraités, par les groupes notamment, se traduisant, telle une plaie infectée et béante, par un écoulement croissant de capitaux vers l étranger. Les grands groupes ont une responsabilité considérable dans cette fuite en avant qui dévitalise le pays et l Europe ainsi que le confirme une étude récente de l INSEE. L investissement et la recherche en France patinent Globalement on a assisté à une reprise modeste de l investissement matériel, après la stagnation de 2003 (0,1%) et le recul de 2002 (-2,9%). Mais cette reprise semble s'être essoufflée dès le deuxième trimestre En réalité depuis la mi-2003, l'investissement des entreprises a augmenté à peine plus que la demande. Aujourd'hui, malgré une reprise des commandes, les capacités de production paraissent globalement suffisantes. Les entreprises privilégient toujours le remplacement des équipements obsolètes (modernisation du parc informatique en particulier). Il est important ici de relever le rôle joué par les prix, le taux d'investissement en volume apparaissant au dessus de sa moyenne de longue période (à 17,3% contre 16,5% entre 1978 et 2004), tandis qu'il demeure très en deçà en valeur ( à 18,6% contre 19,4%). Cela signifie qu une part croissante des biens d équipement voient leurs prix diminuer, notamment pour ce qui concerne les matériels informatiques ou de communication. Enfin, et cela complète le tableau d ensemble, on constate un recul des dépenses de recherche. Les dernières données disponibles reprises par Carole Deneuve (7) concernent 2002 et En 2003, les entreprises françaises auraient dépensé 21,2 milliards de dollars soit un recul de 2,7% par rapport à Les dépenses de R&D ne représentaient que 13,6% de la FBCF (8) en 2003 et, encore, le financement public y intervenait pour les sept huitièmes. Les entreprises françaises n auraient donc consacré que 2% de leur valeur ajoutée à la R&D en 2003, ce qui est dérisoire. L emploi trinque La responsabilité des entreprises, notamment dans l'industrie où l'emploi a diminué de postes au cours des trois années écoulées, est donc considérable. Mais il faut bien constater que, désormais, l hémorragie d emplois dans les secteurs industriels n est plus compensée par une création suffisante d emplois dans les services. La diffusion des technologies informationnelles, couplée à la recherche obsessionnelle de gains de productivité apparente du travail sous pression des marchés financiers, explique cette évolution, y compris dans les services non marchands : entre le quatrième trimestre 2003 et le quatrième trimestre 2004, l emploi a augmenté de temps complets dans les branches marchandes (après RESPONSABILISER SOCIALEMENT ET TERRITORIALEMENT LES GROUPES Une étude toute récente de l'insee estime qu'«environ emplois industriels auraient été supprimés en France et délocalisés à l'étranger entre 1995 et 2001, soit en moyenne chaque année» (13). Sans doute cette moyenne a-t-elle beaucoup augmenté depuis. L'étude indique : «globalement, les groupes ou entreprises indépendantes de plus de 500 salariés représentent moins de la moitié de l'emploi industriel, mais plus des deux tiers des emplois délocalisés (...) les plus grands groupes, employant plus de 5000 salariés en France, représentent (...) à eux seuls plus de la moitié des emplois délocalisés» (14). Sur la période , dix grands groupes représentent à eux seuls près du quart des emplois supprimés dans le cadre d'une présomption de délocalisation. Les délocalisations - sur la période considérée - seraient plus nombreuses à destination des pays développés, notamment les pays limitrophes de la France et des Etats-Unis. Et, dans ce cas, cela concerne une main d œuvre qualifiée et la restructuration de grands groupes multinationaux. C'est dire l'importance de l'organisation systématique de batailles sur le chantier «sécurisation des parcours professionnels» du projet de Sécur
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