Les causes de la crise : les responsabilités que nous considérons partagées par tous

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Comité de médiation Le 15 mars 2011 Voici quelques éléments de réflexion en complément du document distribué pour l AG. Ce texte n est bien sûr pas définitif, mais évolutif en fonction des échanges qui
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Comité de médiation Le 15 mars 2011 Voici quelques éléments de réflexion en complément du document distribué pour l AG. Ce texte n est bien sûr pas définitif, mais évolutif en fonction des échanges qui se poursuivent avec les personnes impliquées qui le souhaitent Patrice Bouveret, Monique Guittenit, Hervé Ott Les causes de la crise : les responsabilités que nous considérons partagées par tous Intro : une galère sans gouvernail Cette partie est pour donner un éclairage sur la dynamique d une institution qui n avait plus de repères : au lieu de chercher à «inculper» et à «disculper» il vaut mieux reconnaître que tout le monde était embarqué dans une galère sans gouvernail. Dans cette histoire, il y a eu, en toute bonne foi de chaque côté, beaucoup d incompétences et de maladresses, beaucoup de souffrance refoulée, beaucoup de transgressions inconscientes (confusion entre statut de salarié et de militant) et de transgression formelles (agressions, manipulations) mal ou pas du tout recadrées. 1) En arrière-plan, la question de la «démocratie» Au cœur de ce terreau, il nous faut citer le référentiel «démocratie» au sein du Réseau : il y a des divergences profondes qui se sont exprimées sur la légitimité ou non de telle décision. Il nous faut d abord apporter quelques précisions. «Le nœud du problème est un problème de démocratie qui a été bafouée. / C est une question de respect de la démocratie, de confiance perdue.» «Quelle démocratie voulons nous au réseau? Une soit disante démocratie participative? ou bien une démocratie transparente qui autorise la liberté de penser différemment et l écoute de celui qui pense et parle différemment?» La question est assez bien posée, mais la réponse sous-entendue est biaisée car elle suppose que ce sont les autres et les autres seulement qui sont coupables d un déni de démocratie. La notion de démocratie renvoie à celle de souveraineté : en démocratie, la souveraineté appartient au peuple (il faut donc définir qui fait partie du peuple?), c est lui qui a le pouvoir, disons, ultime. La démocratie stipule que la collectivité vit sous la loi qu elle s est donnée et qu elle peut modifier quand elle le veut. Pour empêcher l avènement d un régime de Terreur, cette «autonomie de la collectivité» doit cependant être équilibrée par une «autonomie de l individu». La démocratie dans les associations : La loi 1901, qui autorise la possibilité de s associer «dans un but autre que de partager des bénéfices», légifère uniquement sur la liberté d association, pas sur les modalités de son fonctionnement : elle définit très peu de contraintes et surtout pas de mode de «gouvernance» interne. Les «statuts» sont souvent copiés sur un modèle préfectoral qui n a aucune valeur d obligation. La notion de «vote», pour les prises de décisions ou les élections, est une modalité particulière de cette gouvernance, de l exercice de la souveraineté, du «pouvoir» des individus. Mais elle n a aucun fondement «légal», c est une convention culturelle! La prise en compte ou la reconnaissance de cette souveraineté est donc directement proportionnelle au nombre de voix nécessaires pour valider une décision dite «démocratique» : des décisions prises par des majorités dites «qualifiées» et fortes, qui plus est par «consensus», sont certainement plus «démocratiques» que celles prises par seulement 51 % des représentants du «peuple». Le «pouvoir» est avant tout un «pouvoir décider» en groupe. Il y a au moins trois modalités de «pouvoir décider» : je peux décider à la place des autres (monopole), pour les autres (par délégation de pouvoir d en haut, hiérarchie, par délégation d en bas, élection), avec les autres (par délégation de responsabilité, partage équitable). Toutes ces formes d organisation du «pouvoir» et la nécessaire formalisation de ses limites, servent à réguler les capacités «d influence» des individus ou sous-groupes / lobby (avec toutes les dérives possibles de manipulations par l argent, la propagande médiatique que l on connaît) Dans un vote majoritaire à 51 % des voix, l influence potentielle d une minorité est donc plus grande que dans une décision à majorité qualifiée à 66,80 % ou au consensus! Une véritable démocratie serait une démocratie où les décisions sont prises par consensus, en tenant compte de tous les avis. Que ce soit difficile (c est surtout une question de culture!) est une chose, que le contournement de cette difficulté soit qualifié de «démocratique» en est une autre! Par contre si on a accepté cette règle prétendument «démocratique», il ne faut pas ensuite, lorsqu on se retrouve «minoritaire», accuser les «vainqueurs» de complot et refuser les résultats. Il est vraiment surprenant qu une organisation comme le réseau qui témoigne par ailleurs de tant de créativité soit tant à la traîne dans ses pratiques «démocratiques». Et, si «une démocratie transparente» est celle qui «autorise la liberté de penser différemment et l écoute de celui qui pense et parle différemment», il faut bien reconnaître que dans cette histoire, il n y a pas eu véritablement d écoute de celui qui pense et parle différemment. Il n y a pas eu d écoute, ni de la minorité au sein du CA, ni de la souffrance vécue par les salariés, ni des recommandations au CA provisoire élu lors de l AG de février 2010 de ne pas licencier le porte-parole, etc. Cette remarque permet d affirmer qu il y a certainement un grand chantier à ouvrir dans le Réseau pour clarifier les présupposés idéologiques et leurs conséquences autour de cette notion de «démocratie» qui sert trop souvent à masquer des enjeux beaucoup plus complexes de rivalité idéologique. On n a peut-être non plus pas mesuré complètement les dérives qui peuvent résulter de l élection d individus ne représentant qu eux-mêmes, sans avoir précisé les compétences requises, alors qu ils vont, au CA par exemple, devoir assumer des responsabilités lourdes et complexes dans le milieu militant comme celle par exemple d employeur! 2) La question de la bureaucratisation S il y a eu un «coup de force», un «putsch» disent les uns, c est à cause de la «bureaucratisation» du Réseau et notamment dans son pôle de permanents salariés qui a pu prendre le pouvoir : «On a laissé se développer un pôle salarié de façon trop importante en un endroit avec tous les moyens, donc forcément efficaces et rapides en apparence et ils ont fini par prendre le pouvoir». Ce ne serait pas faute d avoir été interpellé à plusieurs reprise «sur le poids et la place croissante et décisionnelle du pôle salarié de Lyon, sur le déséquilibre entre CA et salariés. Pour des causes multiples (professionnalisme des salariés, manque de temps, hétérogénéité inévitable du CA...) le poids de Lyon s est accru en même temps que l esprit d entreprise l a emporté peu à peu sur l esprit associatif. C est la mise en place d un phénomène bureaucratique bien connu, maintes fois analysé». Dont acte : le Réseau dans son ensemble n a pas su aborder cette question. Mais est-ce l esprit d entreprise qui l a emporté ou la logique des rapports de force à construire pour devenir un lobby puissant? Personne n a encore trouvé la quadrature du cercle pour fédérer quantité de groupes locaux et développer de l expertise sans rencontrer ce développement plus ou moins bureaucratique. Car c est peut-être le résultat d un mode de fonctionnement de l AG entre autre qui votait «motions» sur «motions» de projets à réaliser sans vérifier si les salariés étaient en capacité de tout réaliser. Alors sous la pression il a fallu mettre en place une organisation efficace. On peut entendre derrière ce que dénoncent le porte-parole et ses partisans une critique du pouvoir de fait produit par la technicité administrative et gestionnaire voir même «technocratique», depuis longtemps dénoncée par Jacques Ellul et d autres critiques de nos sociétés. Un processus de culpabilité chez les salariés n a-t-il pas joué? Imaginons un instant la réaction de l AG s ils avaient dit «on a trop de travail». Sans compter qu ils n ont peut-être pas su eux-mêmes mettre des limites entre leur fonction de «permanents salariés» et leur désir de rester des «militants». Cette confusion entre espace professionnel et espace privé-militant est partout la source de violents conflits. Il est tout à fait réaliste de considérer que la difficulté à travailler sur les enjeux de toutes ces questions, en plus des urgences à affronter et de la trop grande masse de travail à assumer, a pu provoquer un sentiment d impuissance et donc de laisser faire collectif. Parallèlement, les salariés ont reproché au CA de renoncer à jouer son rôle d employeur, de ne pas user du pouvoir qui était le sien, pour leur garantir un climat de sécurité. On était alors en plein paradoxe d un CA qui avait peur de la prise de pouvoir des salariés alors qu il était lui-même impuissant devant ce qui était dénoncé par les salariés comme des abus de pouvoir du porte-parole. Et si cette dénonciation d une «prise de pouvoir» des salariés masquait en fait une autre «prise de pouvoir» plus subtile et inconsciente dont la source remonte sans doute à un certain flou quant aux relations statutaires entre le porte-parole et le directeur? À la base des rivalités de «pouvoir», il y a un manque de clarification des limites attachées à l exercice des responsabilités au service du groupe (statut et contrat) et du pouvoir d arbitrage et de sanction confié à des instances reconnues. Il faut aussi revenir sur le vote de destitution du CA lors de l AG de février Selon le camp des destitués blessés elle avait été préparée à l avance, comme un «putsch». Certaines informations semblent confirmer cette réalité car le simple renouvellement prévu n aurait pas changé les rapports de force internes. Mais après tout cette motion faisait aussi partie du jeu «démocratique» en vigueur dans le réseau. La situation a été aggravée du fait que les promoteurs de cette motion ont de fait condamnés la faillite du CA et de son impuissance face à la crise déclenchée par la grève des salariés au lieu de convaincre l AG que le maintien du rapport de forces en son sein conduisait à une impasse, à un blocage institutionnel très dommageable à tout le réseau, ce qui est tout à fait différent. De fait la situation était complètement bloquée, chaque camp s arc-boutant sur son point de vue sans compromis possible. Il serait juste aujourd hui de reconnaître que les membres du CA de l époque étaient tout aussi engagés que ceux du CA d aujourd hui et que la motion de destitution ne visait pas leur travail mais l impasse dans laquelle tous les membres du CA étaient enfermés. Du coup la question du blocage n ayant pas été traitée, l AG avait confié une mission au CA provisoire de sortir de la crise sans licenciement du porte-parole. Il a outrepassé de fait sa mission, mais les motions demandant la réintégration du porte-parole lors de l AG de juin et même une motion demandant une médiation en vue d une réintégration n ont été rejetées que de justesse. 3) La question de la violence et de la non-violence - De la violence comme perception à la violence comme interdit. Toutes les personnes réagissent différemment par rapport à tel ou tel propos ou tel acte, parce que chacune en a une perception différente, par son histoire, son tempérament, ses blessures anciennes. Mais la loi affirme qu indépendamment de la perception que peuvent en avoir les personnes, tels actes ou propos sont tout simplement interdits parce que définis comme «violents» (ça commence avec l injure et la diffamation en privé). Dans les cas de harcèlement moral, il est bien difficile de définir si la perception de la personne qui se dit harcelée correspond à des actes réels, mais la loi donne un certain nombre de critères (sans doute encore trop restrictifs) pour le dire. Si telle ou telle personne estime qu elle a subie de la violence et qu elle ne peut obtenir réparation par des pratiques du style de la médiation, elle a parfaitement le droit de saisir la justice, seule instance habilité à dire le droit en s interposant comme tiers impartial. Devant la difficulté à obtenir réparation de la Justice, on peut choisir la vengeance (se faire justice à soi-même) : dès lors on retourne à la violence, c est la fin qui justifie les moyens. Cette attitude est beaucoup plus fréquente qu il n y paraît dans la communication quotidienne : se sentant blessé par un jugement ou une remarque, il est fréquent de retourner l attaque ou de «se» justifier. C est très probablement ce qui s est passé au niveau de la liste interne au CA et salariés politiques où un certain style de communication a fini par devenir trop violent, par provoquer de la souffrance laquelle a atteint des personnes et provoqué un «réflexe de corps» chez les salariés. Pour avoir lu comme tout le monde de nombreux messages échangés via Internet depuis la crise nous avons été frappés de constater qu ils sont probablement «hors-la-loi» parce qu ils contiennent de diffamation et d injures. Mais même avant d en arriver là il y a des formes de discours au sein du Réseau et de nombreuses organisations militantes qui manifestent déjà une sourde violence : les jugements sur les personnes («tu es»), les jugements de valeur («c est complètement nul»), les disqualifications («c est incroyable de dire/faire des choses pareilles!»), les procès d intention («c est clair que tu as voulu») et les procès de «mauvaise foi»! Comment se fait-il que toutes ces formes d expression (depuis l ironie qui est la forme violente de l humour, jusqu aux menaces en passant par toutes les degrés de dévalorisation, de disqualification et de dénigrement) aient été tolérées sans être dénoncées, alors que les mouvements militants sont à la pointe du combat pour dénoncer les propos racistes, sexistes, homophobes et autres? C est la démocratie qui a été minée à travers de telles pratiques. En laissant se développer une permissivité et une impunité de fond, la «non-violence» a été transformée en machine à produire de la passivité et de l impuissance! Le sentiment d «impuissance» face à des transgressions répétées parce que sous-estimées dans leur charge de violence ont ouvert la porte à des actions de «toute-puissance» en dernier recours ( «coup de force», «putsch»). NOTE : En droit la diffamation et l injure non publiques sont définies par les articles R621-1 et R621-2 du code pénal que tout citoyen de ce pays est sensé connaître et respecté. Article R621-1 : La diffamation non publique envers une personne est punie de l amende prévue pour les contraventions de la 1re classe._la vérité des faits diffamatoires peut être établie conformément aux dispositions législatives relatives à la liberté de la presse. Article R621-2 : L injure non publique envers une personne, lorsqu elle n a pas été précédée de provocation, est punie de l amende prévue pour les contraventions de la 1ère classe. 4) La souffrance exploitée ou la souffrance niée? Le non respect de ces règles provoque une accumulation de blessures qui vont se manifester sous forme d expressions «violentes», telles que les définies la Loi. La violence engendre de la souffrance et c est pourquoi la violence est hors-la-loi, indépendamment de la perception que peut en avoir la «victime» avérée. C est parce qu il y a eu un déni total de toutes les souffrances subies ou causées, de tous bords, que le conflit a pris une telle ampleur, a produit de tels ravages. Parce qu on est «militant», on n a pas le droit de «s épancher» sur sa souffrance, la lutte exige de renoncer à s écouter. Nous nous refusons, quant à nous, d opposer ces souffrances et de les hiérarchiser les unes par rapport aux autres, parce que nul ne peut juger de la souffrance d autrui. Mais combien de fois la souffrance tue est utilisée comme arme de culpabilisation! C est un classique de ce genre de conflit que d entendre «vous ne pouvez pas savoir ni comprendre ce que nous avons vécu» : effectivement si on refuse d en parler, l autre ne peut ni savoir ni comprendre. Certes la souffrance est une perception et il peut paraître «partisan» de mettre en avant celle des salariés sans tenir compte de celle de tous les autres bénévoles vilipendés ou celle du porte-parole : où et quand l ont-elle exprimée explicitement alors qu elle transparaît à travers tous les propos «vengeurs»? Ici ou là l expression de cette souffrance effleure dans les échanges : «Vous ignorez ce que nous avons vécu et a provoqué selon les cas, dépression, éloignement physique» ; «La confiance ne se décrète pas : cette crise a fait trop de dégâts, généré trop de souffrances, démoli certains militants.» Un conflit change de registre, subit une transformation radicale, à partir du moment où les protagonistes acceptent d exprimer leur souffrance et d entendre celle des autres, sans avoir besoin de se justifier ni d accuser. C est le propre de la médiation de faciliter cette expression. Et nous avons pu constater qu en écoutant les salariés qui ont bien voulu nous rencontrer, il y a eu des prises de conscience, l expression de regrets et de désir de renouer des relations avec tel ou telle. En fait, ce qui est difficile avec la souffrance, c est d abord de l exprimer comme perception, sans accuser les autres, de façon à ce qu elle soit audible même par les personnes qui l ont provoquée. C est ensuite de l écouter : comme la souffrance morale ou psychique est essentiellement faite de «peurs», elle requiert essentiellement de l empathie. Les «peurs» formulées se dissolvent dans l écoute bienveillante. Ce qui bloque la reconnaissance et la libération de la souffrance, des peurs de la personne qui souffre, ce sont les jugements, les dénis, les conseils qu elle provoque de la part des écoutants. La souffrance a d abord besoin d être entendue, reconnue, pas d être cautionnée. Le statut de «victime» conféré par un jugement permet de «déculpabiliser» : ce qu une personne a subi est véritablement interdit donc il est légitime qu elle ait souffert au-delà de ce qui est reconnu comme supportable! L empathie est cette capacité à entendre la souffrance des autres sans se laisser déborder par elle. Mais elle implique aussi une capacité à accueillir et assumer sa propre souffrance. Il est probable que de nombreux membres du Réseau n ont pas su accueillir avec empathie cette souffrance : non par mauvaise volonté mais par manque de compétence, par manque de formation! En arrière-plan de ce «déni» de souffrance partagée, il y a donc probablement une certaine culture militante. «Il faut être des guerriers, on est des durs» : ces propos ont été maintes fois entendus par les salariés. C est ce déni qui explique en partie que tant de militant/e-s ont fui les lieux de résistances trop souvent animés par des personnes qui sont dans le déni de leurs propres souffrances. L écoute consacrée aux salariés a aussi permis de mettre à jour une dynamique de la culpabilité : voir la souffrance de certains collègues et ne pas savoir résister à leur demande de signer la lettre a pu créer une émotion de honte. Nous nous permettons de formuler l hypothèse que ce processus de culpabilité pouvait aussi être à l œuvre au sein du CA et de l AG : certains de ses membres pouvaient être partagés entre la perception de la souffrance des salariés et leur impuissance à convaincre le porte parole de changer de mode de communication parce que le rôle de celui-ci leur semblait indispensable pour le réseau. C est cette impuissance partagée entre les deux «blocs» qui a durci les discours et les attitudes. Et il nous apparaît tout à fait crédible de penser que c est sur ce sentiment d impuissance qu ont germé les procès d intention. Là encore, il a manqué de compétence de confrontation respectueuse et convaincante pour faire cesser les transgressions. 5) Culpabilité ou responsabilité? La culpabilité inconsciente, pour y revenir, est un puissant réacteur de déni et de violence. Nous en voulons pour preuve les incompréhensions suscitées par notre invitation à la nécessaire «reconnaissanc
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