Les images récurrentes de femmes à l aube de la Renaissance :

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Les images récurrentes de femmes à l aube de la Renaissance : Les XXI Epistres d Ovide - Cynthia Brown La transmission française des Héroïdes s est effectuée à la fin du XVe siècle grâce à la traduction
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Les images récurrentes de femmes à l aube de la Renaissance : Les XXI Epistres d Ovide - Cynthia Brown La transmission française des Héroïdes s est effectuée à la fin du XVe siècle grâce à la traduction d Octovien de Saint-Gelais en Trois ans après sa présentation des XXI Epistres d Ovide au roi Charles VIII sous forme manuscrite, est sortie des presses de Michel Le Noir la première édition connue de l œuvre (le 29 octobre 1500) 1. Comme cette période se caractérise par la coexistence de la reproduction manuscrite et imprimée, il n est pas étonnant que Les XXI Epistres d Ovide aient connu un succès considérable sous ces deux formats, un succès qui peut être mesuré au travers des quinze manuscrits et de la quinzaine d éditions de l œuvre datant d entre 1497 et 1530 qui nous sont parvenus aujourd hui 2. 1 Ayant peut-être découvert que son édition latine des Héroïdes, les Epistolas Ovidii, publiée 21 mois auparavant, n était pas assez rémunératrice, Michel Le Noir a fini par déclencher la publication d une lignée d Héroïdes en français avec sa première édition de la traduction. Plus de 25 autres éditions de la traduction de Saint-Gelais ont paru par la suite. Pour plus de renseignements sur les premières éditions imprimées des XXI Epistres d Ovide, voir C. Brown, «Du manuscrit à l imprimé : Les XXI Epistres d Ovide d Octovien de Saint-Gelais», dans Ovide métamorphosé : les lecteurs médiévaux d Ovide, sous la direction de L. Harf-Lancner, L. Mathey-Maille et M. Szkilnik, Paris, Presses Sorbonne-Nouvelle, 2009, pp Les manuscrits existants des XXI Epistres d Ovide de Saint-Gelais sont les suivants : Christie s, 7 July 2010, Sale 7911, Lot 42 [Christie s 42]; Paris, Bibliothèque de l Arsenal, Rés [Arsenal 5108] ; Paris, Bibliothèque de la Chambre des Députés 1466 [Députés 1466] ; Dresde, Bibliothèque Royale, O.65 [Dresde O65] [aujourd hui perdu] ; Paris, Bibliothèque nationale de France, ffr. 873 [BnF 873], Les XXI Epistres d Ovide comprennent des missives en vers écrites à la première personne par dix-huit femmes et trois hommes mythologiques dans l ordre suivant: Pénélope à Ulysse, Phyllis à Démophoön, Briséis à Achille, Phèdre à Hippolyte, Œnone à Pâris, Hypsiphile à Jason, Didon à Énée, Hermione à Oreste, Déjanire à Hercule, Adriane (Ariane) à Thésée, Canacé à Macarée, Médée à Jason, Laodomie à Protésilas, Hypermestre à Lyncée, Pâris à Hélène, Hélène à Pâris, Léandre à Héro, Héro à Léandre, Acontius à Cydippe, Cydippe à Acontius, et Sapho à Phaon. Il s agit d une dynamique assez particulière, puisque dans dix-huit cas, ceux que nous examinons de près ici, l auteur masculin a donné voix à des femmes délaissées qui se lamentent de leur séparation d avec les hommes qu elles aiment dans les épîtres qu elles leur envoient. Plusieurs correspondantes Phyllis, Didon, Déjanire, Canacé et Sapho finissent par se suicider, ce qui accroît la tension dramatique des doléances autobiographiques de toutes les correspondantes, car les lecteurs connaissaient sans doute déjà le dénouement tragique de leurs légendes. En outre, plusieurs cycles intertextuels dans le recueil épistolaire relient les angoisses révélées par treize des correspondants : Phyllis écrit à Démophoön, qui est fils de Thésée et Phèdre. Pourtant, la femme de Thésée est amoureuse d Hippolyte, à qui elle adresse une épître, tout en faisant mention de sa soeur Adriane, qui, délaissée auparavant par Thésée, envoie à celui-ci une complainte désespérée. De même, Œnone, abandonnée par Pâris, récrimine les actions de ce dernier, qu elle voit revenir en bateau avec Hélène. La fille d Hélène, Hermione, sous le joug de Pyrrhus, attend l aide d Oreste, à qui elle adresse une complainte mettant en scène l histoire de sa mère. Laodamie se plaint à Protéstilas parce qu il ne serait jamais parti en guerre si Pâris n avait pas enlevé Hélène. Les doléances de Briséis et de Didon sont aussi bien liées à la Guerre de Troie. Plus tard dans le recueil, Pâris, que Pénélope a condamné dans la première 874 [BnF 874], 875 [BnF 875], [BnF ], 1641 [BnF 1641], [BnF 20018], [BnF 25397]; Vienne, Osterreichische National Bibliothek, 2624 [ONB 2624] ; Londres, British Library, Harley 4867 [Harley 4867] ; San Marino, Huntington Library, HM 60 [HM 60] ; Oxford, Balliol 383 [Balliol 383]. Voir C. Scollen, The Birth of the Elegy in France , Genève, Droz, 1967, pp , pour un inventaire de 26 éditions de la traduction de Saint Gelais publiées entre ca et Pour une description du manuscrit Christie s 42, voir le site de Christie s). Pour une étude de ce même manuscrit, voir C. Brown, «Celebration and Controversy at a Late Medieval French Court : A Poetic Anthology For and About Anne of Brittany and Her Female Entourage», dans Bibliothèque d Humanisme et Renaissance, LXXII, 3, 2010, pp Pour des détails plus précis sur tous les manuscrits et les éditions des XXI Epistres d Ovide du XVIe siècle, voir Frédéric Duval et Françoise Vielliard, Miroir des classiques, Editions en ligne de l Ecole des Chartes. Textimage, Le Conférencier, «L image répétée», octobre lettre du recueil, cherche à entamer une relation avec Hélène en lui envoyant sa déclaration d amour épistolaire ; elle y répond positivement, tout en faisant mention de l abandon d Adriane, d Œnone, d Hypsiphile et de Médée. Hypsiphile se plaint à Jason d avoir été abandonnée pour Médée, tandis que Médée reproche au même homme de l avoir délaissée pour Créüse. Il n y a donc pas de récit linéaire à travers les missives, qui pourtant se recoupent et souvent de façon ironique. C est plutôt la répétition littéraire qui sert de principe organisateur du recueil, créant ainsi une intensité dramatique par une accumulation de plaintes féminines lancées contre le sort, l homme infidèle, ou une autre femme. Cette répétition textuelle est rehaussée par la mise en scène visuelle des femmes ovidiennes. Comme dans de nombreux autres ouvrages de l époque qui traitaient du thème des femmes célèbres 3, le sujet des XXI Epistres d Ovide se prêtait à une exploitation visuelle de la femme. La quantité et la qualité des illustrations, miniatures ou gravures sur bois, qui ornent les multiples exemplaires de la traduction de Saint- Gelais, confirment le dynamisme artistique associé à la reproduction de cette œuvre à l aube de la Renaissance. Nous proposons ici une étude iconographique brève des «femmes célèbres» dans les versions existantes des XXI Epistres d Ovide au moyen d un examen comparatif des différents formats employés pour les représenter, des motifs adoptés par l artiste et des rapports entre l image et le texte. Les disparités entre les manuscrits enluminés et les imprimés illustrés sont les plus évidentes. Mais dans les deux cas, une filiation s établit souvent entre les différents programmes d enluminures ou de bois, créant des effets de cycle dans ces nombreuses reprises iconographiques de la femme. Par contre, la reprise de l image de la femme peut subir en même temps des effets de variation, surtout dans les cycles d enluminures, qui provoquent différents effets de sens. La répétition se manifeste à plusieurs niveaux dans ce corpus. Il va sans dire que la traduction de Saint-Gelais se répète plus ou moins régulièrement dans toutes les versions, ce qui apporte une certaine cohérence à la tradition textuelle. Pourtant, 3 Voir, par exemple, les traductions françaises du De mulieribus claris de Boccace datant du XVe siècle ainsi que les Vies des femmes célèbres d Antoine Dufour (1504). Pour une discussion de ces ouvrages, voir C. Brown, The Queen s Library : Image-Making at the Court of Anne of Brittany, , Philadelphia, University of Pennsylvania Press, «Material Texts», 2011, pp Textimage, Le Conférencier, «L image répétée», octobre la répétition iconographique fonctionne bien différemment dans les séries de miniatures et les cycles de gravures sur bois 4. Trois mises en scène iconographiques dépeignent les héroïnes d Ovide dans les manuscrits 5. La plupart des illustrations dévoilent une scène principale où se situe la correspondante de l Antiquité 6. Dans quelques manuscrits des scènes secondaires insérées dans la même miniature créent une image composite qui offre plus de précisions sur l histoire de la liaison de la femme avec son destinataire 7. Certains enlumineurs ont isolé ces épisodes de la scène principale en les encadrant dans des miniatures subsidiaires dans les marges 8. Ces dernières répartitions qui se répètent dans plusieurs manuscrits suggèrent une relation proche entre certaines copies. Là où la plupart des miniaturistes ont choisi de présenter la femme de loin, situant son corps entier dans un contexte narratif lié à sa propre histoire, l artiste de deux manuscrits, BnF 875 et HM 60, identifié comme Robinet Testard 9, se différencie de ses homologues en se concentrant de manière inhabituelle mais aussi un peu déformée sur le visage de la correspondante. En attirant l attention du lecteurspectateur sur les différents costumes et coiffes plus ou moins exotiques de chaque femme, il finit par offrir une mise en scène qui élimine les éléments tragiques des récits singuliers ainsi que les différences critiques entre eux 10. Que fait la femme dans ces enluminures? Le plus souvent, elle est dépeinte en train d écrire sa lettre à l homme dont elle est séparée ou après l avoir écrite. Ainsi l enlumineur met en relief des femmes auteurs lettrées dans des représentations assez 4 Nous ne tenons pas compte ici de la forme hybride des illustrations des femmes d Ovide, celle des gravures sur bois peintes qui décorent deux exemplaires d une édition des XXI Epistres d Ovide publiée par Antoine Vérard v : BnF Vélins 2088 (f 3 r ) et BnF Rés (toutes les images). 5 L artiste du manuscrit BnF 874 est le seul à peindre plusieurs miniatures de la même femme. 6 Voir les manuscrits BnF 873, BnF 874, BnF 875, HM 60, Députés 1466, Harley 4867 et Balliol Voir les manuscrits BnF 873 et Députés 1466 (surtout les miniatures de Phèdre, de Déjanire et d Adriane). Ces détails supplémentaires visuels ne figurent pas toujours dans le texte qui accompagne l illustration. 8 Voir les manuscrits Christie s 42, BnF 873, ONB 2624 et Députés 1466 (Phèdre). 9 Voir Fr. Avril, Creating French Culture : Treasures from the Bibliothèque Nationale de France, sous la direction de M.-H. Tesnière et P. Gifford, New Haven, Yale University Press, 1995, pp ; F. Avril et N. Reynaud, Les Manuscrits à peintures en France , Paris, BnF/Flammarion, 1995, p. 175 ; et C. W. Dutschke, Guide to Medieval and Renaissance Manuscripts in the Huntington Library, San Marino, Huntington Library, 1989, t. I, pp Est-ce une coïncidence que cette mise en scène particulière caractérise les deux manuscrits de l œuvre qui ont appartenu à des femmes, Anne de Bretagne et Louise de Savoie? Textimage, Le Conférencier, «L image répétée», octobre rares à l époque 11. Les fréquents portraits de la femme en train de tendre sa lettre à un messager rapprochent d autres illustrations de manière tout aussi frappante. Dans ces deux cas, ce sont les vignettes subsidiaires qui, en introduisant des éléments narratifs associés spécifiquement aux histoires personnelles des correspondantes, distinguent les illustrations les unes des autres, créant un rapport plus direct entre l image et le texte ovidien 12. Mais l artiste complète souvent le texte littéraire par des scènes qui ne s y trouvent pas, comme par exemple les suicides de cinq correspondantes, qui ne peuvent avoir eu lieu qu après la rédaction de leurs lettres. Plusieurs stratégies iconographiques employées dans les manuscrits portent sur la relation visuelle entre le texte et l image. Dans quatre manuscrits 13, une séparation nette distingue l espace occupé par la miniature du protagoniste d Ovide sur un folio entier du texte en face. Mais dans la plupart des manuscrits, la miniature partage le folio avec le texte qui est transcrit au-dessus ou en-dessous de l illustration. Par exemple, le texte ou les rubriques peuvent être placées en dehors de la miniature ou dans le même espace que la miniature. Lorsque les vers de l épître de la correspondante (introduite quelquefois par une lettre capitale) sont intégrés dans le même cadre que l image, un rapport étroit s établit entre image et texte ainsi qu une complicité entre lecteur et femme protagoniste, surtout quand celle-ci est devant la lettre dont on est en train de lire les vers. Un tel agencement témoigne d une collaboration orchestrée entre le scribe et le miniaturiste du manuscrit. Dans le cas où l épître ne figure pas dans l image, cependant, le texte inscrit dans le cadre iconographique semble souvent traduire oralement la plainte de la femme ovidienne. Dans d autres cas, comme celui du manuscrit Harley 4867 qui dépeint la lettre écrite par Didon sur elle-même pendant qu elle se suicide, une mise en scène anachronique se présente. La mise en page rare qui introduit le texte latin d Ovide dans les marges de chaque folio dans le manuscrit Balliol 383 nous renseigne sur le public savant 11 En fait, c est Ovide qui leur a donné leur propre voix, quoiqu il ait manipulé leurs paroles en tant qu homme. On trouve la femme écrivain ou lectrice, souvent entourée de livres et d instruments d écrire, dans quelques miniatures des traductions manuscrites du De mulieribus claris de Boccace, une autre œuvre très prisée à l époque. Voir, par exemple, les miniatures d Erythrée (f 30 r ), d Amalthée (f 37 r ), de Sapho (f 71 v ), et de Cornificia (f 127 r ) dans le manuscrit BnF fr (ca. 1402). 12 Cela suggère que l artiste était au courant de chacune des histoires. Certaines scènes subsidiaires qui ne figurent pas dans le texte même dérivent sans doute des connaissances mythologiques générales de l artiste (ou du libraire) que le lectorat aurait bien reconnues. 13 Voir les manuscrits BnF 874, ONB 2624, Députés 1466, et Dresde O65. Textimage, Le Conférencier, «L image répétée», octobre d une telle copie manuscrite. Cette juxtaposition des textes latins et français fit le lien entre certains manuscrits et imprimés 14. La répétition iconographique fonctionne différemment et de manière plus conséquente dans les nombreux imprimés des XXI Epistres d Ovide, puisqu ils ont été soumis à une différente technologie de reproduction. Dans la première édition des XXI Epistres d Ovide de Michel Le Noir 15, l imprimeur a réutilisé les mêmes illustrations ou fragments de bois pour présenter les héroïnes d Ovide, sans doute à cause du nombre limité d images disponibles. Ainsi, une dizaine d images différentes illustrent les 21 correspondants et quelquefois aussi leurs dédicataires de sorte que plusieurs scénarios sont visualisés de manière identique. Par exemple, la même combinaison de bois annonce les épîtres de Briséis, d Œnone, d Hermione, d Adriane et de Sapho, quoique leurs histoires se distinguent clairement les unes des autres. De même, Phyllis, Phèdre et Cydippe sont apparentées visuellement, ainsi que Pénélope et Laodamie ; la même femme gravée figure Hypsiphile, Phèdre et Hypermestre mais dans des contextes différents. Puisqu il s agit de bois génériques prévus pour l ornementation d une variété d œuvres ces bois sont vraisemblablement apparus auparavant dans le Therence en françois, publié vers la même époque par Antoine Vérard, les gravures n ont pas été confectionnées pour illustrer le texte littéraire de manière précise comme les miniatures de manuscrit. Elles mettent en scène une femme noble, religieuse, bourgeoise ou paysanne, qui discourt toute seule, ou un entretien entre une telle femme et un homme. Mais aucun détail gravé sur bois n indique que la communication se fasse sous forme épistolaire, le plus souvent à sens unique, que la femme désespérée soit face à une situation tragique, ou que les récits ne soient pas interchangeables. Cette conformité iconographique, qui écarte entièrement les traits narratifs particuliers de chaque récit épistolaire, entraîne donc différents effets de sens dans les imprimés, en contraste avec les cycles d enluminures dans les manuscrits. De même, elle impose au «spectateur» une lecture suivie du texte. Là où la miniature peut souvent exister indépendamment du texte, puisqu elle 14 Aucun autre système de répétition iconographique ne rattache le corpus des manuscrits aux imprimés. 15 Le seul exemplaire existant de cette édition est conservé à la Bibliothèque Publique de Parme (Inc. 237). Textimage, Le Conférencier, «L image répétée», octobre le traduit visuellement, la gravure sur bois invite et incite le lecteur à comprendre le sens de l image en lisant le texte. La répétition comme principe organisateur de la première édition des XXI Epistres d Ovide continue son chemin, puisque la même série de gravures sur bois réapparaît dans d autres publications de la même œuvre. Dans une deuxième édition de Michel Le Noir, datant de 1511, Phyllis et Didon sont dépeintes par la même illustration que dans l édition de Pourtant, quoique les mêmes gravures soient remployées, des bois sont disposés différemment pour représenter d autres correspondantes dans les deux éditions. Il s agit donc d une variation d agencement des mêmes fragments de bois que ceux qui ornent la première édition. En outre, les mêmes gravures réapparaissent dans plusieurs autres éditions publiées vers la même époque par Antoine Vérard, Jean Trepperel (le partenaire occasionnel de Le Noir), et Pierre Le Dru 16. Mais on ne trouve pas toujours les mêmes bois pour désigner la même personne. Ce système de réutilisation de gravures caractérise également les éditions plus tardives de l œuvre, quoi qu il s agisse d autres bois. Ainsi, la standardisation livresque apportée par la nouvelle technologie de l imprimerie à travers la duplication a influencé de manière conséquente la réception textuelle et iconographique des premières éditions des XXI Epistres d Ovide. Un lectorat plus étendu et plus vaste de cette traduction extrêmement populaire avait accès à un texte illustré de manière semblable. Là où les correspondantes stéréotypées des gravures sur bois sont toujours placées à l extérieur, près des bâtiments ou en pleine nature, la répétition et la variation des enluminures fonctionnent ensemble pour situer la femme à l intérieur ou à l extérieur. Ainsi l une des différences les plus frappantes entre l iconographie dans les manuscrits et les imprimés se rapporte à la contextualisation du corps féminin. En outre, les miniaturistes ont su bien exploiter la dimension vestimentaire des femmes célèbres d Ovide en leur faisant porter une variété étonnante de robes et de coiffes exotiques ou à la mode. Cette stratégie artistique, qui répondait sans doute à la fascination, sinon à l obsession, pour les femmes célèbres à l aube de la 16 Voir C. Brown, «Du manuscrit à l imprimé : Les XXI Epistres d Ovide d Octovien de Saint-Gelais», art. cit., pp , pour des renseignements sur les relations entre ses imprimeurs et libraires. Textimage, Le Conférencier, «L image répétée», octobre Renaissance, a apporté aux histoires antiques une interprétation visuelle totalement absente du texte 17. Dans les manuscrits, on trouve par exemple plusieurs séries d images de femmes inscrites dans des scènes d intérieur, qui se caractérisent par un formalisme iconographique et psychologique. Habillées de manière somptueuse, ces dames nobles ont souvent des coiffe
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