n°338 - Points Critiques - septembre 2013

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mensuel de l’Union des progressistes juifs de Belgique septembre 2013 ã numéro 338à la une Négociations de paix ou négociations, point ?MBureau de dépôt:…
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mensuel de l’Union des progressistes juifs de Belgique septembre 2013 • numéro 338à la une Négociations de paix ou négociations, point ?MBureau de dépôt: 1060 Bruxelles 6 - P008 166 - mensuel (sauf juillet et août)Henri wajnblumahmoud Abbas avait été très clair… Nous ne reviendrons à la table de négociations qu’à la condition préalable qu’Israël gèle la colonisation et qu’il reconnaisse les frontières d’avant le 5 juin 1967 comme base de la négociation. Benyamin Netanyahu avait été tout aussi clair… Nous ne reviendrons à la table de négociations qu’à la condition… qu’il n’y ait aucune condition préalable… Qui va dès lors apparaître comme le dindon de la farce dans cette reprise des négociations sous l’égide des États-Unis ? C’est à coup sûr Mahmoud Abbas qui ne va pas manquer d’être considéré comme celui qui a bradé les intérêts vitaux de la cause palestinienne contre la promesse dusecrétaire d’État américain, John Kerry, d’injecter quatre milliards de dollars dans l’économie palestinienne à l’état de faillite virtuelle. En d’autre termes, un pas vers la « paix économique » chère à Benyamin Netanyahu qui estime que si on procure du travail aux Palestiniens de Cisjordanie et qu’on élève leur niveau de vie, ils supporteront beaucoup plus facilement l’occupation ! Il faut dire aussi que face à la pression américaine, Mahmoud Abbas avait tout à craindre de passer aux yeux de la Communauté internationale comme n’étant décidément pas un « partenaire pour la paix  » pour reprendre les termes d’Ehud Barack au lendemain de l’échec du sommet de Camp David en juillet 2000. Il n’a donc apparemment pas eu d’autre choix que d’avaler➜BELGIQUE-BELGIE P.P. 1060 Bruxelles 6 1/1511septembre 2013 * n°338 • page 1sommaire à la une 1 Négociations de paix ou négociations, point ?....................... Henri Wajnblum hommages 4 Éric Remacle............................................................................................................ 5 Ilan Halévy............................................................................................................... mémoire(s) 6 Au Musée d’Histoire des Juifs polonais.................................Roland Baumannréfléchir 8 Le professeur Lambert................................................................... Jacques Aronyiddish ? yiddish ! !‫יִידיש ? יִידיש‬ 10 arum dem fayer - Autour du feu...............................................Willy Estersohn humeurs judéo-flamandes 12 Flâneries estivales ........................................................................Anne Gielczyktémoigner 14 À Weimar et à Buchenwald................................................... Simon Gronowskiactivités politique d’asile 19 Commémoration Semira 2013 .............................................................................. lire 24 Père/Fils : Qui cherche qui ? (épisode n°3)............................ Antonio Moyano 16 26 Aharon Appelfeld. L’instant d’avant................................Tessa Parzenczewski upjb jeunes 27 Souvenez-vous du temps..........................................................Tanuki dissident 30 Émotions et renouveau................................................................. Julie Demarez 32 L’UPJB........................................................................................Isatis (Charline R.) 33 Un soleil s’est couché.................. Aristide Renard et le groupe Yvonne Jospa vie de l’upjb 34 Les activités du club Sholem Aleichem .......................... Jacques Schiffmann chanter à l’upjb 36 Yiddish.......................................................................................... Henri Goldman écrire 38 De retour de Little BXL ................................................................. Elias Preszow 40 les agendasseptembre 2013 * n°338 • page 2à la une ➜la couleuvre. Mais pouvait-il faire la fine bouche devant la manne américaine alors qu’il n’a plus de quoi payer les 160.000 employés de l’Autorité Palestinienne ? Le grand vainqueur de ce bras de fer qui a duré trois longues années est donc incontestablement Netanyahu qui va pouvoir se prévaloir d’avoir tenu bon et de se présenter à des négociations qui se tiendront sans conditions. Sans conditions ? À voir… nous y reviendrons. Car Netanyahu non plus n’avait pas trop le choix. En échange de sa « bonne volonté », il s’est vu promettre une aide militaire renforcée. De plus, il est parfaitement conscient de l’isolement croissant d’Israël au sein de la Communauté internationale dont une partie de plus en plus importante des opinions publiques exige des sanctions. Nous y reviendrons aussi. C’est certainement la raison pour laquelle il a déclaré que « reprendre les négociations de paix avec les Palestiniens est dans l’intérêt stratégique d’Israël  ». « Vous avez bien lu, souligne Alain Gresh sur son blog du Monde Diplomatique, ce sont les négociations (sans fin) avec les Palestiniens qui sont dans l’intérêt stratégique d’Israël, pas la paix ». On croirait entendre Yitzhak Shamir lorsque, en 1991, Georges Bush senior l’avait contraint de se rendre à la Conférence de Madrid sous peine de se voir privé de l’aide financière américaine, et qu’il avait déclaré qu’il pourrait ainsi négocier pendant dix ans sans rien concéder aux Palestiniens… Vingt-deux ans plus tard, rien n’a donc changé… hormis le fait qu’en 1991, il y avait 200.000 colons dans les Territoires palestiniens occupés alors qu’ils sont500.000 aujourd’hui dans l’État de Palestine ! Les négociations, évitons de parler de négociations de paix, ce serait incongru, ont donc repris et devraient durer neuf mois. Pour accoucher de quoi ? Personne ne se fait la moindre illusion, ou alors c’est une illusion de pure façade dans laquelle les médias, dans leur ensemble, jouent un rôle non négligeable. Et puisqu’elles ont repris sans conditions, Israël aurait tort de se gêner… Et il ne se gêne effectivement pas. À quelques jours à peine de la reprise des négociations, le gouvernement annonçait avoir autorisé la construction d’un total de 2.129 logements à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. Et comme si cela ne suffisait pas, Uri Ariel, le ministre du Logement, membre du parti Habayt Hayehudi, le parti d’extrême droite de Naftali Bennet, se faisait un plaisir d’enfoncer le clou… « Nous allons construire des milliers de logements durant l’année qui vient en Judée-Samarie. Personne ne dictera là où nous pouvons construire », suscitant une réaction violente de Hanan Ashrawi, une des responsables palestiniennes… «  La construction de ces nouveaux logements représente la destruction obstinée des quelconques chances de paix  ». Et d’ajouter… « Si les États-Unis veulent la paix, ils doivent intervenir immédiatement et efficacement ». Et de fait, les États-Unis sont intervenus immédiatement. Efficacement ? Chacun pourra apprécier… Immédiatement en effet puisque John Kerry, aussitôt l’annonce israélienne rendue publique, et non sans rappeler que les États-Unis considéraient toutes les colonies comme illégales, ce qui ne mange pas de pain, a appelé les Palestiniens à« ne pas réagir négativement » à la décision israélienne. Efficacement aussi apparemment puisqu’il a convaincu les Palestiniens de venir malgré tout à la table des négociations. Ce n’est évidemment pas la rapidité et l’efficacité qu’attendait Hanan Ashrawi. John Kerry a encore ajouté que Benyamin Netanyahu « avait été bien franc devant moi et le président Abbas en nous prévenant qu’il annoncerait de nouvelles implantations de logements dans des endroits qui n’affecteraient pas le plan de paix, qui n’auraient pas d’impact sur la possibilité de parvenir à un accord de paix ». Ah bon, et comment expliquer cela ? Par l’affirmation de Netanyahu lors d’une rencontre avec le secrétaire général des Nations unies qu’« Israël entend annexer les quartiers de colonisation israéliens à Jérusalem-Est ainsi que les grands blocs de colonies où vivent la majorité des Israéliens installés en Cisjordanie, dans le cadre de tout accord de paix avec les Palestiniens » ! Vous avez dit négociations sans conditions ? Mais si Mahmoud Abbas était au courant et que c’est en connaissance de cause qu’il a accepté de se rendre à la table des négociations, que n’annonce-t-il clairement la couleur à son peuple ? Et si l’espoir venait, de façon totalement inattendue, de l’Union européenne ? C’est en effet avec stupéfaction tellement on avait perdu tout espoir après tant d’années de tergiversations, que l’on a appris que l’UE refuserait dorénavant de financer « les entités israéliennes ayant leur adresse au-delà des lignes d’armistice de 1949, et aussi aux entités israéliennes dans tout le pays réalisant des activités au-delà des lignes d’armistice de 1949 ». Pour par-ler clair, dorénavant tout contrat ou accord conclu à l’avenir par Israël avec l’UE devra obligatoirement inclure une clause précisant que ledit contrat ou accord s’applique uniquement à Israël dans ses frontières d’avant juin 1967. Voilà qui risque de faire mal, très mal, car il s’agit incontestablement d’une déclaration frontale de guerre à la politique israélienne de colonisation. Le gouvernement israélien ne s’y est d’ailleurs pas trompé Qui par la voix d’un de ses hauts responsables a qualifié le nouveau cadre réglementaire européen de « tremblement de terre ». Et nous n’avons, cette fois, pas eu droit aux habituelles diatribes ironiques et méprisantes israéliennes qui ont toujours suivi les prises de positions européennes. D’autant moins que les États-Unis se sont bien abstenus de tenter de ramener l’UE à de « meilleurs sentiments », ce qui ne trompe pas. Et ce n’est pas tout… Le second coup de tonnerre a été la publication de la lettre de la commissaire européenne à la Politique étrangère, Catherine Ashton, à ses collègues, les informant que d’ici la fin de l’année, l’UE publiera des « obligations contraignantes pour l’étiquetage spécial des produits israéliens fabriqués par des Juifs, au-delà des lignes d’armistice de 1949 et exportés vers les États membres de l’UE ». Alors peut-être tout de même un espoir d’enfin amener Israël à se conformer au droit international ? Ce serait un magistral camouflet infligé à tous ceux qui n’ont cessé de prétendre que la campagne BDS visait exclusivement à délégitimer Israël dans son existence même. Ne leur en déplaise, la décision européenne se « contente »  tout simplement, et à bon droit, de délégitimer la colonisation. ■septembre 2013 * n°338 • page 3hommages Ilan HalévyÉric RemacleC’était le 22 mai, Eric Remacle participait à une table ronde à l’ULB quand soudain il s’est effondré. Il avait 52 ans ! L’UPJB s’honorait de le compter parmi ses amis. Son soutien, notamment lorsqu’il était en charge du Pôle Bernheim de l’ULB, ne s’est jamais démenti et nous était extrêmement précieux. Le sourire chaleureux qu’il arborait « à temps plein » nous a souvent réconfortés dans les moments de doute Eric Remacle était non seulement un brillant intellectuel, professeur de sciences politiques à l’ULB et adoré de ses étudiants, c’était aussi un homme engagé. Membre d’ECOLO, il siégeait au conseil communal d’Ixelles depuis les dernières élections communales. Le 5 février, il avait été élu à la présidence de la CNAPD (Coordination Nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie), dont l’UPJB est membre,… « Engagé pour la paix et la solidarité internationale, je me retrouve dans le projet d’une gauche arc-en-ciel riche de toutes les composantes et générations des courants progressistes. Parmi ces différents mouvements, les syndicats et les associations pèsent autant à mes yeux que les partis politiques, les partis parlementaires autant que les petites formations non représentées. C’est bien dans une gauche plurielle que je me retrouve. À l’université, j’agis pour un savoir citoyen, en prise avec les enjeux de notre temps, engagé aux côtés des jeunes générations pour une transformation sociale et une émancipation citoyenne ».Le 15 février il signait l’éditorial, en forme de programme, de la revue de la CNAPD sous le titre « Tous Citoyens ! »… « Notre démocratie moderne n’est pas née du néant mais des luttes des groupes sociaux pour l’accès aux droits, contre l’exclusion de la citoyenneté politique. Repousser toujours plus les frontières de la ci-toyenneté et étendre toujours plus les droits civils et politiques, mais aussi économiques, sociaux et culturels, c’est le sens de notre action pour une citoyenneté émancipatrice et solidaire. Le suffrage universel fut un combat, le suffrage des femmes également, tout comme le droit de vote des étrangers – que la CNAPD porta avec nombre de ses organisations membres, de la campagne « Objectif 82 » il y a trente ans à la plateforme « Tous résidents, tous citoyens » plus récemment. En 2013 est célébrée l’année européenne de la citoyenneté, célébrant les 20 ans du Traité de Maastricht qui instaure une « citoyenneté européenne  ». Celle-ci reste pourtant fondée sur la na-septembre 2013 * n°338 • page 4tionalité, perpétuant donc la discrimination entre résidents de l’Union européenne. Ce rejet des étrangers hors de la communauté politique constitue une contradiction majeure avec l’idéal démocratique égalitaire et le projet européen lui-même. (…) « Tous citoyens ! », ce sera donc notre mot d’ordre des prochains mois car, depuis sa création, la CNAPD a toujours combiné action pour la paix et pour la démocratie, refus de la guerre et refus du racisme. Nous sommes bien placés pour savoir que l’un et l’autre sont indissociables. Il est d’autant plus important dans ce contexte de renforcer le contrôle démocratique, tant parlementaire que citoyen, des décisions de politique étrangère qui risquent, si l’on n’y prend garde, d’entraîner notre pays dans la guerre – les dossiers de la Syrie et du Mali sont là pour nous rappeler à cette vigilance. « Tous citoyens ! », c’est aussi l’exigence que les peuples soient consultés et écoutés sur ces grands enjeux globaux que représentent le désarmement nucléaire, l’autodétermination des peuples ou le changement climatique, par exemple. C’est aussi le sens de la solidarité que la CNAPD entretient avec les mouvements de Flandre, d’autres pays européens et dans le monde entier. Car il ne suffit pas de revendiquer de nouveaux droits et une citoyenneté élargie, encore s’agitil de les utiliser pour construire un monde plus juste, plus pacifique et plus égalitaire. » Notre ami Eric nous a quittés, jeune, tellement trop jeune. ■Nous sommes quelques uns à avoir eu le privilège de rencontrer Ilan Halevi, chez lui à Ramallah et aussi chez Michel Warschawski à Jérusalem. C’était à l’époque où il croyait encore à la dynamique des Accords d’Oslo. Dès les premiers échanges, on ne pouvait manquer d’être subjugué par la pertinence pointue des ses analyses, et aussi par son charisme. C’est dans la France occupée qu’Ilan Halevi a vu le jour en 1943, dans une famille de résistants juifs communistes. Musicien de jazz puis journaliste à la radio malienne, Ilan Halevi s’installe en Israël à la fin des années 1960 où il milite dans des organisations antisionistes, notamment au Matzpen. Son parcours épouse ensuite le mouvement national palestinien. Il occupe plusieurs fonctions au sein du Fatah, le parti de Yasser Arafat, dont il deviendra un proche conseiller. Vice-ministre palestinien des Affaires étrangères, représentant du Fatah au sein de l’Internationale socialiste, Ilan Halevi était avant tout un intellectuel dont l’ouvrage de référence restera Sous Israël, la Palestine. Aucun hommage ne pouvait être plus pertinent que celui que lui a rendu son ami et camarade de combat, Michel Warschawski, au lendemain de sa disparition. Un hommage que nous faisons nôtre… « Notre camarade Ilan Halevi nous a quittés, et avec lui, c’est un chapitre important de la lutte de libération nationale palestinienne qui se referme.Il y a un an exactement, nous partagions une tribune à l’Université d’été de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), et si son corps trahissait sa grande fatigue et ses nombreux dysfonctionnements, la clarté de ses propos restait la même que celle que j’avais connu pendant plus de quatre décennies. Quelques moisplus tard, c’est à l’hôpital que je le rencontrais, encore plus affaibli, mais cette fois avec aussi une grande difficulté à s’exprimer clairement. Nous n’héritons pas notre identité ; nous la créons, sur la base de quelques données génétiques et sociologiques, et cette identité est toujours multiple. Pourtant, je n’ai connu personne qui avait une identité aussi multiple qu’Ilan, à tel point que même ses plus proches s’y perdaient. Laissons lui une dernière fois la parole : « je suis 100% Juif, je suis 100% Arabe ». En décidant, après la guerre de 1967, de s’installer en Israël, il choisit d’être 100% Israélien ; en rejoignant, en 1968, l’organisation de gauche antisioniste Matzpen, il contribue a renfor-cer la cohérence anticoloniale de son programme et combat pour un soutien inconditionnel à la lutte de libération nationale palestinienne. Après avoir quitté, en 1974, Israël, il rejoint les rangs de l’OLP et devient vite 100% Palestinien. C’est dans les rangs de l’OLP et du Fatah dont il devient rapidement un membre de la direction qu’Ilan Halevi peut mettre en pratique son immense talent : dans l’écriture mais surtout par la parole et la polémique (il pratiquait couramment quatre langues et se débrouillait dans trois ou quatre autres), dans le domaine politique mais surtout dans la diplomatie. Son empreinte dans les négociations palestino-israéliennes tout comme dans sa fonction de représentant du Fatah à l’Internationale Socialiste est indélébile, et sa capacité inégalée de persuasion a pu casser nombre de verrous destinés à isoler la Palestine dans la scène internationale. Il n’est pas exagéré de dire qu’Ilan Halevi a joué un rôle clé dans le long processus de reconnaissance de la Palestine par la Communauté Internationale. Ilan a consacre toute sa vie à la lutte, longtemps au détriment de sa famille et toujours au détriment de sa santé qu’il a laissé se détériorer sur l’autel de son engagement lui aussi a 100%. La Palestine vient de perdre aujourd’hui un de ses fils ; l’OLP un de ses dirigeants ; ses très nombreux amis, de Beyrouth à Paris, de Tel-Aviv a Bamako, de Ramallah à San Francisco pleurent un frère et un camarade. ■septembre 2013 * n°338 • page 5mémoire(s) Au Musée d’Histoire des Juifs polonais roland baumannInauguré face au monument du ghetto, le 19 avril dernier, le nouveau musée juif de Varsovie présente sa première exposition temporaire, en partenariat avec le YIV01. En attendant l’aménagement des salles permanentes, « théâtre de l’histoire » dont les procédés multimédia sophistiqués plongeront les visiteurs au coeur du récit de plus de mille ans de vie juive en Pologne. Jonathan Brent, directeur du YIVO, souligne que cette exposition est la première collaboration entre son institut d’études juives et une institution polonaise. Oeuvre du hongrois Péter Forgács, à mi-chemin entre l’évocation historique et l’art expérimental, sur une musique du groupe newyorkais The Klezmatics, l’installation vidéo « Lettres à ceux qui sont loin » (Listy do tych, co daleko) met en scène des instantanés de la vie juive polonaise jusqu’en 1939, capturés sur les films de voyageurs juifs américains qui prennent en images leur famille et leur communauté d’origine, les activités et gestes du quotidien au shtetl, le marché, la synagogue, l’école, etc. Il montreront ensuite ces vues de la Pologne juive à leurs parents, amis et réseaux sociaux aux États-Unis. Souvent, ceux qu’on filme regardent la caméra, manifestent leurs relations de proximité avec le cinéaste amateur, qui, parfois, apparaît lui aussi devant la caméra. Comme l’explique Jeffrey Shandler dans sa contribution au pe-tit catalogue de l’exposition2 , ces films amateurs résultent du phénomène caractéristique dans l’entre-deux-guerres de voyages au pays natal d’émigrants juifs, venus s’établir aux États-Unis entre les
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