Où est passé le dépositaire du vray? À propos d une traduction japonaise des Pensées de Pascal

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Où est passé le dépositaire du vray? À propos d une traduction japonaise des Pensées de Pascal Takeshi Matsumura To cite this version: Takeshi Matsumura. Où est passé le dépositaire du vray? À propos d une traduction japonaise des Pensées de Pascal. FRACAS, Groupe de recherche sur la langue et la littérature françaises du centre et d ailleurs (Tokyo), 2015, 21, pp halshs HAL Id: halshs https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs Submitted on 5 Sep 2015 HAL is a multi-disciplinary open access archive for the deposit and dissemination of scientific research documents, whether they are published or not. The documents may come from teaching and research institutions in France or abroad, or from public or private research centers. L archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés. F R A C A S numéro 21 le 5 septembre 2015 Groupe de recherche sur la langue et la littérature françaises du centre et d ailleurs (Tokyo) contact : 1 Où est passé le dépositaire du vray? À propos d une traduction japonaise des Pensées de Pascal Takeshi MATSUMURA Dans mes deux précédents articles déposés sur le site HAL 1, j ai examiné quelques passages problématiques de la traduction japonaise des Pensées de Pascal que Tetsuya Shiokawa vient de publier (le premier volume, Tokyo, Iwanami-Shoten, le 18 août 2015 ; les deux autres vont paraître prochainement). Selon la maison d éditions Iwanami-Shoten, ce travail serait un fruit de quinze longues années et le résultat de toute une vie de recherche d un éminent spécialiste mondialement connu. Quelle est alors la caractéristique la plus marquante de cet ouvrage préparé depuis si longtemps? Rappelons que c est, d après l affirmation du traducteur, le fait que son travail soit fondé non pas sur telle ou telle édition critique, mais sur les trois manuscrits, à savoir : 1) la Première Copie qui est le manuscrit fonds français 9203 de la Bibliothèque nationale de France, consultable sur l adresse suivante : gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b t. 2) la Seconde Copie qui est le manuscrit fonds français de la BNF, consultable sur l adresse suivante : gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b v. 3) le Texte autographe qui est le manuscrit fonds français 9202 de la BNF, consultable sur l adresse suivante : Je ne reviendrai pas sur une certaine ambiguïté 2 de la façon dont la traduction est faite en se fondant sur ces trois témoins manuscrits. Ce qui me paraît certain, c est que malgré tout le prestige dont s entourent à la fois Tetsuya Shiokawa (professeur émérite de l Université de Tokyo et membre de l Académie japonaise des sciences) et sa maison d éditions Iwanami-Shoten 3, l état actuel de son ouvrage est malheureusement loin d être parfait et risquerait de déparer leur réputation. Pour compléter la démonstration 1 Voir «Remarques sur la nouvelle traduction japonaise des Pensées de Pascal», dans FRACAS, numéro 19, le 22 août 2015, p. 1-4 (consultable sur le site suivant : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs ) et «Sur une certaine pratique philologique pascalienne : de Philippe Sellier à Tetsuya Shiokawa», dans FRACAS, numéro 20, le 30 août 2015, p (consultable sur le site suivant : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs ). 2 Voir mon deuxième article cité, p Voir son site internet en anglais (https://www.iwanami.co.jp/english/profile.html), où on lit les deux phrases suivantes : «Since Iwanami Shigeo founded Iwanami Shoten in 1913, we have published over 20,000 titles. Iwanami Shoten publishes high quality books for academic and general readers.» Mais on sait qu il y a eu des publications catastrophiques. Voir par exemple la traduction des Voyages et aventures de François Leguat par Nakaji Yoshikazu, parue en 2002 et aujourd hui épuisée, où chacun relèvera de nombreux contresens et des omissions. 2 que j ai essayé de faire dans mes deux articles, examinons quelques autres endroits où le texte de Pascal me semble être mal rendu en japonais. D abord (et encore 4 ) un titre omis. Si on lit les fragments 133 et 134 de la traduction japonaise (p. 160), on voit qu ils n ont pas de titre. Cet état se retrouve dans l édition de Philippe Sellier (version de , fragment 166, p. 226) et dans celle de Gérard Ferreyrolles (version de , fragment 166, p. 120). Or si l on ouvre l édition procurée par Michel Le Guern (version de , fragment 124, p. 583), on trouve avec surprise qu au début du passage correspondant il y a un titre. Citons cette version : Divertissement. Les hommes n ayant pu guérir la mort, la misère, l ignorance, ils se sont avisés, pour se rendre heureux, de n y point penser. Nonobstant ces misères il veut être heureux et ne veut être qu heureux, et ne peut ne vouloir pas l être. Mais comment s y prendra-t-il? Il faudrait pour bien faire qu il se rendît immortel, mais ne le pouvant il s est avisé de s empêcher d y penser. Il faut se demander lequel de ces deux états est fidèle aux manuscrits, dont tous ces érudits se réclament. Si l on retourne au Texte autographe (p. 121, en bas 8 ), à la Première Copie (p ) et à la Seconde Copie (p ), la réponse est claire. C est Michel Le Guern qui a raison. Les trois autres pascaliens ont omis le titre. Est-ce par un choix réfléchi? Ou par inadvertance? Comme aucun d entre eux n expose les raisons 4 Voir mon premier article cité, p. 3 sur une autre omission. 5 Voir Blaise Pascal, Pensées, opuscules et lettres. Pensées éditées par Philippe Sellier selon la copie de référence de Gilberte Pascal, Opuscules et lettres édités par Laurence Plazenet et Philippe Sellier, Paris, Classiques Garnier, Pour les versions antérieures de cette édition, voir Blaise Pascal, Pensées. Nouvelle édition établie pour la première fois d après la copie de référence de Gilberte Pascal par Philippe Sellier, Paris, Mercure de France, 1976 ; Blaise Pascal, Pensées. Édition établie d après la Copie de référence de Gilberte Pascal [Mise à jour 1999], Paris, Classiques Garnier, Voir Pascal, Pensées. Présentation et notes par Gérard Ferreyrolles. Texte établi par Philippe Sellier d après la copie de référence de Gilberte Pascal, Paris, Librairie Générale Française, 2000, Le Livre de poche classique ; Blaise Pascal, Les Provinciales, Pensées et opuscules divers, Paris, Librairie Générale Française, 2004, La Pochothèque. Sur le caractère un peu curieux de l édition de 2004, voir mon deuxième article cité, p. 1, note 2. 7 Voir Pascal, Œuvres complètes, t. II, Édition présentée, établie et annotée par Michel Le Guern, Paris, Gallimard, 2000, Bibliothèque de la Pléiade. Cette publication reprend en l enrichissant Blaise Pascal, Pensées. Édition présentée, établie et annotée par Michel Le Guern, 2 vol., Paris, Gallimard, 1977, Collection Folio, encore que dans la nouvelle publication se trouve au moins une coquille qui n était pas dans l édition en format de poche ; comparer la p. 581 de la Pléiade (votre condition véritable que nous [sic] ignorez) avec le t. 1, p. 114 de Folio. 8 Voir 9 Voir 10 Voir 3 de l absence du titre, il est impossible de le savoir. Les lecteurs japonais aimeraient bien savoir par ailleurs si c est par une simple coïncidence qu ici la version de Tetsuya Shiokawa se comporte de la même façon que l édition Sellier-Ferreyrolles ou si c est le résultat de sa façon de travailler. On peut en effet se demander s il ne part pas de celle-ci pour élaborer sa traduction et si ce n est qu en deuxième temps qu il recourt aux témoins manuscrits. En soi ce procédé n a rien d extraordinaire ni de honteux, mais si les imperfections de l édition moderne se retrouvent ainsi dans la traduction, cela voudrait dire qu il n était pas sans doute le meilleur. Parlons d une autre omission et d une interprétation pour le moins douteuse, qui se trouvent dans le fragment 131 de la traduction japonaise. Voici le passage en question : «人間は何というキマイラだろう 何たる珍獣 何たる怪物 何たる混沌 何たる矛盾 ごびゅうはのすみか 何たる怪奇 万物の裁き手にして か弱い虫けら 不確実と誤謬の掃きだめ 宇 ほまくずもの宙の誉れにして屑物!» (p. 150) Cet alinéa correspond à la page 258 du Texte autographe. Voici ce qu on y lit (j ajoute les signes diacritiques ; les lettres à supprimer sont mises entre parenthèses) : Quelle chimère est ce donc que l homme, quelle nouveauté quel monstre, quel chaos, quel(le) sujet de contradiction quel(le) prodige, Juge de toutes choses imbécille ver de terre, dépositaire du vray, Cloaque d incertitude & d erreur, gloire & rebut de l univers 11. Si l on consulte les deux Copies, la Première (p ) donne amas en corrigeant cloaque tandis que la Seconde (p ) n a aucune variante, même pour cloaque. Parmi les éditions modernes récentes, celle de Philippe Sellier (publiée en 2010, fragment 164, p. 222) et celle de Gérard Ferreyrolles (publiée en 2000, fragment 164, p. 116) n ont pas de variantes. Par contre, Michel Le Guern (édition de 2000, fragment 122, p. 580) propose de corriger contradiction en contradictions au pluriel. Ce qui donc distingue la version japonaise des autres versions, c est d une part la disparition du syntagme dépositaire du vray. Où est-il passé? Pourquoi est-il omis? Le syntagme qui nous est transmis par les trois manuscrits et admis par les récentes éditions critiques aurait-il quelque chose de suspect qui ait conduit Tetsuya Shiokawa à 11 Voir 12 Voir 13 Voir 4 l exclure de sa traduction? Puisqu il n y a aucune indication typographique ni aucune note textuelle dans la traduction, on ne peut pas savoir si c est un choix délibéré du traducteur ou un simple lapsus. L autre particularité de la version Shiokawa est son interprétation du syntagme ver de terre. Pour être précis, on ne voit pas très bien comment les éditeurs modernes l ont compris, mais vu leur silence, ils ont dû le comprendre comme un syntagme courant signifiant «lombric terrestre» ; autrement, ils l auraient annoté pour insister sur la signification qu il aurait eue chez Pascal ou à son époque 14. D après l article ver du Trésor de la langue française de Paul Imbs 15, ce syntagme avec ce sens moderne est attesté depuis 1530 ; notre interprétation n est donc pas anachronique s agissant de Pascal. Or dans la traduction japonaise on lit non pas «ミミズ» (= lombric terrestre), mais «虫けら» (= ver). D où vient ce choix? Tetsuya Shiokawa disposerait-il d un texte qui contienne la leçon ver, leçon inconnue ailleurs? Si c était le cas, il aurait dû mettre en évidence ce témoin inédit. Le même fragment contient un autre passage où la version Shiokawa brille encore par sa singularité. En parlant des pyrrhoniens, Pascal aurait écrit de cette façon si l on suivait sa traduction : «中立こそがこの徒党の本質であり 彼らに反対しない者は 彼らの最上の味方なの だ 彼らは自分の側に立たず 中立で無差別 いっさいの例外なしに判断を保留する» (p. 149) Dans le Texte autographe, ce passage se lit à la page 258. Le voici (j ajoute les signes diacritiques) : Cette neutralité est l essence de la cabale, qui n est pas contre eux est excellement pour eux, ils ne sont pas pour eux mesmes, ilz sont neutres & 16 indifférens, suspendus à tout sans s excepter Dans son mail du 5 septembre 2015 dont je le remercie, Philippe Sellier me renvoie à la définition donnée par Antoine Furetière dans son Dictionnaire universel, La Haye et Rotterdam, 1690, t. 3, p. 792a, s.v. ver : «Ver, se dit aussi d un insecte qui vit dans la terre, qui rampe sur la terre, qui est menu, long & sans os.» 15 Paris, CNRS et Gallimard, , 16 vol. 16 La lecture & n est pas très sûre sur l image du manuscrit. 17 Voir EN. 5 La Première Copie (p ) et la Seconde Copie (p ) n ont pas la conjonction & après neutres. Philippe Sellier (édition de 2010, fragment 164, p ) et Gérard Ferreyrolles (édition de 2000, fragment 164, p. 115) ont la même leçon que les deux Copies, tandis que Michel Le Guern (édition de 2000, fragment 122, p. 580) a la conjonction et après neutres. Malgré cette petite différence, le dernier mot du passage est le verbe pronominal s excepter dans les manuscrits comme dans les éditions récentes. Bien qu aucune note ne l explique dans les éditions récentes, Philippe Sellier a bien voulu me dire dans son mail du 5 septembre 2015 que dans ce fragment sans s excepter signifie «sans s excepter eux-mêmes». La traduction japonaise «いっさいの例外なしに» convient-elle à ce texte? On a l impression que le traducteur n a pas tenu compte du pronom réfléchi en comprenant que le complément d objet direct du verbe transitif excepter est tout qu on lit avant la préposition sans. Mais peut-être cette impression est-elle erronée. Si Tetsuya Shiokawa avait mis une note explicative qui justifie son interprétation, il aurait rendu service aux lecteurs perplexes. La fin du fragment 132 où il est question du divertissement pose également une question d interprétation. Voici la traduction japonaise : «いや 気晴らしはよそから つまり外部からやってきて その状況に左右される だ いやおうから無数の突発事故に邪魔されて 否応なしの悲しみを引き起こしかねない» (p. 159) Ce fragment étant absent du Texte autographe, je cite le passage correspondant d après la Première Copie (j ajoute les signes diacritiques) : non car il vient d ailleurs & de dehors & ainsy il est dépendant & partant sujet à estre troublé par mille accidens qui font les afflictions inévitables. (p ) La Seconde Copie (p ) transmet le même texte. Philippe Sellier (édition de 2010, fragment 165, p. 225), Gérard Ferreyrolles (édition de 2000, fragment 165, p. 120) et Michel Le Guern (édition de 2000, fragment 123, p. 583) nous offrent la même leçon, encore que leur ponctuation ne soit pas identique. Ce qui risque de désorienter les lecteurs japonais est la signification de la fin du passage : & partant sujet 18 Voir 19 Voir et gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b t/f78.image.r=pascal%20pensees.langen. 20 Voir 21 Voir 6 à estre troublé par mille accidens qui font les afflictions inévitables. Malheureusement aucun éditeur cité ne commente cette partie, qui doit leur paraître trop limpide pour nécessiter toute intervention. Mais quel est son sens obvie? Si l on retraduit en français la traduction de Tetsuya Shiokawa, il me semble que cela donnera à peu près : «le divertissement est troublé par mille accidents et risque de provoquer des afflictions inévitables.» Est-ce bien de cette façon qu il faut entendre le texte de Pascal? Dans la traduction japonaise, le verbe «引き起こす» (signifiant «provoquer, causer») pose deux questions. D une part, à quel mot du texte français correspond-il? De l autre, quel est son sujet? Apparemment, c est au verbe faire dans qui font les afflictions inévitables qu il correspond. Et alors que chez Pascal son sujet est naturellement le pronom relatif qui ayant comme antécédent le substantif mille accidens, la traduction semble nous laisser entendre que son sujet est plutôt le divertissement. Ce qui est impossible, puisque comme sujet le verbe faire a besoin d un substantif au pluriel. Du reste, ce verbe faire ne me semble pas signifier ici «provoquer, causer». Si c était le cas, son complément d objet direct aurait plutôt l article indéfini des et non pas les. Dans ce passage, le verbe est employé, comme souvent au 17 e siècle ou même avant 22, au sens de «rendre (quelque chose + adjectif), donner une qualité à quelque chose» dans la construction faire quelque chose + adjectif, où l adjectif est employé comme attribut et non pas comme épithète. Cette observation est si rudimentaire elle sentirait un cours élémentaire que je me demande si je ne me divague pas. Cependant, Yoichi Maeda et Ko Yuki qui avaient traduit le passage par «その結果として 無数の事故によって乱されがちであり それが苦しみを避けがたいものにするからである 23» me semble avoir interprété comme moi le texte de Pascal et l interprétation que Philippe Sellier m a donnée dans son mail du 5 septembre 2015 va dans le même sens. Le nouveau traducteur qui paraît avoir donné au verbe faire le sens de «provoquer, causer» et avoir considéré l adjectif inévitable comme une épithète qualifiant le substantif affliction devrait au moins repenser sa phrase, car dans l état actuel elle risque d induire les lecteurs en erreur et ne me paraît pas bien correspondre à l original. Le fragment 136 de la version Shiokawa pose également des problèmes. D abord, elle n a pas rendu quelques mots du texte de Pascal. Comme ces passages ne sont pas annotés ni mis en évidence typographiquement, on ne sait pas si le traducteur les a omis exprès ou par inadvertance. 22 Voir un exemple de cet emploi dans une phrase des Essais de Montaigne citée ci-dessous p. 14, dans la note Voir Yoichi Maeda et Ko Yuki, Pascal, Pensées [traduction japonaise], Tokyo, Chuokoronshinsha, 1973, p. 114. 7 japonaise : D abord, citons la première phrase du deuxième alinéa. Voici la traduction しさい «しかし私は もっと仔細に考えをめぐらせ 私たちの不幸の原因を見つけた後で さらにその理由を発見したいと思った» (p. 162) Cette phrase correspond en fait aux deux propositions subordonnées d une phrase dans le texte français. Elle se lit de la manière suivante à la page 139 du Texte autographe (je ne cite pas la proposition principale, qui est en dehors de mon propos) : Mais quand j ay pensé plus prez & qu aprez avoir trouvé la cause de tous nos malheurs j ay voulu en descouvrir la raison [...] 24. La Première Copie (p ) et la Seconde Copie (p ) ne donnent aucune variante. On y lit toujours tous nos malheurs, bien que l adjectif tous ne soit pas traduit par Tetsuya Shiokawa. En ce qui concerne ce syntagme, Philippe Sellier (édition de 2010, fragment 168, p. 227), Gérard Ferreyrolles (édition de 2000, fragment 168, p. 121) et Michel Le Guern (édition de 2000, fragment 126, p. 584) sont unanimes à suivre la leçon des témoins manuscrits et à s abstenir de l annoter. Cela veut dire sans doute qu aucun d entre eux n a mis en cause la présence ou la lecture du mot tous. Pourquoi alors celui-ci a-t-il disparu dans la version Shiokawa? Puisque le texte ainsi proposé par le traducteur semble être une version inouïe, une petite note explicative aurait été nécessaire. Dans le même fragment 136, le premier alinéa de la page 166 de la traduction japonaise contient aussi des leçons inédites. Voici d abord la première phrase de l alinéa : «このようにして一生涯が過ぎていき 人々は障害に打ち勝つことをつうじて休息を求 める» (p. 166) Le passage correspondant se trouve à la page 209 du Texte autographe. Je le cite en ajoutant l accent aigu dans le verbe s écouler : 24 Voir EN. 25 Voir 26 Voir 8 Ainsy s écoule toute la vie, on cherche le repos en combattant quelques obstacles [...] 27. La Première Copie (p ) et la Seconde Copie (p ) n offrent pas de variantes : le syntagme quelques obstacles ne varie nulle part. Philippe Sellier (édition de 2010, fragment 168, p. 229), Gérard Ferreyrolles (édition de 2000, fragment 168, p. 124) et Michel Le Guern (édition de 2000, fragment 126, p. 585) conservent tous l adjectif indéfini quelques sans aucun commentaire. D où vient alors sa disparition dans la version de Tetsuya Shiokawa?
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