DERRIÈRE LES MOTS... Sens et détournements des mots

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DERRIÈRE LES MOTS... Sens et détournements des mots Jeune Quartier Intégration République Discrimination Sans Altermondialiste Indigène En matière de lutte contre les discriminations racistes, plus que
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DERRIÈRE LES MOTS... Sens et détournements des mots Jeune Quartier Intégration République Discrimination Sans Altermondialiste Indigène En matière de lutte contre les discriminations racistes, plus que dans n importe quel autre domaine, les mots employés ne sont ni neutres ni anodins. Au contraire, ils sont surchargés de sens et sont révélateurs des discours et des postures contradictoires qui s affrontent les unes les autres. Les mécanismes et les logiques qui les animent doivent pouvoir être repérés. Nous tentons ainsi à notre échelle de proposer un lexique critique des termes présents dans le débat portant sur les discriminations. Ces mots lourds de sens ont été choisis par les membres du collectif Cité Plurielle. Ce lexique s inscrit dans un travail de réflexion et de définition de la thématique annuelle et de l ensemble des débats rythmant cette semaine contre le racisme et pour l égalité. Table des matières La société Les citoyens La politique Les espaces Et encore Égalité Islam République Altermondialisme Arabe Jeune Étranger Indigène Sans Discrimination Intégration Quartier Jungle Égalité nf 1. État de ce qui est égal, équivalent; état de ce qui est uni, régulier. 2. Principe selon lequel tous les citoyens peuvent invoquer les mêmes droits. On retrouve la notion d égalité dans la philosophie grecque - pour laquelle il n y a pas de justice sans égalité comme dans la Révolution française, à travers la déclaration des droits de l homme et du citoyen qui précise que les hommes naissent libres et égaux en droit. Pourtant, les sociétés libérales modernes restent marquées par le maintien et la croissance d inégalités. Le triple constat dressé par Rousseau au 18e siècle semble toujours d actualité. 1. Les inégalités découlent essentiellement des mécanismes du marché économique, variables d une société à l autre, mais présents dans toute société. 2. Les inégalités tendent à se cumuler. En effet, les individus issus de familles modestes ont moins de chances d atteindre un niveau d instruction élevé, et de ce fait, de parvenir à un statut social élevé et à une profession valorisée et bien rémunérée. 3. Pour maintenir l unité, l autorité publique doit faire en sorte que les riches ne soient pas trop riches et les pauvres pas trop pauvres, mais en même temps elle ne doit pas se faire d illusion sur les limites des politiques d égalité. Le système politique intervient de façon diverse et complexe pour régler, réguler et corriger le fonctionnement des marchés, des économies socialistes aux économies libérales. Ces dernières cherchent à promouvoir l égalité des chances et à contenir les inégalités dans des limites acceptables pour la paix sociale. Devant la permanence des inégalités sociales, culturelles, économiques qui, comme l a montré Bourdieu, se transmettent au sein de la famille, une tendance actuelle vise à faire appel à la notion d équité, qui se définit par «ce qui est juste, impartial». La recherche de l équité se traduit par le fait d essayer d atténuer les discriminations en accordant, au nom de la justice sociale, des avantages aux individus qui de par leur origine, leur sexe, leur handicap, etc. sont reconnus comme ayant moins de chance de pouvoir atteindre «l égalité». Le commerce équitable et les quotas d entrée dans les grandes écoles en sont des exemples. L équité apporte t-elle plus de garanties que l égalité? N est-elle pas au contraire une forme de promotion de l égalité «au rabais», qui laisserait perdurer un système basé sur des discriminations? 02 - La société Islam nm Religion musulmane. L Islam : le monde musulman, la civilisation musulmane. Le mot désigne avant tout une grande religion monothéiste qui rassemble aujourd hui environ un milliard trois cent mille croyants de l Afrique de l Ouest à l Indonésie. C est aussi une civilisation qui s est enrichie au contact des nombreuses cultures existant sur cette vaste zone. L Islam est apparu en Arabie au septième siècle après Jésus-Christ avec la révélation du Coran à Muhammad, appelé aussi Mahomet, vers l an 620. Cette révélation se situant dans la continuité de celles mentionnées dans la Bible depuis Adam jusqu à Jésus en passant par Moïse, certains musulmans considèrent que toutes ces révélations ne forment qu une seule religion. Seules les législations sont différentes. L islam repose sur le Coran, l ouvrage dans lequel les musulmans cherchent des règles de conduite et de pensée individuelles et collectives. Par ailleurs, en tentant d édifier à Médine un État inspiré des principes du Coran, le prophète et ses partisans confèrent à l Islam une dimension politique affirmée. Grâce à ses conquêtes l Islam se répand sur de vastes territoires et s affronte aux puissances politiques chrétiennes. Il entretiendra avec elles des relations conflictuelles de conquêtes et reconquêtes, colonisations et décolonisations mais les périodes de paix et d échanges réciproques influenceront les deux civilisations. Avec les migrations de population, l Islam s est implanté en Occident et celui-ci ne peut être indifférent à son évolution. Aujourd hui, l Islam renvoie parfois à l image de pays en guerre, d attitudes d intolérance et à une menace que certains partis politiques exagèrent volontairement pour mobiliser un certain électorat. Le monde musulman est en fait pluriel, traversé par des débats autour de la nécessité de se moderniser. Un regard sur l histoire de la civilisation islamique rappellerait que cette civilisation a su intégrer les influences extérieures et produire des œuvres qui ont enrichi le patrimoine de l humanité et ont contribué à son rayonnement, ce qui prouve la capacité d ouverture de l Islam en tant que civilisation La société République nf Gouvernement dans lequel le peuple exerce la souveraineté directement ou par l intermédiaire de délégués élus. La république est aujourd hui le type de régime le plus répandu dans le monde. Même si on a tendance à l associer à la démocratie, c est-à-dire au gouvernement du peuple, beaucoup de régimes républicains ont été accaparés par des dictateurs. Étymologiquement le terme république vient du latin res publica, qui signifie la «chose publique», c est-à-dire ce qui est l affaire de tous, tout au moins l affaire de ceux qui sont en âge et en capacité d exercer leurs droits de citoyens. La république est apparue à Athènes au cinquième siècle avant Jésus-Christ. C était un modèle de démocratie directe où les citoyens pouvaient participer directement aux décisions politiques. Cependant, cette république excluait du vote les femmes, les étrangers et les esclaves. Ensuite, la république romaine, fondée en 450 avant notre ère a servi de base à plusieurs régimes. Les représentants des citoyens siégeaient au Sénat et rédigeaient les lois alors que les consuls élus pour un temps limité détenaient le pouvoir exécutif. Ce régime s est écroulé avec l instauration de l Empire par César. La république ne réapparaîtra que beaucoup plus tard avec l indépendance des États-Unis d Amérique et la Révolution e, qui proclame la première république en septembre Dans le monde contemporain, la république s appuie sur une Constitution qui définit les pouvoirs des diverses instances : parlement, gouvernement, présidence et leur mode d élection par suffrage direct ou indirect. Lorsque la constitution est modifiée en profondeur, on proclame une nouvelle république. En France, la cinquième République est en place depuis Dans les représentations courantes, la république est liée à la promotion de la liberté, des idéaux de fraternité et d égalité. Avec la IIIe république, la loi de séparation des églises et de l État de 1905 a permis de réduire l influence de l Église catholique. De ce fait, la république est aussi associée à la laïcité. Ainsi, l État ne reconnaît et ne finance aucun culte et garantit la liberté de religion. La globalisation favorise le mélange entre les cultures et les sociétés. Ces interactions représentent un défi auquel la république et l esprit républicain doivent faire face pour éviter les divisions et la multiplication des conflits internes accrus en temps de crise. Cela se fait en réaffirmant ces valeurs perçues comme la base du vivre ensemble et en recherchant l intérêt général. Mais cet appel serait sans doute plus efficace si la république agissait fortement pour réaliser concrètement ses idéaux, en particulier l idéal d égalité entre les citoyens La société Jungle Islam Altermondialisme nm Ensemble des conceptions des partisans de l altermondialisation. L altermondialisme est un mouvement social né lors de la réunion de l Organisation Mondiale du Commerce de Seattle en A cette occasion, 1200 associations, O.N.G*, syndicats etc..se sont rassemblés pour protester contre la mondialisation néolibérale qui accroit les inégalités et le chômage et dégrade l environnement. Depuis, ce mouvement se rencontre lors des sommets regroupant les décideurs de l économie mondiale : F.M.I*, forum de Davos, G8, sommets européens etc.. Il regroupe notamment des syndicalistes inquiets pour l emploi dans les pays industriels, des défenseurs de l environnement, des militants politiques, des humanitaires et des intellectuels du tiers-monde préoccupés de l accroissement des inégalités entre pays pauvres et pays riches. Leurs revendications portent d abord sur les questions sociales puisque au niveau national et international, la croissance économique a conduit à une augmentation importante des inégalités et une précarisation générale de l emploi touchant toutes les couches de la société. Mais d autres sujets sont abordés: les droits de l homme, le développement humain, l environnement etc. Depuis 2001, les militants se sont organisés autour d un Forum social mondial. Cette rencontre est impulsée par des associations comme ATTAC* et privilégie la réflexion en vue de propositions alternatives. Le slogan : «une autre mondialisation est possible» permet de se démarquer des postures protectionnistes et souverainistes condamnées à l échec. Il marque l acceptation de la globalisation des échanges économiques à condition qu elle soit contrôlée par les citoyens et menée dans une optique de justice sociale. Rassemblant des militants originaires de toute la planète, l alter-mondialisme est le premier mouvement social en phase avec les réalités économiques, politiques, sociales et écologiques du XXIe siècle, depuis les luttes des paysans sans terre jusqu aux tentatives de contrôle des dérives du capitalisme financier. Il représente un espoir pour tous ceux qui refusent une mondialisation libérale. * La notion de «mondialisation» renvoie ici au capitalisme actuel sous toutes ses formes : ouverture des marchés, position hégémonique de la puissance américaine, rôle des institutions internationales (O.M.C., F.M.I. ou Banque mondiale). FMI Fond Monétaire International OMC Organisation mondiale du Commerce ONG Organisation Non Gouvernementale ATTAC Association pour une Taxation des Transactions financières pour l Aide au Citoyen 05 - La société adj et n Relatif à la France. Personne qui habite en France. Langue parlée dans les régions francophones. Un n est pas nécessairement un habitant de la France : des étrangers habitent en France et des vivent à l étranger. Juridiquement, un est une personne qui possède la nationalité française. Elle doit donc se conformer aux lois inscrites dans le Code Civil et bénéficie des droits civiques et politiques prévus par Constitution de la République française. En 2008, on recensait 63,3 millions de personnes disposant de la nationalité française, dont 2,2 millions vivaient à l étranger. La conception de la nationalité française a évolué au fil du temps. Sous l Ancien Régime, pour être, il fallait prêter allégeance au Roi et pratiquer la même religion que lui, le Catholicisme. Les Juifs et les Protestants n ont obtenu la citoyenneté française qu après la Révolution. Ensuite, à partir du 19ème siècle, la conception de la nationalité française va s appuyer avant tout sur la volonté de vivre ensemble. Pour Ernest Renan, la Nation doit être «un plébiscite de tous les jours». Contrairement à l Allemagne, qui privilégie le droit du sang pour acquérir la nationalité, en France, c est le droit du sol qui prime. La loi française de 1889 prévoit diverses manières d accéder à la nationalité française. Ainsi, un enfant d étrangers né en France devient systématiquement à sa majorité, à condition qu il ait résidé suffisamment en France, sauf s il demande explicitement à garder sa nationalité d origine. Il est aussi possible de devenir pour un étranger majeur qui n est pas né en France mais qui y réside de façon régulière. La loi de 2003 prévoit qu il peut bénéficier d un décret de naturalisation, s il fait la preuve de son «assimilation à la communauté française» notamment par sa maîtrise de la langue française. Des personnes mariées à un conjoint français ou les enfants adoptés par des parents français peuvent aussi obtenir une déclaration de nationalité française. Il est possible de perdre la nationalité française, comme cela s est vu de 1915 à 1944 avec les naturalisés en provenance d un pays ennemi. Par ailleurs, jusqu en 1945, les femmes épousant des étrangers perdaient la nationalité française et ne pouvaient la transmettre à leurs enfants. Qu est ce qu être français aujourd hui? La France est-elle éternelle, blanche et catholique ou le produit complexe et changeant de la population qui y vit? 06 - Les citoyens Arabe adj et n Relatif aux peuples parlant l arabe. Nm Langue sémitique parlée en Arabie, en Afrique du Nord et au Proche-Orient. Les Arabes forment un peuple dont le critère distinctif est l usage de la langue arabe. Cette langue est née avant le IXe siècle dans des tribus nomades du nord du désert d Arabie. Avec la naissance puis le développement de l Islam, ce peuple sort de la péninsule et disperse sa langue dans tout le Proche-Orient et le Moyen-Orient et jusqu en Afrique du Nord et en Espagne. L arabe devient alors une langue très parlée et notamment par de nombreux savants, écrivains et philosophes qui vont compter dans l histoire des sciences et de la pensée. Aujourd hui, on peut estimer à 220 millions le nombre d Arabophones répartis dans vingt-deux pays. On peut parler d un «monde arabe». Celui-ci est toutefois très divers du point de vue ethnique et racial. Du point de vue religieux, l Islam y est dominant mais cohabite avec des minorités religieuses (juives et chrétiennes) et linguistiques (comme les Kurdes et les Turkmènes au Moyen Orient ou les Berbères en Afrique du Nord). Se dire Arabe est donc plus un acte d affirmation politique et culturelle que le résultat d une généalogie qui fait remonter ses ancêtres aux tribus de la péninsule arabique. La conscience de l unité arabe est récente. Elle est apparue avec la volonté de sortir de plusieurs siècles de domination ottomane d abord puis européenne. Le panarabisme est une idéologie d inspiration laïque qui prône l unité politique du monde arabe. Cette unité paraît aujourd hui très utopique mais il existe des instances supra-nationales, comme la ligue arabe fondée en 1945, qui s efforce d entretenir les liens entre des pays aux intérêts souvent divergents et d arbitrer les conflits. Dans le langage courant, l utilisation du terme d arabe est ambiguë. Elle est en partie héritée de la période coloniale où les Européens utilisaient le terme avec une connotation négative pour exprimer une distance vis-à-vis des populations autochtones, plutôt que le terme musulman qui avait, lui, une acceptation institutionnelle. Le mot «arabe» n évoque donc plus toujours cette réalité politique complexe et la culture qui la cimente mais évoquerait plutôt la figure de l immigré maghrébin. Hier le travailleur, plus souvent d ailleurs berbère qu arabe, aujourd hui le jeune des cités qui ne parle que rarement l arabe. Le terme ne désigne plus qu une figure sociale, alors qu il était initialement rattaché à un vaste ensemble linguistique et culturel à l histoire riche et ancienne Les citoyens Jeune adj Peu avancé en âge, qui appartient à la jeunesse. Ce qualificatif comporte une dimension valorisante, «Vous faites jeune! Vous savez rester jeune!». Mais il désigne aussi parfois plus une figure sociale qu une période de la vie : «le jeune». A chaque époque, les jeunes interpellent l ensemble de la société qu ils questionnent sur leur avenir et la place qu ils peuvent y occuper. La société actuelle est donc à la fois de plus en plus «accro au jeunisme» et préoccupée par les jeunes qui tendent à remettre en cause l ordre établi. Les démographes considèrent qu aujourd hui, on est encore jeune tant qu on n a pas dépassé la moitié de l espérance de vie moyenne. En France, on est donc jeune jusqu à 41 ans. Il y a deux siècles, à cet âge là, on était déjà presque vieux. Le «jeune de quartiers populaires» apparaît comme l incarnation contemporaine de la figure menaçante de la jeunesse, après bien d autres qui ont marqué l histoire depuis les jeunes révolutionnaires de 1789 jusqu aux étudiants gauchistes des barricades de mai 1968 en passant par les blousons noirs des années cinquante. Cependant, ces jeunes là étaient qualifiés comme gauchistes ou révolutionnaires. Les «jeunes des quartiers populaires» sont rassemblés sous le seul critère de leur âge et leur lieu d habitation. C est oublier que les profils de ces jeunes sont aussi divers et multiples que ceux des cinquantenaires d un même lotissement : partagés entre études, emploi, implication dans des activités, famille et amis. L étiquette «jeunes de quartiers populaires» contribue donc à gommer cette diversité et la richesse qu elle représente. La stigmatisation qui en découle rend difficile l accès à l emploi. La focalisation des médias sur l image des «jeunes de banlieue» émeutiers et casseurs, chômeurs et marginaux se renforce alors d elle-même Les citoyens Étranger (ère) adj et n 1. Qui est d une autre nation. 2. Qui n appartient pas à un groupe, à une famille, à une ville. Adj 1. Qui n appartient pas à la nation où on vit; qui concerne les rapports avec les autres nations. 2. Qui est sans relation, sans rapport avec. 3. Qui n est pas connu. Le terme étranger est une notion juridique contrairement au terme immigré, qui relève de la démographie et de la sociologie. Est étrangère toute personne qui n a pas la nationalité française. Cette personne est juridiquement ressortissante d un autre pays, la plupart du temps, celui dans lequel elle est née. Elle peut passer toute sa vie en France tout en conservant sa nationalité d origine. Elle sera alors recensée comme étrangère de nationalité espagnole, marocaine, chinoise etc. Elle peut éventuellement être apatride quand elle a perdu sa nationalité d origine et n a pas encore acquis une autre nationalité. Le mot étranger n est pas synonyme d immigré. Au moment de son entrée en France, l immigré est étranger. Au bout d un certain temps de séjour il peut être devenu par acquisition. Le recensement général de la population qui a eu lieu en 1999 a permis pour la première fois de distinguer immigrés et étrangers. Sont immigrées toutes les personnes étrangères nées à l étranger, qu elles aient acquis la nationalité française ou qu elles aient conservé leur nationalité de naissance. A cela s ajoutent les personnes étrangères nées e
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