EMPLOIS ET TRANSITION ÉCOLOGIQUE

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EMPLOIS ET TRANSITION ÉCOLOGIQUE TOME 3 - SPÉCIFICITÉS ET POTENTIELS EN ÎLE-DE-FRANCE L INSTITUT D AMÉNAGEMENT ET D URBANISME DE LA RÉGION D ÎLE-DE-FRANCE EST UNE FONDATION RECONNUE D UTILITÉ PUBLIQUE
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EMPLOIS ET TRANSITION ÉCOLOGIQUE TOME 3 - SPÉCIFICITÉS ET POTENTIELS EN ÎLE-DE-FRANCE L INSTITUT D AMÉNAGEMENT ET D URBANISME DE LA RÉGION D ÎLE-DE-FRANCE EST UNE FONDATION RECONNUE D UTILITÉ PUBLIQUE PAR DÉCRET DU 2 AOÛT , RUE FALGUIÈRE PARIS CEDEX 15 - TÉL. : OCTOBRE ISBN EMPLOIS ET TRANSITION ÉCOLOGIQUE Tome 3 - Spécificités et potentiels en Île-de-France Octobre 2016 IAU île-de-france 15, rue Falguière Paris cedex 15 Tél. : + 33 (1) Fax : + 33 (1) Directeur général par intérim : Fouad AWADA Département Economie : Vincent GOLLAIN, directeur Étude réalisée par Carine CAMORS, Pascale LEROI et Cristina LOPEZ (Chef de projet) Cartographie et infographie réalisées par Noémie LEGRAND et Pascale GUERY N d ordonnancement : Crédit photo de couverture : Laurent Mignaux/MEDDE-MLETR / Recyclage des câbles. Remerciements : Guillemette Deschamps, Stéphane Buillard, Eric Mulot et Renaud Bricq (Conseil Régional Ile de France) Eric Corbel, Geoffrey Munier et Guillaume Gay (DRIEE Ile de France) Justine Emringer (Maison de l Emploi, Plaine Commune) Catherine Gwet et Morad Ben Mezian (Défi Métiers) Regine Chevalier (Direccte Ile de France) Pascale Lelievre (Pôle Emploi Ile de France) Laurence Chretien (INSEE Ile de France) Laurence Oulovsky, Vincent Roumeas (Paris Region Entreprises) Christelle Insergueix, Thierry Vincent (ARENE) 2 Avant-Propos Pour comprendre les enjeux de la transformation écologique sur l emploi, l IAU a réalisé une série de trois rapports caractérisant ces emplois, en Île-de-France et dressant un état des lieux des potentiels et des enjeux associés. Le présent rapport constitue le troisième volet. EMPLOIS ET TRANSITION ÉCOLOGIQUE Tome 1 - Optimiser le potentiel d emplois de la transition écologique Etude - IAU Île-de-France, Mai 2015 Tome 2 - L économie verte en Île-de-France : emplois et professions Etude - IAU Île-de-France, Juin 2015 Note rapide et infographie, IAU Île-de-France en partenariat avec la DRIEE et Défi Métiers, Juin Tome 3 - Spécificités et potentiels en Île-de-France Etude - IAU Île-de-France Octobre 4 Sommaire Introduction... 7 Spécificités et potentiels d emploi en Île-de-France L économie verte francilienne Des défis environnementaux qui conditionnent la dynamique de développement Une économie régionale puissante mais qui donne des signaux de faiblesse Des atouts à conforter dans les filières industrielles de l économie verte Des marges de progression dans la productivité des ressources Que sait-on des potentiels pour l emploi? L économie verte pèse dans l emploi régional Des gisements d emploi substantiels à venir Une transformation qui suppose de nouvelles compétences Agir pour l emploi dans la transformation écologique Donner le cap de la transformation Un portage politique fort et un objectif, à long terme, clair Un objectif transversal qui fédère et structure l action régionale Organiser la transversalité et renforcer les réseaux d acteurs Poursuivre la sensibilisation et la conversion des pratiques des acteurs régionaux Organiser la transversalité entre environnement, économie et formation Renforcer les réseaux d acteurs Faire de la transformation écologique, une orientation économique structurante du futur SRDEII Mettre en œuvre des priorités industrielles et des objectifs spécifiques par filière Définir des priorités de sobriété, de manière transversale pour une économie francilienne plus circulaire Clarifier le calendrier d investissement public Faire de la région une vitrine de solutions innovantes Améliorer le dispositif statistique de mesure de l emploi Etendre les contrats d étude prospective à d autres secteurs d activité Accompagner les territoires, les entreprises et les franciliens Optimiser les potentiels des territoires Aider au financement des entreprises innovantes Améliorer la lisibilité de l offre d accompagnement Généraliser les principes de l économie circulaire dans l accompagnement des entreprises Porter une attention particulière aux TPE PME et à leurs salariés Développer une formation en environnement lisible et accessible à tous Conclusion Bibliographie 6 Introduction La région Île-de-France a toutes les caractéristiques d une région globale. Elle est le moteur de l économie française, un centre d innovation de rang mondial, un pôle d attraction pour les entreprises et les talents. Elle est aussi une région peuplée, très consommatrice de ressources, qui contribue à la pollution de l air, aux émissions de carbone et aux atteintes à la biodiversité. Relever les défis de la transformation écologique suppose de mettre l économie francilienne sur une trajectoire de développement soutenable, vers une économie verte. Cette dynamique implique d associer efficacité économique et optimisation des ressources employées et rejets générés. De plus, dans une région marquée par le chômage et des inégalités croissantes, cette trajectoire de développement doit aussi, pour être légitime et réalisable, être porteuse d amélioration pour l emploi. Cette étude, troisième volet de l analyse des emplois de la transformation écologique, s articule autour de deux grandes parties : La première fait le point sur les spécificités et les potentiels de l Île-de-France en matière de transformation écologique et porte une attention particulière aux enjeux d emploi. Car, la multiplicité des discours, des analyses et des politiques à l œuvre, a suscité, à la fois, des attentes fortes et une certaine confusion devant la diversité des chiffrages et des travaux menés. Ce travail de synthèse, bien que non exhaustif, permet de poser un cadre de référence transversal, sur ces enjeux dans la région. La deuxième partie dresse des recommandations d action à l échelle régionale. La transformation écologique est déjà en marche dans la Région mais les marges de progression sont encore importantes. Elles subsistent, à la fois, dans l élaboration et la diffusion d une culture commune en la matière, dans la mise en pratique des concepts par les acteurs publics et privés, dans la structuration des filières industrielles de l économie verte, la généralisation des principes de l économie circulaire à l ensemble de l économie, etc. Les défis sont nombreux et multiples. Les entreprises franciliennes doivent innover et adapter leurs processus de production sur un marché très concurrentiel. Les individus doivent adapter leurs compétences sur un marché du travail en mouvement et avec un taux de chômage important. Enfin, les politiques publiques doivent décider des plans d investissements publics, à long terme, dans un contexte d austérité budgétaire. Mais le territoire francilien dispose d atouts significatifs pour le déploiement de cette économie plus verte. Elle compte des acteurs clés sur l ensemble des filières industrielles stratégiques pour la transformation écologique. Les potentiels de développement et les emplois associés sont substantiels. La Région dispose de nombreux leviers pour optimiser la création d emplois de la transformation écologique. 7 8 Spécificités et potentiels d emplois en Île-de-France 1. L économie verte francilienne La transformation écologique de l économie francilienne suppose de concilier création de valeur et préservation de notre environnement. Si les défis environnementaux et économiques sont nombreux, la Région dispose aussi d atouts pour faire de cette transformation une formidable opportunité pour redynamiser l économie. 1.1 Des défis environnementaux qui conditionnent la dynamique de développement La région francilienne avec près de 12 millions d habitants détient le record, en Europe, de la plus forte concentration de population urbaine et en France, le record du dynamisme démographique. En 2050, elle pourrait compter, entre 12,3 et 14,9 millions d habitants. 9 La quasi-totalité des ressources est importée Pour satisfaire les besoins quotidiens de la population, la région consomme de grandes quantités de ressources (matières, énergie) pour nourrir, chauffer, transporter, produire et échanger une grande variété de biens de consommation et intermédiaires. L essentiel des ressources nécessaires au bon fonctionnement de l économie provient de l extérieur (80 % pour moitié d autres régions, pour l autre de l étranger) : pour les minéraux et matériaux de construction, si la région dispose d un patrimoine géologique riche et varié (granulats, calcaires cimentiers, gypse francilien, silice industrielle, argiles réfractaires), elle n est autosuffisante qu à hauteur de 35 % 1 ; en matière énergétique, l autosuffisance n est que de 11 %. L énergie consommée provient essentiellement de l étranger : à 51 % de produits pétroliers, à 22 % de gaz naturel. Seule 20 % de l énergie consommée est issue de l électricité produite dans les autres régions françaises ; pour les minéraux ferreux et non ferreux, la dépendance est totale alors qu ils sont souvent stratégiques pour le développement de certaines filières industrielles. Cette dépendance aux ressources et l augmentation supposée de la population dans les décennies à venir posent des enjeux à la fois économiques et environnementaux : Economiques, car l accès aux ressources devrait être de plus en plus concurrentiel compte tenu de la quantité limité de nombre d entre elles et de l augmentation de la demande mondiale avec le fort développement économique des pays émergents. La hausse tendancielle du coût des matières premières est engagée depuis 2005 (cf graphique). 1 Source : DRIRE, IAU, Minéraux et Matériaux industriels en Ile-de-France, Panorama régional, septembre Environnementaux parce que l extraction et la consommation de matières induit des pollutions dans les régions où les ressources sont produites mais aussi à l échelle locale quand elles sont consommées puis jetées. Une production importante de déchets et de gaz à effet de serre Le fonctionnement de l économie francilienne produit de grandes quantités de déchets et elles ne cessent d augmenter : 34 Mt produits en 2010, 40 millions de tonnes en La production de déchets a un coût financier mais aussi environnemental car la gestion et le traitement de ces flux génère des rejets de polluants et de gaz à effet de serre (GES). Dans le volume des flux sortants de l écosystème francilien, 13 % sont des déchets ménagers mis en décharge, 12 % sont des déchets d'activités économiques et 71 % des déchets du BTP. Seuls 2 millions de ces tonnes de déchets ont fait l objet d une valorisation matière. 11 Les pollutions faites à notre environnement sont une autre des préoccupations. La qualité de l air notamment est un enjeu majeur dans la région qui conditionne l attractivité du cadre de vie. La densité des activités humaines et l intensité des transports (notamment routier) engendrent des niveaux de pollution qui dépassent les normes sanitaires internationales. C est notamment le cas de l ozone (O 3), des oxydes d azote (NOX), du dioxyde d azote (NO 2), des particules PM10 et PM2.5 et du benzène. Quant aux émissions de carbone, elles proviennent pour l essentiel de la consommation d énergie dans le bâti résidentiel (33 %) et les transports (32 %). 1.2 Une économie régionale puissante mais qui donne des signaux de faiblesse La transformation écologique de l Ile-de-France, loin d être une contrainte, est aussi une formidable opportunité pour redynamiser l économie. Si la région continue d être un moteur économique d importance, son développement est fragilisé par une concurrence internationale accrue, des inégalités sociales et territoriales et une faible dynamique de reprise depuis la crise 2. Puissance et performance L Île-de-France est une région économique puissante, à l échelle nationale, européenne et mondiale. Elle se classe parmi les cinq régions mondiales les plus compétitives. En 2014, elle comptait 6,1 millions d emplois (22 % des emplois de la France pour 19 % de la population) et contribuait à hauteur de 31 % au PIB national et à 4,7 % au PIB européen. Son attractivité s appuie sur cinq atouts majeurs qui peuvent être des piliers pour la transformation écologique : 1. Une région leader en matière de recherche et d innovation : l écosystème francilien est globalement très innovant et orienté sur des activités de haute technologie et la recherche. En Europe, comme en France, l Île-de-France est au 1er rang pour les dépenses de R&D et le nombre de chercheurs : 40 % des chercheurs y sont concentrés et 42 % des brevets y sont déposés. Sa diversité métropolitaine est son premier atout en matière d innovation. Les domaines de recherche y sont très étendus et transversaux. La région compte également huit pôles de compétitivité, dont deux portent sur des enjeux de transformation écologique : Advancity sur la ville durable et Moveo, sur la mobilité. 2 Source : Les trajectoires de l économie francilienne, constats et enjeux, IAU, mars 2. Des actifs très qualifiés et diplômés : en 2012, 38 % des actifs franciliens étaient diplômés de l enseignement supérieur. Cette proportion était de 54 % chez les jeunes actifs (25-34 ans). La part des cadres et des professions intellectuelles supérieures y atteint également des records avec une proportion de 29 % contre 17 % en moyenne dans les autres régions françaises. 3. La taille du marché et le niveau de revenus : avec 11,9 millions d habitants, un PIB par habitant 62 % plus élevé que la moyenne nationale et les deux départements les plus riches de France (Paris et les Hauts-de-Seine), le bassin de consommation francilien a un pouvoir d achat considérable. 4. Une économie diversifiée et productive : la région se classe parmi les plus performantes en France, avec un PIB par emploi de euros (en 2013) pour en moyenne dans les autres régions françaises. Son tissu économique est plus diversifié que celui d autres métropoles européennes ou américaines. Même si les activités y sont essentiellement tertiaires : les services totalisent 87 % des emplois et 90 % de la valeur ajoutée régionale. Les services aux entreprises (informatique, recherche scientifique, conseil et soutien technique), l information et la communication, la finance et les assurances, mais également les activités d hébergement et de restauration, y sont particulièrement représentés. 13 5. Un pôle industriel : malgré les réductions d effectifs, la région est encore, en 2013, le principal pôle industriel, en France, avec emplois et 110 sites de plus de 500 salariés. Elle est la première région française pour les biens de consommation (27 % de l effectif français du secteur), avec, en particulier, l édition-imprimerie-reproduction (39 %). Elle est également la première pour l automobile (plus de 13 %) et pour les biens d équipement (près de 19 %). En effectifs d emplois, les cinq principaux secteurs industriels franciliens sont : l automobile, la fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques, les industries agroalimentaires, chimiques et le secteur de l énergie. Chômage et inégalités La France a traversé une crise économique majeure en 2008 dont les effets se prolongent. Si l Ile-de-France a mieux résisté que la moyenne des régions françaises (recul de l emploi moins marqué, augmentation du chômage moins élevée, recul du PIB moins prononcé, ), elle a tout de même été affectée. L augmentation du chômage en est la principale manifestation. Depuis la crise, la croissance de l emploi reste trop faible, même si elle est supérieure à la moyenne française. La région compte désormais demandeurs d emplois août 2016). Parmi eux, 42 % sont des chômeurs de longue durée. L économie francilienne crée plus de richesse que d emplois. Ce décalage tend à s accroitre avec le développement d activités économiques peu intensives en main d œuvre, sur des filières à haute valeur ajoutée et creusent les inégalités. Comme dans d autres régions métropolitaines, revenus élevés et pauvreté se conjuguent pour faire de l Ile-de-France la région où les inégalités sont les plus fortes en France. 14 La crise s est portée sur les catégories les plus fragiles et a accentué des inégalités sociales et territoriales, déjà présentes : les ouvriers ont un taux de chômage trois fois plus élevé que celui des cadres. Le niveau de qualification est également un facteur fort d exposition au chômage. Et malgré la montée du niveau scolaire, et le haut niveau de qualification général dans la région, 16 % des actifs franciliens restent encore sans diplôme et 26 % ont un niveau inférieur au bac. Les inégalités territoriales tendent aussi à se renforcer avec la crise. L Île-de-France compte les deux départements les plus riches de France (les Hauts-de-Seine et Paris) et le plus pauvre (la Seine-Saint-Denis). C est dans ce contexte de performance mitigée et d inégalités que s inscrit la transformation écologique. Les enjeux sont à la fois d ordre économique (réindustrialisation, innovation, compétitivité,..), social (chômage, pauvreté, inégalités) et environnemental (dégradation de l environnement, mauvaise qualité de l air, forte dépendance aux matières premières, transition énergétique, ). 15 1.3 Des atouts à conforter dans les filières industrielles de l économie verte La dynamique régionale vers une économie plus verte, est déjà en marche. Elle est surtout portée par une politique environnementale porteuse (SRCAE, PREDEC, ) et par une stratégie de développement de filières industrielles. Cette stratégie est incarnée, à l échelle nationale, par le Comité stratégique des écoindustries (COSEI), et à l échelle francilienne, par le Comité Stratégique de Filière Régional des Eco-activités (CSFR). Ces instances organisent la concertation entre les entreprises du territoire et les pouvoirs publics pour en faciliter le développement. Ce travail collaboratif s articule autour de 4 grandes thématiques et se déclinent en 18 filières industrielles 3 : L Île-de-France dispose d atouts significatifs dans la recherche pour le développement de ces 18 filières. Elle concentre la moitié de la filière éco-technologique française avec 40 % des brevets verts français déposés 4. On compte des organismes publics (BRGM, CEMAGREF, INRA), parapublics (Centre de recherche EDF), mais aussi privés (Veolia, GDF Suez, Saint Gobain). Les capacités de recherche sont surtout importantes pour l eau, les déchets et les énergies renouvelables mais aussi sur des socles transversaux indispensables aux innovations dans le domaine (biologie, physique, chimie, mathématique, mécanique..). 3 La filière regroupe l ensemble des entreprises et des autres acteurs qui contribuent à l élaboration d un produit et à sa commercialisation de l amont, à l aval (Plauchu, 2007) 4 Source : OCDE «Villes et croissance verte : étude de cas Paris Île-de-France», Les potentiels de développement dans la région sont importants même si les 18 filières couvrent des réalités très contrastées. Selon la nature de l activité, le stade de maturation de la filière, les verrous technologiques à lever, la concurrence internationale sur les segments d activité, les potentiels varient. Certaines filières sont en émergence, et sont dans une phase de recherche et d expérimentation. D autres filières sont plus matures 5 et positionnées de longue date comme des acteurs majeurs à l échelle mondiale. Trois grandes catégories de filières cohabitent : 1. Des filières avec un potentiel majeur de développement et sur lesquelles la France dispose d atouts : l eau et l assainissement, le recyclage, la valorisation des
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