Jeunesse : l'âge des classements

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Jeunesse : l'âge des classements Essai de définition sociologique d'un âge de la vie Gérard Mauger Les travaux consacrés à la jeunesse en France et en Europe reposent sur une double thèse :celledel'institutionnalisationdustatutjuvénileetdel'individualisation
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Jeunesse : l'âge des classements Essai de définition sociologique d'un âge de la vie Gérard Mauger Les travaux consacrés à la jeunesse en France et en Europe reposent sur une double thèse :celledel'institutionnalisationdustatutjuvénileetdel'individualisation des trajectoires de passage à l'âge adulte. L'auteur montre, par un détour historique, ce que l'on peut appeler l'état de jeunesse à différents moments de l'histoire. Il met en évidence que si l'institutionnalisation s'accompagne d'un certain nombre de droits, cette avancée voisine aussi avec une certaine dépendance des jeunes, due à l'allongement des études, à une entrée dans la vie professionnelle plus lointaine et plus difficile. Et la jeunesse, c'est-à-dire le temps qu'il faut pour trouver sa place dans la société, peut s'allonger considérablement avec son cortège d'engagements, de révoltes, de désillusions pour les moins qualifiés. CSU- IRESCO CNRS. 1 eux thèses complémentaires, l'institutionnalisation et son corollaire l'individualisation du cours de la vie, soustendent la plupart des travaux consacrés aux défini ti ons sociales de la jeunesse en France et en Europe (1): institutionnalisation du statut juvénile par le biais des institutions éducatives, individualisation du passage à l'âge adulte induiteparladiversificationdesoptionsqu'offrent en leur sein les sociétés développées (...) laissant place à des choix personnels (...) qui ne sont plus liés à des traditions ou des obligations. Institutionnalisation et individualisation permettant, selon les auteurs de cette double thèse et leurs épigones (2), de rendre compte de l'allongement de la jeunesse (3). A la thèse de l'institutionnalisation de la jeunesse correspond, en version française, celle de l'apparition de la post-adolescence (4) ou de la formation d'un nouvel âge de la vie (5). A la thèse de l'individualisation, celle du passage d'un modèle d'entrée dans la vie adulte - le modèle de l'identification - à un autre - le modèle de l'expérimentation (6). L'allongement de la période située entre la décohabitation familiale et la forma ti on d'une nouvelle unité familiale -la post-adolescence - est interprété comme un effet de généralisation de ce nouveau modèle. Visant à rendre compte de l'allongementde la jeunesse (7),cettedoublethèse,danssesdifférentes versions, impose un double préalable logique: d'une part, la définition d'une date de référence par rapport à laquelle on puisse mesurer cet allongement de la jeunesse, d'autre part, une définition de la jeunesse suffisamment stable dans le temps pour que l'on puisse en mesurer la durée aujourd'hui et à la date de référence. Le débat sur la portée et les limites de la double thèse de l'institutionnalisationindividualisation contemporaine de la jeunesse passe par l'élucidation des problèmes posés par la définition de cet âge de la vie et, plus généralement, par la périodisation des 19 A titre ind~tif( voiti qudles S mt, selon Georges Duby (1}~ les-étapes de la trajectoire biographique modale des fils de la noblesse fran~aise du Xllè siècle. Le temps de l' éduœ tian et des. exercices préparatoires- à l'activité mill~ (1\Û se dér tule dans la maison du père ou dans œue du patton (lui l'éduque, s-e~ entre sa qtdnzième et vingt~deuxième année par l'adoubenlent! il était jusqu'alors. un puer, adulescentulus~ adolescensimberbis,le voüàjuvenis, jeune. na reçu les attnes, n appartient désormais au tnonde des guetrièrs, éest un chevalier. Jeune, il le restera jusqu'à son manage et même jusqu'à la naissanœ de son premier enfant~ il cesse alors d' -être ~igllé oonune juvenis, c'est un vif, chef de maison., $0\ldte de lignée, fixé dans &a propre maison. Dans la noblesse du Xllè siècle, la jeunesse es-tainsi la séquenœ biographique qui sétend entre adoubemèntètpaternitéetœtteséquenœest souvent très longue :. dix, vingt, vingt-dnq ans parfois. Dans la société française de l'entre-deuxguerres, ~lon Antoine- Ptœt (2), l'arga. nisation SOciale du passage -de l' enfanœ à l'âge ildulte (.. ) est ttès différent& dàllsla bourgeoisie et dans les milleux populaires, ouvriers. ou paysans-. Dans les milieux populaires, pour les garçons comme pour les filles, te passage de l'école à la vie profe&' sîonnelle, qui marque aussi lé passage de l'enfance~ la j$1ilesse, s'opère tôt et sans transition. Entre l'~œ et la jeunesse( la ooupure -est nette, fest la fin de l'école -à ~ ans et la mise au travail dans les jours qui suivent; ouvrier(e),ètnployé(e)debuœau ou de (:Ommerœ,. domestique, apprenti(e). Quant au processus d~émandpation de la tutelle familialé, on peut y distinguer deux phases. A~s ta sorne de l'éoole, en général confondue avec l'entrée d~s.la vie.pl'()fé$sionnelle, le jeune h~e (ou.la jeune fille) r~ide toujours dans $Il famille &origine. Par convention tacite, jusqu'au service militaiteet/ouau:diançàilles,u(elle-)ram~ sa paie à ses parents qui lui -en tét:toéèdent un&partiesousforme d'atgentdepocheeten plaœn.tune autre (en général après le:&ervlce militaire et/ ou les. li~nçatlles pour lui amstituer un ~ en vue du mariage). Vivant sous.le toit familial, il (et surtout elle) reste soumis(e} à l'autorité- tamîlia.te mais, désormais pensionnaire, il Celle) jouit d'une liœnce statutaire. Un estp.tusunenfant,Uest normal qu'u «fasse le jeune bom~ ou la jeune fille, t'est-à.:.dire qu'il s'~u~, qu'îl prenne du bon temps avec-des œ:ma:rades de son âge. Ce n'est qu~aveç le :mariage qui marque la fin de la jeunesse-et l'accès à Vâge adulte quelejeunehomme {entré vingt..trois et vingt 'sépt ans) ou la. jeune femme {entre ~~deux et vmgt.-quatre àti.s} a :èèdent à l'autonomie ftnandère éttésidentielle. Pour lejeuneoo.vrier1 depui$jongtemps~travail,. se marier f!est quitter ses pàrènts éait A. Prost. Ainsi, peut ()!\ subdiviser la jeunessé dans les milieux populairés en deux phases séparées par le set'viœ militaire et/ oo tes fiançailles. De la sortie de l'école-et de la mise au travail (verstreizeans)au serviœ.militairé (entre vingt et vingt-deux ans), de la fin du service militaire (à vingnieux an&) souvent suivi par les fian~illes ~ mariage (entre vingt-trois et vingt-sept ans), en œ qui (Oltœrne lti hommes. De la sonîe de l'école Cvers trei~ ans) aux :fiadqlilles, puis des.6ançaîlles au ~age (entre VingN:feux et vingt-quatre ans), en œ qui conœme les femmes-. (1} «Dans la France dttnotd.ouest. Au -xl* stède; les jéunes danslà SOdétéar:iStocratique~ Annales ESC- n'~-5, ~~~& (2) «Matta~, J.èWl~~ ~lité à Odtsl.)S 1$ 1 ~11,, AnnaWs 'ESC, n'~- 4, p. ~-7Gl1 tj'eunœsè et SOciété d:atls.h~ hattœ ~ l'lln~ux~~. V~e-sikle,n 1~, 1~. p.~... roor une c:ompatàiaottméthodique des définitiona.sodates des &ges la -vie-pend am l'~rotrn.eux auerr ~tlla fin des annéès l9bià et Gérard Maug_«, «Le!i définitions soâales de la jeun~ ;.dj.scontinultèl aod.alés etévolutions bistoriqùes~, in Lorre:yte B-. {ed),l..es poutifjuts d'~tijitmdilsjtunts i$~s~f:ffllmtgr4ltftm, PariS, ClEMl et-l'harmattan, 1989', p trajectoires biographiques. Etudiant successivement les périodisations politiques, savantes et ordinaires des âges de la vie, montrant l'homologie des difficultés rencontrées dans la périod isa ti on des temps de 1 'histoire et celle des temps biographiques, cet article propose une définition sociologique de la jeunesse qui permet de mettre en évidence les invariants et variations de la condition juvénile. Elle apparait ainsi comme l'âge de l'apesanteur, l'âge 20 de l'indétermination, l'âge des classements et l'âge des incohérences statutaires. Bien que leur nombre varie selon les temps et les sociétés, la dé li mi tati on de séquences dans le cours de l'existence (l'échelle des âges, les âges de la vie) et celle, corollaire, de groupes constitués en fonction de l'âge (cohortes, classes d'âge, générations (8)) semblent attestées en tout temps et en tout lieu (9). Les Ages de la vie : pérlodisatlons politiques, savantes, ordinaires Trois formes de classements par âge - politiques, savants, ordinaires- correspondent à trois types d'activités distinctes mais interdépendantes: le travail politiqued'organisation de la masse des sujets ou des citoyens en fonction de leur âge (les polices des âges), le travail scientifique d'élaboration de périodisations (calendriers physiologiques, stades psychologiques, étapes de la vie sociale), le travail de repérage que chacun opère dans la vie ordinaire. Il faudrait donc faire l'inventaire des échelles des âges politiques, savantes, ordinaires (et en particulier des significations liées à la qualité de «jeune» dans chacune d'elles), et analyser les rapports entre ces trois types de périodisations : on se limitera ici à quelques indications. La mise en place d'une police des âges suppose celle d'une mesure du temps (par l'horloge et le calendrier) (10). L'âge de l'étatcivil (11) mesure le temps écoulé depuis la naissance. Selon L. Thévenot (12) «C'est la variable statistique rêvée : (... ) universelle et intemporelle, quantitative, bref naturellement mathématique, elle est disponible comme telle à toutes les comparaisons et tous les calculs». L'année de naissance, désignée par son millésime, est l'unité élémentaire, le module ordinaire et le cadre de rangement des individus. Le système de l'enregistrement par classe d'âge est utilisé depuis deux siècles par l'institution militaire(classesde recrutement et de mobilisation) (13) et par l'institution scolaire (la classe est l'unité de mesure du cursus scolaire balisé par de multiples seuils :âges de l'obligation scolaire et limites d'âges (14)). L'organisation poli tique contribue également à la définition de seuils et de classes d'âge (majorité électorale et divers seuils d'admission à la participation politique) (15). Des réglementations successives ont défini des limitesd'âgepour l'entrée dans la vie active (interdiction du travail des enfants) et la cessation d'activité (retraites et préretraites) (16), etc. Ainsi, une police des âges de plus en plus préciseetsystématique (17)s'est-elleprogressivement mise en place : elle balise de multiples seuils le cours des existences individuelles et organise la structuration par âge de la population. L'adolescence : une seconde naissance Il faudrait montrer ensuite ce que cette construction politique progressive d'une police des âges (et ses redéfinitions successives au fil du temps) doit aux luttes sociales (en particulier, aux conflits de générations (18)) dont la définition des divers seuils qui la constituent est l'enjeu, mais aussi aux périodisationsconstruites par les savants (19). Montrer, en particulier, l'importance prise dans ces luttes par la référence aux calendriers scientifiques : physiologiques et biologiques, mais surtout psychologiques (20), la plupart d'entre eux étant ancrés sur ces calendriers naturels (21). En ce qui concerne la jeunesse, la puberté définie comme la période de transition qui s'étend sur deux ou trois ans au cours de laquelle les caractères soma ta-psychiques de l'enfant évoluent vers le dimorphisme sexuel de l'adulte (22), est la date clé des périodisations physiologiques et biologiques (23). Les ouvrages de P. Mendouse, publiés entre 1910 et 1928 (24), fortement influencés par l'école psychologique américaine et, en particulier, par le fondateur de la psychologie de l'adolescence. G. Stanley Hall (25), décrivent l'adolescence comme une seconde naissance dont la puberté est le seuil décisif, période marquée par la tyrannie du sexe (affrontées aux interdits, les pulsions sexuelles engendrent frustrations, tensions, crises) et les sexualités d'attente (masturbation, amitiés particulières, concubinage, autant d'écarts possible de la crise pubertaire). Les théories freudiennes ont pris le relais de ces premières tentatives d'investigation psychologique de l'adolescence (26) et, bien que l'adolescence soit longtemps restée «la 21 RECHERCHES ET PREVISIONS n Cendrillon de la psychanalyse» (27), la conception psychanalytique s'est imposée à la psychologie de l'adolescence : la psychanalyse s'est presque complètement substituée aujourd'huiaudiscoursmédico-psychiabique de la fin du XIXè siècle sur l'adolescence. Freud (28) et Jones (29) ont décrit l'adolescence comme la récapitulation de la première partie de la vie; cette récapitulation prenant place dans un contexte de dominance physique, génitale. Le Moi est confronté à des tensions qui sont qualitativement et quantitativement différentes de celles qui se sont manifestées aux périodes précédentes. Dans son effort pour faire face à ces tensions, l' adolescent peut effectuer des régressions temporairesduçaetdumoi,deschangementsdans l'utilisation qu'il fait des identifications et des remaniements dans les types de relation d'objet. La description du cycle de vie en huit stades proposée par E.H. Erikson s'appuie sur la conception freudienne des étapes de la sexualité infantile pour les étendre aux aspects intellectuels et sociaux de la personnalité (30). La notion de personnalité adolescente associée aux représentations psychologiques de la jeunesse et la pédagogie qui lui est liée ont inspiré le travail social jusqu'aux années Et cette représentation psychologique de la jeunesse (la crise d'adolescence) a conservé pendantlongtemps une position hégémonique dans la production savante spécialisée dans la mesure où les rares sociologues à s'être intéressés en France aux problèmes de la jeunesse sont longtemps restés tributaires de la psychologie. L'âge, un critère de classement usuel L'âge est enfin un critère de classement usuel dans le travail de repérage que chacun opère dans la vie ordinaire :qu'il s'agisse de classer desindividusdansdesgroupes(classesd'âges ou générations) ou de distinguer des séquences dans le cours de l'existence. Selon P. Ariès «Les âges, les âges de la vie, âges de l'homme correspondaient, dans l'esprit de nos ancêtres, à des notions positives, si connues, si répétées, si usuelles, qu'elles sont passées du domaine de la science à celui de l'expérience commune» (31 ). Cette popularité des âges de la vie fit de ce thème l'un des plus fréquents de l'iconographie profane : c'est au XIVe siècle, selon P. Ariès, qu'elle fixe ses traits essentiels : ils demeurent inchangés jusqu'au XVIIIè siècle et on les retrouve à peu près identiques dans les gravures populaires qui figurent les degrésd'âgesdu XVlèauXIXèsiècle (32). «La répétition de ces images piquées sur les murs, à côté des almanachs, correspondant à des modes d'activité, à des types physiques, à des fonctions, à des modes d'habits» (33). L'analyse que propose A. Charraud d'une vingtained'estampesduxivèsiècle (34),considérées comme la manifestation d'un modèle que la pensée populaire a élaboré pour représenter les âges de la vie en images et dont les estampes différentes sont autant de variantes (35), met en évidence ce que ce modèle, dans sa version initiale (les estampes de fabrication et de diffusion artisanales du type degrés des âges), doit à une représentation naturaliste (physiologique) du cours de la vie, mais aussi à une vision sociologique de la succession des différents rôles sociaux selon les âges. Ambiguïté d'un modèle de la condition humaine qui, «d'une part, affirme la force de sa culture en érigeant des degrés, et se pose en s'opposant à la 'nature informelle, mais, d'autre part, affirme son intégration à la nature et l'obéissance à ses lois, celles de la mort et du renouveau cyclique» (36). Les estampes ultérieures (du type âges de la vie), industriellement produites, font apparaître une affirmation grandissante de la puissance de l'homme social et de sa culture et, parallèlement, une diminution de l'importance accordée à la na ture et au surnaturel : «l'affirmation de l'homme-culture passe par la négation de l'homme-nature» (37). Périodisation des temps en histoire et des temps biographiques Comment repérer ces étapes de la vie sociale (et en particuliercellequiconduitde l'enfance à l'âge adulte)? Le problème est homologue de celui de la périodisation en histoire et la question de l'existence de la jeunesse équivaut à celle de l'existence du XIXè siècle i.e. «le XIXè siècle peut-il être et est-il considéré comme entité historique et, partant, comme unobjethistorique?» (38).Schématiquement, deux voies s'ouvrent en histoire : «rythmer le temps selon les inflexions de chaque série de 22 RECHERCHES ET PREVISIONS n phénomènes (... ) ou affirmer l'interdépendance des dimensions d'une société au cours d'une période» (39). Dans la première perspective (40), renonçant à la superstition du découpage chronologique et de la périodisation (41), il s'agit d'établir des séries de phénomènes homogènes, mesurables, de les ordonner de manière à construire des courbes pour établir des séquences : à chaque ordre de faits correspond sa périodisation. «II n'y a pas un temps social d'une seule et simple coulée, mais un temps social à mille vitesses, à mille lenteurs qui n'ont presque rien à voir avec le temps journalistique de la chronique et de l'histoire traditionnelle)), écrit F. Braudet (42). A chacun de ces aspects de la vie sociale (économique, politique, religieuse, littéraire, etc.), correspond non seulement sa propre histoire, son propre temps, mais à chacune de ces histoires correspondent aussi des périodisations multiples (43): le temps court (celui du chroniqueur, du journaliste, de l'histoire événementielle), le temps cyclique de la nouvelle histoire économique et sociale (compté en dizaines, vingtaines ou cinquantaines d'années),la longue durée de l'histoire des structures (celle d'ampleur séculaire, des cadres géographiques, économiques, mentaux etc.). A cette décomposition de l'histoire en plans étagés, correspond ici celle de l'homme en un cortège de personnages (44), de l'histoire de vie en une multitude d'histoires parallèles: histoire familiale, scolaire, professionnelle, culturelle, religieuse, politique etc., chacune dotée de son propre rythme, de sa propre périodisation (45); chacune de ces périodisations pouvant être elle-même décomposée, mutatis mutandis, en séquences d'inégale durée (46). Dans l'autre perspective - le découpage en périodes de l'historiographie traditionnelleil s'agit de mettre en évidence les maillons d'une chaîne, qu'il s'agisse des étapes d'une progression inéluctable vers le Jugement dernier ou la Société sans classes, des séquences successives définies par une essence propre (Zeitgeist (47), ou encore le tout qui rend intelligibles les parties éparses du corps socialenunmomentdonné(48): l'étudeporte alors sur l'interdépendance des éléments d'une période (Zusammenhang). A la délimitation de périodes dans le cours de l'histoire correspond celle de degrés dans le cours de la vie (que représentent graphiquement les pyramides des âges (49), étapes d'une ascension et d'un déclin entre la naissance et une fin inéluctable, séquences souventreprésentées,ellesaussi,commedesâges dotés d'une psychologie propre. Au Zeigeist, caractéristiqued'uneépoque,correspond l'humeur associée à chaque âge de la vie (dans le dictionnaire Le Robert, la jeunesse est définie comme l'âge de l'illusion, de l'inexpérience, de l'intransigeance). A la critique du siècle comme unité de périodisation historique correspond celle de la délimitation de classes d'âges sans autre logique que celle du système décimal. A la recherche, historiographique, de l'interdépendancedeséléments d'une période correspond celle, biographique, de la cohérence, propre à un âge de la vie, des pratiques d'un même agent dans différents champs de l'espace social (liée à un état de l'habitus (50). Les trajectoires biographiques : des itinéraires entremêlés De même que rien n'interdit, en droit, si ce n'est en fait, de démêler dans le cours de l'histoire en autantd'histoires spécifiques que de points de vue adoptés, de rechercher les différentes scansions propres à chacune de ces histoires, puis de tenter de repérer des périodes dans l'enchevêtrement de ces histoiresrelativementautonomes,rienn'interditde distinguer dans le cours d'une biographie un ens
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