La structure du Roman des Dames (1630) de Gilbert Saulnier, sieur du Verdier

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Baroque Actes des journées internationales d'étude du Baroque, 1973 La structure du Roman des Dames (1630) de Gilbert Saulnier, sieur du Verdier Patrick Imbert Édition électronique URL : DOI : /baroque.422 ISSN : X Éditeur : Centre de recherches historiques - EHESS, Éditions Cocagne Édition imprimée Date de publication : 15 mars 1973 ISSN : Référence électronique Patrick Imbert, «La structure du Roman des Dames (1630) de Gilbert Saulnier, sieur du Verdier», Baroque [En ligne], , mis en ligne le 15 mars 2013, consulté le 03 octobre URL : baroque.revues.org/422 ; DOI : /baroque.422 Ce document a été généré automatiquement le 3 octobre Tous droits réservés 1 La structure du Roman des Dames (1630) de Gilbert Saulnier, sieur du Verdier Patrick Imbert 1 Durant la première moitié du XVII e siècle le roman a été tenu en petite estime, même s'il s'adressait à un public nombreux et distingué. Il est vrai que les romanciers donnaient trop facilement prise à des jugements qui maintenaient le genre dans une position inférieure par rapport à la tragédie ou à l'épopée dont la noblesse était incontestée. 2 Eux-mêmes ne considéraient leur production que comme un divertissement. Ils rédigeaient rapidement et quelquefois bâclaient leurs ouvrages ; souvent ils ne les signaient que de leurs initiales et s'excusaient dans les préfaces des fautes d'impression, ce qui soulignait qu'ils ne prenaient pas la peine de les corriger ; enfin ils annonçaient parfois une suite qui jamais ne voyait le jour. 3 À cette époque les auteurs puisent à différentes sources. Ils s'inspirent des romans grecs comme Les éthiopiques d'héliodore, des romans courtois, des épopées médiévales. La Diane de Montemayor, La Jerusalem délivrée du Tasse, L'Amadis de Gaule sont largement mis à contribution. Mais l'astrée publié entre 1607 et 1627 par Honoré d'urfé, qui a lui-même puisé à certaines de ces sources, a eu une influence essentielle sur les romans qui ont paru par la suite. Son influence est en partie négative, car on s'est vite rendu compte qu'il était impossible de faire mieux qu'honoré d'urfé dans le genre pastoral. Celui-ci s'éteindra peu à peu. Quelques auteurs écriront encore des bergeries mais pilleront littéralement La Diane de Montemayor et surtout l'astrée 1. 4 La célébrité de l'astrée a aussi entraîné des réactions, principalement de la part de Camus, évêque de Belley, qui déplore les épisodes licencieux et le danger que peut représenter cette œuvre, fondée sur la galanterie, quelquefois peu innocente, et sur la rêverie. Il a donc décidé d'écrire non pas d'ennuyeux traités de morale, mais des «anti-romans» 2, c'est-à-dire des histoires attachantes qui enseignent l'amour du bien et le respect de Dieu. L'emploi du mot histoire n'est pas inadéquat, car Camus essaye, comme dans Agathonphile 2 publié en 1620, de se référer à la fois à des témoignages passés et à des sources vivantes ou livresques, qui l'aideront à combattre les «Astrée libertines» en donnant à ses pieux récits la caution de la vérité. 5 Un autre écrivain, Charles Sorel, réagit lui aussi contre l'astrée et les romans d'aventures qui s'en inspirent. En 1623 il publie Francion, puis en Le berger extravagant où parmy des fantaisies amoureuses on voit les impertinences des romans et de la poésie. Il ne prétend pas, comme Camus, rétablir la morale mais veut fonder les œuvres sur un critère solide : celui de la vraisemblance. Et, comme Camus, il va faire des «anti-romans», c'està-dire des œuvres qui reprennent des procédés romanesques traditionnels mais pour les discréditer par le ridicule. Il est symptomatique que des écrivains aussi différents que Sorel et Camus fassent des «anti-romans». Ils sentaient bien qu'une critique théorique ne pouvait toucher le public et qu'il fallait soigner le mal par le mal. 6 De façon plus positive, l'astrée est devenu une source inépuisable d'inspiration pour les romans d'imagination qui, de ce fait, se trouvent tous plus ou moins dans son sillage. Ils reposent sur une fiction et recréent un univers à part, très loin de la réalité de la vie ou de la vraisemblance. De plus, dans quantité de romans, qu'on les classe dans la catégorie des romans d'aventure, des romans épiques ou des romans chevaleresques, et qu'on y distingue une proportion plus ou moins grande de réalisme extérieur ou sentimental, on retrouve toujours le canevas d'une intrigue traditionnelle, bien qu'elle soit moins enchevêtrée que chez Honoré d'urfé. Autour d'une histoire amoureuse très simple, des amants passionnés dès la première rencontre et fidèles dès le début, cherchent à se rejoindre par delà les combats, les mésaventures, les coups du sort et les voyages. Ils sont continuellement par monts et par vaux, ne s'accordent aucun repos et ne séjournent dans un royaume que pour rétablir la justice et la vérité par les armes, et faire montre de leur vertu. Ils arrivent finalement à triompher du hasard et du mal et à conquérir un amour idéal. 7 C'est à cette technique de création romanesque que se rattache Le roman des dames, qui est le sujet de cette étude. Il a été publié à Paris en 1630 par le sieur Du Verdier, historiographe de France. On sait très peu de choses sur Gilbert Saulnier, sieur Du Verdier. Il naquit à Paris semble-t-il, vers 1598, puisqu'il publia son premier ouvrage, Le temple des sacrifices, en 1620, qu'il signe D. V., gentilhomme charolois, et mourut en Son œuvre, qui est très étendue, se compose de romans on en cannait 18. dont l'un, Le roman des romants, comporte sept volumes, d'une quinzaine d'ouvrages consacrés à l'histoire ancienne ou moderne et d'un volume de lettres choisies. La liste de ces œuvres se trouve dans A. Cioranescu, Bibliographie de la littérature française du XVII e siècle, t. II. Le roman des dames a été publié de nouveau en 1632 sous le titre Les amazones de la cour et a été suivi d'un deuxième tome, la même année que la réimpression, intitulé aussi Le roman des dames mais avec l'expression Les amans jaloux en haut de chaque page celui-ci imprimé de nouveau en 1634 sous le titre de Les amans jaloux ou le roman des dames. Le roman des dames s'insère dans le genre du roman de chevalerie dont Du Verdier est d'ailleurs le principal représentant. Il s'inspire bien sûr de l'astrée mais aussi d'amadis de Gaule dont le 24 e et dernier livre paraissait en 1615 et dont Marcassus donnait une version expurgée en Ce roman reprend certains thèmes, certains procédés et quelques épisodes de l'astrée et brosse en toile de fond le thème de l'inconstance du hasard, sur lequel se détachent de nombreux combats chevaleresques et des passages consacrés à l'amour. Il se déroule en suivant le flot débridé de l'imagination et peut être pris comme un modèle assez 3 représentatif du roman d'aventure à l'époque. Il se rattache aussi à tout un courant qui tendait à faire du roman le genre par excellence destiné à montrer la supériorité des dames et à suggérer que l'idéal ne s'incarne qu'en elles, car elles sont de véritables divinités. D'ailleurs, dans son avis au lecteur, Du Verdier affiche fièrement ses convictions et prend résolument parti pour les dames : Que si tu me demandes la raison pour laquelle je l'ay fait différent des autres où la vertu des hommes paroist toujours avec un esclat merveilleux et le mérite des femmes que fort rarement je te respondray en peu de paroles que je veux obliger ce sexe dans les sentiments que j'ay de son excellence. 9 On se rend très vite compte que Du Verdier, comme d'autres écrivains 3, s'engage dans un nouvel épisode de la querelle des femmes 4. Rien que le titre devait indiquer aux lecteurs avertis que Du Verdier se mêlait à celle-ci quand on le compare aux titres de certains traités comme Le bouclier des dames ou Le paranymphe des dames Les origines de cette querelle des femmes remontent fort loin puisqu'on en trouve des traces dans le roman de la rose 6. Elle s'apaise et reprend à plusieurs reprises. Elle rebondit lorsque paraît en 1542 La parfaite amie d'heroet pour se terminer provisoirement en 1599 avec la publication du Triomphe des dames sous le patronage de la duchesse de Montpensier. En 1617, alors que le deuxième tome de l'astrée, qui était le défenseur des dames, avait été mis en vente sept ans auparavant, la querelle reprend avec la parution par Jacques Olivier de l'alphabet de l'imperfection et malice des Femmes dédié à la plus mauvaise du monde. 11 Cet ouvrage, qui a été un succès, a entraîné nombre de protestations de la part de zélés défenseurs qui ont décidé, pour y répondre dignement, de rédiger des traités prouvant la supériorité des dames. Mais à part Mademoiselle de Gournay, qui, dans son Traité de l'égalité des hommes et des femmes, place la question sur le plan rationnel, la plupart des détracteurs et des défenseurs se perdent dans des polémiques parfois oiseuses. Pour appuyer leurs convictions, ils utilisent trop fréquemment des arguments traditionnels ou se contentent tout simplement de fournir des exemples, historiques ou légendaires, de la duplicité ou de la vertu des femmes, ce qui ne prouve rien Mais Le roman des dames possède une originalité incontestable en regard des ouvrages qui, comme l'ariane de Desmarets, le Polexandre de Gomberville ou la Cassandre de La Calprenède, s'appliquent à montrer l'héroïsme masculin s'inclinant devant les volontés des darnes, En effet s'il reprend ce thème, il dote les héroïnes, qui sont les protagonistes de l'histoire, de toutes les qualités féminines et masculines et leur fait accomplir des exploits surhumains, les transformant parfois en amazones. Il ne se contente pas d'illustrer la théorie si prisée de «l'honnête amitié», mais pousse au sommet la supériorité des dames sur les hommes et les fait atteindre au parfait. 13 Avec de telles qualités il ne faudra pas s'étonner que la consistance psychologique et le jeu des sentiments soient très réduits, d'autant plus que le hasard interfère fréquemment et entraîne les personnages d'aventures en aventures. L'intérêt des romans de l'époque ne réside pas dans le réalisme des sentiments, ni dans la vraisemblance, ni dans toute autre notion plus ou moins subjective et qui évolue selon l'humeur des siècles. Il réside dans la découverte de rapports communs entre les romans de l'époque et dans l'analyse de cette sensibilité qui se complaît dans le rêve et l'instabilité tout en tendant parallèlement vers un idéal, une permanence, qui seront atteints dans l'amour parfait entre le chevalier et sa dame. 4 La perspective de la narration Le narrateur s'impose comme être omniscient 14 Dès le début Du Verdier s'impose comme un narrateur omniscient qui connaît une histoire et la raconte. Bon nombre d'indices le prouvent, notamment le temps -qui alterne de l'imparfait au passé-simple, temps de la narration par excellence, distanciant les événements et les repoussant dans le déjà accompli. L'abondance des participes présents expliquant les réactions des personnages, notant leurs décisions, leurs réflexions ou leurs attitudes, soulignent que l'auteur lui-même rapporte les faits ou les dialogues. À ceux-ci se rattachent les différentes propositions incises dont la plupart sont justement au participe présent : 15 «Madame (dit-il alors en s'efforçant de mettre encore les genoux à terre)» (p. 40). Des phrases diverses, précisant plus ou moins directement des faits devenus brutalement nécessaires au bon déroulement du récit 8 ou encore à la compréhension de celui-ci 9 font aussi partie de l'ordre traditionnel de la narration. 16 L'usage de la troisième personne est naturellement de règle et se trouve encore renforcé par les nombreux adjectifs démonstratifs «ceste belle princesse» qui imposent la présence du narrateur semblant à nos yeux montrer du doigt les protagonistes, mais qui ont aussi une valeur emphatique et permettent de magnifier les héros. De ce fait ce dernier procédé possède une autre fonction, car il sert aussi à conférer à l'œuvre une direction morale. Le narrateur impose une direction morale 17 Du Verdier est partial à l'égard de ses -personnages, il noircit ou ridiculise ceux qui font partie de l'humanité et grandit le plus qu'il peut les autres, en tout premier lieu, bien sûr, les héroïnes Doralinde, Claridanie, et Astrabelle. Il leur attribue force termes louangeurs, surtout des adjectifs ou des adverbes et des expressions superlatives instaurant un climat où le manichéisme prime. L'auteur guide notre admiration ou notre réprobation en montrant qu'il aime ou déteste ses personnages grâce à des formules comme celle-ci : «nos héros». Une telle partialité laisse une impression très nette, non seulement d'antiréalisme, dont personne à l'époque ne se souciait encore réellement, mais de déterminisme qui enserre les héros et leur donne quelquefois l'allure de jouets, de pantins entre les mains du narrateur, bon génie, qui n'est pas sans avoir quelque analogie avec la fée Zirfiliane. 18 Cependant il ne se contente pas de se présenter à travers ses personnages, comme tout romancier, et de guider les sentiments du lecteur par leur entremise, mais presque toujours au début de chaque chapitre il manifeste sa présence à côté d'eux en faisant quelques remarques élogieuses à l'égard de l'amour, de la prudence, et surtout en opposant au désir de stabilité les caprices du hasard : Les choses ne demeurent guères en un mesme éstat, l'orage vient après le calme, les afflictions succèdent aux ; plaisirs et l'on voit ordinairement que les pleurs naissent des extrémitez de la joye.(p. 299) 5 19 Notons aussi qu'une fois dans son roman, il se permet de moraliser dans le titre même, qui ne résume plus alors le chapitre mais bien plutôt en quelques mots. sa philosophie personnelle ou celle qu'il a voulu traduire en action dans son œuvre ; Par ce chapitre où vous verrez comme Astrabelle rencontra le Roy d'orcalie à la chasse, comme elle défit tous ses chevaliers et le contraignist à mettre Rodismond hors de la prison, vous apprendrez à ne violer jamais une foy promise pour la crainte des chastimens que le ciel vous peust envoyer. (p. 471) 20 Ainsi ceci nous amène à son attitude même vis-à-vis du lecteur, avec lequel souvent, comme on l'a vu pour les débuts de chapitres, il dialogue ou même converse galamment. Le narrateur dialogue avec le lecteur 21 Comme dans l'avertissement au Lecteur Du Verdier s'adresse à nous et semble même tenir une conversation de salon dès la présentation du cadre et de l'époque. Dans ce chapitre premier, mais pas uniquement dans celui-ci puisqu'on trouve de telles incursions plus loin 10, il impose sa présente en soulignant à la première personne du présent qu'il raconte une histoire : «Je parle fort à l'avantage», «Je ne puis lui donner des louanges qui ne soient au dessous de ce qu'elle vaut». Des formules comme Il n'y a point de doute, certes, c'est une chose qui ne se peut évoquent une tentative de dialogue. Les négations, et les adverbes permettent de provoquer une réaction et d'entraîner une réponse positive si possible, qui se marquera par le désir du lecteur de continuer la lecture jusqu'au bout. 22 Les débuts de chapitres et aussi bon nombre de fins de chapitres vont dans le même sens. Dans celles-ci Du Verdier invite le lecteur à suppléer à son imagination, ou bien annonce son intention de ne pas insister sur tel ou tel point pour ne pas nuire à la perfection de l'histoire» : [...] cela se peut beaucoup mieux imaginer que descrire». (p. 196) [...] mais parce que le discours de toutes ces choses ne sert pas beaucoup à la perfection de nostre histoire, je suis d'advis de n'en parler point et continuer ce discours par les adventures de Claridanie. (p. 436) 23 De même, des phrases interrogatives ou exclamatives éparpillées dans le cours du récit, mais que ne peut la vertu, des termes divers, voicy comment (p. 49), le «nous» surtout, unissant en un personnage collectif narrateur et lecteur compromettent fortement ce second dans une certaine conception du monde et font ressortir l'alternance continuelle entre le récit et le regard sur le récit. Cette technique ménage des repos, mais brise aussi l'envoûtement entretenu par l'histoire et met en lumière le fait que l'intrigue se déroule et rebondit grâce à des apports extérieurs, comme les sautes d'humeur du hasard, que parfois l'auteur paraît aider quelque peu, notamment quand après un rebondissement imprévu à la fin de ce volume il annonce un second tome. Le narrateur intervient dans l'intrigue 24 Le narrateur intervient d'abord indirectement dans l'intrigue. Dès le premier chapitre il présente Doralinde et Claridanie comme les plus fameuses guerrières. Ainsi il fait un saut dans le futur qui permet, en se servant de la mémoire du lecteur, d'éclairer les faits d'armes à venir. Il règle du dehors le mouvement de l'intrigue en annonçant un 6 événement qu'il se réserve de raconter plus tard, ce qui institue une plus grande cohérence dans la multiplicité des aventures. 25 Puis à mesure qu'on avance il s'impose de plus en plus dans l'intrigue ; il dit que Rodismond est sauvé, se réservant de raconter par la suite le «comment» : [..] après avoir tant avalé d'eau qu'elle l'eust infailliblement estouffé si la bonne fortune n'eust fait arriver sur la même rive deux chevaliers qui le secoururent comme je vous le dirai tantost quand j'aurai parlé... (p. 601) 26 Alors que jusqu'ici cette tâche incombait à des tiers, ou à des personnages secondaires, il rappelle lui-même un peu plus loin qu'argiliane est la mère de Doralinde : «la reyne Argiliane (laquelle estait mère de Doralinde et de Claridanie)» (p. 605). Enfin il semble se livrer devant nous à ses travaux de mise en scène et nous prenant pour complices nous découvre les coulisses du roman : [...] qu'il fallut changer de dessein comme je vous diray, quand nous aurons rendu la vie à Rodismond par l'assistance de deux chevaliers qui le rencontrèrent sur le rivage. (p. 614) 27 Cette formule apparait pour le moins ambiguë. Bien sûr, elle se rattache à la phrase qui nous rassure sur le sort de Rodismond, bien sûr, le «nous» établit tout simplement une relation auteur-lecteur, mais contrairement à d'autres formules aussi au futur, «nous verrons», celle-ci, à cause de la forme active de ce verbe à sens précis et de la conjonction temporelle de subordination, trahit pour le moins une maladresse, si elle ne vas pas jusqu'à faire de Du Verdier un écrivain qui prendrait un malin plaisir, comme ceux de la tradition burlesque, à révéler les artifices de composition et à jouer avec la structure de l'œuvre. Toujours est-il que les trois incursions flagrantes dans l'intrigue sont groupées dans une douzaine de pages et mettent en évidence le fait qu'à cet endroit particulier l'auteur tient tous les fils, dirige ses héros comme des pantins et les détermine selon la fantaisie de son humeur sous le couvert du nom magique qu'est celui de la «fortune». 28 On voit ainsi la place importante que tiennent dans le roman les interventions de la part de l'auteur-narrateur, ce qui autorise à dire que l'intrigue est réglée principalement de l'extérieur, qu'il y a alternance entre le récit et le regard sur le récit et que l'imagination est reine. Cette technique ralentit considérablement le rythme de l'action et révèle une composition anti-dramatique évitant toute concentration. Le déroulement de l'histoire 29 L'intervention du narrateur brisant le déroulement de l'histoire est un facteur extérieur de discontinuité. De plus, dans le récit, on
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