The Project Gutenberg EBook of Sur la pierre blanche, by Anatole France

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The Project Gutenberg EBook of Sur la pierre blanche, by Anatole France Copyright laws are changing all over the world. Be sure to check the copyright laws for your country before downloading or redistributing this or any other Project Gutenberg ebook. This header should be the first thing seen when viewing this Project Gutenberg file. Please do not remove it. Do not change or edit the header without written permission. Please read the legal small print, and other information about the ebook and Project Gutenberg at the bottom of this file. Included is important information about your specific rights and restrictions in how the file may be used. You can also find out about how to make a donation to Project Gutenberg, and how to get involved. **Welcome To The World of Free Plain Vanilla Electronic Texts** **ebooks Readable By Both Humans and By Computers, Since 1971** *****These ebooks Were Prepared By Thousands of Volunteers!***** Title: Sur la pierre blanche Author: Anatole France Release Date: December, 2004 [EBook #7173] [This file was first posted on March 21, 2003] Edition: 10 Language: French Character set encoding: ISO *** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK, SUR LA PIERRE BLANCHE *** Carlo Traverso, Charles Franks and the Online Distributed Proofreading Team. This file was produced from images generously made available by the BibliothŁque nationale de France (BnF/Gallica) at ANATOLE FRANCE SUR LA PIERRE BLANCHE _Tu sembløs avoir dormi sur la pierre blanche, au milieu du peuple des songes._ PHILOPATRIS, XXI. TABLE I. Quelques Fran ais liøs d amitiø, qui passaient le printemps Rome II. GALLION III. Quand Nicole Langelier eut achevø sa lecture IV. La salle Øtait Øtroite, tendue d un papier enfumø V. PAR LA PORTE DE CORNE OU PAR LA PORTE D IVOIRE VI. Quand Hippolyte Dufresne eut achevø ta lecture SUR LA PIERRE BLANCHE I Quelques Fran ais, liøs d amitiø, qui passaient le printemps Rome, se rencontraient souvent dans le Forum døsenseveli. C Øtaient JosØphin Leclerc, attachø d ambassade en congø; M. Goubin, licenciø Łs lettres, annotateur; Nicole Langelier, de la vieille famille parisienne des Langelier, imprimeurs et humanistes; Jean Boilly, ingønieur; Hippolyte Dufresne, qui avait des loisirs et aimait les arts. Le 1er mai, vers cinq heures du soir, ils franchirent comme de coutume, la petite porte septentrionale, inconnue du public, oø le commandeur Giacomo Boni, directeur des fouilles, les accueillit avec son amønitø silencieuse et les conduisit jusqu au seuil de sa maison de bois, ombragøe de lauriers, de trołnes et de cytises, qui domine cette vaste fosse creusøe, au siłcle dernier, dans le marchø aux boeufs de la Rome pontificale, jusqu au sol du Forum antique. L, ils s arrœtent et regardent. En face d eux se dressent les fßts tronquøs des stłles honoraires et l on voit comme un grand damier avec ses dames la place oø fut la basilique Julia. Plus au sud, les trois colonnes du temple des Dioscures trempent dans l azur du ciel leurs volutes bleuissantes. A leur droite, surmontant l arc ruineux de Septime SØvŁre et les hautes colonnes des demeures de Saturne, les maisons de la Rome chrøtienne et l h pital des femmes Øtagent sur le Capitole leurs fa ades plus jaunes et plus fangeuses que les eaux du Tibre. Vers leur gauche s ØlŁve le Palatin flanquø de grandes arches rouges et couronnø d yeuses. Et sous leurs pieds, d un mont l autre, entre les dalles de la voie SacrØe aussi Øtroite qu une rue de village, sortent de terre des murs de brique et des bases de marbre, restes des Ødifices qui couvraient le Forum au temps de la force latine. Le trłfle, l avoine et l herbe des champs, que le vent a semøs sur leur fa te abaissø, leur font un toit rustique oø flamboie le coquelicot. DØbris d entablements ØcroulØs, multitude de piliers et d autels, enchevœtrement de degrøs et d enceintes: tout cela, non point petit, assurøment, mais d une grandeur contenue et pressøe. Sans doute Nicole Langelier relevait dans son esprit la foule des monuments autrefois resserrøe dans cet espace illustre: --Ces Ødifices, dit-il, de proportions sages et de dimensions modørøes, Øtaient søparøs les uns des autres par des ruelles ombreuses. Il y avait l de ces vicoli qu on aime dans les pays du soleil, et les magnanimes neveux de RØmus, aprłs avoir entendu les orateurs, trouvaient le long des temples, pour manger et dormir, des coins frais, mal odorants, oø les Øcorces de pastłques et les døbris de coquillages n Øtaient jamais balayøs. Certes les boutiques qui bordaient la place exhalaient des senteurs puissantes d oignon, de vin, de friture et de fromage. Les Øtals des bouchers Øtaient chargøs de viandes, spectacle agrøable aux robustes citoyens, et c est l un de ces bouchers que Virginius prit le couteau dont il tua sa fille. Sans doute il y avait l aussi des bijoutiers et des marchands de petits dieux domestiques, protecteurs du foyer, de l Øtable et du jardin. Tout ce qu il faut des citoyens pour vivre se trouvait røuni sur cette place. Le marchø et les magasins, les basiliques, c est- -dire les bourses de commerce et les tribunaux civils; la curie, ce conseil municipal qui devint l administrateur de l univers; les prisons dont les souterrains exhalaient une puanteur redoutøe; les temples, les autels, premiłres nøcessitøs pour les Italiens qui ont toujours quelque chose demander aux puissances cølestes.»c est l enfin que s accomplirent durant tant de siłcles les actes vulgaires ou singuliers, presque toujours insipides, souvent odieux ou ridicules, quelquefois gønøreux, dont l ensemble constitue la vie auguste d un peuple. --Qu est-ce qu on voit, au milieu de la place, devant les bases honoraires? demanda M. Goubin qui, armø de son lorgnon, remarquait une nouveautø dans l antique Forum et voulait Œtre renseignø. JosØphin Leclerc lui røpondit obligeamment que c Øtaient les fondations du colosse de Domitien nouvellement mises au jour. Puis il døsigna du doigt, l un aprłs l autre, les monuments døcouverts par Giacomo Boni durant cinq annøes de fouilles fructueuses: la fontaine et le puits de Juturna, sous le mont Palatin; l autel ØlevØ sur le bßcher de CØsar et dont le soubassement s Øtendait leurs pieds, en face des Rostres; la stłle archa que et le tombeau løgendaire de Romulus, que recouvre la pierre noire du Comice; et le «lac» de Curtius. Le soleil, descendu derriłre le Capitole, frappait de ses derniłres flłches l arc triomphal de Titus sur la haute VØlia. Le ciel, oø nageait l occident la lune blanche, restait bleu comme au milieu du jour. Une ombre Øgale, tranquille et claire emplissait le Forum silencieux. Les terrassiers bronzøs piochaient ce champ de pierres, tandis que, poursuivant le travail des vieux rois, leurs camarades tournaient la roue d un puits pour tirer l eau qui mouille encore le lit oø dormait, aux jours du pieux Numa, le VØlabre ceint de roseaux. Ils accomplissaient leur t che avec ordre et vigilance. Hippolyte Dufresne, qui depuis plusieurs mois les voyait assidus l ouvrage, intelligents et prompts accomplir les ordres re us, demanda au directeur des fouilles comment il obtenait de ses ouvriers un si bon service. --En vivant comme eux, røpondit Giacomo Boni. Je remue avec eux la terre, je les avertis de ce que nous cherchons ensemble, je leur fais sentir la beautø de notre oeuvre commune. Ils s intøressent des travaux dont ils sentent confusøment la grandeur. Je les ai vus p les d enthousiasme quand ils døcouvrirent le tombeau de Romulus. Je suis leur compagnon de chaque jour et, si l un d eux tombe malade, je vais m asseoir auprłs de son lit. Je compte sur eux comme ils comptent sur moi. Voil comment j ai des ouvriers fidłles. --Boni, mon cher Boni, s Øcria JosØphin Leclerc, vous savez si j admire vos travaux et si je suis Ømu de vos belles døcouvertes, et pourtant je regrette, permettez-moi de vous le dire, le temps oø les troupeaux paissaient sur le Forum enseveli. Un boeuf blanc au large front plantø de cornes ØvasØes ruminait dans le champ døsert; un p tre sommeillait au pied d une haute colonne qui sortait des herbes. Et l on songeait: C est ici que fut agitø le sort du monde. Depuis qu il a cessø d Œtre le Campo Vaccino, le Forum est perdu pour les połtes et pour les amoureux. Jean Boilly reprøsenta combien ces fouilles, pratiquøes avec møthode, contribuaient la connaissance du passø. Et, la conversation s Øtant engagøe sur la philosophie de l histoire romaine: --Les Latins, dit-il, Øtaient raisonnables jusque dans leur religion. Ils connurent des dieux bornøs, vulgaires, mais pleins de bon sens et parfois magnanimes. Que l on compare ce PanthØon romain, composø de militaires, de magistrats, de vierges et de matrones, aux diableries peintes sur les parois des tombeaux Øtrusques, et l on verra face face la raison et la folie. Les scłnes infernales tracøes dans les chambres funøraires de Corneto reprøsentent les monstres de l ignorance et de la peur. Elles nous apparaissent aussi grotesques que le Jugement dernier d Orcagna, Sainte-Marie-Nouvelle de Florence, et que l enfer dantesque du Campo Santo de Pise, tandis que le PanthØon latin prøsente constamment l image d une sociøtø bien organisøe. Les dieux des Romains Øtaient comme eux laborieux et bons citoyens. C Øtaient des dieux utiles; chacun avait sa fonction. Les nymphes elles-mœmes occupaient des emplois civils et politiques.»rappelez-vous Juturna, dont nous avons vu tant de fois l autel au pied du Palatin. Elle ne semblait pas destinøe par sa naissance, ses aventures et ses malheurs tenir un emploi røgulier dans la ville de Romulus. C Øtait une Rutule indignøe. AimØe de Jupiter, elle avait re u du dieu l immortalitø. Quand le roi Turnus fut tuø par nøe, sur l ordre des Destins, ne pouvant mourir avec son frłre, elle se jeta dans le Tibre pour fuir du moins la lumiłre. Longtemps, les p tres du Latium contłrent l aventure de la nymphe vivante et plaintive au fond du fleuve. Et plus tard, les villageois de la Rome rustique, qui se penchaient, la nuit, sur la berge, crurent la voir, la clartø de la lune, dans ses voiles glauques, sous les roseaux. Eh bien! les Romains ne la laissłrent point oisive, ses douleurs. La pensøe leur vint tout de suite de lui donner une occupation sørieuse. Ils lui confiłrent la garde de leurs fontaines. Ils en firent une døesse municipale. Ainsi de toutes leurs divinitøs. Les Dioscures, dont le temple a laissø des ruines si belles, les Dioscures, les deux frłres d HØlŁne, astres clairs, les Romains les employłrent comme estafettes au service de l tat. Ce sont les Dioscures qui vinrent sur un cheval blanc annoncer Rome la victoire du lac RØgille.»Les Italiens ne demandaient leurs dieux que des biens terrestres et des avantages solides. A cet Øgard, en døpit des terreurs asiatiques qui ont envahi l Europe, leur sentiment religieux n a pas changø. Ce qu ils exigeaient autrefois de leurs Dieux et de leurs GØnies, ils l attendent aujourd hui de la Madone et des saints. Chaque paroisse a son bienheureux, qu on charge de commissions, comme un døputø. Il y a des saints pour la vigne, pour les cørøales, pour les bestiaux, pour la colique et pour le mal de dents. L imagination latine a repeuplø le ciel d une multitude de figures animøes, et fait du monothøisme juif un nouveau polythøisme. Elle a ØgayØ l Øvangile d une riche mythologie; elle a røtabli un commerce familier entre le monde divin et le monde terrestre. Les paysans exigent des miracles de leurs saints protecteurs et les couvrent d invectives si le miracle tarde venir. Le paysan, qui avait sollicitø inutilement une faveur du Bambino, retourne la chapelle et, s adressant cette fois l Incoronata:»--Ce n est pas toi, fils de putain, que je parle, c est ta sainte młre. »Les femmes intøressent la Madre di Dio leurs amours. Elles pensent avec raison qu elle est femme, qu elle sait ce que c est et qu on n a pas se gœner avec elle. Elles n ont jamais peur d Œtre indiscrłtes, ce qui prouve leur piøtø. C est pourquoi il faut admirer la priłre que faisait la Madone une belle fille de la Riviera de GŒnes: «Sainte młre de Dieu, vous qui avez con u sans pøcher, accordez-moi la gr ce de pøcher sans concevoir.» Nicole Langelier fit ensuite observer que la religion des Romains se prœtait aux entreprises de leur politique. --Empreinte d un caractłre fortement national, dit-il, elle Øtait pourtant capable de pønøtrer les peuples Øtrangers et de les gagner par son esprit sociable et tolørant. C Øtait une religion administrative, qui se propageait sans peine avec le reste de l administration. --Les Romains aimaient la guerre, dit M. Goubin, qui Øvitait soigneusement les paradoxes. --Ils n aimaient pas la guerre pour elle-mœme, røpliqua Jean Boilly. Ils Øtaient bien trop raisonnables pour cela. On retenait certains indices que le møtier militaire leur paraissait dur. Monsieur Michel BrØal vous dira que le mot qui d abord signifiait proprement le fourniment du soldat, _aerumna_, prit ensuite le sens gønøral de fatigue, d accablement, de misłre, de douleur, d Øpreuve et de døsastre. Ces paysans Øtaient comme les autres. Ils ne marchaient que forcøs et contraints. Et leurs chefs eux-mœmes, les gros propriøtaires, ne guerroyaient ni pour le plaisir ni pour la gloire. Avant de se mettre en campagne, ils consultaient vingt fois leur intørœt et pesaient attentivement leurs chances. --Sans doute, dit M. Goubin, mais leur condition et l Øtat du monde les for a d Œtre toujours en armes. C est ainsi qu ils portłrent la civilisation jusqu aux extrømitøs du monde connu. La guerre est un incomparable instrument de progrłs. --Les Latins, reprit Jean Boilly, Øtaient des cultivateurs qui faisaient des guerres de cultivateurs. Leurs ambitions furent toujours agricoles. Ils exigeaient du vaincu, non de l argent, mais de la terre, tout ou partie du territoire de la confødøration soumise, le plus souvent un tiers, par amitiø, comme ils disaient, et parce qu ils Øtaient modørøs Oø le løgionnaire avait plantø sa pique, le colon venait le lendemain pousser sa charrue. C est par le laboureur qu ils assuraient leurs conquœtes. Soldats admirables, sans doute, disciplinøs, patients, courageux, qui se battaient et se faisaient battre tout comme les autres! Paysans bien plus admirables encore! Si l on s Øtonne qu ils aient gagnø tant de terres, il faut s Øtonner bien davantage qu ils les aient gardøes. Le prodige, c est qu ayant perdu beaucoup de batailles, ils n aient jamais cødø autant dire un arpent de sol, ces obstinøs paysans. Tandis qu ils disputaient ainsi, Giacomo Boni regardait d un oeil hostile la haute maison de briques qui se dresse au nord du Forum sur plusieurs assises de substructions antiques. --Nous devons maintenant, dit-il, explorer la curia Julia. Nous pourrons bient t, j espłre, renverser la b tisse sordide qui en recouvre les restes. Il n en coßtera pas cher l tat de l acheter pour la pioche. Sous neuf młtres de terre, que surmonte le couvent de Sant Adriano, s Øtendent les dalles de DioclØtien qui a restaurø la Curie pour la derniłre fois. Nous trouverons sßrement dans les døcombres beaucoup de ces tables de marbre sur lesquelles les lois Øtaient gravøes. Il importe Rome et l Italie, il importe au monde entier que les vestiges du SØnat romain soient rendus la lumiłre. Puis il pria ses amis d entrer dans sa cabane hospitaliłre et rustique comme la maison d Evandre. Elle se composait d une salle unique oø se dressait une table de bois blanc, chargøe de poteries noires et de døbris informes qui exhalaient une odeur de terre. --Du prøhistorique! soupira JosØphin Leclerc. Ainsi, mon cher Giacomo Boni, non content de chercher dans le Forum les monuments des Empereurs, ceux de la RØpublique et ceux des Rois, vous vous enfoncez maintenant dans les terrains qui portłrent une flore et une faune disparues, vous creusez dans le quaternaire, dans le tertiaire, vous pønøtrez dans le pliocłne, dans le miocłne, dans l ØocŁne; de l archøologie latine, vous passez l archøologie prøhistorique et la paløontologie. On s inquiłte, dans les salons, des profondeurs oø vous descendez. La comtesse Pasolini ne sait plus oø vous vous arrœterez; et l on vous reprøsente, dans un petit journal satirique, sortant par les antipodes et soupirant: _Adesso va bene!_ Boni semblait n avoir pas entendu. Il examinait avec une attention profonde un vaisseau d argile encore humide et limoneux. Ses yeux clairs et changeants s assombrissaient quand il scrutait sur ce pauvre ouvrage humain quelque indice encore inaper u d un passø mystørieux. Et ils redevenaient d un bleu p le dans le vague de la rœverie. --Ces restes que vous voyez l, dit-il enfin, ces petits cercueils de bois non Øquarri et ces urnes de terre noire, en forme de cabane, contenant des os calcinøs, furent recueillis sous le temple de Faustine, au nord-ouest du Forum.»On trouve c te c te des urnes noires pleines de cendres et des squelettes couchøs dans leur cercueil comme dans un lit. Les Grecs et les Romains pratiquaient la fois l ensevelissement et la crømation. Sur l Europe entiłre, aux Øpoques antørieures toute histoire, les deux coutumes Øtaient suivies en mœme temps, dans la mœme citø, dans la mœme tribu. Ces deux modes de søpulture correspondent-ils deux races, deux gønies? Je le crois. Il prit dans ses mains, d un geste respectueux et presque rituel, un vase en forme de cabane qui contenait un peu de cendre: --Ceux, dit-il, qui, dans des temps immømoriaux, fa onnaient ainsi l argile, pensaient que l me, attachøe aux os et aux cendres, avait besoin d une demeure, mais qu il ne lui fallait pas une maison bien grande pour y vivre la vie diminuøe des morts. C Øtaient des hommes d une noble race, venue d Asie. Celui dont je soulłve la cendre løgłre vøcut avant les temps d vandre et du berger Faustulus. Et il ajouta, se plaisant parler comme les anciens: --Alors le roi Italus, ou Vitulus, le roi Veau, exer ait sa domination paisible sur cette contrøe promise tant de gloire. Alors s Øtendaient sur la terre ausonienne les rłgnes monotones des troupeaux. Ces hommes n Øtaient point ignorants et grossiers. Ils avaient re u de leurs ancœtres beaucoup d enseignements prøcieux. Ils connaissaient le navire et la rame. Ils pratiquaient l art de soumettre les boeufs au joug et de les lier au timon. Ils allumaient leur volontø le feu divin. Ils recueillaient le sel, travaillaient l or, pøtrissaient et cuisaient des vases d argile. Sans doute ils commen aient travailler la terre. On conte que les p tres latins devinrent laboureurs sous le rłgne fabuleux du Veau. Ils cultivaient le millet, l orge et l Øpeautre. Ils cousaient des peaux avec des aiguilles d os. Ils tissaient et, peut-œtre, faisaient mentir la laine en couleurs variøes. Ils mesuraient le temps par les phases de la lune. Ils contemplaient le ciel et ils y retrouvaient la terre. Ils y voyaient le løvrier qui garde pour le ma tre Diospiter le troupeau des Øtoiles. Ils reconnaissaient dans les nuøes føcondes le bøtail du Soleil, les vaches nourriciłres des campagnes bleues. Ils adoraient leur płre le Ciel et leur młre la Terre. Et, le soir, ils entendaient les chariots des dieux, migrateurs comme eux, fouler, de leurs roues pleines, les sentiers de la montagne. Ils aimaient la lumiłre du jour et songeaient avec tristesse la vie des mes dans le royaume des ombres.»ces Aryens tœte large, nous savons qu ils Øtaient blonds, puisque leurs dieux, faits leur image, Øtaient blonds. Indra avait les cheveux comme les Øpis d orge et la barbe comme les poils du tigre. Les Grecs se reprøsentaient les dieux immortels avec des yeux bleus ou glauques et des chevelures d or. La døesse Rome Øtait _flava et candida_. Dans la tradition latine, Romulus et RØmus ont le crin jaune.»si l on pouvait reconstruire ces ossements calcinøs, vous verriez appara tre les pures formes aryennes. En ces cr nes larges et vigoureux, en ces tœtes carrøes comme la premiłre Rome que devaient fonder leurs fils, vous reconna triez les a eux des patriciens de la røpublique, la
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