Quelques remarques sur le projet d une Histoire sociale des langues de France et les problèmes qui se sont posés lors de son élaboration 1

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1 (2012) Quelques remarques sur le projet d une Histoire sociale des langues de France et les problèmes qui se sont posés lors de son élaboration 1 Kremnitz, Georg Institut für Romanistik, Universität Wien 1 De la genèse du projet et des buts qu il se propose Quiconque s intéresse au sujet des langues de et en France sait que le gouvernement Jospin tentait, vers la fin du siècle dernier, de signer et ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires pour mieux intégrer le pays dans le courant de la politique européenne et en finir avec une exception française qui commençait à devenir gênante. Pour arriver à son but, le gouvernement fit établir plusieurs rapports (politique, juridique et finalement linguistique). C est dans ce cadre que le philologue Bernard Cerquiglini a été chargé par les ministres de l Education Nationale et de la Culture de rédiger un rapport sur l inventaire des langues de France. La publication, en avril 1999, de ce rapport complété d une liste des «langues de France», aujourd hui communément appelé rapport Cerquiglini 2, eut pour conséquence une nouvelle perception des réalités linguistiques complexes du pays. D une conception de monolinguisme absolu, héritée, au moins comme idéal, de la Révolution, et constamment invalidée par les faits, ce rapport passe à une vision multilingue qui fait de la France le pays qui compterait le plus de langues en Europe occidentale 3. L on connaît la suite : la Charte fut bien signée par le ministre Pierre Moscovici, le 7 juin 1999 à Budapest, mais le président de la République de l époque, Jacques Chirac, fit appel au Conseil constitutionnel pour obtenir un examen de la conformité de cette Charte avec la Constitution, examen à l issue duquel le dit Conseil constitutionnel déclara cette Charte incompatible avec la Constitution française. Donc, la France demeure, avec la Grèce et la Turquie, un des pays qui ne l ont toujours pas ratifiée. Il n est pas de mon propos ici d épiloguer sur les éléments de politique intérieure qui ont joué un rôle dans cette démarche 4. On peut cependant regretter que la France n ait pas saisi cette occasion pour sortir d une situation de plus en plus incommode. Toutefois, l existence de la liste Cerquiglini a ouvert de nouvelles possibilités de réflexion et innové dans la manière de voir les choses. C est dans ce contexte que naquit l idée de lancer un projet qui tenterait de décrire les comportements langagiers des habitants de la France à travers l histoire, en mettant l accent sur les rencontres des langues dues à des raisons très diverses 5. Il était clair d emblée qu un tel projet devait innover sur plus d un point. Permettez-moi d abord d esquisser les contours de l idée et du but à atteindre, de dire quelques mots sur le fonctionnement du groupe de travail qui s est formé avant de relever quelques points critiques de la recherche antérieure et d indiquer quelques innovations, puis d en arriver à quelques remarques sur les choix que le collectif a effectués. Ensuite, j esquisserai le plan sans doute définitif de la publication, avant d en arriver à quelques perspectives plus générales aussi bien sur le plan scientifique que sur le plan social. La conséquence immédiate de mon échange de courrier avec M. Cerquiglini fut l organisation d un colloque qui se tint à l INALCO les 30 septembre et 1 er octobre 2004, avec le soutien de la DGLFLF (une soixantaine de personnes participèrent aux débats) 6. L idée reçut beaucoup d encouragements, mais certains collègues insistèrent sur les difficultés d un semblable projet. Aujourd hui, je les écouterais sans doute d une oreille plus attentive qu alors. J avais en effet très certainement sous-estimé les problèmes qui allaient se poser. A ce moment-là, un collectif d universitaires et de chercheurs se forma afin de piloter le projet ; il se compose aujourd hui de Carmen Alén Garabato (Montpellier), Klaus Bochmann (Leipzig/Halle), Henri Article en accès libre placé sous licence Creative Commons Attribution 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/2.0) 81 Article available at or 1 (2012) Boyer (Montpellier), Fañch Broudic (Brest), Dominique Caubet (Paris), Marie-Christine Hazaël- Massieux (Aix-en-Provence), Georg Kremnitz (Vienne), François Pic (Toulouse) et Jean Sibille (à l époque Paris, DGLFLF, aujourd hui Toulouse CNRS), le secrétariat en a été assuré tout d abord par Christiane Böck (Vienne), et depuis la fin 2008 Carmen Alén Garabato en assume la charge 7. Ce collectif s est réuni régulièrement deux à trois fois par an, la dernière réunion ayant eu lieu fin janvier dernier, et nous espérons que la prochaine coïncidera avec la présentation du résultat final au public. Nous sommes actuellement à la fin d une phase de relecture des textes reçus et de mise en forme de l ensemble. Mon idée initiale était l élaboration d une sorte d encyclopédie en plusieurs volumes, mais peu à peu, le principe de réalité a gagné du terrain, et il a fallu que je m avoue que pour parvenir à un telle présentation les travaux préparatoires manquaient très souvent, mais également que les besoins financiers dépassaient de loin ce que nous pouvions espérer réunir. D ailleurs, le collectif dans son ensemble hésita entre deux solutions : l une, plus complète, d environ 5 millions de signes et l autre, plus légère, de seulement 2 millions de signes. Nous avons finalement dû opter pour cette dernière, surtout guidés par le souci de présenter les résultats de notre travail dans des délais raisonnables. Actuellement, nous nous acheminons vers un compromis, avec près de 3 millions de signes. De quoi peut-il donc s agir? Je dirais de manière tout à fait provisoire, qu il y est traité essentiellement de l évolution des formes de communication à l intérieur des différents groupes linguistiques, mais, en même temps, des rapports que les locuteurs de formes linguistiques différentes établissent entre eux et avec la langue dominante, le français. Le français est la première des langues de France ; et si les histoires de la langue française (qui évoquent en général les formes de la communication, quoique assez voire trop rapidement) sont nombreuses, il est parfois surprenant de voir le peu de détails dont nous disposons sur l emploi même de cette langue à travers l histoire. Mais il ne s agit pas ici, en premier lieu, de nous occuper de l histoire de la communication en la langue que nous connaissons le mieux, mais de l histoire de toutes les autres langues ou variétés qui sont obligées, à certains moments historiques, d entrer en contact avec cette langue dominante et entre elles également ; il s agit en outre de donner à voir, dans la mesure du possible, une architecture complexe de la communication dans son évolution. Le jeu est donc multiple, il le devient encore davantage, quand nous pensons que beaucoup de langues de et en France ont des rapports au-delà des frontières ; elles peuvent recevoir des impulsions importantes de l extérieur. Si l on accepte une idée de totalité, dans un sens que le marxisme surtout Georg Lukács 8 a emprunté à l idéalisme allemand (ce sens apparaît initialement chez Winckelmann dans son Histoire de l art antique (1764) 9, on entrevoit l ampleur du champ. Il ne faut pas perdre de vue que le terme de communication renferme beaucoup d éléments tant externes, comme la conscience des locuteurs, le statut des langues, les degrés respectifs de normativisation (codification) et normalisation (emploi social) 10, qu internes comme tous les phénomènes des changements linguistiques. Je voudrais rapidement évoquer deux problèmes pratiques auxquels le collectif a été confronté. Le premier est celui de la dispersion des membres du collectif sur trois pays. Ils travaillent dans sept villes différentes et ils sont tous des chercheurs actifs qui fonctionnent dans des contextes multiples. De sorte qu il n a pas toujours été facile de se réunir, et certains processus de rapprochement théorique et méthodologique ont pris davantage de temps qu il aurait été souhaitable. Ainsi, il est parfois devenu difficile de maintenir à son plus haut niveau l enthousiasme de certains collaborateurs potentiels tel qu il s était manifesté lors de la rencontre de Le second problème est celui des finances. Certes, le collectif a obtenu à plusieurs reprises des subventions de fonctionnement de la DGLFLF et au départ aussi de l Université de Vienne. Par ailleurs, deux de membres de notre collectif, Henri Boyer et Carmen Alén Garabato, organisèrent un colloque à Montpellier en décembre 2006, intitulé «Les langues de France au XXI e siècle. Vitalité sociolinguistique et création culturelle» 11 qui procura une occasion unique de rencontre et de discussion. Ainsi, le collectif a pu assurer les progrès des travaux préparatoires. Cependant, les dépenses les plus importantes nous attendent encore : la publication certes, mais auparavant tous les travaux de relecture, d harmonisation, de correction et de formatage ne pourront se dérouler sans des subventions substantielles. C est dans ce contexte que la composition du collectif se révèle être peu avantageuse. Car il va de soi que le gros de moyens pour la publication devrait venir de la France. Mais le principal responsable du collectif ne travaille pas en France, il est donc mal placé pour y obtenir des subsides. Inversement, les autorités autrichiennes ne s intéressent guère au sujet l idée 82 Article en accès libre placé sous licence Creative Commons Attribution 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/2.0) 1 (2012) européenne ne perce pas encore à ce point. Il n est pas impossible d obtenir des soutiens de l Europe, mais seulement quand on dispose déjà des subventions «nationales». Ce sont donc les membres français du collectif qui doivent préparer le gros des demandes de subventions, sans disposer des infrastructures nécessaires en principe à ce dessein. Je sais bien que ce problème ne concerne que ce projet, mais je pense qu il serait urgent que la communauté scientifique s en saisisse, car l organisation actuelle de la recherche qui de plus en plus repose sur des épaules privées ou du moins non-étatiques rend nécessaire la création de structures, universitaires ou autres, qui disposent des connaissances pour élaborer ces demandes, devenues de plus en plus compliquées. En principe, le temps des chercheurs, qui ne sont pas formés à cela et desquels le rendement est par conséquent discutable, devrait être trop précieux pour être «gaspillé» de cette façon. Tout de même, le collectif a entrepris un ensemble de démarches et espère ainsi atteindre le but ultime de ses efforts. 2 Les motivations du collectif et quelques tentatives d innovation Vouloir montrer l histoire et l évolution de la communication sur un terrain où une multitude de langues se parle signifie d abord privilégier ce qu on appelle communément l histoire externe, non pas d une seule langue mais d un réseau compliqué de formes de communication, tout en montrant que la séparation quelque peu artificielle entre histoire externe et interne a tout au plus un droit méthodologique à l existence. En réalité, les deux sont intimement et dialectiquement liés. Cela implique entre autres une vue nouvelle sur le jeu entre production et réception langagière. 2.1 Rééquilibrer les relations entre production et réception linguistiques Il fallait par conséquent remettre en question l attention trop exclusive consacrée à la production langagière de la part de la recherche 12. Je m explique : la pratique d une langue sert deux buts à la fois : d une part la communication, de l autre la démarcation. Quelle que soit la variété linguistique dont j use, je m en sers à la fois pour communiquer avec d autres, mais je m inscris en même temps dans mon ou mes cercles de communication et je me démarque de tous les autres. Cette distance peut être minime et ne pas entraver la communication courante, mais elle peut aussi être (presque) totale. Dans ce cas nous disons ne pas comprendre l autre. Mais, en réalité, notre communication est toujours fragmentaire ; on peut essayer de la rendre plus complète, mais finalement elle reste fuyante, nous le savons au moins depuis les travaux de Sigmund Freud (de même la démarcation n est jamais totale, on l oublie souvent). Le fait que nous ne sommes jamais sûrs du degré de communication réellement obtenu (pensons aux messages contradictoires) rend la réception et l interprétation des signes reçus, bref la compréhension, toujours un peu incertaine, nous le savons. Des deux fonctions, la première, la communication, est primordiale. On n entre pas, sauf en de rares exceptions qui paraissent extrêmement construites, en communication pour ne pas communiquer. La communication s établit d abord entre un émetteur et un récepteur ; elle peut se compliquer, par la multiplication des représentants des deux pôles ou par l intervention d éventuels intermédiaires : elle peut connaître des distorsions par d autres influences externes. Elle se fait nécessairement toujours avec les seuls moyens communicatifs que les interlocuteurs ont à leur disposition. Certes, là où elle devient habituelle, des traditions de comportement se créent ; la géographie linguistique par exemple les a mises en évidence. Mais ce sont des faits de communication qui disparaissent dès que les raisons de cette communication n existent plus. La relation créée entre une langue et un territoire est une création relativement récente, liée avant tout au succès du nationalisme moderne il est vrai que les langues de pouvoir apparaissent plus tôt, mais, au départ elles ne revendiquent généralement pas l exclusivité territoriale qui depuis le XIX e siècle devient la norme théorique (mais qui nulle part n arrive à devenir la réalité sociale, du moins jusqu à présent). La linguistique, depuis le renouveau de ses méthodes au début du XIX e, s est intéressée presque exclusivement à la production langagière, je l ai dit plus d une fois. Elle n a guère tenu compte de la réception des sons émis par un auditeur, elle a presque complètement négligé le jeu dialectique de la communication. Pendant le XIX e siècle, ce comportement était relativement compréhensible, car il n existait pas encore de moyen technique pour conserver la production langagière parlée. L unique Article en accès libre placé sous licence Creative Commons Attribution 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/2.0) 83 1 (2012) possibilité de conserver du matériel linguistique était l écriture. Ceci donnait à l écriture une importance pratique qu elle n a d ailleurs, de nos jours, pas entièrement perdue. La langue à laquelle nous nous référons mentalement continue à être, du moins pour le commun des usagers, et dans la plupart des cas, la langue écrite. De cette manière, les règles de la production écrite sont devenues les règles les plus importantes pour la praxis sociale, et les linguistes n ont pas pu vraiment changer les données. Beaucoup d entre eux ont les mêmes réflexes, surtout quand ils se doublent de grammairiens. Or, la langue ainsi interprétée est le fruit d une double réification des processus de communication, car d une part elle retient de l acte de communication l abstraction langue et de l autre elle réduit cette langue à langue écrite, une forme encore plus réduite du phénomène observé qui suit des normes très strictes et restrictives. Le concept ainsi obtenu ne s intéresse qu à une partie du phénomène en question, il fait abstraction d éléments essentiels. Si au XIX e siècle, cette double limitation est compréhensible comme conséquence des moyens techniques disponibles, il est plus surprenant de voir que la linguistique du XX e ne change guère d orientation. Les néogrammairiens qui dominent la discipline encore pendant la première moitié du siècle, ne pensent qu à la production langagière. Leurs lois phonétiques ne prennent en considération que l émission. Comme ces lois ne suffisent pas pour expliquer les faits, ils inventent l analogie comme deuxième motif des changements phonétiques, ils parlent de formes directrices, mais ils ne se posent pas vraiment la question du pourquoi de l existence de ces formes. Au prix d un seul pas supplémentaire, ils auraient pu voir qu il s agissait de questions de communication et que la réception potentielle y jouait un rôle important. Le structuralisme naissant ne se concentre plus sur la diachronie et découvre les fonctionnements de la synchronie, mais il le fait presque uniquement du côté de la production, alors que le Cours de Saussure insiste sur les différences entre les aspects individuel et social du langage. Le Cours examine en détail les conditions de production langagière, mais la réception et la communication restent les parents pauvres 13. Il distingue entre langue et parole, une différenciation qui aurait pu être un chemin pour voir les problèmes de communication, mais le terme même de communication n apparaît pas dans l index du livre. La plupart des successeurs de Saussure suivront la même voie, négligeant même les progrès du côté social que le Cours contient. Et même la dialectologie et la géographie linguistique qui étaient les plus proches des phénomènes de communication, n en tiennent guère compte, à quelques exceptions près, parfois notables cependant comme Jules Gilliéron 14. C est ainsi que la linguistique présentera relativement tard des modèles de communication, précédée en cela d ailleurs par la nouvelle technologie de la radio. Quand Karl Bühler proposera en 1934 son Organon-Modell 15, ce sera le premier grand essai du côté de la linguistique (Bühler était cependant avant tout psychologue), mais il privilégie encore la production (comme le sous-titre l indique). Et Roman Jakobson, l autre linguiste pionnier dans ce domaine, fait encore de même en Or, entre temps, en 1949, Shannon et Weaver, représentants d une toute nouvelle discipline, la cybernétique, qui met la communication au centre de ses préoccupations, avaient présenté leur modèle de la communication 17. Ce schéma ornera pendant longtemps tous les manuels de linguistique, et il est toujours l ancêtre des modèles que l on voit aujourd hui. Mais la praxis des linguistes n a guère changé. C est sans doute dû, en partie, à l attitude du courant le plus puissant de la linguistique actuelle, le générativisme. Son fondateur, Chomsky, a dit plus d une fois que la communication n avait pas d importance accrue pour la discipline. Or, je pense que cela est une erreur. La limitation de l analyse à la production langagière peut se comprendre sans difficulté en tant que stratégie de recherche précise, mais si les sciences du langage négligent systématiquement les données communicatives, elles se privent simultanément des possibilités de comprendre et interpréter la production. Car même celle-ci s établit dans un jeu dialectique complexe entre production et réception, et ne pas en tenir pas compte équivaut à une auto-restriction sérieuse. Par contre, une nouvelle approche de la grammaire historique qui tiendrait davantage compte des aspects communicatifs, pourrait mener, ici et là, à des résultats nouveaux voire surprenants. Il est clair que cette lacune apparaît plus facilement dès qu on se tourne vers les fonctions sociales du langage. C est pourquoi il me semble essentiel qu une histoire de la communication en France apporte non seulement des connaissances supplémentaires pour le sujet envisagé, mais aussi des avancées pour la théorie de la discipline. 84 Article en accès libre placé sous licence Creative Commons Attribution 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/2.0) 1 (2012) 2.2 Dénationaliser les histoires de la communication Un autre point délicat de la recherche antérieure est celui du nationalisme implicite de la plupart des histoires existantes : presque toutes les histoires de langues sont des histoires d une langue, comme si les langues fonctionnaient de manière isolée. Dans ces textes, une langue, le protagoniste, se trouve au centre de l observati
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