Richard Abibon La différence décisive À propos de La neuvième porte, film de Roman Polanski. La neuvième porte

of 15
208 views
PDF
All materials on our website are shared by users. If you have any questions about copyright issues, please report us to resolve them. We are always happy to assist you.
Document Description
Richard Abibon La différence décisive À propos de La neuvième porte, film de Roman Polanski. D après le roman d'arturo Pérez-Reverte Le Club Dumas (El Club Dumas) paru en La neuvième porte Dans ce
Document Share
Document Transcript
Richard Abibon La différence décisive À propos de La neuvième porte, film de Roman Polanski. D après le roman d'arturo Pérez-Reverte Le Club Dumas (El Club Dumas) paru en La neuvième porte Dans ce film, Polanski met en scène une recherche de l infini à travers neuf gravures d un livre ancien. Le livre lui-même se présente comme un manuel d invocation satanique, s intitulant : Les Neuf Portes du royaume des ombres. Boris Balkan, éminent collectionneur de livres anciens, engage un expert en livres rares, Dean Corso (Johnny Depp), afin que ce dernier lui déniche les deux derniers exemplaires de ce livre. Tel un détective privé, il enquête. Son parcours se jalonne vite de cadavres. Visiblement, quelqu'un ne veut pas que ces trois exemplaires soient rassemblés. À chaque fois qu il en déniche un, celui-ci se retrouve la proie des flammes. À chaque fois, il a quand même eu le temps de repérer que les gravures ne sont pas toujours du même auteur. Lorsque l auteur est différent, l image présente une légère différence d avec la gravure correspondante des autres livres. Et dans un coin en tout petit, la loupe révèle l auteur «différent» qui signe : Lucifer. Dans chacun des trois exemplaires, trois gravures se révèlent ainsi le message du prince des abîmes. On comprend sur la fin que c est cela qui intéressait Boris Balkan. Il pense que, ayant franchi les neuf portes, c'est-à-dire ayant déchiffré le message, il va obtenir la puissance absolue du Lucifer. Il finira dans les flammes de l enfer par lui-même déchainées : pour prouver sa puissance, sous les yeux de Dean Corso immobilisé, il s asperge d essence et y met le feu, croyant échapper à la brûlure. Cette scène finale se déroule au château de Puivert dans l Aude. Appelé la Tour du Diable, il a été utilisé par les Cathares lors de la croisade contre les Albigeois au XIIIe siècle. La consomption de l apprenti sorcier communique le feu au château. Tout au long du film, une magnifique femme blonde (Emmanuelle Seigner) vient au secours de Dean Corso chaque fois qu il est en péril. Puis, elle disparaît. Un ange gardien? L hypothèse est explicitement évoquée. 1 Visiblement elle a des pouvoirs surnaturels. C est avec elle que notre détective érudit fait l amour devant le château en flammes (c est pas donné tout le monde! je m inscris pour le prochain coup). Au cœur du plaisir sexuel, la jeune femme arbore des expressions diaboliques. Est-elle donc si angélique? C est la vraie clef du mystère. Satan bouche un coin! Ce mystère est celui du corps en tant que sexué. Les neuf portes sont les neuf ouvertures du corps. La neuvième étant le sexe : ouverte ou non, bouchée ou non, c est selon le sexe, alors que les huit autres sont semblables chez tous les humains. Ainsi s exprimait le Malleus Maleficarum, le Marteau des sorcières, un livre du XVème siècle, (1486 Heinrich Kramer) : Le problème n est pas celui des sorciers, mais bien celui des sorcières. Ce livre indique comment les repérer et, par le menu de tortures soigneusement décrites, comment les faire parler. Autrement dit : pour cette époque, le problème de l humanité, ce sont les femmes. Pour toutes les époques, c est la différence des sexes. Le fait qu elle soit interprétée comme castration et que les femmes semblent être le témoignage vivant de cette mutilation, justifie dès lors toutes les mutilations destinées à les faire parler, c'est-à-dire avouer leur accointance avec le diable. Qui est-il, celui-là? Qui d autre, si ce n est le désir comme tel, celui qui brûle comme les flammes de l enfer et qu il faut donc éteindre en faisant disparaître la responsable dans les mêmes flammes d où on la pense issue. Le péché, c est donc le désir ; il mérite les flammes de l enfer. Il semble plus supportable de le dire ainsi que de le présenter comme la castration, punition 2 «naturelle» du désir. Brûler la porteuse de la castration, c est à la fois mettre sous les yeux de tous «la cause» de la brûlure du désir et la supprimer par son effet propre. Par un curieux retournement, Boris Balkan s immole lui-même par le feu en croyant retrouver la toute puissance. Qu'est-ce que la toute puissance, si ce n est le pouvoir de réguler le monde à l aune de ses désirs? Avoir toutes les richesse et toutes les femmes, tel était le lot du chef de la horde primitive imaginé par Freud. L histoire n a pas été avare d exemples de despotes se manifestant de la sorte. Une vieille chanson française en témoigne : «Aux marches du palais..» qu on nous faisait innocemment chanter, lorsque nous étions petits. Mine de rien, ça raconte l histoire d un roi qui fait plier un des nobles de sa suite en lui réclamant sa femme. «Mais puisque vous êtes le roi», dit le cocu en puissance, «je vous laisse la préférence (ou la préséance?)». A ce jeu là, on risque de s y brûler : la senteur du bouquet a fait mourir la belle. Donc, c est le putatif tout-puissant qui sombre dans son délire de toute puissance. Il était crédule, le riche amateur de diablerie. La croyance au diable est tout aussi problématique que la foi en dieu. En récompense, l incroyant détective qui ne croit qu en son pourcentage, se récupère les flammes du désir, celles qui ne brûlent pas, celles de la femme diabolique qui lui garantit le bon accrochage de son phallus en en permettant l usage devant le château en flammes et non dedans. Moralité : il vaut mieux conserver quelque distance d avec son désir. À vouloir combler tout désir par la toute puissance, on se brûle tout autant qu à souhaiter éradiquer tout désir en se consumant dans l ascèse. Bref, c est en gardant les flammes dans le registre de la métaphore (à la place du désir), voire de la métonymie (le désir à côté des flammes de la réalité) que l on peut user de la neuvième porte du corps, garantissant la pérennité des huit autres et donc du corps qui les maintient rassemblées. 3 Boris Balkan, ayant réuni les neuf gravures, c'est-à-dire les neuf portes, il les interprète comme on lit les cartes du tarot. 4 Il est vrai que leur facture et leur contenu les évoque. Le pendu, la mort, le labyrinthe, etc. viennent sur la scène. «Ne craindre ni la corde ni les flammes» : c est un appel au déploiement des talents de la sorcellerie. L interprétation des images en fonction d une culture, fut-elle occulte, est une tentative ratée de décrypter les mystère du sexe et de l inconscient. Ce n est pas parce que nous n avons pas accès à un contenu crypté que celui-ci émarge à ce que j appelle l inconscient. Un savoir peut nous rester inaccessible parce qu il a été consciemment codé par un autre : il ne transmet pas de l inconscient tel que chacun en fabrique sur luimême à son insu, étant à la fois l auteur du message, du code et de la résistance au décodage. Ces messages-là ne se dévoilent que dans la parole particulière d un sujet singulier, lorsqu on l autorise à prendre la parole, notamment au sujet de ses rêves qui sont la porte essentielle d accès à l inconscient. Par cette porte, on accède à la neuvième du corps, dont l imagination à modulation castratrice est si angoissante qu elle en motive l enfouissement. D où la voie dérivée de la course au décryptage à coups de codes ancestraux censés drainer plus de savoir que ce qui est présent. Cette voie de garage renvoie aussi aux culturalistes (Devereux, Tobie Nathan) qui pensent qu on ne peut aider quelqu'un sans faire appel aux savoirs encodés dans sa culture particulière. Certes, la culture module les savoirs et donc les images des rêves. Dans celles-ci, un tel va voir Jésus ou son Père éternel, tel autre va voir Bouddha, ou Abraham, ou Mahomet, ou Quetzacoatl, avec les modalités d apparence qu il aura apprises de sa culture. Il n empêche qu au-delà de ces apparences, ce sera toujours une figure du père. Un tel va voir Marie, tel autre Guanyin, ce sera toujours une figure de la mère. Un tel va voir des fleuves de sang, tel autre le couteau sacrificiel, tel autre un dragon dans le ciel, ce sera toujours une figure de la castration. Chacun s inscrit d une manière singulière dans cet universel de la castration, ce qui disqualifie tous les manuels d interprétation des rêves comme des tarots et des images occultes. Ces derniers restent en effet dans l universel d une signification valable 5 pour tous, sans aller jusqu à la structure qui implique des images et des sentiments bien trop rebutants pour être admis aisément. Même la mort y est bien plus facilement traitée que l inceste ou la castration. C est donc plutôt comme un rêve qu il fallait interpréter les gravures du livre mystérieux. Je vais donc y revenir, en les interprétant en termes de «je» : voilà ce que j y lis, moi, et non en termes d universels forcément valables pour tous. Je suis contraint de soutenir ce paradoxe : c est au creux du plus intime particulier que se retrouve le plus profond de la structure universelle. Je dois aussi assumer que tout autre puisse trouver des interprétations différentes des miennes sans chercher à les ramener à mon propre savoir sur moi, tel que je le pense investi d universalité. Ce qui me fait dire qu il s agit d un universel, c est de retrouver ces figures, partout, chez mes analysants, dans toutes les cultures et dans tous les films que j analyse. Risque que tout cela ne soit que projection? Oui. Risque assumé et tempéré par les précautions que je viens de décrire. La première gravure nous invite à suivre ce chevalier vers le château et à faire silence, comme il nous l indique en posant le doigt devant ses lèvres. Il représente la censure face à ce château aux neufs portes qu est le corps. L un des exemplaires du livre présente le château avec 4 tours et l autre avec 3 tours = 7 : nous retrouverons les 7 têtes du dragon de la neuvième porte. L indication d un manque nous met sur la voie de l interprétation des portes : c est la différence sexuelle qui est présentée là, entre les deux versions de la même gravure, comme deux versions de l humain, déjà interprétée en termes de manque imaginaire, castration du château corporel. La première porte est donc celle de la censure inhérente à toutes les questions sexuelles. 6 Les gravures suivantes sont toutes des variations sur le thème de la porte. 2 : le vieillard barbu tient les clefs dans une main et, sur la gravure modifiée, dans l autre main. Pour ouvrir une porte, il faut disposer de la clef, métaphore du code, métaphore du phallus s il s agit de la neuvième porte du corps. Main droite ou main gauche on sait bien les valeurs imaginaires qui s attachent à ces deux côtés : la droite renvoie à la droiture et à l honnêteté, la gauche à la maladresse et à la fausseté. D ailleurs une lanterne et un chien noir viennent appuyer ces deux significations, par évocation de la lumière et de l obscurité. On retrouvera le chien noir à la septième gravure = 9, (gravure 2, gravure 7) le compte est bon. Mais il a aussi deux clefs : c est un code à interpréter comme le code lui-même, reposant sur la différence entre deux images identiques. Dans la gravure de droite, la main gauche est plus près de la porte. Sans doute est-ce de cette main que l on peut ouvrir la porte de Lucifer. 7 3 : le voyageur doit passer la porte s il veut franchir le pont, sans craindre les flèches venues du ciel. Cet archer céleste évoque éros, d autant qu il va tirer sa flèche au dessus du pont soit, le lieu où, entre les jambes du pont, (les deux tours qui l encadrent), coule la rivière de la miction et de la libido. La flèche phallus va se planter entre les jambes d une évocation féminine. Quelle est la différence entre les deux? Un peu moins facile à repérer! Eh bien il y a une flèche dans le carquois de l archer à gauche, il n y en a plus dans le carquois de celui de droite. Encore une variation sur la problématique du manque, donc de la différence sexuelle. L archer de gauche a les cheveux plus longs que celui de droite qui semble plus âgé. Ce dernier ressemble aux graveurs jumeaux, les frères Ceniza, premiers personnages interrogés par Dean Corso dans son enquête. Prodrome de la carte 5 ou apparaitra la mort : ton stock de flèches est limité!.tout comme tes capacités phalliques. 4 : Le fou semble hésiter devant la porte fermée du labyrinthe. Dans l une des images, la porte de sortie est fermée, dans l autre, elle est ouverte. Le fou va-t-il choisir au hasard, comme l indique les dés placés devant l enceinte? Le labyrinthe représente les complexités de l âme humaine, toujours en rapport avec les portes du corps. La porte ouverte ou fermée peut renvoyer à la différence des sexes : il y a un phallus qui bouche ou il n y en a pas. Elle peut renvoyer aussi au mystère que représentera toujours l orifice féminin, qui lui aussi peut être parfois bouché (règles, vaginisme, infection, etc.), et tout simplement cette éternelle question impossible à résoudre simplement : que veut-elle? Est-elle ouverte ou fermée? Cette énigme est posée aussi bien à l homme qu à la femme. De quoi rendre fou. 8 Si la neuvième porte du corps est celle par laquelle nous entrons dans le monde, d un point de vue interne, celui du fœtus, elle peut évoquer aussi la porte de sortie, de l autre côté du labyrinthe qui représente dès lors la complexité des replis à l intérieur du ventre maternel. Un de mes analysants me raconte le rêve suivant : il était sur le point de violer une femme. Au moment de la pénétrer, il constate que son vagin présente une fente horizontale et non verticale. Là, une magnifique lumière semblait l inviter à entrer, comme s il la voyait au bout du tunnel. Ses associations lui apportent la référence à l expérience de mort imminente, si bien représentée dans la fameuse toile de Bosch. Elle lui rappelle aussi son père mort, cette lumière représentant sa force devenue sienne dans le rêve. Je lui demande alors qui est cette femme qu il viole ainsi avec la force de son père? C est sa mère, évidemment. Son rêve représente donc un désir de remonter dans le ventre maternel, confondant ainsi la porte d entrée dans le monde avec la porte de sortie. C est aussi son désir de posséder sa mère comme son père l avait fait, la mort de ce dernier lui laissant la place. Du coup, le désir se condense avec l interdit, comme l évoque la porte ouverte dans une gravure, fermée dans l autre : la fente verticale se transforme en barre d interdit, comme dans le panneau de signalisation. Cette porte est à la fois ouverte (par le désir) et fermée (par l interdit). 9 5 : Un homme compte ses richesses devant la porte ; derrière lui, la mort, avec sa fourche et le sablier du temps. Vielle sagesse populaire : ce que tu amasses en ce monde, tu ne pourras l emporter de l autre côté. Dans l une des images, le sable du temps est en haut, dans l autre il est en bas : ton temps est compté! La neuvième porte ne saurait être celle de l éternité, mais plutôt de celle de l in-fini, d un corps inachevé, comme nous l indiquent les autres gravures. 6 : j ai déjà évoqué cette porte qui fait référence aux châtiments que l on risque à transgresser c'est-à-dire à franchir une porte interdite. Dans l image modifiée, l homme 10 est pendu par l autre jambe. L épée de feu indique la condensation de deux châtiments possibles. C est aussi l idée que ce qui coupe peut mettre le feu, au sens métaphorique dans le champ sentimental. La castration interprète la différence des sexes en termes de châtiment, mais c est aussi le lieu d où s élancent les flammes du désir, d autant qu elles sortent de l un des orifices du château corporel. Rien de plus excitant qu une femme phallique, parce qu elle rassure tout le monde quant à la castration. Ainsi, de l orifice surgit à la fois «quelque chose» qui peut évoquer un phallus, ce «quelque chose» est une épée, à la fois phallus et instrument de la castration, et c est de ce bouchon imaginaire du trou que montent les flammes de l excitation. Être pendu est certes une punition. Être pendu à la façade de cet édifice fait aussi de vous le phallus de ce grand corps qu est le château-mère, matrice de tous les désirs. La mère étant interdite, la prohibition du passage à l acte se déplace sur le désir lui-même, devenant ainsi synonyme de châtiment. 7 : Le maitre et l esclave. L échiquier devrait être noir et blanc. il est noir dans l une des gravures, blanc dans l autre, tandis qu un chien noir et un chien blanc se battent à l arrière plan, devant une lune blanche dans un ciel noir. Pas d allusion sexuelle a priori, si ce n est que dans un couple, la question du pouvoir se pose comme partout ailleurs, peut-être même de la façon la plus aigüe. Or, pour que l échiquier fonctionne, il faut bien une alternance de noirs et de blancs. L effacement de la différence est synonyme du pouvoir absolu de l un sur l autre. C est ce que cherche Boris Balkan dans son pacte avec le diable. C est souvent ce que cherche l homme en soumettant la femme de façon absolue, comme dans certaines sociétés où c est culturellement ainsi, comme dans certains couples où l homme se préserve de la 11 castration de la sorte. Dans certains autres couples, la femme réussi à établir sa domination. Dans la plupart des cas, la lutte reste incertaine comme celle des deux chiens. J ai souvent parlé de mon hallucination des noirs et blancs, alors que j étais adolescent. J avais compris bien plus tard qu il s agissait d une tentative de représentation du sexe de ma mère, opposant le blanc de la peau au noir des poils pubiens. Je sais à présent que je ne suis pas le seul dans ce cas. Bien d autres ont été fascinés d une manière ou d une autre par le sexe d un parent vu à un âge où la différence de sexes s avère incompréhensible. La représentation «noir et blanc» acquiert dès lors une valeur universelle en rapport avec cette différence. J en lis une trace dans la représentation orientale du yin et du yang, explicitement présentée dans ces traditions par une opposition du féminin (yin) et du masculin (yang). Ces gravures occidentales montrent que les orientaux ne sont pas les seuls à en avoir tiré symbole. 8 : La roue de la fortune tourne en arrière plan, amenant divers personnages dans des positions basses ou des positions élevées, symboles de la perdition et de la réussite. Il faut souligner le paradoxe de tout pacte avec le diable : il condense les deux, car s il procure la réussite, voire la toute puissance ici-bas, il suppose la perdition dans l audelà. Comme dans les dessins d enfants, la maison ou le château représente le moi établi dans les défenses de sa limite corporelle. La porte bien renforcée au premier plan indique la relation indispensable entre les surfaces de protection, les murs ou la peau, et les lieux de communication avec le monde et les autres, les portes ou les orifices du corps. Il s agit vraisemblablement de la neuvième porte, puisque l homme va décapiter la femme, en mesure préventive pour ce qu il imagine de la castration qu elle pourrait lui infliger. Mais dans l image modifiée, la femme a été remplacée par un homme, façon de souligner que le problème réside bien dans la différence de sexes, ici mise en scène dans 12 un rapport avec une coupure radicale dans le corps, le genre de chose qui vous fait perdre la tête. L épée et la massue symbolisent le phallus qu il brandit bien haut devant cette imaginaire menace. Voilà ce dont souffre Boris Balkan, comme nous tous : d angoisse de castration. Il s imagine que son pacte avec le diable va l en libérer. Il se fait donc représenter ici en toute puissance, puisque c est sa tête que l on reconnaît dans l image
Search Related
We Need Your Support
Thank you for visiting our website and your interest in our free products and services. We are nonprofit website to share and download documents. To the running of this website, we need your help to support us.

Thanks to everyone for your continued support.

No, Thanks
SAVE OUR EARTH

We need your sign to support Project to invent "SMART AND CONTROLLABLE REFLECTIVE BALLOONS" to cover the Sun and Save Our Earth.

More details...

Sign Now!

We are very appreciated for your Prompt Action!

x