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Sweet Soul maquette#01 25/03/04 14:52 Page 1 Sweet Soul maquette#01 25/03/04 14:52 Page 2 Sweet Soul maquette#01 25/03/04 14:52 Page 3 Sweet soul music rhythm & blues et rêve sudiste de liberté Sweet Soul maquette#01 25/03/04 14:52 Page 4 Sweet Soul maquette#01 25/03/04 14:52 Page 5 PETER GURALNICK Sweet Soul Music RHYTHM & BLUES ET RÊVE SUDISTE DE LIBERTÉ Traduit de l anglais par BENJAMIN FAU ÉDITIONS ALLIA 16, RUE CHARLEMAGNE PARIS IV e 2005 Sweet Soul maquette#01 25/03/04 14:52 Page 6 TITRE ORIGINAL Sweet Soul Music Rhythm & blues and the Southern Dream of Freedom Peter Guralnick, 1986, Editions Allia, Paris, 2003 pour la traduction française. Sweet Soul maquette#01 25/03/04 14:52 Page 7 Pour Joe McEwen, Mr. C., sans qui je n aurais jamais imaginé écrire ce livre Et pour Solomon Burke, l incontesté Roi du rock n soul, sans qui je n en aurais jamais eu l envie. Sweet Soul maquette#01 25/03/04 14:52 Page 8 SUR LE CHEMIN DE L ÉGLISE Sweet Soul maquette#01 25/03/04 14:52 Page 9 INTRODUCTION : SOUL SERENADE CE que vous allez lire est d abord une histoire, l histoire d un genre musical bien défini. Mais j espère que c est aussi bien davantage. Tout a commencé il y a plus de quatre ans, lorsque m est venue l idée d écrire un livre sur la soul music du sud des Etats-Unis dans les années 60, livre qui viendrait rejoindre mes deux précédents ouvrages, Feel Like Going Home et Lost Highway, et qui compléterait ainsi une trilogie couvrant mes trois grands amours musicaux : le blues, le rockabilly-country et la soul. Cette fois, cependant, je voulais écrire un livre différent, qui tiendrait plus du récit que de la galerie de portraits. Tout en étant conscient qu il était impossible de raconter toute l histoire (Qui donc en serait capable? Qui donc en aurait même la volonté? Comme l a écrit quelque part Mark Twain, une véritable biographie est chose impossible car chaque jour remplirait un livre entier 365 livres par an! ), je voulais dresser le tableau d un mouvement musical et d un milieu social, de manière aussi convaincante que le permettait une étude a posteriori. Au cours de mes recherches, j ai interviewé plus d une centaine de personnes, et j ai parcouru l Amérique de Los Angeles au Mississippi, de Géorgie à New York, l Alabama, Philadelphie et le Tennessee. Ce travail préparatoire vient, je l espère, étayer mon récit ; en effet, aussi complet que puisse paraître ce livre, si complexe en soit la chronologie et si imposant en puisse être la longueur, il ne rendra jamais compte que d une infime partie du temps que j ai passé en compagnie de propriétaires de labels, de producteurs, d agents, de disquaires, de disc-jockeys et de managers, sans parler des artistes eux-mêmes. J espère aussi qu il reflète mon peu de goût pour les conclusions hâtives, car j ai tout à fait conscience de ce que ce travail m a appris sur une certaine facette de l héritage culturel et du business américain, facette que, malgré un contact prolongé avec l industrie musicale, je n avais jamais examinée attentivement. J ai rencontré quelques-uns des plus extraordinaires personnages que j aie jamais connus, je me suis fait des amis qui comptent aujourd hui parmi mes plus proches (et souvent ces deux choses sont allées de pair). En outre, la plupart des préjugés que j avais pu avoir en abordant l écriture de ce livre se sont retrouvés complètement renversés. INTRODUCTION : SOUL SERENADE 9 Sweet Soul maquette#01 25/03/04 14:52 Page 10 QU EST- CE QUE LA SOUL MUSIC? LA soul music du sud des Etats-Unis fut le fruit d une époque et d un ensemble de circonstances sociales qui ont peu de chances de se répéter à l avenir. Je pense qu il est nécessaire de préciser d emblée que lorsque je parle de soul music, je ne me réfère pas à la musique du label Motown, phénomène presque exactement contemporain mais s adressant bien plus au public de la pop, blanc et inscrit dans un processus d industrialisation. (Pour Jerry Wexler, vice-président d Atlantic Records et porte-parole de la faction rivale l exploit de Motown fut de réaliser quelque chose qui sur le papier était impossible. Ils ont pris la musique noire et l ont balancée directement au beau milieu des teenagers blancs américains. ) Ce à quoi je fais référence, c est à cette musique nettement moins maîtrisée, trouvant ses racines dans le gospel et puissamment émotionnelle qui se développa dans la foulée du succès de Ray Charles, soit environ à partir de 1954, pour atteindre sa vitesse de croisière, parallèlement à Motown, au début des années 60. Pendant très longtemps, son public fut composé presque exclusivement de Noirs élevés dans l ambiance émotionnellement désinhibante de l Eglise, et d une légion clandestine mais grandissante de jeunes admirateurs blancs qui avaient entendu du rhythm & blues à la radio et l avaient perçu comme la clef d un mystère dont ils étaient les gardiens. Au début, comme le rock n roll, la soul était l expression d une rébellion, ou au moins d un mécontentement, et lorsque Ray Charles se mit à transformer les plus célèbres chants sacrés en sanglots d extase séculière, il se heurta à de nombreuses critiques, principalement de la part de membres du clergé. Lorsqu elle quitta la clandestinité, la soul accompagna quasiment chaque étape du développement du Mouvement des Droits Civiques : son succès reflétait directement les gigantesques avancées de l intégration, sa popularité était le miroir presque fidèle des bouleversements sociaux qui avaient lieu. Lorsque When a Man Loves a Woman de Percy Sledge, exemple typique de l émotion qui peut émaner de la soul, se hissa au sommet des charts pop en 1966, on put presque croire que la partie était gagnée. C était une chanson qui semblait à l époque, à moi comme à beaucoup d autres, vierge de toute compromission, de toute concession faite au marché, épargnée par les décolorations et les détériorations palliatives que Motown faisait systématiquement subir à ses productions pour les rendre plus attrayantes ; je voyais en elle l expression de la générosité romantique 10 SWEET SOUL MUSIC Sweet Soul maquette#01 25/03/04 14:52 Page 11 et de la solidarité de la communauté noire. Je n aimais pas cette chanson plus que cela, mais je l accueillais comme le présage d un jour nouveau, jour où la culture populaire noire pourrait toucher le grand public en conservant son idiome. De même, il sembla logique, une fois passée l acmé du Mouvement, lorsque la mort de Martin Luther King vint remettre en cause les certitudes progressistes et l instinct communautaire qui avaient marqué cette brève période, que le mouvement soul se morcelle, que les bons sentiments qui animaient cette musique disparaissent, que les charts retrouvent un certain état de ségrégation virtuelle : le funk, le disco et plus tard le rap se présentèrent d abord comme des musiques de ghettos, avant de devenir, l un après l autre, aussi fédérateurs que le fut en son temps le rhythm & blues. Ainsi, la soul music fut le produit de son temps et de son environnement, d un contexte que personne ne voudrait voir réapparaître, le fruit amer de la ségrégation, transfiguré, comme tant d autres choses ont pu l être, par l universelle générosité de la culture afro-américaine, en un témoignage de chaleur humaine et de confiance en soi. Voilà le contexte historique, la toile de fond du développement de la soul : une époque excitante et dangereuse, celle d une vivifiante prise de conscience de soi. Tel était mon point de vue sur la soul music lorsque j entamai l écriture de ce livre. La soul music, selon la définition orthodoxe et d ailleurs assez juste de l écrivain anglais Clive Anderson, est jouée par les Noirs américains et place le feeling au-dessus de tout. Elle fit son apparition à la fin des années 50, mélange de gospel sécularisé et de blues impie, et traite uniquement de ce sujet essentiel : l amour et ses multiples aléas. D un point de vue strictement musical, l inspiration demeure religieuse. La plupart du temps la soul utilise la forme de la ballade et certaines techniques du gospel et du blues motifs en questions-réponses, intonations et argot à la mode, utilisation d une élocution plaintive et traînante. C est un art intégralement vocal. ( ) La soul sous-entend une expérience partagée, une relation privilégiée avec l auditeur, comme dans le blues où le chanteur exprime et conforte les sentiments du public. En ce sens, elle conserve un caractère sacramentel. Voilà un assez bon résumé de ce qu était ma vision plus que basique des choses. Je ne m étais pourtant pas complètement tenu à l écart des réalités non académiques. Avec mon ami Bob Smith, nous ne rations aucun concert de blues qui avait lieu en ville, et INTRODUCTION : SOUL SERENADE 11 Sweet Soul maquette#01 25/03/04 14:52 Page 12 alors que nous avions tous les deux seize ans, nous avions vu Ray Charles chanter pour la première fois son nouveau hit What d I Say au Boston s Jordan Hall. Poussé par un autre de mes amis, John Graham, j ai sans doute assisté à tous les grands spectacles de soul à partir de 1964, à tous les grands concerts saisonniers organisés par la radio WILD de Boston. C est avec John Graham que je suis allé voir Solomon Burke, Joe Tex, Garnet Mimms, James Brown et Otis Redding en fait la quasi-totalité des artistes dont je parle dans ce livre la plupart à plusieurs reprises et souvent dans l intimité de ces petits clubs que John m avait fait connaître lorsque nous avions une vingtaine d années. Le premier article que j ai écrit, en 1968, pour le journal Rolling Stone était un panégyrique de Solomon Burke, et une de mes premières contributions au tout jeune Boston Phoenix consista en une description du spectaculaire jeu de scène de James Brown en janvier Si je raconte tout cela, ce n est pas pour vous dresser mon C. V., mais plutôt pour minimiser ma prétention à l objectivité. Je me trouvais parmi la poignée de Blancs qui allait à ces concerts, c est vrai, et comme Mick Jagger en Angleterre, Mitch Ryder à Detroit, Peter Wolf à New York ou l écrivain Joe McEwen à Philadelphie, je suis tombé sous le charme. Je ne prétendrais pas avoir immédiatement saisi ce dont il retournait. Je n étais pas plus au courant de ce qui se passait en coulisses que n importe quel autre fan. Mais ces spectacles furent pour mon imagination l occasion de se déployer, stimulée tant par la grâce invraisemblable des danseurs que par l exotisme affiché de la mise en scène. Pour moi, la musique soul était le Black Power, une sorte de profession de foi révolutionnaire. Elle me semblait se démarquer nettement du rhythm & blues qui l avait précédée, et m apparaissait (ce fut sans doute là ma principale erreur) comme une sorte d affirmation séparatiste de la fierté du peuple noir se rattachant quasiment aux idées de Marcus Garvey, comme un combat pour la reconquête de ses racines, bien avant que ce dernier concept ne devienne populaire, et dont l adhésion qu elle suscitait chez les Blancs n était que le signe d un optimisme béat et d une bonne volonté aveugle. La vision que j avais alors de la soul se trouva renforcée par des titres aux implications sociales évidentes comme We re a Winner ( Nous sommes là pour gagner ) des Impressions, I m Black and I m Proud ( Je suis noir et j en suis fier ) de James Brown, I Wish I Knew (How It Would Feel to Be Free) ( J aimerais savoir (ce que l on ressent quand on est libre) ) 12 SWEET SOUL MUSIC Sweet Soul maquette#01 23/03/04 11:15 Page 13 de Solomon Burke ou A Change Is Gonna Come ( Un changement va survenir ) de Sam Cooke, et, aujourd hui encore, je reste persuadé que la montée des espérances communautaires et l émergence de nouvelles opportunités de réalisation sociale ont joué un rôle important dans cette histoire. Mais la soul ne se résume pas à cela, pas plus que le rock n roll ne se résume à une quête de liberté et au rejet de l état d esprit de la classe moyenne blanche dans l Amérique d Eisenhower. Dès les premières interviews réalisées pour ce livre, je me suis retrouvé face au fossé séparant la théorie de la réalité. La soul music, d après Jerry Wexler, qui, de par sa fonction de vice-président d Atlantic Records, produisit la plupart des grands chanteurs de soul des années 60 et beaucoup de stars du rhythm & blues des années 50, n était qu une étiquette, (...) une invention sémantique. Ce n était qu une étape dans l histoire de la musique, elle s inscrivait au sein d une évolution qui se poursuivit après elle. Finalement, ce n était que du rhythm & blues. Finalement, ce n était que du rhythm & blues. D un seul coup, ma théorie tout entière tombait à l eau. J avais toujours postulé l existence d une distinction radicale entre la soul et le rhythm & blues, et je n avais autorisé personne à la mettre en doute. La soul était sincère, vraie, douloureuse, puissamment émotionnelle, comme je l ai écrit plus haut; le rhythm & blues, genre qui me fascinait également (mais pour d autres raisons), était à mes yeux plus mécanique, plus artificiel et je pensais en disant cela à ses cuivres de bastringue, ses paroles à double sens, ses chanteurs braillards et son rythme pesant. C était simplement tout ce que j en connaissais. Lors de mon premier voyage à Macon, le frère d Otis Redding, Rodgers, me recommanda auprès de Zelma, la veuve d Otis, comme un vrai fan de rhythm & blues. Par la suite, je me heurtai continuellement à la même évidence: personne ne faisait de distinction entre soul et rhythm & blues. Tous les chanteurs sur lesquels j écrivais avaient été fondamentalement influencés par la musique des années 50; ces étiquettes étaient en un sens une invention des critiques et des compilateurs. Soit. Je pouvais accepter cela. Mais la soul, au moins, était pour moi l expression évidente de la solidarité de la communauté noire ; j ai même dû écrire quelque part qu elle était l expression des espoirs incoercibles d un peuple noble ou quelque chose d approchant. Lorsque j entraînai Julian Bond, ancien leader du S.N.C.C. 1 et auteur de poèmes inspirés par Ray Charles et Charlie Parker, sur ce 1. Student Nonviolent Coordinating Committee : comité de coordination des étudiants nonviolents (Toutes les notes sont du traducteur). INTRODUCTION : SOUL SERENADE 13 Sweet Soul maquette#01 25/03/04 14:52 Page 14 terrain, il ne démonta pas vraiment ma thèse idéologique, mais ne fit rien non plus pour la confirmer. Il reconnut que la musique avait joué un rôle important dans l affirmation de son identité raciale, mais aussi que, comme n importe quel adolescent, il avait eu une vision romantique des chanteurs, en particulier de Ray Charles. Autour de moi, on prenait le rhythm & blues de haut. C était une musique au rabais, une musique sauvage, sexuelle, sale. A mes yeux, elle représentait la manière la plus glamour de vivre. Mon regard est, bien entendu, différent avec le recul, mais pour moi, à l époque, elle évoquait le paradis. Depuis l automne 1980, époque à laquelle je me rendis pour la première fois à Memphis, le tableau que j ai pu dresser de la Stax Record Company puis du milieu des studios d enregistrement de Muscle Shoals, tout autant que celui de l ascension d Otis Redding depuis ses débuts provinciaux dans la petite ville de Macon (Géorgie), n est nullement celui d une totale mainmise de l homme blanc, ni même celui d un business man blanc capitalisant les ressources produites par un peuple asservi pour les détourner au profit de sa propre ascension sociale et de sa domination culturelle : il en ressort plutôt l image d un partenaire blanc dont la contribution était aussi significative mais bien moins visible que celle de son associé noir. Cela n a finalement pas tant d importance, car l idée de partenariat est un concept qui s explique de lui-même : après tout, il est au centre de la notion d intégration. Mais je ne m attendais simplement pas à le voir apparaître dans ce contexte. Peut-être était-ce parce qu une telle alliance de travail est chose très rare, peut-être était-ce la conséquence de mon propre conditionnement culturel et politique, mais il me fallut pas mal de temps avant d accepter une conception de la réalité dépouillée de préjugés idéologiques. En fin de compte, j ai entrepris l écriture de ce livre avec en tête ce qui me semble à présent une erreur de jugement assez répandue : je pensais que la soul music était un phénomène qui existait en dehors de ce qu on appelle généralement le business de la musique. La soul du Sud, après tout, était, comme avant elle le blues, le rhythm & blues, le rockabilly et à sa suite le rap et la beat music, le fruit du travail de labels indépendants, d hommes et de femmes qui avaient contourné le quasi-monopole des majors comme Columbia, Decca, RCA ou Capitol, en découvrant non pas une musique nouvelle mais un nouveau marché. Dans les années 40, le rhythm & blues était méprisé : on l appelait race music, musique raciale, terme fort peu 14 SWEET SOUL MUSIC Sweet Soul maquette#01 25/03/04 14:52 Page 15 flatteur ; la country & western n était pas mieux lotie : on l appelait péjorativement hillbilly 1. Et malgré l existence d un public particulier pour chacune de ces musiques, les majors rechignaient le plus souvent à les accueillir dans leurs catalogues. Le succès dans ces domaines était donc à portée de main pour des producteurs indépendants, véritables entrepreneurs mais aussi, dans la plupart des cas, véritables amoureux de la musique : Sam Phillips, dont le label Sun signa Elvis Presley, Jerry Lee Lewis et donna naissance au rock n roll, était un vieux routier de la radio ; Ahmet Ertegun et Herb Abramson, qui créèrent à eux deux Atlantic Records, étaient des collectionneurs passionnés ; Jim Stewart, fondateur de Stax, était musicien ; Jerry Wexler, enfin, mettait un point d honneur à rester à la pointe de l actualité. Quelles qu aient été leurs activités passées et on trouve parmi les autres producteurs indépendants d anciens patrons de boîtes de nuit, des fabricants de 78 tours, des professeurs de mambo, des vendeurs de machines à distribuer les bonbons et même quelques anciens gangsters à la petite semaine quelle que fût leur passion pour la Vie et la musique, leur motivation première était l appât du gain. Cette leçon peut vous paraître bien élémentaire, mais il m a fallu pas mal de temps pour comprendre ce qui avait dû paraître immédiatement évident à quelqu un comme Jerry Wexler : la soul music, loin de se développer dans un espace protégé ou d élaborer son esthétique dans une sorte de majestueux isolement, à l écart des autres courants musicaux hybrides et plus corrompus, n existait en fait qu en relation avec le rock n roll et la country, musiques avec lesquelles elle était en compétition à un niveau strictement commercial. Jamais la soul n abandonnerait l espoir de dépasser son étroit et modeste cadre d origine et de se tailler une place au soleil au sein du marché pop. Les étiquettes, c est chose entendue, sont faites pour les critiques et les journalistes, et cela, j en ai toujours été persuadé. Mais il m a fallu presque deux ans passés à voyager aux quatre coins des Etats-Unis pour interviewer tant des grandes figures de l industrie du disque que des artistes de soul music, pour réaliser que l histoire que je voulais raconter était autant l histoire d un business que celle d une musique. A vrai dire, l histoire de la soul music illustre tout à la fois le triomphe et la tragédie du système de la libre entreprise. Les processus d échanges et de fertilisations mutuelles qui ont permis la naissance de
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