Urbanité et pratiques de nature durant la modernité J. Corneloup, Maître de Conférences Clermont-Ferrand

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1 Urbanité et pratiques de nature durant la modernité J. Corneloup, Maître de Conférences Clermont-Ferrand Corneloup J., Pratiques d'escalade et urbanité , (comité de lecture), in Le sport dans la ville ,
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1 Urbanité et pratiques de nature durant la modernité J. Corneloup, Maître de Conférences Clermont-Ferrand Corneloup J., Pratiques d'escalade et urbanité , (comité de lecture), in Le sport dans la ville , L'Harmattan, 1998, pp On se propose ici d'étudier les relations que les associations de montagne et les pratiquants de plein air ont entretenu avec la ville et la nature au cours de la modernité. Comment la nature est aménagée par les associations de montagne? Quelles sont les catégories de lecture qui participent à la construction des styles de pratique en montagne? La pratique de l'escalade n'est-elle pas le prétexte à des enjeux sociaux, culturels et politiques qui s'enracinent dans les villes? On tâchera de répondre à ces questions en axant notre démonstration sur le rôle fondamental et moteur de la dynamique culturelle urbaine (l'urbanité) dans le façonnage des pratiques de nature. D'un point de vue méthodologique, la modernité nous sert de cadre d'étude. Suivant en cela les propos des théoriciens 1 utilisant ce concept et à l'appui de notre travail doctoral 2, nous définirons la modernité en escalade comme étant circonscrite à l'époque de l'alpinisme : époque qui a commencé au début du XIX siècle par la conquête des grands sommets alpins et qui a pris fin avec l'émergence de nouvelles modalités de pratique en escalade au cours des années Pour l'essentiel, nous pensons qu'il existe une cohérence historique dans la manière d'organiser et de pratiquer l'escalade durant plus d'un siècle 3. Le détour par l'étude des relations que le monde de l'escalade a entretenu avec la ville nous permet de renforcer notre modélisation 4 dans l'approche de la modernité 5. Concrètement, pour traiter notre sujet, nous nous sommes appuyés sur les recherches que nous avons réalisées lors de nos études doctorales, sur l'étude des 1 ETIENNE (J.) et HERPIN (N.), De la modernité à la post-modernité , dans Sciences humaines n 73, Auxerre, 1997, pp CORNELOUP (J.), Escalade et société, Nouvelle thèse, Université Paris XI, 1993, 789 p. 3 L'histoire de la modernité n'est pas pour autant linéaire ; celle-ci est le produit d'un champ de forces tumultueux et changeants mais qui s'inscrit dans une forme dominante. A ce titre, les écrits de D. Lejeune confirme totalement ce point de vue dans cette volonté d'établir une histoire globale et totale de l'alpinisme. LEJEUNE (D.), Le cas de l'alpinisme et des alpinistes , dans Histoire des sports,, ss la direction de T. Terret, L'Harmattan, 1996, 250 p., pp ARNAUD (P.), Sport et changement social. La méthode des modèles et l'histoire des exercices physiques , dans Sport, relations sociales et action collective, MSHA, Bordeaux, 1995, pp On entreprend ici une approche monographique de notre objet dans l'optique de réaliser une histoire totale de cette pratique. TERRET (T.), Du sport aux sports. Plaidoyer pour une histoire comparée des sports , dans Histoire des sports, Ed. L'Harmattan, 1996, 252 p., pp 2 archives du CAF (Club alpin français) au centre de documentation sur la montagne à Paris et sur une étude de terrain, effectuée à Clermont-Ferrand pour cerner localement les stratégies politiques des institutions sportives de plein air. A l'appui de ces données, quatre thèmes sont abordés pour saisir le rôle et la fonction de l'urbanité dans la déclinaison des pratiques sportives de nature : les actions des associations citadines des sports de montagne dans l'aménagement de la nature; les relations sportives des grimpeurs à la montagne; les échanges des pratiquants avec la ville; et pour terminer les stratégies politiques urbaines de ces associations. Urbanité et aménagement de la nature Le CAF, en tant qu'institution dominante durant la modernité, a largement participé à l'aménagement de la montagne. Une conception sous-jacente à cet investissement est déterminée par des relations ville-nature bien particulières qu'il s'agit de modéliser. Comment le CAF se représente et aménage la montagne? A la lecture des écrits relatifs à cette question, une tendance forte émerge qui se décline en trois images : la première nous décrit la montagne comme un jardin, un terrain de jeu, une bulle d'air et un tableau paysager pour la ville 6 ; la deuxième évoque cet espace en terme de réservoir humain en main d'oeuvre des cités industrielles et d'expansion industrielle 7 ; la troisième nous parle de cette verticalité constituant un rempart militaire aux invasions étrangères 8. Derrière les idées de nation et de progrès 9, qui sont bien souvent exprimées par les aménageurs des montagnes 10 (regroupés pour certains au sein de l'association pour l'aménagement des Montagnes ), c'est la ville et de préférence la grande ville qui est le grand bénéficiaire de ces aménagements. Le projet moderne s'oriente vers la domestication de la nature et des espaces de plein air comme l'ont développé B. Kalaora 11, M. Barrué-Pastor 12 ou encore Y. Luginbuhl 13 6 Dans les années 60, avec la création des parcs nationaux, la nature deviendra le parc et le musée des grands centres urbains pour citadins en manque de verdure et de nature patrimoniale (SFEZ (L.), La santé parfaite, Paris, Seuil, 1995, 389 p.); 7 L'article de L. de Ronchaud, membre du CAF, est illustratif de cette vision des choses : Ronchaud (L. de), La ville industrielle dans les montagnes du Jura), dans l'annuaire du CAF, 1874, pp C'est le discours tenu par les théoriciens du CAF (Cézanne, Puiseux, Noetinger, Fabre,...). 9 Par bien des points, les cafistes pensaient que les actions entreprises en montagne s'inscrivaient dans une optique humaniste et moderniste dans le sens où l'on permettait à ces gens de participer à la conquête du progrès. Leurs actions devaient être pensées comme une oeuvre d'utilité sociale. Ces habitants de la montagne étaient des sauvages, des rustres, ils avaient une guerre de retard (Vallin, entretien, juin 1996). Ces communautés si intéressantes par la simplicité de leurs moeurs et leur fidélité aux traditions allaient se trouver rattachées au sol. Assurées de nouveaux éléments de prospérité, elles continueraient à former pour la patrie une réserve de défenseurs pour la population inféconde et anémiée des villes une source de rajeunissement. (Puiseux, Annuaire du CAF, 1899, p. 328). 10 On doit pourvoir le sol des hautes montagnes d'un régime agraire permettant à l'etat de ne pas attendre que bêtes et gens y meurent de faim pour prendre à temps, dans l'intérêt public et à ses frais, les mesures sylvo-pastorales de sauvegarde et de restauration indispensable (FABRE (L. A.), La question des montagnes depuis Cézanne , dans Annuaire du CAF, Paris, J. 1912, Paris, n 1, pp , p. 97); 11 KALAORA (B.), La forêt pacifiée, Paris, L'Harmattan, BARRUE PASTOR (M.), Cent ans de législation montagnarde : des images contradictoires de la nature , dans Du rural à l'environnement, Paris, L'Harmattan, sous la direction de N. Mathieu et M. Jollivet, 1989, pp LUGINBUHL (Y.), Sauvage/cultivé : l'ordre social de l'harmonie des paysages , dans Du rural à l'environnement, Paris, L'Harmattan, 1989, pp 3 L'action du CAF 14 concernant les loisirs s'est largement orientée vers l'aménagement doux de la montagne (refuge, sentier, observatoire, table d'orientation,...) sous forme de développement montagnard à finalité urbaine. Concrètement, ces aménagements sont réalisées au profit des citadins. Ils permettent aux associations urbaines de plein air de réaliser leurs activités : pratiques sportives (alpinisme, randonnée,...), encadrement des membres du CAF lors des sorties en nature, organisation des rallyes du CAF comme épreuve sportive annuellement proposée, organisation de stages d'alpinisme et entraînement d'équipes de compétition en ski alpin,... Ces activités renforçent les sociabilités citadines des alpinistes; elles ne sont pas réalisées dans un souci de développement du loisir des montagnards ou pour conforter le vitalisme local des montagnes. Le même constat peut être fait au niveau de l'aménagement dur de la montagne. Le CAF, suivant en cela la logique de l'état aménageur prométhéen 15 , ne s'est pas opposé durant toute la modernité à la construction des stations estivales et hivernales, ces espaces urbains dans la nature. Cette institution de plein air n'a pas proposé de modèles de stations alternatifs et plus écologiques . Trop d'intérêts financiers, sportifs, touristiques et symboliques étaient en jeu pour refuser cette conquête urbaine des espaces montagnards 16. On note ainsi l'absence d'écrits et de textes dans les revues du CAF exprimant le refus de ces constructions urbaines progressistes dans les montagnes au profit d'un urbanisme de nature différente. R. Mizrahi 17 explique ce phénomène par l'adhésion des pratiquants à des représentations urbaines de la nature. L'urbanisme progressiste 18 dominait et les écrits de Debardieux 19 et de B. Kaiser 20 confirment ce point de vue. Bien souvent, il s'agissait d'exposer le savoir-faire technologique, à la française et de donner la priorité au zoning sportif . L'imposition de ce projet moderne d'aménagement de la nature ne s'est pas fait sans résistance, plus ou moins violente de la part des protecteurs de la 14 Les activités de la Société des touristes du Dauphinois sont de même nature, comme nous le décrit très bien Ph. Bourdeau (BOURDEAU (Ph.), Une mémoire alpine dauphinoise, Grenoble, PUG, 1988) BOZONNET (J. P.), Des monts et des hommes, Grenoble, PUG, 1992, 294 p.. 16 On peut prendre l'exemple du CAF de Clermont-Ferrand où, à suivre les propos d'un des responsables il semble que rien n'ait été entrepris par le CAF en ce qui concerne la protection de la nature, l'aménagement de la montagne, l'environnement rural et le style des stations de ski. Individuellement, certains ont pu s'opposer, mais la grande majorité était favorable à cette démarche de construction moderniste de la montagne car ils y avaient des intérêts (Vallin P., clermontois, entretien, juin 1996). 17 MIZRAHIi (R.), Genèse des représentations urbaines de l'espace alpin, rapport Cordes n 30/ On peut penser que le modèle d'aménagement de la nature partagé par les institutionnels du plein air s'inspire de l'urbanisme progressif. Différents écrits (cf. Noetinger F.) que nous avons pu consulter dans l'annuaire du CAF portant sur la visite de villages insistent fortement sur les modes de vie de ses populations, leur rapport à l'hygiène, la propreté des rues,... et les types d'habitat. On retrouve quelques variables-clés de l'urbanisme de la fin du XIX siècle, exprimées par L. MURARDet P. ZYLBERMAN dans leur livre : Le petit travailleur infatigable , Villes-usines, habitat et intimités au XIX siècle, Recherche, Paris, 1976, 287 p.; NOETINGER (F.), La Suisse niçoise, dans Annuaire du CAF, Paris, 1987, pp DEBARDIEUX (B.), Tourisme et montagne, Paris, Economica, KAYSER (B.), Ville et campagne , dans Encyclopédie Universalis, Paris, 1088, Corpus XVIII, p. 881) : Renforcée par la révolution industrielle, la domination urbaine sur la campagne caractérise donc un système de relations violemment asymétrique ... Résidences secondaires et champ de ski, parcs naturels et villages de vacance annexent l'espace rural à la société globale en le mettant au service d'une partie des citadins et des entreprises . 4 montagnes 21. Les rousseauistes , romantiques, contemplatifs et autres défenseurs de la nature sauvage ont exprimé leur aversion à cette colonisation urbaine de la nature. Mais ce refus se caractérise par l'aspect contradictoire de leurs prises de position 22. J. P. Bozonnet 23 explique bien en quoi le discours des contemplatifs et des protecteurs est un discours de réaction, sans initiative. Il n'est pas moteur; il réagit contre trop de progrès et contre trop d'aménagement. L'approche de R. Harrison 24 va dans le même sens lorsqu'il nous montre que le projet naturaliste rousseauiste s'inscrit totalement dans la logique classique des siècles des Lumières et que Rousseau a été tour à tour le promoteur de l'aménagement des espaces naturels et le défenseur de la nature sauvage. Enfin, J. P. Bozonnet met en évidence les stratégies sociales et économiques des défenseurs de la nature contre la perte de leurs avantages 25. La défense de la nature est bien souvent le prétexte à la conservation d'acquis ou à la conservation d'un modèle de nature qui profite à certains citadins. Pour d'autres, la différence se situe dans un aménagement plus soft de la nature pour reprendre une expression de J. P. Bozonnet... Ces quelques faits nous invitent à penser que derrière le discours des contemplatifs et des protectionnistes se cache le projet moderne. La relation sportive à la montagne : une relation urbaine La relation sportive à la nature est issue de l'urbanité. La maîtrise d'objets techniques, la lecture cartographique inédite de la nature ou les prouesses physiques extraordinaires sont des actes qui prennent naissance dans les villes. Ce fait s'explique par les relations que les grimpeurs entretiennent avec les gens de la ville et par l'assimilation de la culture urbaine comme modèle de pérégrinations montagnardes. Un autre modèle de communication avec la nature s'élabore. L'alpinisme, en tant qu'invention moderne, doit se comprendre comme renversement du fait collectif rural et montagnard propre au passé au profit d'une lecture urbaine de la nature. Quelques éléments expliquent et justifient ce point de vue. Tout d'abord, la pratique de l'alpinisme nécessite la possession de procédures opératoires particulières. L'espace alpin ne devient un territoire d'action sportive que pour celui qui possède la carte cognitive permettant de lire, de décrypter, de se repérer dans la montagne. La représentation de l'espace n'est pas un état, mais un processus socio-cognitif qui nécessite la possession d'un cadre de pensée spécifique. De fait, pour aller en montagne, il faut apprendre à décrypter le langage praxique de ce territoire. L'établissement d'un projet d'action et la mise en place d'une logique formelle autorisant le découpage de la réalité spatiale ne vont pas de soi. L'alpiniste 21 Il n'y a pas de contradiction avec le paragraphe précédent. Il s'agit tout simplement de faire la différence entre le discours dominant tel que nous le présentons précédement et le discours des réactionnaires , franges dominées du projet moderne, mais totalement intégrées au modernisme. 22 Les contemplatifs rêvent d'une nature ambivalente (aménagée tout en étant sauvage) façonnée pour des citadins en quête d'un ailleurs impossible. 23 Bozonnet, ouvr. cit. 24 Harisson (R.), Forêts, essai sur l'imaginaire occidental, Flammarion, Paris, 1992, 395 P. 25 Débâcle de la petite production marchande, sinistrée par l'ouverture des routes et l'intégration à l'économie marchande... Repli protectionniste frileux sur l'empire de la fin du siècle... Peur locale des touristes, ces envahisseurs... Refus élitistes des alpinistes et des randonneurs contre la banalisation et démocratisation de leur territoire de jeu.. 5 doit être quelqu'un de pragmatique qui a l'habitude de manier les concepts, qui a appris à lire une carte 26, à se repérer sur un plan, à se déplacer dans un terrain inconnu, à trouver le pied de la voie , à faire la démarche personnelle et individuelle de la recherche d'information sur telle ou telle voie... L'espace montagnard doit se concevoir comme un espace d'action nécessitant la sensibilisation à une culture technique issue des villes. On comprend ainsi mieux, suivant en cela les propos de R. Mizrahi 27, pourquoi l'alpiniste est issu d'une culture cartésienne qui ne pouvait émerger qu'au sein des villes. C'est là que se trouve la population qui possède un fort capital intellectuel et qui a été initiée aux principes modernes de lecture du monde et de la nature 28. La même approche peut être faite en ce qui concerne l'imaginaire de la montagne. Le grimpeur ne doit pas seulement avoir acquis pratiquement les logiques de pensée cartésienne mais il doit aussi assimiler l'imaginaire, propre à ce fait collectif. On n'agit pas seulement sur la matière, sur des objets mais aussi dans le rapport symbolique qui s'installe entre le sujet et l'objet. La signification du sens des choses, la beauté esthétique de son acte et sa légitimation demandent l'assimilation d'un imaginaire d'action (image naturo-centrée orientée vers la conquête de la nature alpine et vers la conquête de sa propre nature corporelle) et d'un imaginaire latent (la contemplation et l'esthétisme des Alpes) propre à la modernité. Ces figures de l'imaginaire légitiment l'acte de grimper au temps de l'alpinisme moderne. La symbolique dominante repose sur un projet collectif unique la pratique de l'alpinisme de conquête et de contemplation élaborée sur un régime diurne des images 29, sur une culture de l'effort, sur une logique de domination de la nature, sur une symbolique ascensionnelle 30, sur une culture technique et utilitaire,... La géographie des lieux et la prise en compte des formes de communication éclairent aussi notre propos. L'instauration d'un corps à corps distal avec le partenaire de cordée et les autres (le club, la ville, les amis) impose une communication différée dans le temps et l'espace avec son groupe social et son collectif d'action. Un processus de socialisation bien particulier se met en place. Il nécessite le passage (différé) par un club ou un cercle d'amis (accordant une certaine valeur à ces actions) comme lieu où l'on puisse justifier et légitimer sa pratique. Pour cela, la ville s'impose. Mais de retour dans la cité, la valorisation des prouesses sportives nécessite la possession de tout un langage de classe pour parler de sa pratique dans les clubs. Bien souvent, c'est dans la possession d'un système sociolinguistique élaboré que l'échange avec l'autre, entre alpinistes est possible. Le langage alpin est bien le produit d'une activité socio-cognitive. Celui de l'alpinisme moderne est celui de la classe bourgeoise intellectuelle issue des grandes villes qui 26 Par exemple, la lecture de la note technique (topo, guide, récit, carte,...) est un rébus qu'il faut apprendre à déchiffrer. Elle permet l'appropriation de l'espace et sa manipulation. 27 ouvr. cit. 28 La méthode cartésienne avec ces divisions et ses dénombrements suppose la possibilité de découper non seulement les objets et les problèmes, mais aussi le savoir sur ces objets... Et c'est seulement à partir du XVI siècle que se généralisent les présentations systématiques d'une matière spatialisée, découpée suivant un plan cohérent (LEVY (P.), Les technologies de l'intelligence, Paris, Ed. La Découverte, 1990, p. 109). 29 DURAND (G.), Les structures anthropologiques de l'imaginaire, Paris, Dunod, BOZONNET (J. P.), ouvr. cit. 6 élabore un répertoire linguistique sophistiqué que l'on parle dans les clubs et entre initiés. Socialement, l'adhésion à des valeurs modernes est de circonstance pour participer à la mise en place de sociabilités affinitaires et sélectivement classées. L'alpinisme est bien un espace de luttes sociales entre ceux qui ont les capacités de s'approprier les schèmes idéologiques propres à cette activité (les élites urbaines), et le temps et l'argent pour aller en montagne (les gens des villes) par opposition à ceux qui sont situés à la marge (les ouvriers et les ruraux) dépossédés de cette culture urbaine de la nature. Le choix des pratiques de loisirs sportifs de nature se comprend aussi par opposition aux loisirs urbains, ces plaisirs faciles, hédonis
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